La France "réorganise" et "alimente" la rébellion (président du parti au pouvoir) (AFP 17/10/2003)
ABIDJAN, 17 oct (AFP) - 1h32
Le président du Front populaire ivoirien (FPI), le parti au pouvoir du président Laurent Gbagbo, Pascal Affi N'Guessan, a accusé nommément la France de "réorganiser" et "alimenter" la rébellion qui a pris les armes en septembre 2002 et a demandé à Paris de "clarifier sa position".
"La France, qui dispose de plus de 6.000 soldats sur le sol ivoirien (ils sont en fait moins de 4.000), doit savoir qu'elle sera responsable de tout ce qui pourrait arriver à la Côte d'Ivoire et aux Ivoiriens", a menacé l'ancien Premier ministre, selon plusieurs journaux qui ont reproduit jeudi ses propos lors d'une conférence de presse mercredi soir, notamment Notre Voie, le journal du FPI.
"Le tango de la France entre la rébellion et la légalité doit prendre fin. Il faut qu'elle choisisse clairement son camp", a ajouté le président du FPI selon le quotidien indépendant 24 Heures.
"Que la France clarifie sa position! Nous ne comprenons pas qu'elle s'installe à Bouaké (centre, "capitale" de la rébellion) et n'engage pas l'opération de désarmement. Les troupes françaises réorganisent et assurent l'alimentation des rebelles", a encore affirmé M. N'Guessan.
Interrogé jeudi soir par l'AFP, l'ancien Premier Ministre n'a pas démenti ses accusations.
"Trop c'est trop, nous n'accepterons pas la partition de la Côte d'Ivoire. (...) Pendant qu'il en est encore temps, nous interpellons la France et la communauté internationale", a lancé M. Affi N'Guessan dans sa conférence de presse.
A la demande des ex-rebelles, des soldats des forces de paix française et ouest-africaine se sont déployés fin septembre à Bouaké (centre), quartier général des Forces nouvelles (ex-rébellion), pour y sécuriser le quartier des banques, où de violents incidents déclenchés par le cambriolage de la succursale de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest avaient fait au moins 23 morts en l'espace de trois jours.
Les ex-rebelles, qui ont pris les armes contre le président Gbagbo en septembre 2002, contrôlent la moitié nord du pays. Pour protester contre des blocages, orchestrés selon eux par le camp présidentiel, dans l'application des accords de paix de Marcoussis, ils ont suspendu leur participation au conseil des ministres.
Signés fin janvier en France par les mouvements rebelles et les principaux partis, dont le FPI, les accords de Marcoussis ont notamment permis la création d'un gouvernement de réconciliation nationale en mars 2003, incluant les Forces nouvelles (ex-rébellion) qui contrôlent la moitié nord du pays.
Le président du FPI s'est également opposé au projet de la majorité des signataires des accords d'organiser une manifestation à Abidjan pour demander leur application.
"Nous n'accepterons pas que des partis politiques marchent pour quoi que ce soit. Que celui qui ne peut pas mener le combat pour le désarmement des rebelles reste chez lui", a averti M. Affi N'Guessan, qui avait signé les accords au nom du FPI.
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source : Africatime |
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