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Les faux médicaments de la fondation de Jacques Chirac
 

Quand Jacques Chirac voulait devenir président de la République française il tenait, le 19 juin 1991, à Orléans, des propos violemment racistes sur l’ "overdose" d’étrangers, qui ne sont pas "les mêmes" qu’avant, "des Espagnols, des Polonais, des Portugais", mais sont "des musulmans et des noirs", plaignant le "travailleur français" d’avoir à supporter "le bruit et l’odeur" et exprimant sa phobie d’une natalité fantasmée comme pléthorique, "une vingtaine de gosses", assortie d’une évaluation aussi superlative que fausse du montant des allocations perçues, "sans naturellement travailler".

Le MRAP porta plainte et fut débouté le 26 février 1992. Les magistrats estimèrent qu’il n’y avait pas de diffamation raciale car les propos en cause "ne constituent que des attaques vagues et générales, insuffisantes pour caractériser la diffamation ; qu’à supposer qu’elles constituent des expressions outrageantes, elles ne visent pas une personne ou un groupe de personnes suffisamment déterminé". Pourtant les musulmans et les noirs étaient nommément désignés. La justice sait se voiler la face quand il faut ne pas voir certaines obscénités.

Le même Jacques Chirac, ex président de la République, en quête cette fois de vedettariat international, entend maintenant se faire une image de bienfaiteur des pauvres noirs en donnant son nom à une "fondation pour le développement durable et le dialogue des cultures". On peut penser que c’est une gageure que de faire croire à la virginité d’une vieille pute, mais cela marche dans le monde tel qu’il est, où l’impudence est non seulement admise mais vénérée. Après avoir inauguré le "dialogue des cultures" par des propos outrageants que les juges estimèrent simplement "décousus", Chirac continue à faire dans le n’importe quoi. Entouré de sept chefs d’Etats africains complaisants (Bénin, Togo, Sénégal, Burkina Faso, Congo Brazzaville, Niger République Centrafricaine) il a lancé lundi 12 octobre "l’appel de Cotonou" destiné à "promouvoir la lutte contre le trafic de faux médicaments dont les victimes se comptent par dizaines de milliers". Se porter au secours de l’industrie pharmaceutique, on n’en attendait pas moins de lui dans le faux-problème, alors que, en réalité, c’est l’absence totale de tout médicament qui hâte la mort de centaines de milliers d’Africains. Mais évoquer ce vrai problème amènerait à pointer la responsabilité des faux présidents et de tous les faux apôtres engendrés par le marché de la bienfaisance médiatisée.

Le président Chirac n’a en effet jamais eu le moindre état d’âme à cautionner, pendant ses mandats et sa carrière politique, toutes les fausses élections qui se sont déroulées en Afrique francophone. Il cajolait même les faux présidents, les assurant de son affection. Eyadema pouvait faire assassiner ses opposants, Biya faire tirer sur les manifestants, Bongo mettre son pays en coupe réglée, ce ne sont pas ces vétilles qui pouvaient altérer l’indéfectible soutien que Chirac leur apportait, dans une Afrique qui "n’était pas mûre pour la démocratie" et devait donc se contenter de ces ersatz de dirigeants. Le résultat bien sûr ne l’inquiétait pas non plus : corruption des oligarchies arrogantes assurées de conserver le pouvoir quoi qu’elles fassent et ne fassent pas, stagnation et régression du niveau de vie de populations privées d’éducation et de soins, surmortalité infantile, absence d’emplois faute du moindre développement. Il y avait des généraux, équipés de vrais armements français vendus au prix fort, conseillés et entraînés par de vrais militaires français, pour maintenir l’ordre. N’était-ce pas l’essentiel en ces contrées exotiques ?

Aujourd’hui les actions médiatiques de la fondation Chirac, la mascarade du forum pour le développement durable sont les plus scandaleux des faux médicaments qui sont fourgués aux Africains pour perpétuer leurs maux sous couvert de les guérir.

3 novembre 2009
par Odile Tobner
Source: Survie France


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Afrique: La contre-attaque des Pharmacies

Le paludisme fait plus de victime annuellement dans le monde que le sida ou la grippe H1N1, il constitue la première cause de mortalité en Afrique, tuant environ un million de personnes par an . Et pourtant, on cherche toujours un remède miracle. Les malades meurent en silence pendant que les grandes pharmacies en Occident s'engraissent à force de brevets et de vaccins H1. Le 2 octobre 2009, le titre du groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis termine à l’équilibre dans un marché pourtant en net repli. La valeur profite de son caractère défensif et des premiers tests concluants du vaccin de la filiale Sanofi Pasteur contre la grippe A.

Saisies sélectives

Oxfam-Solidarité doute fortement de la nature des médicaments "contrefaits" saisis par la douane belge en 2008. L'organisation pense qu'il ne s'agit pas de médicaments produits de façon criminelle, mais bien de médicaments génériques destinés à l'Afrique. Ces saisies privent donc des millions d'africains de médicaments indispensables. Oxfam-Solidarité appelle à une modification des législations belge et européenne de telle façon à ne plus freiner l'accès indispensable au médicaments pour des millions de pauvres.

Vendredi 13 novembre: la douane belge soulignait une tendance croissante de saisies de médicaments contrefaits en 2008. A l'aéroport de Zaventem, deux saisies importantes ont été réalisées. Elles concernent 1,8 million de comprimés anti-paludéens et 400.000 anti-douleurs. Oxfam-Solidarité pense que ces saisies de médicaments ont été réalisées sur base de la directive européenne sur les droits de propriétés intellectuelles. "Cette réglementation a été mise sur pied sous la pression de l'industrie pharmaceutique, qui cherche, de toutes sortes de manières, à mettre la production de médicaments génériques en difficulté, puisqu'ils signifient une baisse de leurs profits", explique Xavier Declercq d'Oxfam-Solidarité. L'organisation trouve inacceptable qu'à cause de la recherche de profit, des millions de vies humaines soient menacées. OXFAM-Solidarité demande la transparence immédiate et complète autour de ces saisies et appelle la Commission européenne et le gouvernement belge à adapter sa législation de telle façon que les droits de propriétés intellectuelles ne freinent plus l'accès indispensable au médicaments pour des millions de pauvres.

Source: dimanche 15 novembre 2009
http://www.rtlinfo.be/info/belgique/societe/286469/la-douane-a-saisi-des-medicaments-generiques-a-destination-de-l-afrique-(oxfam)

Conclusion:

On parle souvent de la difficile reconversion des chefs d’état; certains reconnaissent leur difficulté à accepter d’abandonner le pouvoir. L'accueil réservé à Jacques C à Cotonou témoigne de cette soif pour les honneurs et le tapis rouge. Rien de plus facile, dans un pays où tout le monde "rit"...

Il y a fort à parier que la fondation Chirac ne sera pas représentée aux assises de la FAO sur la famine en Afrique; pas de tapis. En ces temps de vaches maigres en Europe, les lobbies pharmaceutiques font feu de tout bois. Elles n'hésitent pas à faire du chantage à l'emploi (300.000 en France - près de 104.000 pour l'industrie pharmaceutique et 225.000 salariés dans les industries chimiques) pour faire plier les politiques. Le constat d'Afrology est le manque de laboratoire dans les pays d'Afrique Noire. L'aide véritable doit passer aussi par le transfert des technologies. Sur ce sujet, pas un mot de Jacques pendant ses "vacances" subventionnées à Cotonou.

La Rédaction



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