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L’interview de Eloi Koussawo
renforce l’emprise de la dictature et des faux démocrates sur la jeunesse et le peuple togolais.



La situation dramatique que vit le peuple togolais nous incombe à réagir en traquant toutes les fausses conceptions et pratiques qui empêchent le mouvement démocratique d’avancer. C’est ce travail que nous nous sommes assignés et qui nous pousse, promptement, à donner notre point de vue sur l’interview de Eloi Koussawo publiée le 13 septembre dernier sur le site www.togocity.com. Une interview que nous avons lue et relue attentivement. Malgré l’énergie intellectuelle que nous avons déployée pour l’éplucher, la décortiquer, nous n’avons rien trouvé qui montre que Eloi Koussawo est sincère dans ses analyses et prises de positions. Plus grave, Eloi Koussawo exprime un mépris pour la jeunesse togolaise qu’il prétend représenter. En somme, Eloi Koussawo nous a simplement démontré tout au long de l’interview, qu’il est réellement au service de ceux-là que nous désignons -à juste titre- de faux démocrates mais aussi qu’il est le digne héritier de ces derniers pour continuer leurs œuvres...


Eloi Koussawo n’a pas les mêmes intérêts que la vaillante jeunesse togolaise !

Au moment où des centaines voire des milliers de nos jeunes qui sont contraints de force -par la sanglante dictature de Faure Gnassingbe- à un exil, au moment où une fraction de cette jeunesse qui a su, il y a quelques années, trouver refuge en Europe, au Canada et aux USA se mobilise, s’organise pour apporter un soutien sans faille à la lutte du peuple pour chasser le clan Gnassingbe du pouvoir et la France du Togo, Eloi Koussawo n’a rien trouvé d’autres à dire que de cracher son venin sur cette jeunesse intrépide et combative. Une jeunesse qui, lors des derniers évènements, a été sur les barricades, a versé son sang et donné sa vie pour la libération de la mère patrie, le Togo.

Ainsi, en abordant dans cette interview la question cruciale sur la faillite des partis d’opposition et l’alternative à suivre, Eloi Koussawo a tout simplement craché son venin sur notre jeunesse, en affirmant ceci: «Que peut-on espérer de bon comme relève de la part de cette jeunesse-là qui se cramponne à la cupidité, la guéguerre, la diffamation, la jalousie et la culture honteuse des rumeurs assassines ? Il faut préalablement un changement de mentalité de ceux-là avant de prétendre à quoi que ce soit» (…) plus loin il affirme… « Je crois à la sincérité de quelques-uns lorsqu’ils évoquent la force alternative. Mais la 3eme force dont on parle tant résonne dans la bouche de certains comme le déguisement de leur propre incapacité à innover. C’est de l’hypocrisie. Personne ne les empêche de prendre le devant de la lutte».

En lisant cette déclaration, on dirait à première vue que nous sommes en face d’un cacique du régime Eyadema-Faure. Mais non ! Il s’agit belle et bien d’une déclaration du premier responsable du MO5, Eloi Koussawo. Bon nombre de nos compatriotes qui ont lu l’interview, ont été surpris, d’autres se sont révoltés contre de tels propos émanant d’un responsable du MO5.

Pour notre part, la déclaration de Eloi Koussawo ne nous surprend guerre, parce que nous le suivons, depuis fort longtemps, à travers ses propos, écrits, déclarations et pratiques. Ceux qui s’étonnent, ce sont ceux-là qui ont toujours eu des illusions à son égard. Comme nous disons, cette interview ne nous avait pas surpris parce que depuis qu’il est arrivé en exil, Eloi Koussawo a toujours suivi et servi ses mentors de l’opposition qui continuent d’abêtir la jeunesse et de drainer la lutte sur la voie des négociations, des urnes avec la dictature. Le moins qu’on puisse dire est simplement de poser la question suivante: dans quel camp se situe réellement Eloi Koussawo ? Celui de la démocratie ou celui des ennemis de la démocratie (pouvoir et ses rivaux de l’opposition) ? A-t-il les mêmes intérêts que cette jeunesse qui lutte pour un véritable changement ? Ce sont ces questions qui peuvent aider nos compatriotes à situer Eloi Koussawo.

Ainsi, de part ses prises de positions contre notre jeunesse, il ne fait aucun doute que Eloi Koussawo appartient au camp des ennemis de la démocratie -le pouvoir et son opposition- qui s’entendent derrière le dos de la jeunesse et du peuple afin de partager le gâteau, le pouvoir néocolonial. C’est ce partage du pouvoir que Eloi Koussawo réclame dans cette interview en affirmant que «La mort de Eyadema devrait normalement servir à engager véritablement notre pays sur la voie de la démocratie». Mais de quelle démocratie parle-t-il ? Pour nous, cette démocratie dont parle Eloi Koussawo ne serait qu’un replâtrage c’est-à-dire le partage du pouvoir entre le clan au pouvoir et celui qui veut y accéder. N’en a pas douter, la mort du tyran n’avait nullement affecté le pouvoir dictatorial et le système néocolonial. La prise du pouvoir du fils, Faure Gnassingbe, corrobore les analyses de ceux qui s’insurgeaient contre de tel mot d’ordre.

Dans cette situation ressasser que le décès de l’autocrate ouvrirait «la voie à la démocratie», c’est de fourvoyer la jeunesse et le peuple qui étaient dans la rue pour en découdre avec les forces de répression qui, justement, constituent l’obstacle principal à notre démocratie. L’argument du décès de l’autocrate a été utilisé de bout en bout par les faux démocrates pour émousser la lutte du peuple et ainsi trouver une entente avec la dictature. Rappelons-nous que cette entente s’était déjà matérialisée dans des interminables accords et négociations: CNS, Ouaga, Colmar, CPS, l’Accord Cadre de Lomé et récemment les 22 engagements etc.
Il est indéniable que ces accords et négociations ne sont jamais débouchés sur une perspective radieuse pour le peuple togolais. Ils se sont soldés par des échecs… C’est la raison pour laquelle, dans cette interview, Eloi Koussawo peine, souffre de reconnaître la faillite des Agboyigbo et Gnininvi. Malgré la situation catastrophique dans laquelle ces derniers ont plongé le pays, Eloi Koussawo va jusqu’à traiter «d’incapables et d’hypocrites» les démocrates qui ont su correctement analyser la situation politique et proposer au peuple de se démarquer des faux démocrates (Gnininvi, Agboyigbo etc.) de s’organiser pour continuer la lutte sur une base saine pour renverser l’autocratie.

Parlons-en de cette incapacité de la jeunesse, chère à Eloi Koussawo.

Pour notre part, nous pensons que Eloi Koussawo aurait dû s’adresser premièrement à son mentor Gnininvi et à un Agboyigbo qui ont réussi l’exploit de laisser le sanguinaire Eyadema mourir tranquillement dans son lit. N’est-ce pas eux qui avaient déclaré en pleine insurrection populaire en 1990-1991 que «le départ d’Eyadema créerait un vide politique» ? Tout récemment, lors de la sanglante prise de pouvoir de Faure Gnassingbe, n’est-ce pas Gnininvi qui, le 6 février, approuve la confiscation du pouvoir par les FAT en ces termes «Nous mesurons la gravité de la situation et nous comprenons la préoccupation de l’armée de maintenir la paix dans cette période de grande émotion…» ? Au même moment sur l’invitation de Blaise Compaoré, l’homme de l’impérialisme français, Gnininvi s’était déplacé en catimini pour aller rencontrer le jeune despote Faure à Ouaga alors que le peuple, la jeunesse surtout était en effervescence ! Le credo de la bande à Gnininvi-Agboyibo c’est toujours d’aller honteusement s’asseoir à la même table que le tyran. Hier c’était le père, aujourd’hui c’est le fils.

Pour les démocrates, ces morbides pratiques de Gnininvi, Agboyigbo et leurs compères ne relèvent pas d’une quelconque incapacité face à la dictature, c’est une véritable trahison de la lutte démocratique. C’est pourquoi, les démocrates doivent combattre sans cesse l’influence de ses traîtres au sein du mouvement démocratique. A cet effet, combattre l’influence politique de ses traîtres s’associe inévitablement avec l’isolement du commis Eloi Koussawo et ses semblables qui continuent de manipuler une petite fraction de la jeunesse togolaise.

Le changement de mentalité que réclame Eloi Koussawo est une double soumission de la jeunesse.

Un autre argument qu’utilise Eloi Koussawo pour empêcher le développement et l’émergence de la jeunesse combative est: «Il faut préalablement un changement de mentalité de ceux-là avant de prétendre à quoi que ce soit». On se demande ce qui a piqué Eloi Koussawo pour cracher de tel propos. Pourquoi disons-nous cela ? Parce que nous pensons qu’il confond la politique et les problèmes familiaux. Il serait normal qu’un père de famille dise à son petit garçon «tu dois changer ta manière de faire avant que je te donne des caramels ou du bonbon». Mais ici nous sommes sur un terrain politique où les affaires de la cité concernent tous ceux qui se réclament de la démocratie et personne n’a le droit de priver autrui d’acquérir ou de réclamer ce qui lui revient de droit !

Décidément, dans sa croisade contre la jeunesse qui réclame la tête des faux démocrates, Eloi Koussawo est incapable de voir, qu’au fil des ans, la conscience politique s’est accrue au sein de cette jeunesse. Et cette conscience politique doit entrer en ligne de compte dans l’évaluation des rapports de force au sein du mouvement démocratique. Une chose est sûre, il y a actuellement un divorce entre la jeunesse combative et les faux démocrates. C’est pourquoi, empêcher cette intrépide jeunesse qui veut en finir avec la bande Gnininvi-Agboyibo, c’est effectivement réduire les organisations politiques en un «fan club». C’est la première signification logique qu’on peut tirer de cette affirmation de Koussawo.

La deuxième est une question: Pensez-vous qu’en pleine bataille politique où les intérêts sont inconciliables, aller s’asseoir à la même table que le jeune tyran pour quémander un poste de ministre est bonne ? Pensez-vous que la mentalité de la bande Gnininvi-Agboyibo et leurs acolytes est conforme à la lutte du peuple ? Pour notre part, nous pensons que non ! Parce qu’il est de notoriété que la mentalité d’un homme politique n’est pas une chose en soi, elle est toujours liée aux intérêts que défend ce dernier!

La mentalité véhiculée par Gnininvi et consorts, au cours des quinze derniers années de lutte, est celle de la soumission totale à la dictature et à la France. Ceci est contraire aux idéaux et aux intérêts de la jeunesse et du peuple. Connaissant le lien entre la bande Gnininvi-Agboyibo et Eloi Koussawo, quand, ce dernier invite la jeunesse à «changer de mentalité» c'est de la drainer dans une double soumission à l’égard de la bande Gnininvi-Agboyibo et ensuite à la France. Cette attitude de Eloi Koussawo n’est qu’une copie conforme de celle que le RPT a toujours pratiqué.

Il est incontestable que Eloi Koussawo ne fait que répandre une conception Rptiste avec un manteau de «démocrate». C’est là, la véritable mentalité cupide, de guéguerre entre clans rivaux pro impérialistes qu’il faut incessamment combattre, juguler afin que la jeunesse de Bè (Lomé), Sokodé, Atakpamé, Kpalimé, Kara, Dapaong, Aného et de Vogan puissent jouer son rôle de fer de lance de la lutte démocratique. Dans notre situation au Togo, où la dictature a repris du poil de la bête, le changement de mentalité de la jeunesse doit être la mobilisation et l’organisation en dehors et contre la bande Gnininvi-Agboyibo qui attendent simplement devenir bientôt le premier ministre du jeune despote Faure.

La bande Gnininvi-Agboyibo empêche l’émergence
d’une force alternative !

Toujours dans le rôle qui lui a été imparti pour freiner la jeunesse luttant pour le changement, voici ce qu’il nous sert comme argument «Personne ne les empêche de prendre le devant de la lutte». De cette affirmation, on dirait que Eloi Koussawo n’était pas au Togo quand éclatât le mouvement salutaire du 5 octobre, dont le MO5 réclame toujours la paternité. On dirait que Eloi Koussawo n'était pas au courant de cette déclaration de Gnininvi à Jeune Afrique Economique: «le peuple n’a jamais demandé la CNS que ce sont eux qui voulaient jouer le jeu démocratique avec l’autocratie ? ». Or, la vie a confirmé que cette assise avait été initiée par la France de commun accord avec Gnininvi et Cie pour détourner le mouvement démocratique de son objectif principal. Ainsi, cette Conférence avait été simplement un exutoire et avait permis à l'autocrate de bénéficier de quelques moments de répit pour réorganiser ses rangs et ses forces et, plus tard, déclencher de nouveau massacre contre la jeunesse et le peuple. Voilà comment la bande Gnininvi-Agboyibo, en jouant le «jeu démocratique» avec un autocrate de la trempe de Eyadema, avait, non seulement, sauvé le régime néocolonial, mais aussi, par leurs initiatives au sommet, empêché, le peuple d'approfondir le processus démocratique jusqu'à la chute de la dictature. Quinze ans après, Eloi Koussawo continue d'infirmer cette vérité historique en arguant que «Personne ne les n’empêche de prendre le devant de la lutte», il en découle que Eloi Koussawo est réellement disposé à servir la bande Gnininvi-Agboyibo jusqu'au gouffre de l'histoire.
(A suivre)

Bruxelles, le 22 septembre 2005

Le Front des Organisations Démocratiques Togolaises en Exil
( Section Belgique )

Contact : info@togoenlutte.com
Site Internet : www.togoenlutte.com



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