Déclaration de la CDPA
Dès les événements sanglants
de la période électorale de 2005, la CDPA a compris que le problème
togolais est plus grave qu’on le pensait.
Nous avons pris la responsabilité de dire que les 22 engagements ne
suffisaient plus pour servir de feuille de route pour le Togo.
Dans sa déclaration du 21 octobre 2005, la CDPA, s’appuyant sur la
longue liste des dialogues passés, en est arrivée à la conclusion
suivante : “ tout nouveau dialogue connaîtrait le même échec si au
préalable un coup d’arrêt n’était mis à l’impunité”
Réagissant à une déclaration selon laquelle “les 22 engagements sont
notre (UE) Bible”, la CDPA, par dépit, a dit “ Si c’est un simple
cérémonial que l’UE exige de nous, nous sommes prêts à y sacrifier,
quitte à ce que les Togolais se retrouvent pour régler eux-mêmes, leurs
vrais problèmes”.
Avec satisfaction, la CDPA vient de prendre connaissance des récentes
déclarations des services du Commissaire européen à savoir :
- Nécessité de donner suite au rapport de l’ONU sur les violences
électorales de 2005
- Nécessité de tenir compte des nouvelles donnes
- Nécessité d’une transition,
- Nécessité d’un médiateur,
Ces précisions viennent heureusement remettre au centre des débats les
vraies voies de sortie de crise; elles lèvent ainsi les appréhensions de
la CDPA et donnent un sens à ce onzième dialogue. Nous ne pouvons que
nous en féliciter.
La CDPA réaffirme sa conviction que si cet énième dialogue ne doit pas
être encore un marché de dupes, il doit être abordé dans un esprit
nouveau. Pour cela, il doit aller au-delà des 22 engagements, avec la
volonté affirmée de sortir de cette crise qui n’a que trop duré. Cette
nouvelle approche doit prendre appui sur la nécessité de restaurer la
confiance auprès des Togolais et le souci d’aboutir à des résultats qui
seront mis effectivement en œuvre.
C’est une telle vision qui est à la base des différentes propositions de
la CDPA quant au schéma devant présider au déroulement des travaux du
dialogue, à savoir :
1) formation d’un gouvernement susceptible de ramener la confiance
2) résolution des problèmes politiques notamment le retour des réfugiés,
les textes fondamentaux, l’organisation et le fonctionnement de l’État
3) réconciliation
4) législatives et donc reprise du fonctionnement normal de l’État avec
des institutions légitimes.
Fait à Lomé, le 23 février 2006.
Pour la CDPA
Le Secrétaire Général
Léopold M. GNININVI