Kofi Annan plaide pour une
"révolution verte" sur le continent africain
A l'ouverture de la conférence internationale sur la faim en Afrique,
le secrétaire général des Nations Unies a lancé un appel à lutter contre
la malnutrition sur le continent le plus pauvre du monde. Pour Kofi Anann,
il faut encourager les progrès de l'agriculture mais il est surtout
indispensable de sortir de l'engrenage de la violence.
Kofi Annan a lancé lundi à Addis-Abeba, en Ethiopie, l'idée d'une
"révolution verte" en Afrique, sur le modèle de celle lancée dans les
années 1960 en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient, pour sortir le
continent le plus pauvre du monde de la famine et de la malnutrition.
Pour lui, il faut "[mettre] en marche une révolution verte
africaine, une révolution qui aurait dû avoir lieu depuis longtemps, une
révolution qui aidera le continent dans sa quête pour la dignité et la
paix". Le secrétaire général de l'ONU a dénoncé la faim sur le
continent, "une faim qui n'a pas de raison d'être, [qui]
ravage les vies et l'avenir d'un continent", en soulignant qu'un tiers
de la population africaine souffrait actuellement de malnutrition sévère,
particulièrement les enfants.
Mais, comme l'a souligné le chef de l'exécutif de l'Union africaine, le
Malien Alpha Oumar Konaré, l'Afrique doit d'abord mettre un terme aux
guerres qui la déchirent. Elle doit également faire face au défi de sa
croissance démographique, sa population devrant atteindre 1,8 milliard
d'habitants en 2050 contre 830 millions actuellement.
RELANCER L'AGRICULTURE
Un des piliers de cette "révolution verte" devrait être un
développement de l'agriculture, avec la mise en place de systèmes
d'irrigation, l'augmentation des cultures vivrières, l'emploi d'engrais et
l'accroissement de l'électrification.
"En Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient, une révolution verte a
permis de tripler la productivité alimentaire et d'aider à faire sortir de
la faim plusieurs millions d'êtres humains. L'Afrique n'a pas encore connu
de révolution verte qui lui soit propre", a rappelé M. Annan,
soulignant que les paysans africains sont "beaucoup plus vulnérables,
car plus dépendants des pluies pour leurs récoltes". Il a également
insisté sur le rôle des femmes dans les société africaines, qui
accomplissent "la part du lion" dans l'agriculture, sans pour
autant avoir accès aux technologies et à la formation.
SORTIR DE LA CRISE POLITIQUE
Cette conférence se tient juste avant l'ouverture du troisième sommet
des chefs d'Etat de l'Union africaine, qui doit s'ouvrir mardi dans la
capitale éthiopienne, et qui doit examiner les différentes crises,
politique, militaire, humanitaire, qui déchirent l'Afrique, marginalisée
politiquement et économiquement au plan mondial.
Kofi Annan et Alpha Oumar Konaré ont insisté sur la nécessité de mettre
fin aux perturbations politiques et militaires en Afrique pour promouvoir
le développement. "Tant que durent les guerres, les conflits, avec leur
cortège macabre de viols, de pillages, de réfugiés, l'Afrique ne pourra
pas faire face aux défis de la production", a ainsi annoncé Oumar
Konaré.
Alors que l'agriculture représente 57 % de l'emploi sur le continent
africain, la production alimentaire moyenne par habitant a constamment
baissé depuis 40 ans, dans un climat de guerres et de crises incessantes.
Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, l'organisation de l'ONU
pour l'alimentation et l'agriculture, s'est inquiété de cette situation,
en soulignant que "si la tendance se poursuit, le nombre de personnes
souffrant de malnutrition augmentera, contrairement aux autres régions du
monde".
Avec AFP
Source : Le Monde |
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