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Entre déclaration préliminaire et déclaration finale :
Que faire au Togo ?

 

Après la déclaration préliminaire de la Mission d’Observation de l’Élection du 4 mars 2010 au Togo de l’Union Européenne et avant sa déclaration finale, il y a lieu collectivement que les démocrates togolais s'adresse à la communauté internationale et aussi aux instances religieuses.

La Mission d’Observation de l’Élection du 4 mars 2010 au Togo de l’Union Européenne a rendu publique à Lomé le 6 mars dernier une "déclaration préliminaire" de 12 pages ("Déclaration préliminaire", UE Mission d’observation électorale - Togo 2010 - élections présidentielles, Lomé, 6 mars 2010, 12 pages, http://www.moeue-togo.eu ) faisant état d’un grand nombre d’irrégularités dont est entachée cette élection selon cette mission.

C’est sans doute compte tenu de cette "déclaration préliminaire" que la diplomatie française ne s’est pas précipitée, comme après la dernière élection présidentielle au Gabon, pour adresser ses félicitations officielles au prétendu vainqueur de cette élection togolaise selon la proclamation unilatérale par le président de la CENI des résultats partiels. La diplomatie française a déclaré en effet attendre le rapport définitif de cette mission de l’Union Européenne pour se prononcer officiellement sur les résultats l’élection en question.

Une analyse pertinente des irrégularités pointées du doigt par cette mission de l’Union Européenne et justifiant juridiquement une demande par l’Union Européenne de l’invalidation de cette élection par la Cour Constitutionnelle togolaise et la Communauté Internationale a été proposée par notre compatriote Yves Amaïzo (http://amaizo.info ou http://www.togocity.com/article.php3?id_article=5035 ).

Il est regrettable que ce soit ces observateurs de l’Union Européenne qui prennent d’eux-mêmes les devants pour envisager une telle demande d’invalidation et témoignent de plus de zèle et surtout de compétence à défendre le droit, la justice et la démocratie au Togo que les leaders de l’opposition démocratique togolaise, alors que l’intérêt de ces leaders pour ces causes qui les concernent plus que ces observateurs aurait dû les amener à solliciter préalablement, officiellement et énergiquement les dirigeants de l’Union Européenne, qui a finalement intégralement financé cette élection à la hauteur de 19 millions d’Euros, pour qu’ils prennent à temps la décision d’une telle demande d’annulation et surtout pour qu’ils prennent pour la suite des évènements au Togo les moyens de contrôle que leur impose leur "droit de payeur" et qui sont indispensables pour éviter le dévoiement du financement de cette élection par les contribuables de l’Union Européenne.

Puisque "tard vaut mieux que jamais", il est urgent et impératif que les leaders de l’opposition togolaises se réveillent de leur "torpeur diplomatique internationale" pour saisir à temps la perche providentielle qui leur est tendue par cette "déclaration préliminaire" et pèsent de tout leur poids électoral effectif sur la "déclaration finale" attendue, de peur que l’action diplomatique incomparablement plus forte et efficace de la "dictature héréditaire togolaise" ne réussite à "mettre de l’eau dans le vin" de cette "déclaration préliminaire".

Il est urgent et impératif que ces leaders interpellent enfin directement les dirigeants de l’Union Européenne dans une lettre collective et non individuelle, avec ampliation au Président Obama, en sa qualité non seulement de Président d’origine africaine de la plus grande puissance mondiale et de la plus ancienne démocratie du monde mais aussi de Prix Nobel de la Paix, et au Pape, en sa qualité de la plus éminente autorité morale mondiale. De plus, il convient de donner à cette lettre une diffusion médiatique internationale à la hauteur de l’enjeu de la présente élection au Togo. PKA.

Dr Pascal Kossivi Adjamagbo
Maître de conférences à l’Université Paris 6
Paris, le 9 mars 2010
© amaizo.info et afrology.com

Cette analyse-déclaration est faite à titre personnel et n'engage nullement l'institution où travaille l'auteur.


Pascal Adjamagbo

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