Togo: Appel du parti des travailleurs pour la démission de Faure
Gnassingbé
PARTI DES TRAVAILLEURS
Membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples (EIT)
APPEL
5 octobre 1990 - 5 octobre 2005
• Il y a 15 ans, le peuple togolais se soulevait pour exiger
la démission du dictateur Etienne GNASSINGBE Eyadéma
• 15 ans après, le peuple togolais doit exiger la démission de son fils,
le génocidaire Faure Essozimna GNASSINGBE
Il y a 15 ans, le 5 octobre 1990, le peuple togolais se soulevait
spontanément, à partir de sa jeunesse, pour exiger le départ du tyran
Etienne GNASSINGBE Eyadéma, à l’occasion de la parodie de procès de deux
jeunes gens : LOGO Dossouvi et DOGLO Agbélenko qui avaient été
sauvagement torturés sur les ordres du Directeur général de la Police
nationale d’alors, Pitalouna LAOKPESSI, actuel ministre dans le
gouvernement dirigé par Faure Essozimna GNASSINGBE.
Par son soulèvement, le peuple togolais voulait que soit mis fin à 23
années d’assassinats, d’oppression, de corruption, de gabegie, de vol,
de misère, de famine, de pillage et de ruine sous la dictature sanglante
du régime RPT afin que s’ouvre une nouvelle ère de liberté et de
démocratie, seule à même d’ouvrir la voie à une solution positive des
insurmontables difficultés dans lesquelles ce peuple se débattait.
Malgré la terrible répression qui a été déchaînée par le régime RPT,
cette profonde aspiration à la liberté n’a jamais pu être étouffée.
RAPPELONS-NOUS :
— de la terrible répression du soulèvement populaire du 5 octobre 1990
lors de laquelle de nombreux jeunes ont été lâchement assassinés par
l’armée, la Gendarmerie et la Police togolaises, de la répression de la
grève des conducteurs de véhicules de transport en commun qui s’est
étendue sur toute l’étendue du territoire national de novembre à
décembre 1990 ;
— de la répression de la grève des étudiants de l’Université du Bénin
qui se sont mis en grève le 12 mars 1991 pour dénoncer la politique
liquidatrice et régressive du régime RPT ; de la terrible répression de
la marche des femmes, les 15 et 16 mars 1991, par laquelle celles-ci
protestaient contre la répression des marches pacifiques des étudiants,
leurs enfants ; des massacres de la Lagune de Bè, le 10 avril 1991, où
l’armée togolaise a tué 28 citoyens innocents parmi lesquels une femme
enceinte et une autre portant un bébé au dos puis jeté leurs corps dans
cette lagune ; des tueries perpétrées dans tout le Togo lors de la grève
générale illimitée de juin 1991 exigeant la démission d’Etienne
GNASSINGBE Eyadéma ; des tueries lors des multiples coups de force des
Forces armées togolaises, sur ordre d’Eyadéma, contre les institutions
de la transition mises en place au lendemain de la Conférence nationale
de juillet-août 1991 ;
— de l’assassinat de valeureux démocrates comme Marc ATIDEPE, OURO
Atchankpa Zakari, MOUSSA Mama Touré, Sama TCHADJOBO Alasa, tués le 5 mai
1992, lors de l’attentat de Soudou ; Tavio Ayawo AMORIN qui,
mortellement blessé, à Lomé, le 23 juillet 1992, lors de l’attentat
perpétré par un commando de policiers et de militaires commandités par
Eyadéma, mourra le 29 juillet des suites de ses graves blessures à
l’Hôpital St Antoine à Paris où il a été évacué ;
— des massacres de Fréau Jardin et de Bè, les 25 et 30/31 janvier 1993,
lors de la deuxième grève générale illimitée lancée en novembre 1991 par
le Collectif des syndicats indépendants (CSI) pour protester contre la
prise en otage des membres du HCR, répression d’une rare barbarie qui a
poussé à l’exode, dans les pays voisins, plusieurs centaines de milliers
de Togolais ;
— des milliers de citoyens assassinés par les forces armées aux ordres
d’Eyadéma lors des mascarades électorales qui n’ont cessé de se succéder
depuis au Togo : élection présidentielle de 1993, élections législatives
de 1994, élection présidentielle de juin 1998, élection présidentielle
de juin 2003.
DEPUIS LA MORT D’EYADEMA : DEBUT D’UN GENOCIDE AU TOGO
C’est dans cette situation que l’annonce de la disparition du dictateur
Etienne GNASSINGBE Eyadéma, le 5 juillet 2005, a vu les tueries qui
n’ont cessé d’ensanglanter notre pays, le Togo, sous son régime
connaître une brutale et préoccupante accélération :
— répression sanglante de la mutinerie à la Prison civile de Lomé dès le
7 février 2005 qui a fait 3 morts ;
— répression sanglante de la marche pacifique de protestation appelée
par l’opposition démocratique le 12 février 2005 pour dénoncer le coup
d’Etat monarchique qui a installé au pouvoir, en toute illégalité, Faure
Essozimna GNASSINGBE à la place de son père, et répression sanglante de
toutes les marches pacifiques de protestation qui ont été organisées par
la suite ;
— généralisation des massacres, viols, vols, exactions de toutes sortes
et destructions avant, pendant et après l’élection présidentielle du 24
avril 2005 avec l’apparition de milices organisées, armées et financées
par le régime RPT, tendant vers un génocide à caractère tribaliste,
minutieusement planifié et exécuté avec l’aide de puissances étrangères
principalement l’impérialisme français, comme nous l’avons vu dans bien
d’autres pays d’Afrique et du monde. Il est aujourd’hui confirmé par le
Rapport récemment publié par la Mission de vérification des faits
mandaté au mois de juin 2005 au Togo par le Haut Commissariat aux droits
de l’Homme de l’ONU que le bilan de cette répression est accablant : de
400 à 500 morts ce qui tend à confirmer le chiffre de plus de 811 morts
indiqué par le Rapport préliminaire publié en mai 2005 par la Ligue
togolaise des droits de l’Homme (LTDH).
A l’occasion de la commémoration du 15ème anniversaire du Soulèvement
populaire du 5 octobre 1990, le Parti des travailleurs rend hommage à la
mémoire de ces milliers de martyrs qui ont versé leur sang sur la terre
de nos aïeux et exige que justice leur soit rendue afin que les auteurs,
responsables et commanditaires de tous ces crimes soient recherchés,
jugés et châtiés afin de mettre fin au règne de l’impunité au Togo pour
qu’il n’y ait « PLUS JAMAIS ÇA ! », sur la terre de nos aïeux.
Comment en est-on arrivé là ?
Depuis que l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, seul Président
démocratiquement élu du Togo, a été fomenté le 13 janvier 1963 par les
réseaux de l’impérialisme français qui ont installé Etienne GNASSINGBE
au pouvoir, la fondation du RPT comme parti unique – parti Etat, en
1969, a complété le dispositif mis en place pour faire main basse sur
les richesses produites par le peuple togolais ou lui appartenant aux
fins de leur pillage au profit des grandes puissances, de leurs
institutions et de la camarilla des « barons » et séides du régime RPT.
Cette politique de détournement des richesses devant servir à promouvoir
le bien-être et l’épanouissement du peuple togolais n’a pu être mise en
œuvre que sous un régime de terreur se singularisant par la répression,
l’arbitraire, la violation des droits de l’Homme, l’enfonçant
continuellement dans une situation des plus catastrophiques se
caractérisant notamment par :
— une misère, un chômage, une famine, une ruine des plus révoltantes
avec le non paiement des salaires aux travailleurs, des pensions aux
retraités, des bourses aux étudiants, lesquels sont détournés sur les
diktats du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que les richesses
produites par les travailleurs des villes et des campagnes du Togo, pour
le paiement d’une dette extérieure qui, estimée aujourd’hui à plus de 1
000 milliards de dollars, n’est pas celle du peuple togolais qui n’a
jamais vu la couleur de cet argent ;
— la destruction de la Santé qui continue de s’aggraver occasionnant la
généralisation de maladies et de pandémies comme celle du sida et du
paludisme qui déciment la population par milliers au moment même où l’Ecole
subit un processus de destruction qui ruine, non seulement l’avenir de
toute la jeunesse, mais du pays tout entier ;
— les privatisations tout azimut accélèrent le transfert de tous les
secteurs clés de la production et du commerce aux mains des grandes
puissances et de leurs institutions mais surtout d’une maffia nationale
et internationale qui pille sans vergogne le Togo dont il a fait la
plaque tournante de trafics en tous genres et dont les plus hautes
autorités de l’Etat font l’aveu même dans leurs discours officiels.
Mais pourquoi sommes-nous depuis dans l’impasse ?
Si l’héroïque combat depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990
montre bien que le peuple togolais n’a pas manqué de lutter et n’a
jamais baissé les bras, la responsabilité des partis institutionnels de
l’opposition démocratique dans l’impasse dans laquelle nous sommes
depuis 15 ans n’est-elle pas engagée ?
En cédant sans cesse aux diktats des grandes puissances qui les
fourvoient dans des « négociations », « accords », « dialogues » sans
issue et dans des processus électoraux notoirement piégés d’avance comme
celui du 24 avril dernier, les principaux responsables de ces partis qui
se sont propulsés aux devants de la lutte du peuple togolais, n’ont-ils
pas contribué à désorganiser sa lutte ?
N’est-ce pas pour perpétuer cette politique d’impasse que, sous l’égide
des grandes puissances impérialistes, les responsables de l’opposition
institutionnelle sont poussés à se déclarer aujourd’hui prêts à la «
cogestion » d’un gouvernement « à base élargie » avec le RPT et se font
les victimes faciles de grossières manipulations les poussant à se
déchirer pour une hypothétique nomination au poste de premier ministre
ou un hypothétique partage de postes ministériels d’un gouvernement d’«
union nationale » avec le RPT ?
Avec surprise et indignation, le peuple togolais voit s’approfondir
rivalités et divisions entre ces partis auxquels les manipulations des
grandes puissances font actuellement jouer le rôle de sauveteurs du
régime RPT du génocidaire Faure Essozimna GNASSINGBE. Pourtant coupable
d’avoir perpétré un double coup d’Etat, militaire le 5 février,
électoral les 24 et 26 avril 2005, ce dernier tombe sous le coup de
l’article 150 de la Constitution adoptée par référendum le 27 septembre
1992 qui dispose que : « Tout renversement du régime constitutionnel est
considéré comme un crime imprescriptible contre la nation et sanctionné
conformément aux lois de la République ».
Ne doit-on alors pas s’interroger :
• Est-il admissible q’une telle garantie soit apportée au règne de
l’impunité au Togo alors qu’il y a eu autant de sang versé, autant de
morts, autant de blessés, autant de disparus, autant de sacrifices,
autant de souffrances pour le peuple ?
• Doit-on continuer à aller chercher les solutions aux problèmes du Togo
à l’étranger auprès de grandes puissances et institutions qui, tels la
France, les Etats Unis d’Amérique, l’Union européenne, l’ONU, la CEDEAO,
l’Union africaine sont impliqués, au nom de la défense de leurs
intérêts, dans le complot international contre le peuple togolais ?
• N’est-il pas temps que le peuple togolais lui-même reprenne ses droits
?
Quelle solution pour les problèmes du Togo ?
Face à la situation tragique dans laquelle se trouve aujourd’hui le
Togo, il est clair pour le Parti des travailleurs qu’il ne peut y avoir
d’autre solution que la démission de Faure Essozimna GNASSINGBE,
responsable du massacre de centaines voire de milliers de Togolais.
C’est pourquoi, pour le Parti des travailleurs qui a pris l’initiative
d’une « Pétition nationale et internationale pour la démission de Faure
Essozimna GNASSINGBE, actuel président du Togo, principal responsable et
commanditaire génocide de 400 à 500 citoyens au Togo, dans la période du
5 février au 5 mai 2005 », il n’y a pas de combat plus immédiat à mener
que de poursuivre celui engagé depuis le 5 octobre 1990 par le peuple
togolais.
A l’occasion de la commémoration du 15e anniversaire du soulèvement
populaire du 5 octobre 1990, le Parti des travailleurs :
• appelle les jeunes, travailleurs et paysans, tout le peuple togolais à
signer massivement cette pétition qui sera portée à Faure Essozimna
GNASSINGBE exiger sa démission.
• prendra prochainement l’initiative d’une « JOURNEE DE REFLEXION » sur
le thème : « 15 ans après le soulèvement du peuple togolais : Quel bilan
et comment sortir de l’impasse ? ». Il informera ultérieurement sur ses
conclusions.
Lomé, le 04 octobre 2005
Pour le Parti des travailleurs,
Le Secrétaire chargé de la coordination
Claude AMEGANVI
Source: LeTogolais.com |
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