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Communiqué: APPEL A "L'UNION SACRÉE"
CONTRE LE COUP D'ÉTAT MILITAIRE DU 5 FEVRIER 2005.

Togolaises, Togolais,

Chers Compatriotes,

Comme nous le savons tous, notre pays vient d'être secoué par un double séisme politique: la mort du plus vieux dictateur africain et la prise du pouvoir par l'un de ses fils.

1°/ Depuis près de 42 an, le Togo est mis à sac par Gnassingbé Eyadèma, l'assassin du Président Olympio Sylvanus lors du coup d'état militaire du 13 janvier 1963.

Le Togo est aujourd'hui en ruine et son Peuple, avili, esclave sur sa propre Terre, vit dans la misère la plus extrême.

Après l'insurrection héroïque du 5 octobre 1990 lui permettant d'enclencher le processus démocratique, il espérait, malgré les fraudes électorales massives lors des scrutins présidentiels de juin 1998 et de juin 2003 grâce aux quelles la dictature lui a volé la victoire, élargir l'espace démocratique aux prochaines élections législatives.

L'annonce officielle, le 5 février de la mort d'Eyadéma survenue après une longue maladie a provoqué une explosion de joie dans tout le pays. Beaucoup de Togolais pensaient avoir fini avec la dictature et les militaires. C'est mal connaître les mécanismes de fonctionnement d'une république "bananière" dirigée par un pouvoir néocolonial.

2°/ Le coup d'état militaire et la confiscation du pouvoir par Gnassingbé Faure, quelques heures seulement après l'annonce de la mort de son père faisaient partie des scénari étudiés par les stratèges de Paris.

La raison avancée par les putschistes est des plus fallacieuses

"Pour éviter la vacance du pouvoir en l'absence du territoire du président de l'assemblée nationale" qui aurait dû assumer l'intérim du chef de l'état défunt selon la Constitution.

QUI VEUT TROMPER QUI ?

Avec les moyens de transports rapides et les moyens de communications sophistiqués actuels, le président de l'assemblée nationale, monsieur Natchaba, n'était ni introuvable ni injoignable. Et qui plus est toutes les frontières étaient fermées.

Le R.N.D.P. (RASSEMBLEMENT NATIONAL POUR LA DEMOCRATIE ET LE PANAFRICANISME) pense que deux raisons principales sont à la base de ce nouveau coup d'état:

-Le fils, déjà très impopulaire n'avait aucune chance de succéder démocratiquement à son père dont le régime était et est rejeté par tout le Peuple.

-L'utilisation du Togo comme base d'agression contre la république de Côte d'Ivoire.

CE NOUVEAU COUP D'ETAT EST UN ARRET BRUTAL DU PROCESSUS DEMOCRATIQUE!

Face à la rèprobation générale que ce coup d'état a suscitée aussi bien dans le pays que dans la communauté internationale, le régime des putschistes, acculé et isolé, a cru pouvoir se donner une base légale en destituant monsieur Natchaba pour le remplacer à la présidence de l'assemblée nationale par le président autoproclamé afin d'assumer l'intérim d'Eyadéma.

Il organise dans la foulée un coup de force anticonstitutionnel permettant au président autoproclamé de finir le mandat de son père.

Le R.N.D.P. marque sa profonde réprobation. Il condamne avec force ce nouveau pronunciamento et appelle tous les partis politiques, les syndicats, les différentes associations de la société civile, toutes les forces vives de la Nation à riposter énergiquement et à faire barrage aux auteurs du coup d'état militaire.

Le R.N.D.P. demande la formation d'une "UNION SACREE" dirigée par un Comité de Salut Public pour tourner définitivement dans notre pays la page sombre des régimes militaires et poursuivre le processus démocratique.

Le R.N.D.P. condamne le coup de force anticonstitutionnel et demande que l'ancienne Constitution soit appliquée. Il exige que monsieur Natchaba soit reconduit dans ses fonctions pour qu'il puisse assumer l'intérim d'Eyadéma.

Il dénonce l'utilisation du territoire national comme base d'agression contre la Côte d'Ivoire ou contre un quelconque pays africain.

Le R.N.D.P. se félicite de la position de la Communauté Internationale qui a fermement condamné le coup d'état militaire et le coup de force anticonstitutionnel.

Le R.N.D.P. demande à tous les Chefs d'états africains et à l'Union Africaine de ne pas reconnaître le putschiste Faure Gnassingbé et son gouvernement.

Le R.N.D.P. demande à l'Union Européenne, le maintien de la suspension de l'aide, la prise de sanctions économiques plus sévères et des sanctions ciblées à l'égard des putschistes, de leur gouvernement et de leur entourage.

Le R.N.D.P. demande à tous les policiers, à tous les gendarmes, à tous les soldats et à tous les officiers des forces armées de se désolidariser des putschistes et de fraterniser avec le Peuple.

Les putschistes doivent être défaits. Les putschistes doivent partir.

Tous Unis, Nous Vaincrons!
Vive la Terre de nos Aïeux!
Vive la Liberté!

 

ABLODE !

Fait à Paris, le 7 février 2005

Pour le R.N.D.P.
Le Président: Dr Ati RANDOLPH



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