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Présidence de la Commission de l'UA


Dernière ligne droite avant l'élection (AFP 20/06/2003)

ADDIS ABEBA, 20 juin (AFP) - 13h28 - Les deux candidats à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA), le président intérimaire sortant, Amara Essy (Côte d'Ivoire), et l'ancien président malien Alpha Oumar Konaré, sont entrés dans la dernière ligne droite de leur campagne.
L'élection aura lieu lors du sommet de l'UA en juillet prochain à Maputo (Mozambique).

Fait unique dans l'histoire de l'organisation continentale, les deux candidats sont issus de l'Afrique de l'ouest francophone.

Le vainqueur aura pour mission la "gestion quotidienne" des travaux de cet organe-clé de l'UA, qui a succédé il y a un an à l'Organisation de l'unité africaine (OUA), souvent critiquée pour son impuissance à régler les conflits du continent le plus pauvre du monde.

D'intenses tractations politico-diplomatiques sont en cours pour tenter d'obtenir un consensus favorable avant Maputo et MM. Essy et Konaré ont chacun sillonné le continent pour rallier le soutien des dirigeants africains.

"Cela sera tout de même serré, ils le savent, les présidents risquent de se déterminer après les deux premiers tours d'observation au cours desquels on peut s'attendre à des abstentions", prédit à Addis Abeba, siège permanent de l'UA, un connaisseur de ces assemblées panafricaines.

Et si plusieurs "poids-lourds" de l'UA (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Libye, Nigeria et Sénégal) ont, semble-t-il, déjà choisi leur "président", la majorité des Etats membres ne se sont pas encore prononcés, a-t-on appris de source proche de l'UA.

La candidature de deux ressortissants d'Afrique de l'ouest pose toutefois problème et la sous-région doit tout faire pour éviter un "déchirement inutile", avait indiqué fin mai en Mauritanie un émissaire du président ivoirien Laurent Gbagbo.

L'Ile Maurice est "en faveur de la présentation d'un candidat unique de la région de l'Afrique de l'Ouest", a renchéri récemment son ministre des Affaires étrangères, Anil Gayan.

Interrogé par l'AFP à Port Louis, il a déploré que la Côte d'Ivoire, favorable à M. Essy, et le Mali, qui soutient la candidature de M. Konaré, n'aient pu s'entendre.

"Dans ce cas nous nous acheminons vers une situation bloquée à Maputo, ce qui pourrait favoriser la candidature d'un candidat de compromis", a souligné M. Gayan, refusant de déclarer si Maurice envisage, en cas de situation bloquée, de présenter son candidat.

La Guinée Equatoriale a manifesté son intérêt pour la présentation d'un candidat, a-t-il toutefois indiqué.

Quant à la candidature annoncée de l'ancien président de Sao Tomé et Principe, Miguel Trovoada, elle ne peut, en principe, être retenue, ont indiqué des diplomates africains en poste à Addis Abeba.

Sa candidature est arrivée après expiration du délai fixé pour le dépôt officiel des candidatures (ndlr: fin mars 2003) et cet Etat membre est sous le coup d'une sanction de l'UA pour non-paiement des arriérés de contributions.

Toutefois, dans l'éventualité d'une situation de blocage entre M. Essy et Konaré, les dirigeants du continent pourraient alors se reporter sur un "nouveau candidat", peut-être M. Trovoada, nommé il y a peu par Amara Essy comme son représentant spécial pour ... la Côte d'Ivoire.

En principe, le duel opposera donc l'homme de la transition de l'OUA à l'UA à celui qui est considéré comme un "sage" sur le continent, un ancien chef d'Etat qui s'est retiré du pouvoir au terme de deux mandats successifs, comme prévu par la constitution de son pays.

"Je ne souhaite pas qu'un ancien chef d'Etat soit candidat à un poste subalterne", avait plaidé fin mai le président ivoirien Laurent Gbagbo. "Ce poste-là, il faut le laisser à nos diplomates compétents, avait-il ajouté pour motiver son soutien à son compatriote.

A Maputo, il s'agira également de procéder à l'élection du vice-président de la Commission - le Rwanda et la Zambie ont soumis leur candidature - ainsi qu'à celles de huit Commissaires issus des cinq régions du continent.

Le sommet verra également le président en exercice de l'UA, l'actuel chef de l'Etat sud-africain, Thabo Mbeki, sorte de "représentant politique" de l'Union, passer le témoin au chef de l'Etat mozambicain, Joachim Chissano.

© Copyright AFP


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