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Angolagate - Pasqua accuse Chirac et embarrasse l’Elysée
Condamné dans l’Angolagate, Charles Pasqua contre-attaque. Il accuse
Jacques Chirac d’être à l’origine de ses ennuis judiciaires et réclame
la levée du secret défense sur toutes les ventes d’armes.
Condamné à un an de prison ferme dans le procès de l’Angolagate,
vaste trafic d’armes vers l’Angolagate entre 1993 et 1998, Charles
Pasqua se fait menaçant. Hier, il accusait à mots à peine couverts
Jacques Chirac d’être à l’origine de ses ennuis judiciaires, après avoir
réclamé la veille la levée du secret défense sur toutes les ventes
d’armes. "Je n’ai peur de rien", a prévenu l’ancien ministre de
l’Intérieur.
"Mes ennuis judiciaires ont commencé en 2000, à la minute où j’ai dit
que je serais éventuellement candidat à la présidentielle", à
l’issue de laquelle Jacques Chirac a été réélu, a-t-il noté hier sur
RTL. "Depuis, un certain nombre d’informations judiciaires ont été
ouvertes contre moi, toujours par le même magistrat (…) Les coïncidences
sont frappantes."
Cette mise en cause tombe mal pour l’ancien président, déjà sous la
menace d’un renvoi en correctionnel dans l’affaire des chargés de
mission de la Ville de Paris. La juge d’instruction Xavière Simeoni
devrait prendre sa décision prochainement, au moment où il s’apprête à
publier le premier tome de ses Mémoires.
Balladur "pas spécialement informé"
Mais la colère de Charles Pasqua pourrait faire d’autres victimes
collatérales. "Le président de la République (NDLR : de l’époque)
était au courant de l’affaire de ventes d’armes à l’Angola. Le Premier
ministre était au courant, la plupart des ministres aussi", a-t-il
accusé. "Concernant l’Angola, je n’en ai pas été spécialement
informé", a réagi l’ancien Premier ministre Edouard Balladur
(1993-1995) sur LCP et France Info. En tout cas, "pas que je me
souvienne".
Surtout, Charles Pasqua réclame désormais la levée du secret défense sur
d’autres dossiers sensibles comme Clearstream, les frégates de Taïwan ou
les ventes d’armes à l’Afghanistan : "Il faut tout lever ! Les
Français ont besoin de le savoir", a-t-il lancé, au risque de mettre
l’Elysée dans l’embarras. L’opposition s’est engouffrée dans la brèche.
Alors que des parlementaires PS lançaient une pétition en faveur de la
levée du secret défense, François Bayrou (Modem) appelait à "assainir"
ainsi la vie politique.
La levée du secret défense n’est "pas une compétence du président de
la République", a répondu hier le porte-parole du gouvernement Luc
Chatel. Cette demande "pourrait (être) examinée" par le "ministre
compétent", mais "si une demande était formulée dans le cadre des
besoins judiciaires".
jeudi 29 octobre 2009
Christine Ollivier
http://www.francesoir.fr/politique/2009/10/29/angolagate-pasqua-accuse-chirac-et-embarrasse-l-elysee.html
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