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Pourquoi faire des
élections au Togo ?
L’impossible candidature commune de l’alternance
Avant la fin de la date limite pour le dépôt légal des recours (15
jours), plusieurs (quatre) candidats malheureux aux élections
présidentielles gabonaises ont déposé un recours en annulation du
scrutin présidentiel de 30 août 2009 . La cour constitutionnelle
disposera en principe d'un mois pour statuer en sachant que la décision
risque d’être sans appel. Rappelons que le mandat présidentiel est de 7
ans et renouvelable sans limite. En attendant la décision de la cour
constitutionnelle, l’investiture officielle du candidat déclaré élu
comme président de la République ne peut avoir lieu, empêchant
l'apparition de ce dernier le 15 septembre 2009, à l’ouverture de la 64e
session de l’Assemblée générale des Nations Unies, dirigée pendant un an
par M. Ali Abdessalam Triki, l’ex-ministre libyen chargé des affaires
africaines. Il faut rappeler qu'aucune commission électorale
indépendante africaine, et à fortiori une cour constitutionnelle
africaine, ne s'est jamais prononcée contre ceux qui les ont mis en
place, ce qui permet de douter de l'indépendance de ces institutions
dans les pays africains, francophones en particulier.
Ce scénario est connu au Togo et risque de se répéter, pour certains à
l’image des évènements post-électoraux de 2005, lors des prochaines
élections présidentielles de 2010 que le Gouvernement promet
transparentes. Il devient urgent pour le citoyen togolais, y compris la
Diaspora de mieux comprendre le processus qui conduit systématiquement à
l’usurpation des urnes dans certains pays francophones africains,
empêchant la vérité des urnes d’être révélée.
Il importe aussi d'agir par l'influence et les recours au plan juridique
et politique, en espérant que la communauté internationale, qui, par le
passé, a quasiment toujours légitimé de telles entorses à la démocratie,
sortira de sa torpeur, ne serait-ce que parce que ces démocraties
palliatives coûtent chères, favorisent le clientélisme et la corruption,
et préparent le lit des extrémistes. Il va de soi qu'elles ne permettent
ni de soutenir une croissance économique partagée, ni le développement
des capacités productives, encore moins l'emploi décent. Alors, pourquoi
participer à des élections pour cautionner de tels régimes qui bafouent
régulièrement les droits humains en institutionnalisant l'impunité ? En
définitive, pourquoi faire des élections au Togo ? Le Président Obama
va-t-il révéler les secrets de la démocratie à son hôte ?
1. Pourquoi Obama veut-il rencontrer Faure Gnassingbé ?
Tous les principaux opposants sont unanimes : le scrutin gabonais a été
« faussé » du fait d’une « fraude massive ». Pour avoir été le Monsieur
en charge des élections au Gabon en tant que Ministre de l’intérieur
2005-2009 et partageant une certaine responsabilité dans l’état du cadre
électoral actuel, le témoignage de André Mba Obame reste précieux
lorsqu’il assure que « de manière préméditée, planifiée et organisée,
les procès verbaux de plusieurs centaines de bureaux de vote ont été
falsifiés avec la complicité de leurs présidents ».
Il faut rappeler que dans le cas du Gabon, les représentants de l'Union
africaine, Albert Tévoédjrè et Moustapha Niasse, le chef de la mission
d'observateurs de la Communauté économie des Etats de l'Afrique centrale
(CEEAC), l'Abbé Malu Malu, le chef de mission de l'Organisation
Internationale de la Francophonie (OIT), Gérard Latortue s'étaient tous
accorder dans la période pré-électorale sur la «transparence» et la
«fiabilité» du processus électoral . Les positions de ces représentants
sur la période post-électorale dans ce pays seraient appréciées.
S'il est vrai qu'en 2005 au Togo lors des élections présidentielles, il
n'était pas nécessaire de prendre "des gants" pour bourrer les urnes, il
importe de rappeler que des hommes en treillis avaient été entraînés
pour enlever les urnes qui étaient naturellement bourrées des votes
favorables à des candidats ne représentant pas le pouvoir de l'époque.
Ces méthodes grotesques n'ont rien à envier à l'illégalité de méthodes
hautement plus subtiles consistant à usurper à la CENI les droits du
Président provisoire, Président d'âge et décider illégalement à sa place
et en son absence. Le Togo a donc depuis le 17 septembre une CENI
monocolore au service de la majorité présidentielle.
En référence aux élections en Afghanistan, la communauté internationale
est en train de se ranger à l'avis de la Commission électorale de ce
pays qui a dénoncé la partialité en faveur du Président sortant, Hamid
Karzaï. La nouveauté est que ni les Etats-Unis, ni l'Union européenne
n'auraient osé soutenir les positions courageuses de la Commission
électorale afghane, il y a encore peu. Le vent du changement apporté par
l'Administration Obama ne devrait pas manquer de souffler sur le Togo,
comme la fraicheur de l'harmattan. Il faut espérer que la visite du Chef
de l'Etat togolais aux Etats-Unis pour participer aux Assemblées
générales des Nations Unies lui permettra de rencontrer le Président
Barack Obama lequel ne devrait pas faire exception pour le Togo à sa
nouvelle démarche sur la transparence du processus électoral en
Afghanistan. L'Administration américaine vient de changer en apportant
son soutien entier et total à la vérité des urnes en Afghanistan en
exigeant un second tour dans ce pays. Il ne faut pas exclure à terme
l'option de la démission du Président Afghan, ce qui ne pourrait pas ne
pas avoir des conséquences sur les dirigeants du Togo, lesquels
sortiraient avec les honneurs si une telle décision courageuse devenait
réalité. Les pressions discrètes de certaines chancelleries semblent
aller dans ce sens.
2. Devoir de vigilance de la Diaspora face à une forfaiture à la CENI
De même beaucoup d'observateurs commencent à constater que c’est la
préférence pour l’intervention militaire occidentale en Afghanistan qui
alimente les extrémismes, alors qu'un soutien massif en amont à des
nationalistes afghans, opposés aux Talibans aurait certainement donné de
meilleurs résultats. Les voix commencent à s'élever pour que les pays
occidentaux quittent le bourbier afghan. Perçue comme une nouvelle forme
de colonisation téléguidée, la lutte contre les Talibans sonne de plus
en plus comme une défaite indirecte des vrais nationalistes afghans,
ceci par le choix d'une stratégie militaire douteuse et coûteuse des
pays occidentaux et leurs alliés. En effet, aucun peuple, digne de ce
nom, ne souhaite être dirigé par des étrangers, à fortiori par ceux qui
considèrent que la défense des intérêts de ces étrangers est supérieure
à celle des populations locales, au point de se faire aux dépens de
cette population locale. Ceci est tout aussi valable pour le Togo.
Il devient urgent pour ceux qui veulent conserver le pouvoir absolument
de mettre en place un décor de théâtre de la démocratie palliative. Ils
devront s'assurer que les acteurs ne se tromperont pas dans les jeux de
rôle pour garantir leur victoire en espérant que le citoyen acquiescera
une nouvelle fois sans broncher, ou n'y verra que du feu.
C'est ce devoir de vigilance qui conduit la Diaspora à ne pas attendre
les résultats de la présidentielle de 2010 pour dénoncer des
irrégularités pré-électorales, que la communauté internationale, par le
passé, a systématiquement acceptées, comme on avale des couleuvres.
Cette communauté internationale, directement ou par la voie du
Facilitateur Blaise Compraoré, ne devrait pas attendre d'être saisie
pour constater l'abus de droit que constitue la décision du 17 septembre
2009 d'instituer une CENI coupée en deux par le refus d'une partie de la
CENI de respecter la décision consensuelle du Président d'âge de la CENI,
ceci en violation du règlement intérieur. Il s'agit en fait d'une
rébellion contre la démocratie consensuelle et donc contre les accords
de Ouagadougou. Le seul recours "hiérarchique" possible était d'en
appeler au Facilitateur burkinabé, le Président Blaise Compraoré, ce qui
a déjà été fait.
La forfaiture à la CENI est un acte malhonnête dans le sens où il s'agit
d'une violation du règlement intérieur accepté de manière consensuelle
du fait du non-respect de la décision du Président d'âge qui a ajourné
une session. Au lieu de revenir continuer les discussions, un groupe a
décidé de faire "bande-à-part" pour prendre des décisions en dehors du
cadre de la CENI et de les faire passer comme étant celle de la CENI.
Cette manœuvre, condamnable par ailleurs, n'est plus suspecte mais
relève de la tricherie, de la falsification de l'esprit de consensus, de
l'inobservation des règles établies. Il s'agit d'un flagrant délit
intégré dans un abus de position dominante. C'est donc cette forfaiture
à la CENI qui rend caduque toute décision de la partie de la CENI qui a
fait sécession.
Cette CENI coupée et ne comprenant plus que 10 membres au lieu des 17
statutaires, ne peut à elle seule décider, au demeurant sous la pression
du Gouvernement. Si de telles pratiques devaient ne pas faire l'objet de
correction au niveau du Médiateur ou même de la communauté
internationale, alors il n'y a vraiment pas lieu de cautionner, ni cette
CENI, ni le principe même des élections palliatives qui risquent d'être
frauduleuses. Cet acte d'usurpation du pouvoir du Président d'âge par la
majorité présidentielle doit être corrigé. Il faut espérer que ce point
sera traité par le Président Barack Obama et la Secrétaire d'Etat aux
affaires étrangères, Mme Hilary Clinton, lors de la visite du Chef de l'Etat
togolais aux Etats-Unis. Si par malheur, ce point venait à être
cautionné par une communauté internationale frileuse, alors les partis
de l'opposition doivent refuser de se considérer comme complices de
cette forfaiture.
La Diaspora demandera alors de ne pas participer à des élections issues
de cette forfaiture fondée sur l'inobservance et le non-respect de
l'autorité du Président d'âge. L'argumentation selon laquelle la
constitution d'un quorum a suffit pour prendre une décision est nulle et
non avenue, puisque ni le Président d'âge, ni la CENI au complet n'ont
donné mandat à un groupe de 10 personnes de s'organiser en autonome pour
faire des déclarations au nom et à la place d'une CENI complète. Ce coup
d'éclat n'est qu'une une violation flagrante des procédures
consensuelles, biaisant les décisions ainsi en faveur de la majorité
présidentielle. Il faut donc modifier les terminologies et passer de la
commission électorale nationale indépendante (CENI) à la commission
électorale nationale dépendante (CEND), une CENI coupée-décalée qui
usurpe le pouvoir décisionnel indépendant du Président d'âge de la CENI
(le côté coupé) en institutionnalisant non pas un coup d'Etat, mais un
coup de force (le côté décalé).
3. Les dirigeants de l’opposition en Afrique sont-ils co-responsables
de leur échec ?
Une telle CENI décalée pose le problème de l'oubli de la représentation
de la Diaspora dans la composition de la CENI , ce qui aurait permis
d'avoir 18 membres au lieu des 17 actuellement. Ce choix a permis
d'avoir une CENI déséquilibrée de fait avec 10 membres dans la mouvance
présidentielle et 7 membres pour la mouvance de l'opposition. Pour
compenser cette inégalité, le Président d'âge, Mr Jean Claude Homawoo
(Président provisoire) a été choisi, en conformité avec le règlement
intérieur, au sein de la mouvance de l'opposition, en l'espèce l'Union
des forces du changement (UFC). C'est en voulant procéder au choix du
Président définitif de la CENI que le problème s'est posé. Il aurait
suffit de confirmer le Président d'âge mais tel ne fut pas le cas.
C'est donc suite à l'ajournement d'une réunion par le Président d'âge
qu'un groupe de 10 individus, tous de la mouvance présidentielle, ont
pris une décision illicite en l'absence de tout mandat et en l'absence
du Président d'âge de la CENI et du Rapporteur. C'est donc cette
manœuvre dilatoire et illégale qu'a avalisé le Gouvernement en conseil
des ministres en décidant unilatéralement du nom de leur Président à la
CENI . Ce sont les résultats de cette manœuvre dolosive qui ont été
annoncés par les médias. Rien n'empêche les partis lésés par cette
procédure de déposer un recours en annulation auprès des tribunaux
compétents pour manquement aux principes du droit et d'en envoyer la
preuve aux représentants de la communauté internationale et au
Facilitateur Blaise Compraoré. Ce dernier a été saisi par les partis
lésés.
Si le pouvoir dominant voulait s'adjuger une CENI partiale et non-neutre,
alors pourquoi organiser toute cette mascarade ? De même si le pouvoir
dominant souhaite conserver le pouvoir en 2010, pourquoi faire des
élections au Togo, avec le risque de dérapages coûteux en vies humaines,
dont certaines brisées depuis les évènements meurtriers qui ont suivi
les présidentielles de 2005 au Togo. Il suffirait peut-être d'opter
officiellement pour la Royauté comme au Maroc, encore faut-il obtenir
l'accord du peuple togolais. Mais transformer un régime présidentiel
reposant sur une armée clanique et une démocratie de façade pour imiter,
mal d'ailleurs, un pseudo-régime royal est un exercice de haute voltige
qui suppose beaucoup d'entraînements.
Les partis qui rêvent de l'alternance gagneraient à s'entraîner à
organiser des stratégies collectives fondées sur une candidature commune
au lieu de continuer de privilégier les stratégies individuelles, plus
particulièrement dans le processus d'organisation des élections. Cette
dernière ne peut être reformatée qu'avec l'appui effectif des bailleurs
de fonds, si ces derniers estiment que l'après 2010 serait plus sécurisé
pour leurs intérêts avec un candidat de l'alternance qu'avec celui du
pouvoir actuel. Face à cette quadrature du cercle, le peuple togolais
est pris en étau. Il convient de rappeler un commentaire du Professeur
Gayibor à propos du courage du peuple togolais dans les années 1950 : "…
Un chef, quel que soit son charisme, ne peut vaincre s'il n'a pas ses
troupes avec lui. Le mérite du peuple togolais est d'avoir compris, en
cette fin des années 1950, où le vent de la liberté commençait à
souffler en Afrique, que l'heure de l'indépendance avait sonné, et que
cette échéance, personne ne pouvait plus la retarder davantage !"
Faut-il croire que le vent de contestation qui s'élève contre
l'altération du droit par la mouvance présidentielle à la CENI
apparaisse d'ici peu comme un vent nouveau de liberté ? Cela pourra-t-il
conduire à l'heure de la vérité des urnes que le Peuple togolais et sa
Diaspora ne souhaitent plus voir retardée davantage ? Rien n'est moins
sûr !
4. Togo 2010 si l'on n'y prendre garde
Suite à de nombreuses triturations de l'ordre constitutionnel établi en
1992 par référendum par le peuple togolais, la Constitution togolaise a
été unilatéralement, et à maintes reprises, remodelée ad nauseum.
Les conséquences prévisibles sont connues comme : les multiples
déviations et entraves au code électoral, l'ethnicisation des élections,
les fraudes massives, la simplification du scrutin au point d’aboutir à
l’unilatéralisme de la bipolarisation des élections, le bourrage des
urnes, la disparition des bulletins de vote… les élections truquées, le
contrôle des médias, le blocage et le contrôle des lignes et opérateurs
téléphoniques avant, pendant et après les élections, les formes
virtuelles du vol électoral électronique, le comptage des voix arrêté en
plein décompte, un système d'aveuglement des missions d’observations
caméléonnés en agents de propagande partiale du politiquement correct,
le tripatouillage des résultats, l'annonce précipitée des dirigeants
occidentaux directement intéressés au changement générationnel du
pouvoir pour mieux défendre leur intérêts, les protestations
protocolaires fondées sur les principes qui ne remettent pas en cause
les résultats annoncés, la légitimation du régime, l'impossible
recomptage post électoral, l'intimidation de la cour constitutionnelle
ou son démantèlement en cas d'audace pour annoncer la vérité des urnes,
l'annonce unilatérale du gagnant par le parti dominant ou ses
institutions, le silence coupable de la communauté internationale sur
les exactions, l'intimidation et le chantage à l’emploi, les brutalités
policières et militaires, la contagion de la corruption agréée, la mise
en place d'un gouvernement palliatif dit d’union nationale ou à défaut
d'ouverture conçu comme un gouvernement de partage du gâteau, etc. Cette
liste n'est pas exhaustive.
Les dirigeants de partis dits d’oppositions, incapables de ranger leur
égo pour rechercher la volonté des populations en amont du processus
électoral 2010, partageront la responsabilité des débordements
prévisibles de la période postélectorale et de l'impossible transition
démocratique et pacifique. Il devient important pour la Diaspora de
dénoncer l'hypocrisie institutionnalisée dans les organes comme la CENI
qui sous des apparences de neutralité et d'équilibre dans sa composition
ne peut que dévier par rapport aux principes acceptés de consensus et de
respect du droit.
5. Redéfinir les élections au Togo : la ritualisation du processus
électoral
Aussi, les caractéristiques nouvelles de nombreuses élections
africaines, au Togo en particulier, sont telles qu’il s’agit de moins en
moins d’élections libres, transparentes et reflétant la vérité des
urnes. Il est plus question d'élections rituelles formalisées dans
l’institutionnalisation d’un processus occidentalisé avec un système
informatique facilitant la fraude intégrale par l’inversion des
résultats, ceci au service d’une légitimation évidente du pouvoir
dominant, censé protéger les intérêts de puissance périphérique. Il
s’agit d’organiser des élections que l’on ne peut perdre en misant sur :
• l’égo démesuré de certains dirigeants de la dite opposition ;
• un système de falsification institutionnalisée et de plus en plus
électronique des résultats ;
• des médias politiquement contrôlés, et
• une communauté internationale prête à légitimer le système en misant
sur la paix des cimetières comme critères justifiant toutes les dérives.
Il faut donc bien redéfinir les élections puisqu'elles ne servent plus
qu'à légitimer ceux qui sont déjà au pouvoir et utiliser les partis dits
d'opposition comme caution.
De fait, les élections au Togo ne sont plus mises en place pour
permettre au citoyen de réaliser au moyen d'un suffrage, c'est à un dire
un choix raisonné et libre, l'approbation d'un projet de société que
représentent des candidats. Toutes personnes disposant du droit de vote,
c'est à dire le corps électoral, ne sont pas appelées pour y participer
puisque la Diaspora est exclue compte tenu des procédures existantes qui
ne sont pas sécurisantes pour le comptage effectif de ses voix.
Le choix du mode électoral appelé le scrutin est uninominal, majoritaire
à un tour, ce qui renforce la bipolarisation du système au Togo et donne
peu de chances aux petits partis (en nombre de suffrages) d'être
représentés. L'objectif de l'élection est de désigner des individus pour
exercer un mandat électoral. Le vote permet de transférer la légitimité.
Il suffit donc de découper les circonscriptions électorales de manière
non équitable en termes de représentation de la population pour inverser
le vote populaire. Il suffit aussi d'inverser les résultats réels sortis
des urnes pour promouvoir le candidat accommodant pour le pouvoir en
place et la communauté internationale. En effet, si la légitimité n'est
pas contestée en amont dans le formatage du processus électoral, il est
en fait très difficile d'obtenir l'inversion des résultats un fois
annoncés, sauf si cela intervient entre les deux tours dans un système à
deux tours, ce qui n'est pas le cas au Togo. Tout est donc dans le
processus qui permet de légitimer dès le début l'ensemble du processus
électoral. La mise en cause d'une CENI coupée-décalée est de nature à
remettre en cause la future légitimité de la personnalité déclarée élue.
Il s’agit donc bien d’élections sans choix véritables, sauf pour ceux
qui, baignant dans une naïveté ventrologique, préfèrent faire l’autruche
afin d’hériter, par souci d’allégeance formelle ou tacite, d’un poste ou
de quelques subsides au cours de la période post-électorale. Le scrutin
libre qui s’est déroulé pacifiquement tient lieu de justificatif pour
des élections promouvant l’usurpation. "Aux urnes les Togolais" devient
alors une comédie ritualisée, avec des résultats connus d’avance qu'une
certaine opposition naïve continue de nier, en croyant à ses chances
dans la période pré-électorale. Au nombre des problèmes, il faut situer
en priorité les divisions dans les rangs de cette opposition
démultipliée où tout le monde est chef pour ne par dire "roitelet" et
dont le mode de gestion repose parfois aussi sur une forme antique de la
gouvernance de l'allégeance.
Le vote doit être remis en relation avec la culture politique du
tribalisme électoral où celui qui a le plus « distribué » … (quoi ? de
l'argent bien sûr !) semble sortir gagnant, en automatique, d’un système
informatisé dont le programme tourne en boucle sur un seul et même
vainqueur. Il s'agit sans surprise de celui qui va servir au mieux les
intérêts des pays du centre aux dépens des intérêts des populations.
Cela n’est pas surprenant. La plupart des élections dans les pays
francophones sont « organisées » sous les instructions télécommandées
des pouvoirs du centre et ne peuvent qu’aller à l’encontre des intérêts
des populations locales. Toute "rupture" à ce principe conduit des
ministres à changer de poste en France, alors imaginons en Afrique, au
Togo en particulier.
Des fraudes en tous genres, la technique de l’inversion des résultats
lors de la restitution des urnes est plus particulièrement prisée car
elle semble limiter les effets collatéraux. Les dysfonctionnements en
Afrique sont alors institutionnalisés pour justifier les fraudes
intégrales et empêchent l’enracinement de la démocratie dans la culture
des Africains. Ces derniers commencent sérieusement à douter du bien
fondé de cette forme de démocratie représentative non performante venue
d’ailleurs qui les oppriment et promeut une vérité des urnes inversée.
Cela ne permet en rien de croire à la pérennisation du multipartisme
comme la solution du futur.
Avec plus de 95 partis politiques au Togo, la démocrature a remplacé la
démocratie au Togo. Il s'agit de donner l'apparence de la démocratie
pour neutraliser les critiques officielles et faire croire à de simples
dysfonctionnements que l'on peut corriger, tout en faisant preuve de
bonne volonté. Un tel système permet de poser des conditions bloquantes
pour certains candidats disposant d'une double nationalité, puis de les
enlever unilatéralement afin de se faire passer pour un grand
réformateur et démocrate. Cette démocratie palliative est en train
d'être testée sur la Commission électorale. La CENI est prise en otage
par un groupe de 10 membres et si les critiques vont en s'amplifiant, le
gouvernement fera marche arrière unilatéralement en s'assurant au moins
qu'aucun des partis dominants n'occupe la présidence de la CENI. Mais en
contrepartie, il faudra rééquilibrer la CENI avec des représentants de
la Diaspora. Une subtilité qui pourrait déstabiliser l'organisation
primaire des partis où la Diaspora n'est pas pris en compte sérieusement
et pour son poids économique.
6. La vraie "fausse" légitimation d'un candidat
Avec la légitimité à géométrie variable construite des puissances
occidentales sur la base des annonces prématurées des victoires
électorales non fondées sur la vérité des urnes, tout est fait pour que
le choix corresponde au mieux à ce que certains pays, dont dépend le
Togo, souhaiteraient voir au pouvoir. Aussi, la rupture prônée ne
concerne en principe pas ce domaine puisqu'il n'y a plus lieu de donner
le choix confirmé par une majorité de voix exprimées par les populations
mais paradoxalement de légitimer un choix par l'annonce faite par des
institutions comme la CENI, le Ministère de l'intérieur et la Cour
constitutionnelle et les Médias politiquement corrects. Toute déviation
dans le fonctionnement de l'une ou l'autre de ces institutions ne peut
qu'avoir un effet déformant sur la vérité des urnes, et conduire à la
vraie "fausse" légitimation d'un candidat non choisi par les électeurs.
Il n'y a donc pas d'autres miracles que l'organisation méthodique de la
vigilance collective et le dépôt de recours en annulation en cas de
pratiques illicites.
Il est en fait demandé à un candidat "choisi" et non élu de veiller à ce
que le pays qui va le légitimer puisse continuer à considérer certains
pays africains comme des variables d’ajustement et des comptoirs
d’extractions de ressources et de main-d’œuvre choisie. En filigrane,
c'est tout le problème de la dépendance vis-à-vis des approvisionnements
en ressources et la protection du marché dit "pré-carré" qui est en
cause. Bref, c'est aussi la Françafrique qui joue son avenir si la
vérité des urnes venait à être respectée sans altérations. Il ne faut
donc pas être dupe de la "neutralité" de la France, ce n'est pas la
neutralité de l'Autriche ou des pays scandinaves.
Il est donc plus question au Togo d'un candidat désigné et légitimé que
d'un candidat élu. Même si les Médias officieux s’évertuent à parler de
neutralité, les élections transparentes et reflétant la vérité des urnes
peuvent tout simplement être altérées, et refléter la falsification des
urnes. Ce pouvoir falsifié devient légitime dès qu’une grande puissance
confirme par la voix des Médias le candidat choisi. En effet, en cas
d'échec, la politique de l'immigration choisie pourrait ne pas ouvrir
les portes de la France et de l'Europe, à moins de bénéficier d'une
double nationalité non officialisée.
Comme les recours en annulation sont souvent classés sans suite en
Afrique, au Togo en particulier, il est donc indispensable pour ceux qui
n’ont pas encore bien compris les règles de l’alternance en Afrique, au
Togo en particulier, que tout se joue donc en amont.
Après tant d’années de victoires usurpées des partis politiques
d’alternance, les échecs électoraux des partis dits d'opposition,
n'auraient pas été possibles si, en temps opportun et avec les appuis
extérieurs obtenus à l'avance, ces partis avaient opté pour une
candidature commune. Il s’agit bien d’une candidature commune et non
d’une candidature unique. La différence entre les deux est simple. La
candidature unique suppose que tous les autres candidats acceptent
l’allégeance au candidat unique. S’il est arrogant, non rassembleur et
gère à partir d’une boussole interne qui indique non pas le nord mais
l’échec, alors il ne faut pas s’étonner des nombreux échecs de
l’opposition togolaise. Celle-ci est d’ailleurs considérée comme la
moins intelligente des oppositions africaines par une certaine école de
pensée néolibérale, et c’est un euphémisme. Aussi, face à ce défi et les
échecs en cascades, il ne reste en fait que l’option de la candidature
commune qui n'exclut d'ailleurs pas d'aller "ratisser large" car les
ras-le-bol doublés de résultats économiques peu glorieux et une pauvreté
autour de 67 % au Togo ne peuvent servir de bilans de campagne pour la
majorité présidentielle. Le clientélisme et la force sont plus
persuasifs.
Il faudra une candidature commune, un individu qui accepte le partage
des rôles sur un objectif et programme commun, ce qui permet des
adhésions et non des allégeances. Le fait de n’avoir jamais compris
qu’une élection se gagne sur des adhésions et non sur des allégeances a
conduit les principaux partis dits d’opposition au Togo à l’échec. Mais
cette règle vaut aussi au niveau du parti au pouvoir au Togo à la veille
des élections présidentielles de 2010. En effet, s’il est plus facile de
jouer de la carotte et du bâton avec un usage immodéré de la force
militaire, des réseaux divers (occultes, mafieux, religieux, ou d’une
clientèle opportuniste). La candidature unique du côté de la majorité
présidentielle qui allait de soi au temps du feu Père, ne l’est plus
avec le fils. Il fallait donc réduire au silence, le maximum de «
challengers » issus souvent d'un parti qui, il n'y a pas si longtemps,
était un parti unique, En conservant le principe de la candidature
unique au niveau de la majorité présidentielle actuelle, de nombreux
nouveaux challengers sont apparus, y compris au sein de l’armée, de la
famille, dans les réseaux occultes. Les luttes pour affirmer la
candidature unique ont mené certains en prison et d'autres à faire
allégeance. Mais la saga familiale sur ce sujet est loin d'être clos
tant que le frère du Président restera en prison.
Il devient donc nécessaire avec la puissance accumulée de l’argent au
niveau du parti dominant, dont une grande partie est non expliquée, de
s’assurer qu’une candidature unique ne réserve pas de pièges,
c'est-à-dire que les amis qui se seraient ralliés au candidat unique de
la majorité présidentielle ne se désistent pas à la dernière minute pour
protester contre les humiliations accumulées au fil des années -et ce
dont le candidat unique ne semble avoir pris conscience que tardivement.
Aussi, il était important d’assurer les arrières et déplacer le centre
de gravité de l’épargne dite « familiale » vers d’autres cieux, plus
cléments, surtout avant les élections présidentielles de février 2010,
dont les lendemains pourraient ressembler malheureusement à ceux de
2005. C’est aussi cela qui explique la détermination de nouveaux
présidentiables, avec ou sans partis politiques pour modifier la donne
et bouger les lignes. Ainsi, le choix des Togolais réalisé au moyen d’un
bulletin de vote dans un environnement non transparent avec des
observateurs partiaux reste un problème. Il faut absolument se faire
assister notamment dans la logistique et la sécurité par des puissances
internationales neutres, n'ayant si possible pas de passé colonial avec
le Togo et dont la crédibilité n'est pas entachée par du mercantilisme
mafieux.
De plus avec une communauté internationale qui n’a plus d’autres
critères que la défense de ses intérêts directs pour intervenir, il y a
lieu de se demander, à quoi servent les élections présidentielles au
Togo ? En effet, tant que les intérêts directs des ressortissants
étrangers ne sont pas « attaqués » alors que ces soi-disant attaques
peuvent être montées de toutes pièces avec la mort d’autochtones pour
justifier une intervention ou neutraliser les stratégies de contestation
des résultats usurpés, il y a lieu de se demander s’il ne faut pas
changer de stratégie. Il faudra réfléchir ensemble, sans égo
individualiste, à trouver un processus, si possible pacifique, pour
révéler la vérité des urnes, que le peuple togolais, et les francophones
d’Afrique en général, ont encore beaucoup de mal à faire jaillir. Cette
vérité des urnes doit émerger en amont des élections malgré, un système
de défaillance des communications avant et pendant le dépouillement du
vote sans compter une possible annonce officielle et unilatérale du
scrutin, non confirmée de manière consensuelle par les différents partis
ayant pris part au vote. Voilà pourquoi le principe du consensus dont
était garant le Président d'âge de la CENI doit être rétabli car sans ce
consensus entre les partis en présence, c'est la garantie du "passage en
force" et donc de la forfaiture.
Le rôle du système informatique, de la Commission nationale électorale
indépendante, des vérifications au niveau de chaque bureau de vote, sans
compter la liste électorale en amont deviennent primordiaux. En réalité,
que les élections soient disputées de manière transparente ne semble
plus être remis en cause si l’on en croît le cas des présidentielles
gabonaises du 30 août 2009, même si les insuffisances de la liste
électorale peuvent être relevées.
Mais la technique qui marche à tous les coups et dans laquelle les
opposants africains, togolais en particulier, sont tombés à plusieurs
reprises, faisant preuve d’ailleurs d’amnésie, c’est le fait que la CENI
« oublie » à un moment de compter les votes et déclare ou fait déclarer
le nom du gagnant relayé par une impressionnante « back-office »
informationnelle, légitimée par les amis occidentaux.
Les oppositions commencent alors à crier à la triche, les manifestations
de rue les empêchent souvent de réfléchir à une stratégie commune que
leur égo personnel limite. Certains sont déjà en train de faire des
tractations pour « s’ajuster » au prochain Gouvernement sinon c’est le
chômage de longue durée, avec des humiliations en termes d’honorabilité…
Les transhumances électorales se font dans un environnement de
compétition assez intéressante avec la priorité aux traitres. Il y a
d'ailleurs plusieurs catégories :
• ceux qui ont crié tout haut qu’ils étaient de l’opposition, souvent à
retardement ou par dépit ou du fait de malversations passées qui les ont
souvent enrichis, puis
• ceux qui lâchent leur parti d’attache et se promènent entre les deux
selon le poids de la solde, enfin
• ceux qui n’ont pas d’autre choix et le courage de mener une forme
d’opposition construite.
Il n’est donc pas étonnant que si ceci se répète au niveau des élections
législatives, alors la minorité parlementaire n’est en fait qu’une
caisse d’enregistrement sans écho du pouvoir et de la majorité
parlementaire. Elle n'est là que pour légitimer les positions de la
majorité présidentielle. Des élections à deux tours deviennent une
condition fondamentale pour la stabilité et la paix au Togo.
7. La Stratégie de sortie doit intégrer les valeurs africaines
La première leçon à tirer des élections gabonaises, comme des
oppositions de la plupart des pays francophones d’Afrique, est un manque
d’intelligence et d’organisation politiques. Cela consiste à se
présenter systématiquement et en rangs dispersés à une élection à un
tour dans des pays où l’alternance n’existe pas dans le dictionnaire
politique de ceux qui sont au pouvoir. Cette stratégie fondée sur l’égo
surgonflé des « leaders » de l’opposition mène d’ailleurs
systématiquement à l’échec, le Bénin n’est pas pris en compte car il
s’est agit d’une élection avec un scrutin uninominal à deux tours avec
des reports de voix. Le Ghana n’est pas pris en compte car il s’agit
d’un pays anglophone ayant accepté collectivement l’alternance depuis
Jerry Rawlings, ex-Président du Ghana et disposant de personnalités
mettant l’intérêt de l’Etat au-dessus des égos, comme John Kufuor,
ex-Président du Ghana, et acceptant la vérité des urnes et donc la
volonté des populations.
En fait, la stratégie des opposants dans les pays francophones est une
forme de pathologie schizophrène qui conduit à une démoralisation des
électeurs, et qui, du fait des fraudes massives profitant
systématiquement aux partis au pouvoir, finit par faire douter de la
démocratie. La culture et les traditions locales, le niveau d’éducation
général et la pauvreté ambiante facilitent le développement d’un système
de clientélisme et de corruption institutionnalisée qui limitent le
soutien durable des populations aux dirigeants de l’opposition. La
transhumance politique, consistant plus à se rallier temporairement,
parfois définitivement, à la majorité présidentielle contre une forme ou
une autre de financement ne se fait pas sans conditionnalités et
humiliations.
Face à un paysage bien brouillé d’une opposition politique, l’ardeur des
populations, surtout la partie qui a à déplorer des morts, des blessés
et des atteintes diversifiées aux droits humains, ne sont pas prêtes à
accepter l’impunité, surtout quand c’est l’opposition qui l’inscrit dans
son programme politique. Ainsi, dans leur grande majorité et face à une
peur des lendemains incertains, les citoyens se réfugient dans la
fatalité. Nombreux sont-ils à vernir grossir les rangs des communautés
religieuses qui promettent des solutions à leur problème après leur
mort, ou en se focalisant sur les problèmes immédiats de mal-être
souvent reliés au chômage. Cette gouvernance de la fatalité est souvent
généreusement et discrètement soutenue par le pouvoir en place à
l’instar du Président Burundais et la « famille présidentielle » qui
donnent l’exemple en lavant personnellement les pieds de la population
d’un village burundais .
Bref, l’amélioration du bien-être des populations africaines ne peut
être systématiquement repoussé après la mort ou organisé de manière
palliative entre le clientélisme et les convocations religieuses pour
mieux neutraliser les exigences légitimes des gouvernants de rendre
compte, le fameux « accountability » des Anglophones. Rien d’étonnant
que ce mot n’a pas d’équivalent en français. Endormir le peuple, limiter
sa conscientisation, l’amener à participer à la « mangeoire » sur une
base de concurrence et de compétition n’est rien d’autre que la fameuse
théorie du « diviser pour régner » sauf que lorsque cela ne fonctionne
plus, il faut faire appel au trafic de la vérité des urnes quant les
élections ne peuvent plus être une simple formalité.
En réalité, la gouvernance de la fatalité légitime un système
d’usurpation des biens communs, de surcroit avec une partie de la
population, adepte de la paix, persuadée qu’il suffit de faire profil
bas pour se frayer un chemin vers la mangeoire. A ce titre, il importe
aux Africains responsables et dévoués à leur peuple, de retrouver les
voies de l’organisation scientifique des alternances politiques sans
verser dans les chasses aux sorcières reposant parfois sur le
tribalisme. La stratégie de sortie passe par l'éducation et une volonté
réelle d'intégrer les valeurs africaines de respect mutuel et du peuple
dans le fonctionnement des institutions.
8. Gérer la bipolarisation automatique et non les égos des chefs de
partis
Par ailleurs, comme la plupart des emplois appartiennent de près ou de
loin, ou dépendent directement ou indirectement du pouvoir et que les
périodes postélectorales reposent sur des mesures de rétorsion échappant
aux médias politiquement corrects, les mesures de contestation comme les
villes mortes, les grèves des salariés sont vouées à l’échec. En effet,
la majorité de la population qui doit aller chercher sa subsistance
quotidiennement, ne peut se permettre de perdre des jours précieux au
cours des émeutes postélectorales, et rester à la maison sur des mots
d’ordre de politiciens lesquels pour la plupart ont largement construit
leur richesse et leur clientèle au sein du système dominant. Les
opposants restés indépendants manquent en revanche des attributs du
pouvoir (armée, police et aide des puissances étrangères) et des moyens
de pression nécessaires pour inverser les affirmations médiatiques du
pouvoir dominant.
Aussi, la solution gagnante aux élections fondées sur un vote à un tour
suppose que les personnes intéressées par une alternance prennent
conscience de la bipolarisation automatique de la vie politique.
Démultiplier les partis politiques augmente les chances d’échecs sauf si
les différents partis ou personnalités se sont concertés pour garantir
en amont et suffisamment à l’avance un désistement en cascades jusqu’à
parvenir à l’affrontement loyal de deux programmes et deux candidats. En
effet, en ne le faisant pas suffisamment en avance, certaines localités
ont voté pour des candidats qui n’étaient plus candidats, invalidant
ainsi les votes. Il n’est donc pas sérieux d’improviser à la dernière
minute les désistements, ceci est valable tant pour les partis de la
mouvance présidentielle que ceux s’affichant comme opposant. En ne
respectant pas ce principe, les opposants gabonais ou togolais, pour ne
prendre que ces deux exemples, sont en partie responsables de la
situation actuelle.
Que faire ? Vouloir d’abord réellement le changement alternatif, ce qui
dépasse les égos individuels des personnalités. Une fois cette condition
satisfaite par d'intenses tractations et ajustements des programmes de
gouvernement entre les candidats souhaitant une alternative, il est
impératif de choisir une candidature commune. Il s’agit bien d’un
candidat commun et non d’un candidat unique qui sera justifié plus bas.
Enfin, les dirigeants de l’opposition doivent apprendre à trouver des
partenaires qui peuvent augmenter leur moyen de pression sur un système
qui n’entend ni perdre les élections, ni accepter de travailler dans
l’opposition quitte à utiliser l’armée et les « amis extérieurs » avec
lesquels des intérêts bien compris sont partagés en catimini, pour
imposer la vérité des urnes de la majorité présidentielle. Il ne suffit
pas de crier au vol, à la fraude, à l’injustice ou à la forfaiture en
promouvant ici et là, la politique de la chaise vide en claquant la
porte de négociations en cours lorsqu’ils s’aperçoivent que les jeux
sont « pipés ». Il faut donc anticiper les capacités de nuisance, de
division mais aussi maîtriser les techniques juridiques permettant
d’offrir des positions formelles donnant l’apparence de la légalité.
9. CENI : la Diaspora pour sortir de l'impasse ?
Alors que sous l'égide du facilitateur Blaise Compraoré, le Président du
Burkina-Faso, le pouvoir togolais avait décidé à Ouagadougou sur la base
de pressions et négociations diverses d'enlever les conditions qu'il
avait lui-même unilatéralement établies, de nombreuses chancelleries ont
cru qu'il y avait réellement une volonté d'apaisement. Ces conditions à
savoir posséder la double nationalité, ne pas avoir séjourné au moins un
an de manière consécutive au Togo, ne pas avoir fourni un quitus fiscal,
etc., ne servaient en réalité qu'à exclure certains candidats potentiels
à l'élection présidentielle. Il s'agissait principalement de Togolais de
la Diaspora ou des chefs de parti ou d'association qui ont
principalement fait leur carrière professionnelle à l'extérieur du Togo.
En réalité, c'est une nouvelle forme de consensus à l'arraché entre la
mouvance présidentielle et la mouvance de l'opposition au Togo qui se
mettait progressivement en place dans le cadre de la préparation des
élections présidentielles de février 2010 qui vient d'être stoppée à
l'initiative du pouvoir dominant. La composition de la Commission
électorale nationale indépendante a été obtenue dans les mêmes
conditions de négociations fondées sur le consensus à l'arraché. Mais
rapidement, ce principe n'a pas pu fonctionner pour la nomination du
Président définitif de la CENI au point qu'une déclaration commune de
l'Union des Forces du Changement (UFC) et le Comité d’Action pour le
Renouveau (CAR) ont parlé de "forfaiture commise par le régime RPT à la
CENI" et y voient le début d'un "hold-up électoral" .
Sur la base d'un communiqué, le pouvoir togolais offre sa version des
raisons de ce dérapage. Ce fait du prince pourrait biaiser tout le
processus électoral en termes de transparence future et bien sûr
favoriser le pouvoir en place au moment de la restitution de la vérité
des urnes. Il faut se demander pourquoi le pouvoir togolais dénonce un
"blocage délibéré" de la part de l'UFC et du CAR dans le choix du
Président définitif de la CENI, et procède par un passage en force
totalement illégal alors que le Président provisoire, le Président d'âge
n'avait pas fini le processus de sélection et avait simplement ajourné
une des sessions pour faciliter l'obtention du consensus. Impatience ?
Habitude de l'autoritarisme ? Coup de force ?
Le Président de la CENI est celui ou celle en définitive qui valide ou
pas une élection présidentielle et donc légitime ou pas l'absence de la
vérité des urnes et donc de la fraude électorale. Alors qu'un consensus
avait été obtenu sur le règlement intérieur de la CENI, les quiproquos
semblent provenir de trois points :
• Le fait d'avoir choisi comme mode opérationnel le consensus et
seulement à défaut de procédé au vote en référence au code électoral
(art. 36. Al. 5) et le règlement intérieur de la CENI ; sur la base des
informations disponibles officiellement, ce sont bien les représentants
du pouvoir togolais et la majorité parlementaire qui ont, dès le départ,
décidé que le Président de la CENI ne proviendrait pas de leurs rangs
tout en précisant que l'opposition parlementaire devrait faire de même.
Cette ingérence dans les affaires intérieures de l'opposition
parlementaire semble avoir conduit à des débats houleux ; par la suite,
les représentants du pouvoir ainsi que la majorité parlementaire ont
systématiquement refusé d'aller au vote, conduisant à l'ajournement de
la séance par le doyen d'âge de la CENI, Jean Claude Homawoo suivi du
départ des représentants de la minorité parlementaire (UFC et CAR).
Après de multiples propositions, ce sont les candidatures de Mr Codjo
Délava Jean-Claude (UFC) représentant la minorité parlementaire et celle
de Mr. Kolani Kinam Lardja Henri (PDR), représentant de l’opposition
extraparlementaire, considéré comme parti intégrante de la majorité
présidentielle, qui étaient en lice.
• Alors que les autres membres de la CENI étaient encore en salle et en
l'absence du Président doyen d'âge qui avait levé la séance et alors que
la minorité parlementaire n'était plus représentée, ni le Rapporteur,
les représentants de la majorité parlementaire ont inventé un système de
quorum, soit 10 personnalités présentes. Le pouvoir togolais étant,
semble-t-il, représenté au plus haut niveau, et les autres membres
présents ont ainsi abandonné le principe de décision consensuelle qui
présidait aux discussions et en l'absence du Président d'âge et sans son
mandat, ils ont unilatéralement choisi de passer au vote.
• En l'absence du Président d'âge et des représentants de la minorité
parlementaire, Mr. Kolani Kinam Lardja Henri a été désigné président
d'une structure appelée "CENI" par 10 membres, sur instruction du
Gouvernement. Il y a donc ingérence dans les affaires internes de la
CENI. Il y a donc déni d'indépendance de la CENI. Il y a donc
forfaiture. Cette CENI palliative ne peut ramener la paix au Togo.
Il convient de s'interroger sur le processus de sélection choisi lors
que tous les membres étaient présents. Quelle sera la validité juridique
d'un acte décidé par une partie de la CENI en l'absence du Président
d'âge de la CENI qui avait ajourné les travaux de la 10e séance plénière
au lendemain ? Par ailleurs, la CENI a exclu toute représentation de la
Diaspora togolaise, pourtant ceci aurait équilibré la composition de la
CENI. C'est donc cette nouvelle CENI coupée-décalée, dirigée par un
Président choisi par le Gouvernement, sans mandat et accord du Président
d'âge et ne bénéficiant pas du consensus qui propose le chronogramme de
l’élection présidentielle, élabore le budget de fonctionnement de la
CENI et des élections proprement dites .
Quelle crédibilité apporter à ces méthodes ? Quelle sera la réaction de
la communauté internationale et du facilitateur Burkinabé ? Comment
corriger ce quiproquo ? La réponse de compromis proposé serait la
suivante. Les autorités togolaises au sommet, avec ou sans l'avis du
Facilitateur et de la communauté internationale, peuvent décider :
• Le retrait simultané des candidatures en lice avant le vote (retrait
de la candidature de la minorité parlementaire et de la minorité
extraparlementaire), et du fait du vice de procédure lié à l'ajournement
de la séance par le Président d'âge, les décisions prises par les 10
membres de la CENI peuvent être considérées comme celles d'une
commission ad hoc mais restent nulles en droit et entachées
d'irrecevabilité.
• L'article 2 du Règlement intérieur est précis : C'est le "membre le
plus âgé [de la CENI] qui préside les travaux" jusqu'à l'élection d'un
nouveau Président. Rien n'empêche donc le doyen d'âge d'être proposé et
de se faire assister par des comités d'experts y compris ceux en
provenance de la Diaspora.
• A défaut de reconduire le Doyen d'âge, la CENI peut accepter une
représentation de la Diaspora sur une base consensuelle ou par vote en
son sein, donc un membre supplémentaire pour corriger l'injustice faite
à la Diaspora qui représente 230 millions de $US envoyés aux populations
chaque année et n'a même pas un droit de vote ; c'est la Diaspora qui
réduit le niveau de pauvreté et de souffrance des populations.
• Si la CENI est augmentée d'un nouveau membre de la Diaspora, il
importe de proposer une nouvelle liste de candidats pour la Présidence
de la CENI, si nécessaire, sans une nouvelle candidature de la minorité
parlementaire et de la majorité parlementaire mais comprenant le
Représentant de la Diaspora.
• Il importe aussi d'accepter un processus de vote à bulletin secret à
plusieurs tours et par élimination de celui qui reçoit le moins de voix
à chaque tour. Le consensus sera alors ainsi obtenu après plusieurs
tours, si le vote est transparent et sans d'interminables palabres qui
conduisent à des pratiques anti-démocratiques et illicites, de nature à
entacher la vérité des urnes. Deux vice-présidents opérationnels
pourront alors être proposés pour assister le Président élu de la CENI.
Les vice-présidents (un de la mouvance présidentielle et un de la
mouvance de l'opposition) seront aussi désignés par le même processus de
vote.
Cette proposition devrait avoir l'avantage de concilier le souhait du
Gouvernement de n'avoir ni le RPT, ni l'UFC à la tête de la CENI, et
permettre un retour au respect du code électoral et du règlement
intérieur de la CENI. La volonté de l'opposition extraparlementaire, de
l'opposition parlementaire, de l'Administration ainsi que de la société
civile, tous représentés à la CENI, d'avoir un rôle, sera prise en
compte par le vote de deux vice-présidents de la CENI. Ainsi, de la
forfaiture et de l'unilatéralisme décisionnel entaché d'illégalité, la
Diaspora aura proposé une solution qui passe par sa prise en compte. Ce
point peut d'ailleurs être la solution qui permettra d'ajuster une liste
électorale qui oublie plus de 1 million de Togolais de la Diaspora lors
des prochaines élections. En effet, de la transparence et de l'éthique
de la CENI dépend grandement la vérité des urnes lors des élections
présidentielles de février 2010. Un autre avantage que présente
l'introduction d'un représentant de la Diaspora à la CENI est que
celui-ci (ou celle-ci) pourrait plus facilement convaincre des bailleurs
de fonds d'apporter toute leur logistique électorale et sécuritaire pour
réussir des élections à la ghanéenne au Togo. Il ne restera alors, comme
le demandent de nombreux candidats à la présidentielle mais aussi pour
permettre à plus de citoyens togolais d'être réellement représentés, que
le Gouvernement accepte le principe d'une élection uninominale à deux
tours et le vote de la Diaspora.
10. Communauté internationale et légitimations des démocraties
palliatives
La communauté internationale et plus particulièrement l'Union européenne
devrait s'impliquer plus en amont du processus électoral au Togo pour
éviter que la Commission électorale nationale indépendante du Togo ne
s'appuie sur l'exemple du Gabon où la Commission électorale nationale
autonome et permanente (CENAP) de ce pays a choisit d'annoncer des
résultats coupés-décalés en oubliant de continuer à compter les votes
des Gabonais jusqu'au dernier bulletin . Aussi, si la CENI togolaise
coupée-décalée devait s'arrêter de compter les votes des Togolais, les
chances de restituer la vérité des urnes et la réalité du paysage
politique togolais pourraient s'évanouir. Il faut donc recomposer la
CENI, la ressouder pour mieux servir le peuple togolais qui est
"fatigué" de regarder le jeu stérile de la politique et de la démocratie
palliative qui appauvrit. La CENI a besoin d'une personnalité neutre
pour la diriger, fin connaisseur des capacités dilatoires des partis
bipolarisants afin de répondre aux attentes des populations. La
transparence pourrait aussi être liée à l'appui que la communauté
internationale apportera en termes de financement du budget de la CENI
et de soutien logistiques et sécuritaires.
C'est le Togo qui a inauguré en Afrique de l'après-indépendance, la
série de coups d'Etat en Afrique, la série des conférences nationales,
et récemment le premier Congrès mondial de la Diaspora togolaise. Si
ceux qui dirigent réellement le Togo veulent faire rentrer le Togo dans
l'histoire de la prospérité, ils doivent tenir leur parole et accepter
des élections libres, transparentes, sécurisées et non frauduleuses.
Bref, ces élections ne peuvent être comme au Gabon, ni être suivies par
les formes patrimoniales et militarisées du contrôle de la souveraineté
populaire comme au Niger, ni être une répétition grandeur nature des
élections présidentielles de 2005 au Togo.
La communauté internationale qui soutient le droit et la légalité, ne
peut que se tromper lourdement si elle entérine systématiquement les
élections truquées ou des simulacres d’élection. Le droit de
non-ingérence médiatisé ne peut servir de rupture alors que la
légitimation des résultats des élections se fait très souvent en
Occident. Il existe pourtant des pays dans l'Union européenne qui sont
prêts à accompagner le Togo dans la préparation et l’organisation avant,
pendant et après des élections présidentielles de 2010. Mais encore
faut-il que le Togo envoie une requête officielle à l'Union européenne
pour que les négociations démarrent. Sans esprit de consensus au sein
d'une CENI reformatée de force et un scrutin uninominal à deux tours, il
est difficile de ne pas douter de la sincérité de ceux qui contrôlent le
Togo, et qui ne sont pas tous nécessairement au Togo.
11. Conclusion : stratégie collective exigée par le Peuple togolais
Les stratégies individuelles des dirigeants politiques au Togo doivent
prendre fin pour l'émergence de stratégie collective, demandée par le
Peuple togolais y compris la Diaspora. La bipolarisation UFC/RPT ne doit
pas conduire à exclure la Diaspora. Du reste, une large majorité
d'électeurs ne verraient pas d'un mauvais œil la dissolution de tous les
partis et une reconstitution fondée sur des termes de référence précis
neutralisant entre autres, le tribalisme en imposant qu'au moins 25 %
des membres d'un parti proviennent des autres régions du Togo, qu'au
moins 25 % des femmes dans les partis accèdent à des postes de
responsabilités, qu'au moins 25 % des membres du parti politique
proviennent de la Diaspora, que l'équilibre zone urbaine / zone rurale
soit pris en compte dans les postes décisionnels, que le processus de
prise de décision au sein des partis ainsi que le financement de ces
partis soient transparents, qu'une redéfinition des fonctions des chefs
traditionnels soit institutionnalisée et ne plus être en contradiction
avec le droit commun, etc. Bref, il faut fixer les règles du jeu et ne
pas les modifier intempestivement en se justifiant maladroitement par
l'urgence ou l'intransigeance.
Les partis dominants disposant de l'armée ou pris en otage par celle-ci
ne feront jamais de concession pour changer la nature d'un système
patrimonial qui perdure grâce à l'organisation en cercles concentriques
d'une clientèle adepte de la ventrologie dont le principe distributif ne
se limite pas aux frontières togolaises.
Le Togo a pris du retard par rapport au Ghana ou au Bénin où des
alternances pacifiques ont lieu. C'est un scrutin uninominal à deux
tours qui permet tout ceci. L'enjeu de 2010 est d'arriver à terminer le
processus d'alternance politique enclenché depuis les années 1990 pour
le mener à son terme sans effusion de sang et sans que le perdant quitte
le pays pour des raisons de vengeance. Seule une candidature commune
d'un côté ou de l'autre du système bipolaire togolais pourrait conduire
à une conclusion heureuse pour le peuple togolais. Le temps des regrets
ne peut recommencer après les élections sans une prise de conscience sur
les responsabilités de chacun dans le viol de l'espérance du peuple
togolais et des aïeux. Une majorité silencieuse de Togolais se doit
d'interpeller les différents protagonistes directement dans les
familles.
A force de continuer à soutenir des systèmes mafieux et autoritaires en
Afrique tout en cautionnant la fraude électorale par une légitimation
télécommandée des capitales occidentales, l'Occident est en train de
préparer le lit d'une jeunesse africaine désœuvrée qui risque avec le
retour des immigrés frustrés d'avoir des réflexes incontrôlables qui
pourraient les conduire, en toute ignorance, à croire que les solutions
préconisées par les combattants terroristes d'Al Qaïda sont les seules
alternatives. Aussi, la conjugaison de l'arrogance des opposants qui
refusent la candidature commune, le mépris des partis dominants qui
fondent leur pouvoir sur la force et la forfaiture et l'incrédulité des
populations peuvent devenir explosifs au Togo.
Si toutes les propositions faites sont rejetées, il reste à la
communauté internationale qui dispose de la puissance d'influence
qu'elle refuse d'utiliser au Togo de s'assurer que les organisateurs
d'élections présidentielles en Afrique ne participent pas aux élections.
Mais le souhaite-t-elle ? Pourtant, une période de transition
gouvernementale fondée sur le rassemblement des acteurs du progrès du
Togo pendant une période variant entre 3 et 5 ans pourrait en définitive
se révéler n'être que la solution opérationnelle face à une usurpation
prévisible.
La théâtralisation de la démocratie palliative doit cesser.
L'autorité du Président d'âge de la CENI doit être rétablie pour que les
travaux de cette institution reprennent sur des bases consensuelles.
C'est à cette condition qu'il sera peut-être possible de "retrouver la
confiance entre les dirigeants et le peuple-citoyen" . Ce sera là un
début de la preuve d'humilité du pouvoir en place. A défaut, le
Facilitateur Blaise Compraoré ainsi que les membres de la Communauté
internationale soutenant l'éthique au Togo doivent s'attendre à ce que
tout le processus électoral soit considéré comme illicite du fait de la
forfaiture d'un groupe d'individus à la CENI. La technique frauduleuse
consistant à faire accepter une commission nationale électorale
dépendante sous l'appellation commission nationale électorale
indépendante ne peut être acceptée par les citoyens togolais, y compris
ceux de la Diaspora.
En conséquence, il ne sert alors à rien d'aller à des élections dans ces
conditions. Y aller ne serait que cautionner tout un système de
forfaiture surtout lorsque le cadre électoral commence à subir des
dérives non consensuelles avec une CENI coupée-décalée. Les décisions
récentes de celle-ci sont entachées d'irrégularités graves.
Dr. Yves Ekoué Amaïzo
Directeur du groupe de réflexion, d'action et d'influence "Afrology"
20 septembre 2009
1. Ali Bongo Ondimba, candidat du Parti démocratique
gabonais (PDG, au pouvoir), a été déclaré élu Président de la République
gabonaise le 3 septembre 2009 avec 41,73 % des suffrages, André Mba
Obame, est en 2ème position avec 25,88 % des suffrages et Pierre
Mamboundou, l’opposant historique avec 25,22 % ; voir Méditerranée, 3
septembre 2009, sur
< http://www.mediaterranee.com/Rubriques-generales/Politique/Ali-Bongo-est-declare-vainqueur-de-l-election-presidentielle-gabonaise-avec-4173.html
>
2. Selon André Mba Obame, l'ancien ministre de l'Intérieur, classé
second selon les annonces officielles, « le scrutin a été faussé par une
fraude massive, orchestrée de manière experte par la Commission
électorale nationale autonome et permanente (CENAP) au profit du
candidat Ali Bongo ». Voir RFI, « Les recours en annulation se
multiplient », 18 septembre 2009, voir
< http://www.rfi.fr/actufr/articles/117/article_84771.asp>
3. Gaboneco.com, "Gabon : A quoi servent les missions d’observateurs des
élections ?", in Gaboneco.com, 29 août 2009, voir : <http://gaboneco.com/show_article.php?IDActu=14736>
4. Site du Gouvernement togolais, "Barack Obama invite Faure Gnassingbé",
in Republicoftogo.com, 18 septembre 2009, voir :
< http://www.republicoftogo.com/central.php?o=5&s=2&d=3&i=4322>.
5. Alain Gresh, "Nicolas Sarkozy et les crises (Palestine, Afghanistan,
Iran)", in Les blogs du Diplo, 2 septembre 2009, voir : <http://blog.mondediplo.net/2009-09-02-Nicolas-Sarkozy-et-les-crises-Palestine
6. La CENI avant le choix unilatéral du pouvoir était composé de : 5
membres de la Majorité parlementaire, 5 membres de Opposition
parlementaire, 3 membres de l'Opposition extraparlementaire et 3 membres
de la Société civile et le Président d'âge, soit 17 membres. Voir Site
du Gouvernement togolais, "Les membres de la CENI ont prêté serment", in
Republicoftogo.com, 1er septembre 2009, voir : < http://www.republicoftogo.com/central.php?o=9&s=0&d=3&i=4240>.
Avec la mise à l'écart de 9 membres et la nomination unilatérale d'un
Président le 17 septembre 2009, cette CENI décalée ne représente
qu'elle-même, voir
<http://www.republicoftogo.com/central.php?o=6&s=4240&d=3&i=4317>
7. Site du Gouvernement togolais, "Election à la présidence de la CENI :
Faure réagit", in Republicoftogo.com, 17 septembre 2009, voir : <http://www.republicoftogo.com/central.php?o=6&s=4325&d=3&i=4313>
et "Nouveau président à la CENI et critiques de l’UFC", in
Republicoftogo.com, 16 septembre 2009, <http://www.republicoftogo.com/central.php?o=6&s=4313&d=3&i=4310>
8. Nicoué Lodjou Gayibor (sous la direction de), Histoire des Togolais :
de 1884 à 1960, Tome II, Presses de l'Université de Lomé, Lomé 2005, p.
662.
9. Yves Ekoué Amaïzo, "L'Afrique est-elle vouée aux démocratures ?"
NouvelObs.com, voir :
< http://forums.nouvelobs.com/international/l_afrique_est_elle_vouee_aux_democratures,20090310150345838.html>
; voir aussi "Démocrature et démocratie au Togo en 2010", in "Démocratie
en mouvement. Ghana et Togo : respect de la volonté des citoyens",
Conférence-débat organisée par Synergie-Togo, Présentation Diaporama
(PowerPoint) Samedi 14 février 2009 à 14 heures, Centre de conférences
Athènes Services, Paris, voir <www.synergie-togo.org> et www.amaizo.info
10. Elyse Ngabire, « La laïcité en danger », in IWACU La voix du
Burundi, 15 septembre 2009, voir http://www.iwacu-burundi.org/index.php?option=com_content&task=view&id=900&Itemid=1261
; Mgr Evariste Ngoyagoye, Archevêque catholique de Bujumbura rappelle «
qu’il y a des personnes reconnues pour diriger des cultes » et que si
Président de la République, Pierre Nkurunziza, est libre d’aller prier
dans n’importe quelle confession de son choix, il y a un sérieux
problème lorsque c’est lui-même qui organise les prières et les gens qui
y participent « ont été convoqués administrativement ».
11. René Otayek, « les élections en Afrique, sont-elles un objet
scientifique pertinent ? », in Politique africaine, 1er mars 1998, voir
< http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/069003.pdf>
12. Jean-Pierre FABRE (UFC, Secrétaire général) et Me Paul Dodji APEVON
(CAR, Président National), "Conférence de presse du jeudi 17 Septembre
2009 : déclaration conjointe UFC et CAR relative à la forfaiture commise
par le régime RPT à la CENI", in UFCTogo.com, 17 Septembre 2009, voir
<http://www.ufctogo.com/Conference-de-presse-du-Jeudi-17-Septembre-2009-declaration-conjointe-UFC,2156>
13. Les 10 membres de la CENI dénoncent un « blocage délibéré », in
Republicoftogo.com, 17 septembre2009, voir <http://www.republicoftogo.com/central.php?o=6&s=4135&d=3&i=4317>
14. Gaboneco.com, "Gabon : A quoi servent les missions d’observateurs
des élections ?", in Gaboneco.com, 29 août 2009, voir : <http://gaboneco.com/show_article.php?IDActu=14736>
15. Yves Ekoué Amaïzo (sous la direction de), L'Union africaine
freine-t-elle l'unité des Africains ? Retrouver la confiance entre les
dirigeants et le peuple-citoyen, avec une préface de Aminata Dramane
Traoré, collection "Interdépendance africaine", éditions Menaibuc,
Paris, 2005.
16. La CENI, issue du coup de force, a fixé de manière unilatérale les
dates de la campagne électorale entre le 13 et le 26 février 2010 avec
les prochaines élections présidentielles à un tour au 28 février 2010,
date préalablement fixée par le pouvoir dominant.
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Yves Ekoué Amaïzo


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