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Appel à la solidarité avec le
peuple togolais en lutte pour récupérer sa liberté au bout de 40 ans de
tyrannie.
« Donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants »
Appel le 20 Avril 2005
Appel à l'Organisation des Nations unies (ONU), à
l'Union européenne (UE), à la Communauté économique des États de l'Afrique
de l'Ouest (CEDEAO), à l'Union Africaine (UA), et aux autorités des pays
représentés dans ces institutions, la France en particulier.
A l'approche des élections présidentielles qui doivent
se tenir le dimanche 24 avril au Togo, l'association Survie, régulièrement
informée de la situation sur place, attire l'attention sur les réalités
que vit un peuple en lutte pour sa liberté, et sur ses inquiétudes.
Nous rappelons :
- Les irrégularités, notoires, qui entachent la
préparation du scrutin, notamment en matière d'établissement des listes
électorales ou de distribution des cartes d'électeurs.
- Le verrouillage de l'accès aux médias nationaux au
profit du candidat du pouvoir en place, Faure Gnassingbé, et les
intimidations dont font l'objet les médias indépendants.
- Les graves violations des droits de l'Homme et les
provocations commises par les forces et milices proches du régime, qui
alimentent un climat de tension déjà extrême, comme l'attestent les
affrontements violents qui ont récemment opposé les partisans des deux
camps en présence.
- Le refus de l'UE de se rendre au Togo afin de juger
du bon déroulement du scrutin, décision d'autant plus regrettable que les
conditions dans lesquelles celui-ci doit se tenir sont, notoirement,
périlleuses. L'Europe se contente de financer l'envoi de quelques dizaines
d'observateurs de la CEDEAO : une présence insuffisante pour agir
effectivement sur toute l'étendue du pays, et qui n'est pas de nature à
rassurer les électeurs.
- Les manœuvres diplomatiques de la France tendant à
favoriser le régime en place : selon de nombreuses sources, l'Élysée
exercerait de fortes pressions sur les chefs d' État de la CEDEAO afin
qu'ils s'abstiennent de désapprouver avec détermination les turpitudes
d'un système totalitaire prêt à tout pour se maintenir au pouvoir.
- Les informations faisant état de l'envoi au Togo de
parlementaires français, avec pour mission de superviser le scrutin, dont
on peut craindre qu'ils se chargent de valider une élection truquée, comme
ce fut le cas par le passé.
- L'apparente absence d'intérêt de l'ONU pour une
situation lourde de menaces. Qui interviendrait au Togo au lendemain du
scrutin pour garantir le calme si le besoin s'en faisait sentir ?
- Les risques d'un embrasement généralisé du pays si,
comme on peut le prévoir, la fraude électorale permet à une dictature
honnie depuis 40 ans de se maintenir en place. Il serait étonnant que les
Togolais, mobilisés pour récupérer leur liberté, baissent les bras.
Survie demande à l'ONU, à l'UE, à la CEDEAO, à l'UA, et aux autorités
des pays représentés dans ces institutions, la France en particulier, de
poser les actes nécessaires pour que le respect des urnes soit assuré au
Togo le 24 avril. Elle demande au Président de la République, Jacques
Chirac, de respecter les aspirations du peuple togolais à la démocratie,
et de retirer publiquement tout soutien de notre pays au régime
dictatorial. |