Solidarité avec la lutte du peuple
togolais !
Depuis plus d'un mois, le peuple togolais se mobilise à travers le
monde pour revendiquer sa liberté. Il était du devoir de notre revue et
des associations qui la composent de soutenir cette lutte exemplaire. Car
si demain, cette mobilisation porte ses fruits, c'est tout l'édifice
néocolonial françafricain qui risque de s'écrouler. Et cette aspiration à
la liberté pourrait bien s'étendre pour qu'enfin le droit des peuples à
disposer d'eux-mêmes ne soit plus une chimère mais une réalité.
Togo : un coup d'État françafricain !
Nuit du 12 janvier 1963 : le sergent Éyadéma est en mission sur ordre de
la France. Il doit « neutraliser » Sylvanus Olympio, seul président élu
d'une république togolaise jugée trop indépendante. Il achèvera au
poignard de ses propres mains le père de l'indépendance togolaise.
Éyadéma père meurt le 5 février 2005 après 42 ans d'une dictature
sanglante. Quelques heures plus tard, son fils, Faure Éyadéma, ancien
Ministre des Mines, de l'Équipement et des Télécommunications et surtout
conseiller financier de son père, est installé au poste suprême par les
Forces armées togolaises (FAT). Choisi par son père pour lui succéder à la
tête de l'État, Faure est diplômé en « Business Administration », et porte
un costume civil. Il a « brillament soldé » l'industrie des phosphates et
restructuré des services publics au bénéfice des multinationales. Les
jours qui suivent, l'Assemblée nationale élue en 2002 (l'opposition
boycottait le scrutin) légalise le coup d'État en changeant la
Constitution, ce qui suscite nombre de réactions indignées. L'Onu, l'Union
africaine, des syndicats africains et l'opposition togolaise dénoncent ces
révisions constitutionnelles qui transforment l'intérim du président de
l'Assemblée en un remplacement jusqu'à la fin du mandat du chef de l'État
décédé, soit jusqu'en 2008.
Phosphates, caisses noires et privatisations
Chirac, qui s'est proclamé « ami personnel » de feu la brute, pleure
également « l'ami de la France ». Tous les présidents de la Ve République
française ont soutenu la dictature . En effet, l'argent des phosphates
togolais n'a cessé d'alimenter les caisses noires de la Françafrique. Tout
en appliquant les recettes néolibérales du FMI et de la Banque mondiale,
éyadéma a su préserver les intérêts de son clan et de ses « amis ».
L'aide publique au développement a été massivement détournée, et les
emprunts qui sont venus gonfler la dette publique extérieure du Togo n'ont
pas profité à la population qui ne cesse de s'appauvrir (68% vivait sous
le seuil de pauvreté en 2004). La fortune personnelle du dictateur décédé
(4,5 Milliards US$) est trois fois supérieure à la dette du Togo (1,4
Milliards US$ en 2002).
Pour autant les créanciers publics ou privés ne renoncent pas à l'argent
prêté à un dictateur mis en cause par l'Onu dans des trafics d'armes, et
ce sont les travailleurs des mines ou des cultures de rente (cacao, café,
coton) qui continuent à payer la dette d'éyadéma, après avoir financé ses
appartements dans les beaux quartiers parisiens. Le dictateur vient donc
de léguer à son fils le siège de tyran qu'il avait promis de céder de son
plein gré en 2003. Durant 42 ans de règne, l'ancien
sergent-chef, caricature de gardechiourme néocolonial, a martyrisé et
ruiné le peuple togolais pour le plus grand bénéfice de la Françafrique.
Alors, il faut le dire haut et fort : rien de ce qui se passe ces jours-ci
à Lomé pour maintenir une dictature ubuesque n'est étranger à l'Élysée.
Aujourd'hui, un tiers environ des togolais est contraint à l'exil pour
fuir les marionnettes de l'État français en poste à Lomé. Libérer le Togo
de la dictature, c'est aussi l'affaire du peuple français ! Soutenons le
peuple togolais en exigeant le départ de Faure ; le retour aux libertés
syndicales, associatives, de la presse, etc. ; la fin de l'ingérence
française; le départ des conseillers militaires français ; l'annulation de
la dette extérieure.
Appel à mobilisation et solidarité de la diaspora togolaise
LA DÉMOCRATIE ICI ET MAINTENANT !
Après la mort d'Étienne Éyadéma qui a pillé et endeuillé le Togo pendant
42 ans de règne sanglant, l'armée familiale du dictateur installe de force
l'un des fils du tyran à la tête du Togo. La diaspora togolaise en France
lance un appel solennel aux démocrates africains, français et du monde
entier à participer massivement à la manifestation du 20 février 2005 pour
chasser la junte militaire togolaise du pouvoir.À sa disparition,
l'autocrate laisse derrière lui un champ de ruines sur lequel règne une
armée d'escadrons de la mort, qui continue de terroriser et de massacrer
les populations civiles coupables d'aspirer à un peu plus de liberté.
Ce qu'exigent aujourd'hui les démocrates togolais c'est la fin immédiate
du régime de dictature et non le ravalement de façade d'un système qui a
réduit nos populations à l'état d'esclaves taillables et corvéables à
merci.
LA LUTTE CONTINUE !
MANIFESTATION CONTRE LE COUP D'ÉTAT MILITAIRE AU TOGO
Dimanche 20 Février 2005 à 14h de République à Bastille
À l'appel de : ARECA, ACAT, CDPA, CDPA-BT, CTR,RNDP, UFC, etc.
Contact: 06 09 77 26 45 / 06 62 38 82 56
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Afrique XX1 est une revue à but non lucratif réalisée par des bénévoles.
Elle a pour objectif de se faire l'écho d'analyses, d'informations et
d'initiatives d'organisations associatives et syndicales qui luttent afin
d'obtenir une réelle alternative pour les peuples africains. Afrique XX1
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