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ÉCHOS DE LA MANIFESTATION DE BRUXELLES

DÉCLARATION DE LA COMMUNAUTÉ TOGOLAISE EN BELGIQUE

Pendant 38 ans, le dictateur Gnassingbé Eyadema a régné sans partage sur le Togo.
Pendant 38 ans, le dictateur a écrasé tous ses concitoyens avec la complicité de la France. Pur produit de la Françafrique, cet ancien militaire sac au dos de l’armée coloniale, est un prototype de la dictature fasciste comme la France mafieuse sait en créer et en imposer aux États et aux peuples africains. Pendant 38 ans, le champion des coups d’État en Afrique, le faux médiateur, a bénéficié, grâce à la France mafieuse, des expertises militaires, diplomatiques, juridiques, pour asseoir sa mainmise sur le Togo.

Le constat est clair que le processus démocratique qui a réussi un peu partout en Afrique n’a pas fait le poids devant la résistance instinctive de l’enfant chéri de la Françafrique.

L’ «éléphant», le «baobab», qui n’a jamais eu du respect pour les libertés fondamentales de ses concitoyens, et qui par ruse a tenu le coup avec l’appui d’une armée tribale, s’est écroulé donc le 5 février 2005. Le vent dit- on, sait agiter les feuilles des arbres, tout comme la mort sait secouer les hommes.

Le dictateur rongé par une multitude de maux, s’en est allé, mais ses courtisans fort du traficotage des textes constitutionnels, avalisés par la France, ont à cœur de faire pérenniser la délation, la répression, le clientélisme, la corruption, le népotisme, la chasse à l’homme, le détournement des richesses nationales à des fins personnelles, en portant leur choix sur Faure Essozimna, un des Gnasseron, pour continuer à enfoncer le Togo dans la précarité.

Le petit prédateur s’appelle aussi prédateur. Né sous la dictature, Faure qui a grandi à l’ombre de son père, est prêt à continuer dans la voie tracée par son père. Cette nouvelle mise en scène, les Togolaises et les Togolais ne sont plus prêts à l’accepter comme ce fut le cas en janvier 1963.

Non à «la Haïtisation» du pouvoir politique au Togo. Après avoir été le plus grand récalcitrant au changement démocratique en Afrique, le dictateur a été vaincu par la mort. Pourquoi ne pas laisser l’opportunité au peuple souverain de se choisir ses nouveaux dirigeants?

Trop c’est trop.

Un pouvoir fondé sur la force, le vol et la corruption, et les assassinats avec l’aval de la France. Nous n’en voulons plus au Togo et en Afrique.

Jacques Chirac, «ami personnel» du dictateur Gnassingbé Eyadèma, doit prendre ses responsabilités dans la nouvelle situation née du décès du dictateur et le choix porté sur son fils Faure Essozimna pour le remplacer.

Accepter Bébé Gnass à la tête du Togo, constitue une insulte à la démocratie, au peuple togolais et à la communauté africaine. Il est inadmissible d’avaliser un choix né de la volonté de la France qui tire les ficelles et qui veut préserver un peu partout ses intérêts. Nous saluons la position de la CEDEAO, de la RADDHO, de la FIDH, de l’Association Survie, de l’OIF, de l’UA, de l’ONU, contre l’arbitraire et l’injustice au Togo. Une tyrannie de père en fils, nous n’en voulons pas au Togo


Bruxelles, le 15 février 2005
Le Comité de gestion de la crise togolaise
Cgct_be@yahoo.fr

NON A L’HYPOCRISIE DE LA FRANCE

Le Togo n’est pas au bout de ses peines. D’une superficie de 56785 km2 avec 5 millions d’habitants, le Togo a connu plus de quatre décennies de dictature. A peine son accession à l’indépendance en 1960, le Togo, notre pays, s’était tristement illustré sur la scène internationale par le 1er putsch militaire perpétré en Afrique noire. Conçu par la France des réseaux mafieux, ce coup d’État du dimanche 13 janvier 1963 fut exécuté par des demi-soldes en chômage et s’est soldé par l’assassinat de Sylvanus Epiphanio Olympio, le père de la nation togolaise. Un exemple qui sera un peu partout suivi, balisant le terrain à l’éclosion des dictatures aussi féroces et cupides.

Arrivé sur la scène politique togolaise comme un cheveu sur la soupe lors du putsch du 13 janvier 1963, Gnassingbé Etienne Eyadèma reviendra quatre ans plus tard pour déposer le 13 janvier 1967, Nicolas Andor Grunitzky qui tentait de mettre en place une constitution garantissant le multipartisme. Détrônant trois mois plus tard le Colonel Kléber Dadjo qui présidait aux destinées du Comité de réconciliation nationale (CRN), l’ancien soldat de l’armée coloniale française sera pendant près de quatre décennies, imposé aux Togolais en qualité de président de la République. Sorti du moule "Foccart", Eyadèma s’était alors rapproché de son aîné, feu Félix Houphouët-Boigny (président de la Côte d’Ivoire), son parrain dans les relations "françafricaines". Bénéficiaire par la suite de la sinistre couronne de «Doyen des chefs d’État africains», véritable syndicat des despotes soutenus par Paris, le soldat-dictateur a eu le mérite d’avoir instauré et maîtrisé au Togo, un régime fasciste pour un peuple réputé paisible et reconnu pour son souci de l’ordre et de la discipline.

Avec la force et le soutien de la France, Eyadèma a régné pendant 38 ans et sans partage sur le Togo, oubliant de consacrer ses efforts dans la recherche des voies et moyens pour en faire la "Suisse d'Afrique".

Protégé par la France, le despote Eyadèma avait créé dans l’imaginaire de la horde de ses courtisans, qu’il était un «baobab» impérissable. Malade ces dernières années, l’enfant chéri de la Françafrique avait toujours caché les maux dont il souffrait, avant de s’écrouler le samedi 5 février 2005 à bord de son avion qui le ramenait en Europe pour des soins médicaux.

A la mort de «l’homme-dieu» du Togo, ses courtisans se sont empressés défiant la constitution qui dispose que le Président de l’Assemblée nationale organise un nouveau scrutin présidentiel dans les 60 jours. En effet des Généraux des Forces Armées intronisent Essozimna Gnassingbé, fils d’Eyadém, pour perpétuer le règne de son père. Ce choix, avouons-le, a bénéficié de l’onction de la France mafieuse.

LE PEUPLE TOGOLAIS DIT NON À LA HAITISATION DU POUVOIR POLITIQUE

Depuis le 5 février 2005, toute la communauté internationale a les yeux tournés vers le Togo à cause de la situation confuse qui y prévaut. Fort de cette raison, les Togolaises et Togolais que nous sommes, sommes devant vous pour extérioriser notre colère et notre refus d’une «Haîtisation» du pouvoir politique dans notre pays.

Les Togolaises et les Togolais ont largement prouvé qu’ils aiment le travail bienfait qui, seul, peut aider leur patrie à s’émanciper Quatre décennies de brutalité et d’anarchie institutionnalisée ont suscité chez les Togolais, un désir farouche d’un véritable mieux-être. Les Togolaises et les Togolais que nous sommes, avons soif de démocratie et d’un véritable changement. C’est pour cette raison que nous sommes ici pour le crier et le manifester. Ce changement n’est pas négociable.

Le Togo, n’est pas une épicerie et il n’est pas non plus à vendre. Nous en avons assez de l’armée tribale d’Eyadèma, qui ne fait que terroriser la population togolaise. Après avoir apporté son soutien à Eyadema pendant 38 ans, la France s’apprête à apporter le même soutien à son rejeton Faure, pur produit de la dictature du père.

Nous sommes ici pour demander à Monsieur Jacques Chirac de choisir entre la démocratie en souffrance au Togo et Faure Gnassingbé Nous demandons solennellement à la France de ne plus hésiter et à Monsieur Jacques Chirac de ne plus traîner les pieds. De la fumée, du sang et des cadavres, ont toujours illustré l’image du Togo. Nous tenons à rappeler à la France des réseaux mafieux que le sang risque de couler à nouveau sur la Terre de nos Aïeux et qu’elle en sera tenue pour responsable.

Tant d’années de répression par la dictature Eyadèma ont conduit la majorité des jeunes que nous sommes à s’exiler et, il faut que cela cesse. Le Togo est politiquement enchaîné. Il est temps de briser les chaînes de l’asservissement.

NON À LA DYNASTIE GNASSINGBE


Fait à Bruxelles, le 15 février 2005
Pour La Communauté Togolaise en Belgique
Eugène Kouvahey
porte parole

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Ce mardi matin 15 février 2005, des Togolais, résidant en Belgique, en Allemagne, au Grand Duché du Luxembourg, se sont donné rendez-vous devant l’Ambassade de France, à Bruxelles.

Malgré le froid polaire qui aurait pu les décourager, ils ont tenu à être présents, certains avec leurs enfants. Ils entendent crier leur ras-le-bol face à l’attitude ambiguë de l’État français dans la crise grave et inédite que vit notre pays depuis ce jour mémorable du 5 février 2005. Ils entendent interpeller le président Jacques Chirac dont le silence semble être une caution donnée à l’usurpateur Faure Gnassingbé et à son groupe d’officiers félons qui, au mépris de la constitution qu’ils ont eux-mêmes inspirée et votée, ont organisé ce coup d’État qui a révolté toutes les consciences et jeté la honte sur notre pays, son peuple et plus généralement sur notre continent.

Rassemblés derrière le drapeau national et encadrés par le service d’ordre de la communauté togolaise et des agents de sécurité en civil, les manifestants ont tenu deux heures durant, criant des slogans hostiles aux autorités de fait et à leur "parrain Chirac", entonnant des chants du terroir accompagnés par quelques pas de danse.

"Chirac double visage", "la France mafieuse hors du Togo","Non à la monarchisation du pouvoir", "Gnassingbé Dehors", sont, entre autres, les pancartes exhibées par les manifestants.

Le symbolisme de la manifestation porte sur la symbiose avec la mobilisation actuelle au Togo.

Une délégation de la Communauté, composée de 3 personnes, a été reçue vers 12 heures par l’Ambassadeur, à qui une déclaration a été remise à l’intention du président Jacques Chirac et dont le point essentiel est le souhait des Togolais de voir la République Française se prononcer clairement, à l’instar des États africains, de l’Union Européenne, sur les événements graves qui se déroulent au Togo. Faute d’un engagement ferme en faveur du respect des textes en vigueur dans notre pays avant le coup du 5 février, elle sera considérée comme faisant partie du complot visant à remettre en cause les pénibles et petites avancées démocratiques de ces dernières années de lutte.

Les Togolais, après près de 40 années du régime Etienne Gnassingbé Eyadéma, aspirent à autre chose et refusent l’installation d’une dynastie qui ne leur a apporté que misère, malheur, souffrance et division, comme a tenu à le préciser leur porte- parole, Eugène Ekoué Kouvahey.

En tout état de cause, la manifestation de ce matin n’est que la confirmation de la mobilisation générale qui a commencé dans la communauté togolaise depuis le 5 février.

Il a été annoncé à l’issue de la manifestation, l’envoi d’un délégué de la communauté au Togo afin de rencontrer l'opposition dans le cadre d’un programme d’assistance à la résistance intérieure. Une autre délégation sera dépêchée en Allemagne et en France pour la mise en place d’une coordination européenne.


Fait à Bruxelles, le 15 février 2005
Le Comité Presse



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