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Vingt-six immigrés
clandestins venus d'Afrique meurent au large de la Sicile
Leur embarcation était partie de Libye.
09.08.2004
Ils étaient 100 au départ : 26 d'entre eux ne sont jamais arrivés. L'un
est mort à bord du cargo qui les avait sauvés ; les autres ont été jetés
par-dessus bord par les survivants au fur et à mesure qu'ils mouraient de
soif, de faim, de froid. Dans la nuit du samedi 7 au dimanche 8 août, les
74 rescapés, déshydratés et transis, sont arrivés dans le port de
Syracuse, en Sicile, à bord du porte-conteneurs allemand Zudierdiep
qui les avait recueillis, dans l'après-midi, à 160 milles des côtes
siciliennes.
L'embarcation, de 14 mètres à peine, dans laquelle ils étaient massés
était partie de Libye. Depuis probablement une dizaine de jours, elle
était à la dérive dans le canal de Sicile. Ils ont été sauvés in extremis
par un cargo qui faisait route de Gibraltar vers la Turquie juste au
moment où l'embarcation allait couler. Seize rescapés ont dû être
immédiatement hospitalisés ; les autres ont été transférés dans le centre
de premier accueil de Pian-del-Lago de Caltanissetta.
Une fois passée l'urgence, les récits des survivants ont donné la
dimension de la tragédie. Parmi les plus terribles, le récit d'un jeune
couple libérien : au bout de quatre jours, leur enfant, âgé d'1 an, a
succombé. Et c'est le père qui a dû jeter à la mer son propre fils.
Selon ce qu'ont déclaré les rescapés, ils venaient tous du Liberia, de
Côte d'Ivoire et de Sierra Leone. Arrivés en Libye, ils ont attendu
quelques jours, puis se sont embarqués, après avoir payé chacun 650
dollars, probablement du port de Al-Zuwara. Mais très vite, le moteur de
l'embarcation a lâché. Leur seul espoir, vu le peu de nourriture et d'eau
qu'ils avaient emporté, était de croiser la route d'un cargo.
Malgré ce qu'ils viennent d'endurer, la plupart des clandestins seront
rapatriés. En quelques jours, plus de 1000 clandestins sont arrivés à
Lampedusa, l'île italienne, à mi-chemin de l'Afrique, devenue la porte
d'entrée du Sud de l'Europe pour les trafiquants d'êtres humains. La
tragédie la plus meurtrière reste celle de la nuit de Noël 1996, quand
près de 200 clandestins sont morts au large de la Sicile.
Salvatore Aloïse
pour le journal LE Monde
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