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Suspension de trois pays africains de l'AGOA
pour mauvaise gouvernance



Washington - Le gouvernement Obama a décidé de suspendre la Guinée, le Niger et Madagascar des avantages commerciaux découlant de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA), faisant état de l'absence dans ces pays de progrès démocratiques qui constituent l'un des principaux critères de l'admissibilité à de tels avantages.


Dans le même temps, il a rétabli le statut d'admissibilité de la Mauritanie en reconnaissance des élections démocratiques récentes qui ont permis le remplacement d'un gouvernement qui était arrivé au pouvoir en 2008 à la faveur d'un coup d'État militaire.

"L'objet principal de l'AGOA, c'est de récompenser les pays dont la performance est méritoire", a déclaré à America.gov, le 24 décembre, M. Anthony Newton, directeur de la politique économique au bureau des affaires africaines du département d'État.

L'AGOA autorise les pays africains admissibles à exporter aux États-Unis, en franchise de droits de douane, une vaste gamme de produits textiles, alimentaires et autres. Elle se fonde sur le principe selon lequel développement économique et progrès politique vont de pair : si un pays souhaite profiter des avantages commerciaux de la loi, il doit respecter certaines normes démocratiques.

C'est pourquoi l'admissibilité de tous les pays couverts par l'AGOA est réexaminée chaque année. Selon M. Newton, les trois pays frappés de suspension pourraient être rétablis avant la fin de 2010 si des progrès notables y sont observés en matière de gouvernance. Les suspensions, quant à elles, ne se produisent que sur une base annuelle

"Tel pays qui fait preuve de bonne gouvernance et de respect des normes démocratiques a certainement plus de chances d'appliquer également une politique économique judicieuse", a fait observer M. Newton. Les gouvernements, a-t-il dit, sont responsables non seulement de leurs propres actions, "mais aussi de la société et de l'économie dans son ensemble".

Le gouvernement Obama a exprimé son mécontentement à l'égard du comportement des dirigeants militaires en Guinée, surtout après que les forces de l'ordre eurent violé et tué des manifestants pacifiques dans un stade de Conakry le 28 septembre. La secrétaire d'État, Mme Hillary Rodham Clinton, avait, le 6 octobre, qualifié ces événements de "violations odieuses des droits du peuple de ce pays".

Les États-Unis ont également fait état de leur préoccupation au sujet du Niger, où le président Mamadou Tandja "a en fait agi de manière non démocratique en prolongeant son mandat", a dit M. Newton. Le département d'État a annoncé, le 23 décembre, que le gouvernement Obama suspendait l'aide non humanitaire au Niger et frappait certains de ses dirigeants d'interdiction de séjour aux États-Unis.

Selon M. Newton, la décision de suspendre Madagascar était "relativement compliquée" puisqu'un processus de rétablissement de la démocratie y avait été lancé après le coup d'État de mars 2009, grâce notamment à l'instauration d'un gouvernement de transition et à l'annonce d'une proposition d'élections en 2010.

"Ce processus s'est fait par à-coups (...) mais dans l'ensemble il a avancé", a observé M. Newton. Cependant, au cours des quinze derniers jours, le président par intérim, M. Andry Rajoelina, a "court-circuité le processus" et a interdit de séjour les chefs de l'opposition politique.

"À la lumière de tous ces faits, nous avons pris la décision de suspendre (...) l'admission de Madagascar. C'est une décision que nous n'avons pas prise à la légère."

"Il faut comprendre que les gouvernements qui ne font pas preuve d'une bonne gestion des affaires publiques ou qui ne respectent pas les normes démocratiques se trouveront malheureusement dans cette position de non-admissibilité", a poursuivi M. Newton. "L'AGOA n'est pas qu'un programme de stimulation économique. Elle comporte également des éléments politiques."

Le rétablissement du statut de la Mauritanie se justifie par le remplacement du gouvernement issu du coup d'État militaire d'août 2008 par un gouvernement de transition et par la tenue en juillet dernier d'élections démocratiques.

La Mauritanie "a fait ce que nous espérions voir se passer à Madagascar", a dit M. Newton. "Le gouvernement issu du coup d'État a été remplacé par un gouvernement de transition qui a alors organisé des élections démocratiques."

Lorsque les responsables américains effectuent leur réexamen annuel d'admissibilité à l'AGOA, ils "ne sont pas totalement inflexibles", a-t-il souligné, faisant remarquer que le président élu de la Mauritanie, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, était l'un des meneurs du coup d'État de 2008.

"S'il se produit quelque chose de grave, s'il y a un coup d'État, mais que le pays arrive à se redresser et à se remettre sur la voie de la démocratie, nous prenons cela en considération et nous accordons le mérite là où il est dû", a-t-il conclu.

par Stephen Kaufman
24-12-2009

Source : http://www.america.gov/fr/



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