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La stratégie Eyadèma Côté
pile, face à l’Union européenne, Gnassingbé Eyadéma joue les urnes.
Côté face, il mise tout sur sa propre progéniture. Un homme à multiples facettes.
Gnassingbé Eyadèma a pris, fin mai à Lomé, 22 engagements qui vont du
respect des droits de l’homme à la révision du code électoral, pour
renouer avec l’Union européenne, qui avait interrompu sa coopération après
les violences politiques de 1993. Encore bravo.
En fait, « Gnass », comme disent ses proches, est le metteur en scène d’un
autre film… Au centre de ce dispositif, son fils, Faure Gnassingbé, 38
ans, ministre des mines, de l’équipement et des télécommunications. Depuis
la disgrâce de Moussa Barqué, Faure Gnassingbé est devenu le conseiller
financier de son père. Outre les phosphates, la téléphonie, la prospection
pétrolière, « Faure » gère également le dossier des privatisations et suit
les intérêts de la famille au sein des entreprises « privatisées » comme
les Brasseries du Bénin, Lydia Ludic (jeux) et Wacem (ciment) installées
dans la zone franche de Lomé, dirigée par son frère Kpatcha Gnassingbé,
président de Sotoco (coton).
Chef du « clan des progressistes » au RPT, parti présidentiel, composé des
ministres Akila-Esso Boko (intérieur) et Katari Foli-Bazi (justice), «
Faure » se positionne pour la succession de son père. Il compte pour cela
sur le président de l ‘Assemblée nationale, Fambaré Natchaba, un musulman
du Nord, considéré comme le stratège politique du régime, et sur des
hommes comme Pitang Tchalla, le volubile ministre de la communication, et
le secrétaire général du RPT Dama Dramani, d’ethnie bassari de Tchamba (Nord) et demi-frère de Lami, une
des épouses du chef de l’Etat.
Au niveau de l’armée, clef de voûte du système, Eyadéma s’est un peu
éloigné de certains de ses compagnons de route comme les généraux Sizing
Walla et Seyi Mémène, pour faire confiance à des officiers qui lui doivent
toute leur carrière. Parmi ceux-ci, Assani Tidjani, le ministre de la
défense, Zacharie Nandja, chef d’Etat-major des armées, Bediabadjaa Ali,
commandant de la gendarmerie. Patron de la Garde présidentielle, le
colonel Titikpina, un natif de Bassar, est aussi un homme clé du
régime, ainsi que le commandant Kadanga, kabyé de Pyan, qui a remplacé le
fils aîné du « chef », Ernest Gnassingbé, atteint d’une hémiplégie.
Kadanga est à la tête du très stratégique camp Béret Rouge de Landja dans
le Nord. Il est marié à Babanam Gnassingbé, une des filles du président.
Un plus …
Le système de « Gnass » repose d’autre part sur un « collège de sages »
chargé de coopter des cadres ou de discuter avec des opposants «
conviviaux ». A 77 ans, Alex Mivedor, Grand chancelier des ordres, veille
(souvent sans succès) sur les ressortissants minas de sa ville natale d’Aneho,
l’un des bastions de l’opposition. Président des chefs traditionnels du
Togo, Agokoli, assisté de Voulley, « suivent » les carrières de leurs «
frères » éwés. Voulley sert du reste de passerelle entre le pouvoir et
Edem Kodjo, pressenti de nouveau comme premier ministre d’un énième
gouvernement de transition. D’ethnie bassari, Yagninim Bitokotipou et Dogo
Koudjolou (ancien ministre du plan) sont chargés de ramener les fils
égarés du Nord dans le giron présidentiel… Bon courae à tutti !
La lettre du Continent |
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