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Le Togo, enfer des droits de l'Homme

La Fédération internationale de l'ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) tire la sonnette d'alarme

Bruxelles, le 11 décembre 2003 (CathoBel)

Alors que Jean-Paul II rencontrait le président du Togo ce 11 décembre, la FIACAT (La Fédération internationale de l''Action des chrétiens pour l'abolition de la torture' attirait l'attention sur la situation des droits de l'Homme dans ce pays. « Règne de l'arbitraire et de l'impunité, la dictature exercée par le général Eyadéma depuis 36 ans est synonyme d'atteintes à la liberté d'expression, tortures, détentions arbitraires, exécutions extrajudiciaires... », dénonce l'association chrétienne.

Le Pape a rencontré ce jeudi matin, pendant une quinzaine de minutes, le président du Togo, Gnassingbé Eyadema. Ce n'est pas la première fois que les deux hommes se rencontraient, Eyadéma étant venu à Rome l'an dernier à l'occasion de la conférence de la FAO. Le chef d'Etat africain s'est ensuite entretenu avec le secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Angelo Sodano. Le président du Togo est en Italie depuis le 7 décembre dernier. Avant de se rendre dans la capitale, il a rencontré des industriels à Milan, où il a également profité de son séjour pour effectuer des visites médicales, comme il l'a fait à plusieurs reprises dans le passé. Âgé de 66 ans, le président Eyadéma est le doyen des présidents africains et il dirige le Togo sans interruption depuis 36 ans.

Le règne de la peur

Et c'est en partie cette longévité, et le sort réservé aux droits de l'homme au Togo que dénonce la FIACAT (La Fédération internationale de l'ACAT, 'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture')

« Depuis le début de l'année 2003, les responsables de l'ACAT Togo, association membre de la FIACAT, font l'objet d'intimidations et reçoivent régulièrement des menaces de mort. Deux d'entre eux ont même dû s'exiler. Le rapport sur la situation au Togo qu'ils ont publié en février a dressé la liste des nombreuses violations des droits de l'Homme commises dans ce pays », explique l'association internationale. « Plusieurs instances internationales (ONU, Parlement Européen...) ont interpellé les autorités togolaises à ce sujet. La situation ne cesse pourtant de se dégrader » ajoute la FIACAT.

La Fédération internationale de l'ACAT se dit particulièrement inquiète du climat de peur qui règne au Togo. Ce 10 décembre, journée internationale des droits de l'Homme, elle a salué le courage de toutes les personnes, en particulier des membres d'associations, des journalistes et des hommes d'Églises, qui, au risque de leur vie, « osent prendre la parole pour dénoncer les exactions ».

11/12/2003 - 19:30:52

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