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Le cercle vertueux répond à
Sarkozy Le collectif le cercle vertueux pour une nouvelle
Afrique dont IACD International est membre fondateur répond à M SARKOZY
La jeunesse africaine n’est pas dupe M. Le Président.
M. Nicolas Sarkozy, vous avez placé votre accession à la magistrature
suprême française sous le signe de la rupture nationale et
internationale. Il s’agit bien de tourner le dos à certaines politiques,
pratiques et acteurs qui ont fait le lit de l’immobilisme dans
l’Hexagone. Concernant le continent africain, votre première tournée,
celle que l’histoire retiendra, vous a tour à tour conduit à Tripoli, à
Dakar puis à Libreville. Vous n’êtes allé ni chez SIRLEAF Johnson du
Libéria, ni chez THABO MBEKI d’Afrique du SUD, encore moins chez Yayi
BONI du Bénin pour ne citer que ceux là. Loin de nous la prétention de
vous proposer, Président élu des français, une feuille de route
africaine. Votre « politique par la preuve » Monsieur le Président, pour
reprendre l’un de vos leitmotiv de campagne présidentielle associe
difficilement le discours de Dakar avec votre première trajectoire,
fusse-elle justifiée par des raisons d’Etat. La diaspora africaine en
France n’est pas restée insensible à cette « marque d’amitié » que vous
avez manifestée à des régimes symbolisant l’Afrique statique et
moribonde, celle-la même qui inspire votre conseiller spécial. Permettez
donc que nous abordions « sans tabous » quelques points avec vous après
les nombreuses réactions qui ont suivi ce qui sera désormais appelé
"la Déclaration de Dakar".
M le Président, votre discours à la jeunesse africaine que vous n’auriez
jamais prononcé au Maghreb ni en Afrique anglophone, a mis en exergue la
nécessité de mener une réflexion approfondie sur une stratégie de
développement efficace sur le continent. Il est en effet urgent que l’on
s’affranchisse de recettes aussi nombreuses qu’inefficaces qui
jusqu’ici, ont jalonné les politiques de coopération et de
développement. Nous n’évoquerons ici ni les causes endogènes de cette
situation encore moins celles exogènes, parce qu’elles font l’objet
d’une littérature abondante de la part notamment d’afro pessimistes
confirmés qui en vivent, de centres de recherches financés par les
deniers publics, ou de quelques chercheurs respectés qui inspirent les
positions de l’Elysée. Monsieur le Président, vous engouffrer dans leurs
brèches serait fort préjudiciable pour un continent dans lequel Ils ont
tous lamentablement échoué. Les think tanks Afrique découvrent seulement
aujourd’hui le rôle des diasporas pour ne citer que cet exemple. Avec
vous, peut-être avons-nous une chance d’en finir avec le paternalisme
malsain qui, jusqu’ici, a caractérisé l’attitude de la France vis-à-vis
de ce continent. La France donneuse de leçons aura alors fait son temps.
Ce constat établi, posons-nous quelques questions et osons des réponses.
A l’heure où la coopération chinoise ou japonaise se rend visible en
Afrique, et se veut particulièrement audacieuse, comment expliquer le
désintéressement et l’apathie dont s’est revêtue la coopération
française ?
Au nom des intérêts géostratégiques des pays riches, le partage de
l’Afrique par les puissances occidentales et désormais les pays
émergents comme la Chine, reste d’actualité. L’Afrique est riche et les
africains sont pauvres dit-on. Depuis les indépendances jusqu’à nos
jours en passant par le fameux sommet de la Baule en France, les pays
africains ont vécu volontairement ou non en comptoirs organisés pour les
anciennes puissances coloniales. De nombreux résistants, pendant les
luttes d’indépendances ont payé de leur vie pour que la situation
change. Quand ces leaders ne sont pas tombés au combat, ils ont été
purement et simplement assassinés tels que le furent Ruben Um Nyobé, du
Cameroun ou Patrice Lumumba de l’ex Zaïre. La guerre froide aidant, des
dictatures ont été installées ou se sont faites. Elles ont été
régulièrement arrosées en l’absence de tout plan stratégique au gré de
l’équilibre Est /Ouest. Des personnages comme Mobutu ont prospéré,
régulièrement reçus en visites d’Etat en occident. Entre deux, la
démocratie a parfois vécu. Au Cameroun les générations des années 1958
se souviennent avec nostalgie de l’époque du multipartisme. L’entreprise
de déstabilisation de toute conscience politique a continué par le biais
des barbouzes comme Bob Denard pour ne citer que ce personnage de
funeste réputation. Après la chute du mur de Berlin votre prédécesseur
osait soutenir en visite d’Etat dans un pays africain en ébullition que
la démocratie est un luxe pour les africains. La Françafrique a généré
des putschs, des invasions militaires, des meurtres organisés pour
déstabiliser des institutions très jeunes. La jeunesse africaine pleure
encore ses icônes comme Thomas Sankara, « arrogant » et « prétentieux »
dans ses prises de position pour défendre son pays ou l’Afrique. Au
Congo Brazzaville, un président élu démocratiquement Pascal Lissouba a
été débarqué du pouvoir aux noms d’intérêts pétroliers. La raison du
plus fort, la jungle telle que décrite par Jean-Jacques Rousseau dans «
Du Contrat social », mais au niveau des relations internationales est en
œuvre en Afrique. La prédation y est organisée, avec des connivences
locales corrompues. Des firmes pharmaceutiques y mènent aujourd’hui et
en toute impunité des essais cliniques assassins. Le Darfour, symbolise
le flagrant délit du « tous les moyens sont bons en « Afrique » pour
sauvegarder les intérêts stratégiques. Vous et nous (diaspora africaine)
le savons Monsieur le Président. Vous ne pouvez, au terme d’une
surprenante analyse sociologique, l’attribuer à la relation des
africains à la nature. Il s’agit de l’aboutissement d’un système qui a
servi des intérêts divers à l’exclusion de ceux des femmes, de la
jeunesse et des paysans africains.
Et si nous parlions de l’Afrique « francophone »…le talon d’Achille du
continent.
Sans vouloir défiler l’Afrique de ses responsabilités, ni offenser notre
pays la France, les sous-régions africaines connaissent les trajectoires
différentes. L’immobilisme a fait son nid en Afrique francophone M le
Président. Le système cité plus haut a généré une « économie de rente
déstructurée » alimentée et entretenue par une demande extérieure de
ressources primaires. Les conflits et la dette ont fait le reste,
rendant l’Afrique impraticable pour les investisseurs privés nationaux
et internationaux. Les institutions financières internationales avec le
Programme d’Ajustement Structurel ont apporté le coup de grâce.
Aujourd’hui, plus de 44% des PPTE se retrouvent dans la zone d’influence
de notre pays la France. N’est ce pas en partie l’échec du modèle
français ? L’assimilation n’a pas servi l’Afrique francophone.
Aujourd’hui la vue d’un chef d’Etat déployant tout son talent de « sage
de l’Afrique » pour être reçu le premier par vous ne démontre-t-il pas
une forme de vassalisation ?
M. le Président, nous vous prions de laisser aux africains l’opportunité
de mettre à votre disposition des interlocuteurs ayant à la fois la
capacité et la volonté de lancer un véritable chantier destiné à changer
la donne en Afrique.
Il s'agit en vérité de trouver un relais à la "coopération" actuelle
finissante et se libérer de la "Françafrique", bâtie sur les traités
coloniaux précédant les indépendances. Nous pensons par exemple à la
tutelle sur le franc CFA. Les rugueuses politiques d’ajustement
structurel inadéquates évoquées plus haut ont rendu exsangues nos
économies et déstructuré nos petites économies. A cela il faut ajouter
l’occupation quasi monopolistique de l'espace économique de ces pays par
les sociétés françaises et asiatiques au nom de la mondialisation.
Osons la rupture Monsieur le Président
La jeunesse africaine est déterminée. Nous vous demandons de ne pas
oublier le courage dont elle fait preuve lorsqu’elle ose braver la mer à
bord de barques de fortune pour rejoindre l’Europe. A votre insu peut
être, une nouvelle Afrique émerge, une nouvelle Afrique décomplexée qui
a clairement identifié la source de ses malheurs et qui sait
pertinemment que ce ne seront ni la France si elle ne revoit pas sa
politique, ni une quelconque organisation internationale aux experts
payés à des prix exorbitants qui réaliseront son développement. Cette
nouvelle Afrique combattra encore plus intensément les dictatures et
autocraties nationales. Elle s’opposera aux accords de coopération qui
obèrent le développement du continent.
Heureux serions-nous de vous accueillir comme partenaire de la rupture,
mais également de la renaissance de l’Afrique. A cet effet, nous
souhaitons que vous souteniez :
- La libre circulation des biens et services de l’Afrique vers l’Europe.
- La libre circulation des cerveaux africains.
- L’arrêt de la subvention des agriculteurs français afin de permettre aux
pays africains de vivre de leurs efforts.
- La liberté des peuples africains de s’auto déterminer politiquement ; que le
dispositif épervier soit moins actif pour protéger les dictateurs par exemple.
- L’annulation totale la dette bilatérale qui a été largement compensée par le
contrôle des flux monétaires.
- L’organisation et la circulation des flux monétaires des migrants destinés
au financement de projets sociaux économiques locaux de grande envergure.
- L’arrêt de l’aide publique sous développante
M. le Président, nous vous prions de ne plus prétendre nous enseigner
notre propre histoire. En revanche, nous vous invitons à nous donner
l’occasion de vous dire quelles sont nos attentes et de vous décrire les
actions que nous menons. Nous sommes sûrs d’être en mesure de vous
surprendre. Nous déplorons en particulier le fait qu’aucun dispositif
financier sérieux n’existe pour appuyer les efforts de la diaspora
africaine dont le dynamisme gagnerait à être connu et encouragé.
OSONS ENSEMBLE UNE VERITABLE POLITIQUE DE RUPTURE, L’immigration Zéro,
vous la pensez et la voulez…comme nous nous souhaitons un enracinement
pour chacun dans son pays en Afrique…
Romuald Dzomo
Association ANI
Boston Goke
Association DRIM
Sékou Diabaté
Association IACD International
Paris, le 26 août 2007 |
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