Meething d'information et de
sensibilisation
animé par le commandant Boko à Hambourg en Allemagne
Mes chers compatriotes de la grande diaspora togolaise en Allemagne,
Chers amis du TOGO,
Mesdames, messieurs
L’émotion est grande et la joie immense de me retrouver parmi vous en
terre allemande ce jour du 22 avril 2006, un an jour pour jour après ma
démission fracassante du gouvernement togolais. Pour cette première
sortie publique en Allemagne, permettez-moi avant tout de saisir cette
tribune de Hambourg pour exprimer toute ma gratitude aux autorités
allemandes et essentiellement au ministre des affaires étrangères de
l’époque monsieur Joschka Fisher pour le soutien, la protection et la
solidarité dont il a fait preuve à mon égard en envoyant son avion me
chercher grâce à une opération d’exfiltration d’un rare
professionnalisme.Le ministre Joschka Fisher à qui je vous demande de
rendre un hommage exceptionnel, a montré que l’Allemagne, pour ceux qui
peuvent en douter, se range du côté des peuples en lutte pour leur
liberté. Les démocrates et les républicains togolais apprécient ce
soutien et lisent cette attention comme une marque de solidarité de
l’Allemagne vis à vis de notre pays. Je salue ce courage du peuple
allemand qui sait le prix à payer pour arracher la liberté condition
indispensable à tout projet de développement. Mais ce soutien et cette
protection même s’ils sont naturels, n’ont été possibles que grâce à
votre détermination et surtout à votre mobilisation. En effet, depuis
l’ambassade d’Allemagne où j’étais réfugié, j’ai pu suivre à travers les
médias la mobilisation qui a été la votre dans les différentes villes
d’Allemagne pour exiger des autorités allemandes de préserver ma vie et
d’assurer ma protection.
Mes chers concitoyens, c’est pour vous témoigner de vive voix cette
reconnaissance que j’ai tenu aujourd’hui date anniversaire de cet
événement à le vivre en terre allemande parmi vous et avec vous. Oui
c’est bien grâce à votre mobilisation que j’ai eu la vie sauve durant
les évènements sanglants que le TOGO a connu en avril 2005. Mais vous me
demanderez que s’est-il passé au juste cette nuit du 21 au 22 avril 2005
?
Rentré d’une réunion d’état major qui a pris fin vers 21h dans la nuit
du 21 avril 2005, j’ai pu mesurer au regard du plan de gestion qui m’a
été exposé comment la hiérarchie militaire se trompait de voie pour
croire encore malgré les risques réels de déflagration, à l’épreuve de
force comme alternative. J’ai donc compris aussi qu’un scénario sanglant
était orchestré dans mon dos pour conserver vaille que vaille ce pouvoir
en utilisant ma caution et en m’empêchant d’influencer le cours des
événements pour éviter le pire à ce pays. Après avoir essayé en vain de
conjurer le pire, j’ai mis ma démission dans la balance pour exiger le
report du scrutin et l’ouverture d’une transition négociée que devrait
instaurer le président par intérim de l’époque, issu du RP T avec un
Premier ministre issu de l’opposition en vue d’apaiser le pays et aller
vers des élections non conflictuelles après une transition maîtrisée.
Voilà le crime de lèse-majesté que j’aurais commis. Alors ma tête fut
mise à prix par le clan GNASSINGBE qui justement tirait les ficelles
pour capter dans la confusion et l’épreuve de force le pouvoir qui
pouvait ainsi lui échapper. Si le ministre de l’intérieur en charge de
la sécurité, informé quotidiennement par les services spéciaux des
risques de dérapages dont le président par intérim de l’époque, le
premier ministre et les généraux sont également au courant, si ce
ministre de l’intérieur en charge de la sécurité ne peut pas faire cette
proposition qui peut donc la faire ?
Les discours extrémistes tenus par l’un des responsables de l’Etat
selon lesquels « il vaut mieux 3000 morts que de sacrifier un peuple »
relèvent d’un manichéisme inouï, car avec 3000 morts, le peuple est déjà
sacrifié. Je suis sûr que monsieur Kofi Sama ne peut plus aujourd’hui
répéter cette grossièreté qu’il a sorti en plein conseil des ministres
le 24 Mars 2005 pour contenir mes réserves face aux atrocités qui se
commettaient afin de permettre à un clan de conserver le pouvoir. Je
suis aujourd’hui d’autant plus surpris que le président par intérim de
l’époque dise qu’il n’était au courant de rien y compris de ma menace de
démission en plein conseil des ministres lorsque certains « va-t’en
guerre » malgré les atrocités quotidiennes magnifiaient encore l’épreuve
de force.
Alors Monsieur Abass BONFOH, président par intérim de l’époque, si vous
prétendez ne pas être réellement informé des risques de dérapages, quel
était l’objet de l’arbitrage que vous avez fait en plein conseil des
ministres le 24 mars 2005 lorsque je vous demandais face aux
thuriféraires qui croyaient que la seule manière de faire était
l’épreuve de force, de chercher quelqu’un d’autre pour assumer les
fonctions de ministre de la sécurité et que je rendais mon tablier ?
Soyez sérieux, ne fuyez pas vos responsabilités. Si malgré tout cela
vous prétendez ne pas être au courant de ces risques, dans ce cas, vous
n’êtes qu’un figurant au sein de l’appareil donc vous ne méritez pas ces
responsabilités d’État.
Je veux prendre à témoin tous les autres ministres notamment les va
t’en guerre qui se reconnaîtront et en particulier monsieur Pitang
Tchalla, ministre de la communication de l’époque, qui m’a sorti durant
ce conseil du 24 Mars 2005 je cite: « le président est parti et certains
veulent déjà nous quitter » et à moi de répliquer : « Oui si je suis mis
en minorité sur des sujets qui touchent à la sécurité des citoyens, je
partirai ». Et le 21 avril 2005, mis en minorité par la classe
dirigeante et la hiérarchie militaire sur l’option à prendre, j’ai
démissionné.
Comme réplique à cette attitude, ma tête fut mise à prix et le clan a
voulu m’abattre. Aujourd’hui, vous ne niez plus l’évidence, vous vous
cachez derrière vos manteaux d’agneaux d’humanistes, de croyants, vous
continuez à vous regardez dans la glace sans avoir honte de vous, vous
osez encore communier à l’Église m’a t’on dit. Oui j’ai refusé de faire
le sale boulot pour vous permettre de conserver ce pouvoir parce que mes
convictions profondes ne me permettent pas de croire qu’il faille
absolument marcher sur des cadavres pour accéder au firmament de la
gloire.
Mais aujourd’hui vous voyagez librement, vous vous êtes assurés des
retraites dorées. Mais nous irons jusqu’au bout dans notre lutte et nous
obtiendrons lors d’un de vos passages en Europe une confrontation
judiciaire sur ces faits pour le respect de la mémoire de ces centaines
de nos compatriotes que vous avez poussé par votre zèle dans l’abîme.
Mesdames, Messieurs,
Ce fut dans ces conditions d’une extrême précarité qu’à deux heures du
matin alors que je croyais mon chemin balisé je fus contraint de faire
volte face et de solliciter la protection de l’ambassade d’Allemagne
avec qui, il faut le souligner, je n’entretenais aucune relation
particulière.
Quelques jours ont permis au clan, à cause d’une indélicatesse,
d’être au courant de ma position. La mèche a été vendue par un
responsable de la CEDEAO qui se reconnaîtra ; pourtant avec cette
personnalité qui donnait l’impression d’un humaniste effréné, nous avons
échangé des informations en vue de sauver la paix au TOGO ; tout comme
avec la fameuse ministre des affaires étrangères du Niger qui a qualifié
ma démission d’irresponsable. IL est vrai qu’au début de la crise de
succession les principes humanistes l’emportaient sur les intérêts
frivoles qui sont venus par la suite perturber le cours normal des
choses. Une fois les autorités ayant su ma présence au sein de
l’ambassade d’Allemagne, elles commencèrent une campagne médiatique
d’intoxication et de dénigrement sur ma personne et celle de
l’ambassadeur d’Allemagne. La stratégie d’intoxication et de
désinformation a atteint son paroxysme avec l’élaboration par un
officier qui se reconnaîtra facilement d’un tract jeté aux alentours de
l’ambassade dans lequel, il était écrit que l’ambassadeur m’a offert
protection et asile parce que j’étais son complice dans le trafic de
drogue qui lui permettait de préparer ses vieux jours. C’est vraiment
ridicule et grossier.
Mais celui qui a fait distribuer ces tracts évidemment mensongers se
rappellera le contenu et le motif exacts de sa punition que le général
Eyadema avait à l’époque acceptée mais en demandant de masquer les
motifs pour ne pas éveiller l’attention de la communauté internationale.
Qu’il se souvienne du motif exact de sa punition qu’il a signée et dont
j’ai refusé de changer une seule ligne et il me dira qui de lui ou de
moi est le trafiquant de drogue que décrit le tract qu’il a distribué
pour décourager les allemands de m’apporter leur protection. Toujours
dans cette stratégie d’intoxication, un autre tract fut distribué. Il
faisait état que l’Allemagne m’avait versé 17 milliards de FCFA pour
obtenir ma démission.
Malgré les tracts insultants et même menaçants, l’ambassadeur
d’Allemagne au TOGO Monsieur Klaus GRUMANN n’a pas cédé aux pressions et
à continuer à m’accorder sa protection à titre humanitaire. Dans ce
contexte, le clan au pouvoir décida tout simplement de m’éliminer. Un
officier qui se reconnaîtra d’ailleurs m’appela en des termes menaçants,
« désormais je cite, je ne suis plus ton cousin. Tu es mon ennemi. Si tu
me vois le premier tue moi et si je te vois le premier je te tue. » J’ai
eu néanmoins eu le temps de lui dire que je continue à le considérer
comme un cousin et non un ennemi. Il mit ses menaces à exécution. Très
rapidement, il posta des hommes armés de fusils silencieux à l’hôtel
Bellevue qui est en face de la résidence de l’ambassadeur d’Allemagne.
J’ai reçu par la suite un texto d’un ami dont je ne cite pas le nom
m’invitant à sortir de l’ambassade d’Allemagne pour me rendre à l’hôtel
Bellevue où m’attendait Charles DEBBASCH qui veut me parler. Ce même
DEBBASCH qui le 6 février 2005 m’a proposé avec Faure GNASSINGBE de
déposer des armes au domicile de NATCHABA à Lomé ou à Mango en vue de
simuler une tentative de coup d’Etat ; ce qui selon eux le
disqualifierait pour assurer l’intérim comme commençait à l’exiger la
communauté internationale. Évidemment j’avais refusé en expliquant que
personne ne pouvait croire à ce montage. Pauvre NATCHABA, il aura été
bien servi par ses amis.
Je savais pour revenir à la proposition de mon soi-disant ami que je
signerai ma mort en allant dans cet hôtel. Ayant refusé, les tireurs
postés ont cherché le meilleur angle pour tirer. Le lendemain, nous
retrouvons sur la terrasse contiguë à l’endroit où je déjeunais avec le
couple GRUMANN, un étui de cartouche que les services allemands ont pris
pour identification. On l’a échappé bel. N’ayant pas réussi à
m’atteindre, car l’angle de tir était réduit, il a été convenu selon les
renseignements recueillis d’investir tout simplement l’ambassade pour
m’en sortir et m’éliminer. Les conseils semble t’il de Charles DEBBASCH
les en a dissuadé. C’est dans ces circonstances qu’a été organisée en
échange de la première opération la destruction de l’institut GOETHE par
des hommes en cagoule et armés. Évidemment toutes ces différentes
opérations ont été exécutées sous le commandement de mon cousin,
l’officier en question. Il faut dire au passage que cet officier a
rarement fait preuve de stabilité morale.
A plusieurs reprises, ses positions, ses pratiques ont porté atteintes à
la carrière de ses frères d’armes. Il a ainsi contribué en partie à
mettre en péril la carrière du Lieutenant colonel BITENIWE dans un
montage des plus inimaginables.
En parlant d’instabilité morale, il me souvient qu’en 1997 j’étais à
Paris et cet officier suivait son cours d’état major à Compiègne en
France. En ce moment, séjournait également à Paris sa fiancée qui n’est
autre qu’une fille du général Eyadema. A cette époque sa fiancée le
quitta pour un autre, une crise de ménage que j’espérais passagère.
Après plusieurs tentatives vaines de les aider à retrouver le chemin de
l’harmonie, on fut obliger de partir en constatant l’irréparable. Face à
cette situation, il me proposa qu’à notre retour au Togo de faire un
coup d’état au général car c’est à cause de lui que ses filles
tournaient en bourrique les officiers avec lesquels elles sortaient me
dit-il. Je lui répliquai non sans une pointe d’ironie de revenir à de
meilleurs sentiments qu’une déception sentimentale n’est pas un mobile
suffisant pour justifier un coup d’état encore moins pour réaliser une
ambition politique. Quelques années auparavant, il avait voulu déserter
l’armée togolaise et intégrer la légion étrangère suite à une éphémère
déception venant de la même fiancée .Je l’en avais dissuadé. Évidement
entre temps, elle est revenue à de meilleurs sentiments ; l’officier en
question a retrouvé sa place et je peux comprendre le zèle dont il fait
preuve y compris en tentant d’assassiner un de ses collègues de surcroît
proche parent pour montrer sa fidélité au clan.
Je lui souhaite une bonne route en espérant que désormais, son
soutien au régime ne variera pas au gré d’éventuels aléas sentimentaux.
Car ce n’est pas dans ce cas le sorcier qui l’exposera au soleil mais
plutôt le crime facile pour se racheter qui l’y exposera. Tout comme il
pourra exposer au soleil le chef de cet officier cousin, un Colonel qui,
lors de mon exfiltration, déterminé à en finir avec moi, avait fait
monter une embuscade pour tirer sur le convoi avant de se raviser suite
à des pressions exercées par certaines Chancelleries. Comment expliquer
ce zèle d’un officier pourtant connu pour son inaptitude au commandement
comme aimait l’apprécier le Général Eyadema. Quelques semaines avant, il
est vrai que suite à sa volonté fermement affichée de rompre sans
détails et sans ménagement une manifestation de l’opposition, il s’était
engagé déjà une altercation entre lui et moi, relative à un conflit de
compétence lorsque je lui rappelais que seul le Ministre de l’intérieur
pouvait prendre une telle décision et que pour l’harmonie fonctionnelle,
il fallait que chacun restât à sa place. D’ailleurs faut-il le
souligner, le zèle dans le maintien de l’ordre amena cet officier à
solliciter et à obtenir 600 millions de F CFA afin d’acheter des canons
à eau pour gérer les manifestations publiques en lieu et place des
armes. L’intention est louable. Seulement voilà, une fois cette somme
débloquée, ce matériel n’a jamais été livré. En lieu et place, ce sont
2500 coupe-coupes qui ont été achetés. Pourtant l’homme d’affaires chez
qui ces canons à eau ont été soit-disant commandés est connu. Il s’agit
tout simplement du beau-frère par alliance de ce Colonel qui
incessamment espère prendre le commandement des armées. On peut
comprendre aisément alors le zèle de ce Colonel qui, je l’espère pourra
un jour retourner les 600 millions au Trésor pour éviter que le crime ne
l’expose.
Oui, dans les coulisses du pouvoir, on a des états d’âme, mais à
cause des intérêts, on s’enferme dans un étau et on est les premiers à
se plaindre en privé et les plus zélés à envisager en public des
scénarios y compris sanglants pour montrer au clan au pouvoir son
adhésion.
C’est le double langage avec à l’appui des attitudes contradictoires et
c’est le propre des individus sans densité et incapables de s’assumer.
Souhaitons que l’amour avec leur dulcinée soit au beau fixe et les
espèces sonnantes soient toujours de mise afin de stabiliser leur
conviction s’ils en ont.
Sans densité, comme un nouveau ministre délégué non encore initié aux
subtilités des pratiques gouvernementales, qui croyant si bien faire,
est venu dans un ministère d’un Etat européen dont il me plait de taire
le nom, m’accuser d’avoir commandé le fameux bateau de drogue. Mal lui
en prit, la manipulation n’a pas fonctionné. Il s’est ridiculisé car
c’est ce ministère qui détient tout le dossier de la drogue au Togo,
celui du fameux bateau, ainsi que les résultats des investigations
menées par les polices européennes. L’Espagne et la France avaient
demandé et obtenu l’arraisonnement du bateau PITEA et les investigations
ont révélé des résultats scandaleux dont la décence demande qu’on
travaille de sorte à redresser la barre pour crédibiliser l’État. .
Le général EYADEMA l’avait compris et c’est triste que ceux qui
prétendent le remplacer ne le comprennent pas et magnifient l’épreuve de
force en prônant l’élimination physique de celui qui a en ses mains les
dossiers gênants qu’il a promis pourtant ne pas s’en servir dans le
débat politique. L’élimination physique n’est pas la solution et mieux
elle peut sonner le glas et emporter ceux qui croient qu’ainsi ils
peuvent étouffer les dossiers compromettants. Ils doivent savoir que
dans la gestion des dossiers sensibles, on n’est jamais seul, on
travaille toujours en synergie avec des structures internationales qui
ont un intérêt dans la lutte contre ces pratiques illicites, on prend
des garanties solides. La manière de résoudre ces problèmes n’est pas de
menacer d’éliminer celui qui a eu à connaître ces dossiers dans le cadre
de ses fonctions. La bonne manière c’est d’envisager des réformes
audacieuses et structurelles pour que notre pays le Togo dans l’avenir
ne prête pas le flanc à des pratiques illicites.
Nous avons promis des réformes crédibles pour éponger le contentieux
éthique et résorber la crise politique. Et ce sont ces réformes que je
demande au clan au pouvoir de mettre en œuvre pour crédibiliser l’Etat
au lieu de se complaire dans un exercice permanent de manipulation et de
renversement de preuves. Que le clan au pouvoir le sache, que ce soit
dans l’affaire du bateau de drogue dénommé PITEA ou dans celle relative
aux faux dollars ou celle du blanchiment, ou celle du trafic des armes,
je n’accepterai pas d’être le fusible d’un Etat réfractaire aux réformes
et ce ne sont pas les renversements de preuves, la calomnie, les
menaces, les intoxications diplomatiques qui me feront plier. Bien au
contraire, ces pratiques ridiculisent leurs auteurs et étalent au grand
jour les errements de ceux qui prétendent gouverner le Togo et me
confortent dans ma détermination. Jusqu’à présent et malgré les
multiples provocations, aucun de ces dossiers n’est sur la place
publique parce que j’ai une certaine vision des fonctions d’État
Pourquoi le régime refuse-t-il des réformes ? Pourquoi fait on
semblant d’œuvrer pour la reprise de la coopération alors qu’au même
moment on déclare subrepticement lors du grand rapport 2005 je cite : «
mon père a dirigé le TOGO pendant 13 ans sans l’aide de l’Union
Européenne et par conséquent avec ou sans la reprise de la coopération
on peut tenir » Fin de citation.
Sur quelles ressources compte-t-on pour narguer ainsi la communauté
internationale et prendre en otage tout un peuple réduit à la mendicité
pour les uns et transformé en clientèle politique pour les autres qu’on
fidélise en distribuant des miettes. Qu’on soit clair, les ressources
non fiables entretiennent une clientèle politique et renforcent ainsi le
contrôle du pouvoir politique mais elles n’ont jamais permis de réduire
la pauvreté, encore moins de développer un pays.
Le contentieux politique et éthique se trouve à ce niveau, comment
sortir de ce cycle pour capter des ressources susceptibles de créer des
richesses pour faire reculer les frontières de la pauvreté. Il n’y a pas
d’autres solutions que celles qui passent par des réformes courageuses
pour recréer la confiance promouvoir l’état de droit, garantir le retour
des investisseurs.
LES PERSPECTIVES
Mesdames, Messieurs,
Dans la situation politique difficile que traverse le Togo, le pouvoir
use évidemment de la désinformation pour faire croire que le pays est
apaisé. Très récemment, à coup de milliers d’euros, le pouvoir à acheter
dans un organe de presse des pages de publicité pour manipuler la
communauté internationale alors que sur le terrain la tension est
perceptible, les agressions sont légion. Les atrocités que le pays a
connues il y a un an, ont laissé des plaies difficiles à cicatriser et
il n’y a eu aucune suite judiciaire aux faits établis par le rapport des
Nations Unies.
La situation politique est précaire et pousse les plus fatalistes à
une sorte de résignation ou de collaboration et les autres à l’exil.
Face à cette situation, je lance un appel à la communauté internationale
afin qu’elle reste vigilante et qu’elle ne tombe pas dans le piège des
discours manipulateurs de certains zélés de l’équipe gouvernementale
qui, pour empêcher les pays amis de manifester leur solidarité à l’égard
des réfugiés togolais, tentent par des discours lénifiants tenus de
capitales en capitales de faire croire que l’apaisement est de retour au
Togo où tout marche désormais bien. La manipulation a atteint son
paroxysme avec des images diffusées sur les médias officiels pour faire
croire que les réfugiés retournent au bercail.
Comment peut-on parler de retour à l’apaisement quand on tente
d’assassiner des journalistes en pleine capitale ? Peut-on parler
d’apaisement lorsque des informations persistantes font état
d’élimination de journalistes usant de leur liberté de plumes en vue
d’assainir la profession ? Certains réfugiés qui ont cru à ce discours
lénifiant ont pris le risque de retourner dans leur ville d’origine
notamment à Tchamba et ont payé les frais de cette naïveté. Ils ont été
humiliés, bastonnés et spoliés par des milices proches du pouvoir. Voilà
la réalité de l’apaisement dont on nous parle inlassablement sur
certains médias internationaux.
C’est le lieu pour moi tout en remerciant les autorités allemandes pour
leur générosité et leur hospitalité de leur demander de ne pas écouter
les sirènes de la démagogie et de la manipulation, et de continuer à
faire preuve de solidarité et d’attention à l’égard de ceux de nos
compatriotes qui ont choisi de vivre leur exil sur cette terre
légendaire allemande. Je demande en retour à nos compatriotes de faire
preuve de civisme pour mieux assimiler l’histoire, la langue et la
culture allemandes afin de favoriser leur intégration et de vivre en
parfaite symbiose et harmonie avec les lois, les us et coutumes du pays
hôte.
Mesdames, Messieurs, comment pourrai-je clore ce volet sans avoir une
pieuse pensée et attention à l’égard de ceux de nos compatriotes qui
vivent en exil au Bénin et au Ghana ? Je pense particulièrement aux
réfugiés d’Agamé qui ont été doublement victimes de l’intolérance du
clan au pouvoir à Lomé. En effet, contraint par les milices du clan au
pouvoir de prendre le dur chemin de l’exil, ils n’en seront pas à leur
dernier calvaire. Ils sont pourchassés jusqu’à leur lieu d’exil où
cyniquement le pouvoir a infiltré des activistes qui se font passer pour
des béninois et sèment désolation et atteinte aux normes internationales
en la matière. Voilà pourquoi du haut de cette tribune, je lance un
appel aux organisations humanitaires notamment au HCR dont je salue au
passage la détermination et le soutien apportés à nos compatriotes en
exil, pour qu’elles redoublent de vigilance, de générosité et de
solidarité afin que ce qui se passe à Agamé soit rapidement remédié dans
l’intérêt des réfugiés. La mobilisation de certains acteurs humanitaires
et de la société civile au côté du HCR peut remédier à une situation
quasi délétère dans ces camps de réfugiés où le pouvoir togolais au lieu
de travailler à donner des garanties de sécurité, harcèle les réfugiés
de manière à les contraindre à retourner au bercail où les attendent
certaines pratiques observées à Tchamba, il y a quelques semaines.
Mais face à cette situation catastrophique, la problématique reste la
même. Que faire face à un régime qui refuse les réformes et la
modernisation ? Comment arracher le progrès politique et bâtir l’État de
droit surtout à un moment où l’on parle d’un dialogue dans lequel le
pouvoir espère faire semblant pour ne rien concéder ?
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens de la diaspora togolaise en
Allemagne
Permettez-moi en cela de vous féliciter pour la pertinence du thème
de votre rencontre citoyenne de ce jour. L’union des forces de progrès
pour sauver la Patrie.
Je voudrais m’approprier le thème de vos assises et lancer de façon
solennelle encore une fois un appel à l’union sacrée de tous ceux qui
luttent pour l’avènement d’un nouvel ordre politique au Togo. J’invite
notamment les responsables de l’UFC, du CAR, de la CDPA, de l’ADDI , de
l’ADP à se concerter quotidiennement avant et après les fameuses séances
de dialogue pour harmoniser leurs points de vue et aboutir à des
positions consensuelles et communes opposables au pouvoir afin que
celui-ci n’exploite pas comme à l’accoutumée leurs divergences parfois
légitimes. Il est dommage que les différentes forces politiques n’aient
pas travaillé comme nous leur avons suggéré, il y a 2 mois pour
l’élaboration d’une plate forme revendicative commune opposable au
pouvoir. Ceci aurait permis d’éviter les divisions intestines qui font
le jeu de ceux qui refusent le progrès dans notre pays. Néanmoins, une
concertation au forceps peut permettre de réduire ces craintes et de
présenter une alternative crédible au peuple togolais. Mais cette
alternative ne doit pas être laissée aux seuls soins des partis
politiques. La mobilisation citoyenne doit pouvoir constituer le ferment
et le ressort essentiel de l’unité d’action des forces luttant pour le
progrès au Togo. Dans ce sens, les acteurs de la société civile
émergeante doivent sortir de leur léthargie et se positionner résolument
comme alternative face au refus du pouvoir d’ouvrir le Togo à la
démocratie et aux atermoiements d’une opposition minée par des querelles
intestines. Les syndicats doivent aussi être à l’avant-garde du
mouvement alternatif car c’est le refus du progrès politique au TOGO qui
est la source principale de la précarité dans laquelle vivent les
travailleurs tant du secteur privé que public. Dans ces conditions, il
ne sert à rien de multiplier les revendications face auxquelles le
pouvoir manipulateur oppose un dialogue social pour gagner du temps
alors qu’il sait que l’état des finances publiques, l’absence d’aide
extérieure et l’absence de réformes crédibles compromettent la
satisfaction des revendications posées.
Ainsi, les syndicats doivent accompagner la mobilisation citoyenne
car elle seule peut constituer une alternative pour résorber la crise
que traverse le Togo qui est avant tout une crise politique à
répercussion sociale, économique, culturelle etc… Ne confondons pas la
maladie aux manifestations de celle-ci. L’union des forces de progrès,
la mobilisation citoyenne et celle des syndicats doivent permettre de
poser 4 exigences principales devant aboutir à un accord politique
susceptible de sceller un nouveau départ à travers la mise en place d’un
nouveau gouvernement.
La première exigence est la nécessité d’une table ronde de
réconciliation qui permettra de poser les vrais problèmes qui minent la
marche vers le progrès politique et d’en trouver les solutions qu’un
gouvernement pourra mettre en œuvre sous le regard très avisé d’un
organe de suivi et d’évaluation. Au cours de cette table ronde, sera
posée et débattue la question de la constitution notamment les
dispositions à réintégrer en vue de ramener l’apaisement car les
modifications de 2002 ont vidé notre loi fondamentale qui n’a plus rien
de fondamentale. Le Premier ministre n’est plus nommé dans la majorité
parlementaire, ses pouvoirs ont été réduits à un simple technicien de
service, un valet du président, rendant ainsi sans signification et sans
objet politique les prochaines élections législatives dont on nous fait
miroiter les vertus.
La table ronde pourra également débattre de l’épineuse question de la
restructuration de l’armée. La réforme de l’armée ne veut aucunement
dire « réformer les soldats » comme certains manipulateurs du pouvoir
ont pu inculquer à nos troupes pour braquer nos soldats et susciter leur
méfiance vis-à-vis des mesures pourtant positives. Celles ci visent la
professionnalisation de notre armée en vue de la soustraire des champs
de ceux qui les instrumentalisent à des fins de pouvoir. La
restructuration de l’armée et pour éviter toute équivoque sémantique
signifie : l’octroi d’un statut aux forces armées, la définition d’un
profil de carrière pour la promotion, les avancements, les stages de nos
soldats qui ne doivent plus être gérés au pifomètre, ou avec
l’arbitraire actuel qui récompense ceux qui commettent les basses
besognes. Elle signifie aussi la conception et la mise en œuvre au sein
de nos armées d’une culture républicaine mettant fin à l’idolâtrie en
cours dans nos troupes.
La restructuration de l’armée occasionnera la maîtrise des effectifs qui
permettra d’augmenter les salaires de nos soldats, de définir une
politique sanitaire crédible ainsi qu’une politique sociale susceptible
d’offrir une habitation à chaque soldat au moment de son départ à la
retraite. C’est faisable car d’autres armées de la sous région ont
réussi ce challenge et il n’y a pas de raison que ce pari ne soit pas
tenu.
Après la table ronde, l’exigence de justice doit permettre de poser les
fondations d’une vraie réconciliation susceptible de susciter un nouveau
départ. L’exigence de cette justice ne s’enferme pas ici dans des
démarches dogmatiques ou judiciaires classiques. Il s’agit de faire
preuve d’inventivité au regard du rapport des Nations Unies qui à
l’analyse des faits établis doit permettre dans le cadre d’une
commission justice et vérité de faire une catharsis collective à travers
la connaissance de certaines infractions commises. Ce mécanisme doit
permettre de mettre face à face victimes et auteurs de façon symbolique
pour établir la culpabilité et la réparation et sceller le grand pardon.
Cette procédure pourra exorciser le mal, ramener la confiance et
remédier à la culture de l’impunité qui fait que plus personne ne croit
à un pardon factice. Avant de pardonner comme le demande à longueur de
journée le pouvoir togolais, encore faut-il savoir qui a fait quoi et
qui doit pardonner à qui.
La troisième exigence est celle de l’ouverture d’une transition gérée
par un nouveau gouvernement censé mettre en œuvre l’accord politique
issu de la table ronde, en réconciliant le pays et en organisant à la
fin de la transition un processus électoral pour donner au peuple la
liberté de choisir ses dirigeants.
Enfin la quatrième exigence est celle d’un dispositif électoral capable
d’organier des scrutins crédibles dénués de toute crainte de défaite,
cette crainte qui provoque souvent des stratégies les plus inimaginables
des fraudes électorales. Le pays apaisé pourra connaître des élections
moins conflictuelles sous la supervision d’une observation
internationale et sécurisée comme en 1994 par un dispositif de forces
internationales. Cette exigence est primordiale pour donner au vote tout
son sens et garantir la liberté de campagne indispensable à l’expression
libre du suffrage.
Ces exigences relèvent du bon sens et peuvent permettre de résorber la
crise de succession que connaît le TOGO depuis un an ainsi que la crise
politique que ce pays traverse depuis plus d’une décennie. Nos voisins
ont fait des pas de géants pendant ce temps, et il nous appartient
aujourd’hui de réaliser le miracle togolais pour rattraper le temps
perdu.
Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens,
Le défi du progrès est énorme tant les forces qui s’opposent à lui,
bien que minoritaires, ont une grande capacité de nuisance. Elles sont
habiles dans l’exploitation des divisions et manipulent avec succès le
double langage et l’intoxication pour tromper la communauté
internationale. Cette communauté internationale une fois lassée de notre
situation peut se satisfaire des solutions de rafistolage. Voilà
pourquoi plus que jamais, l’unité d’action, devra être de mise, en vue
de fédérer les énergies, harmoniser les positions et définir une plate
forme revendicative commune susceptible d’arracher le progrès. Nous
sommes à une période cruciale de cette lutte que nous autres venons
d’embrasser même s’il faut le souligner mon combat pour le progrès a
commencé déjà sous les drapeaux.
Parce que nous sommes les derniers venus dans l’arène, on caricature
nos intentions. C’est de bonne guerre. Le RPT a annoncé les couleurs,
aucun qualificatif dédaignant n’est de trop : traître, officier félon,
ambitieux manipulé par l’opposition et les puissances occidentales. Que
les uns et les autres se rassurent. Si l’opposition et le RPT réunis à
l’hôtel de 2 février à Lomé pour le dialogue tant attendu, trouvent un
compromis dynamique susceptible de résorber la crise, je me rallierai au
consensus républicain. Ils ont l’impérieux devoir de trouver ce
compromis qui ne doit brader ni le progrès encore moins la mémoire des
centaines de nos compatriotes ayant versé leur sang pour la liberté.
Mais s’ils échouent, ils ne pourront pas contenir pendant longtemps la
soif de liberté des togolais, encore moins empêcher des citoyens
nourrissants plus d’ambitions pour leur pays et d’ouvrir une nouvelle
page de l’histoire du Togo.
Vive la deuxième indépendance du Togo et que l’Eternel bénisse le Togo
Je vous remercie |
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