Tchad : Affaire de l'Arche de Zoé
Et si l’affaire des enfants tchadiens sentait le racisme !
Il était une fois, une grande nation, la France, patrie de la
Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, tombée
entre les mains de gouvernants natalistes et populationnistes et acquis
en réalité à une vieille pratique de politique d’immigration raciste,
usitée dans l’Entre-deux-guerres, de 1919 à 1939, selon l’instruction
discrète : "Prenez-les prendre plus au Nord… loin, très loin de
l’Equateur".
Parce que leur pays, désormais frappé structurellement par la
dénatalité et le déclin démographique, se retrouve dans l’obligation,
pour maintenir sa croissance économique et la prospérité de ses
populations, de s’ouvrir à l’immigration en important désormais des
millions de gens sur des décennies, les gouvernants français actuels ne
sont disposés, pour la défense de l’identité française, à les faire
venir principalement que des pays de peuplement blanc européen et
chrétien voire asiatique non musulman et… de l’Afrique noire.
A cet effet, contre l’éthique universelle et au pas de charge, la loi
Hortefeux, du nom de M. Brice Hortefeux, ministre français de
l’Immigration et de l’Identité Nationale, est votée par le Parlement
avec à l’appui un test ADN de maternité voire de paternité dans le cas
de rapprochement des enfants de leur famille.
C’est dans cette atmosphère que l’Association « Arche de Zoé »,
appelée à la fois pour des raisons humanitaires et pour satisfaire les
profondes et sincères aspirations des pauvres familles françaises sans
enfant, s’était lancée de façon malencontreuse dans l’opération de
recueil de 103 enfants originaires du Soudan et du Tchad, noirs de peau
et victimes de l’impéritie de leurs gouvernements et d’incessantes
guerres intestines aux implications internationales avérées. Une
opération plutôt triste qui transgressait manifestement la politique
d’immigration raciste de l’équipe gouvernante actuelle en France et qui
se devait d’user de tous les moyens pour la torpiller.
Dès lors, on peut deviner les raisons cachées de tout le tintamarre
de dénonciations et d’indignations proférées au nom de la défense des
droits des enfants par les officiels français. Un tintamarre auquel,
comme d’habitude, des Africains y compris des dirigeants se mêlent
allègrement sans réflexion préalable profonde pour en saisir les tenants
et les aboutissants. Pour les gouvernants français, la punition sévère
des contrevenants à la Loi Hortefeux doit servir d’exemple et dissuader
dans l’avenir d’autres personnes de chercher à la transgresser.
Pour ce faire, comble de l’incroyable, la secrétaire d’Etat française
aux Affaires étrangères chargée des droits de l’homme et son ministre en
titre, puis le président de la République Française en personne et son
ambassadeur en poste à N’Djamena, abandonnant des citoyens français à la
Justice tchadienne !
Et, le gouvernement tchadien qui se dit désormais abusé, se prêtant
au jeu de diabolisation de l’Arche de Noé en arrêtant et en inculpant
ses 7 responsables au Tchad ainsi que les 3 journalistes et 6 membres de
l’équipage de l’avion espagnol affrété pour l’Opération, du délit
extrêmement grave de tentative d’enlèvement d’enfants et de complicité
de tentative d’enlèvement d’enfants !
Du jamais vu dans les relations entre une grande puissance
dominatrice et un pays de sa sphère d’influence. Heureusement que le
ridicule ne tue jamais et les promoteurs de l’inacceptable politique de
proscription de l’immigration africaine dans la France qui ne cesse de
se proclamer "amie de l’Afrique", peuvent se prévaloir de la défense des
droits des enfants, pour atteindre un but d’un cynisme consommé :
empêcher l’arrivée en France de pauvres petits enfants soudanais et
tchadiens dans la détresse et dont on ne veut absolument pas… pour la
couleur noire de leur peau.
Billet d’indignation
13 Novembre 2007
Atsutsè Kokouvi AGBOBLI
Journaliste, ancien ministre et Directeur |