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Le continent s'est progressivement déconnecté de l'économie mondiale

Les accords tarifaires entre l'Europe et l'Afrique subsaharienne ont échoué à stimuler les exportations. La croissance du continent ne devrait pas dépasser 3,2 % en 2002, selon l'OCDE.

Le seul domaine dans lequel la part de l'Afrique dans le monde a augmenté est sa population. Le PIB africain a diminué d'un tiers entre 1950 et 2000 et sa part dans les exportations mondiales a été divisée par trois. La chute de la part de l'Afrique dans les investissements directs étrangers est encore plus spectaculaire. Elle est passée de 6 % dans les années 70 à moins de 1 % aujourd'hui. L'Afrique, loin d'être victime de la mondialisation, souffre au contraire d'en être exclue. Le continent reste à l'écart des principaux courants économiques qui traversent la planète. "En raison de sa faible participation à la mondialisation, la conjoncture économique en Afrique n'est affectée par la conjoncture mondiale que par des canaux restreints", indique le premier rapport que l'OCDE consacre à 22 pays du continent en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD) (*). Depuis 1997, la croissance du continent oscille autour de 3,2 %. Il en serait de même cette année. Un chiffre qui masque des disparités considérables. L'écart entre le taux de croissance le plus élevé (+ 16,8 % en Guinée équatoriale) et le plus faible (- 5,5 % au Zimbabwe) était ainsi de 22 points en 2000.

Evolutions internes. "La croissance économique dans le reste du monde a surtout une influence indirecte, via les cours des matières premières", ajoute l'OCDE. La dégradation des termes de l'échange est-elle pour autant responsable de la marginalisation du continent ? Les pays africains sont pour la plupart très spécialisés dans l'exportation d'un petit nombre de matières premières. Au Burkina, au Tchad, en Guinée équatoriale, en Ethiopie, au Mali ou au Nigeria, trois quarts des recettes d'exportations sont le fait de trois produits ou moins. Mais si les termes de l'échange se sont détériorés entre 1950 et 1970, "il n'en va plus de même depuis le début des années 70", souligne l'OCDE.

"La principale explication de la déconnexion progressive de l'Afrique de l'économie mondiale doit être recherchée dans ses évolutions internes", estime l'OCDE. Une situation dont ont visiblement pris conscience les initiateurs du Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad). Le rapport en veut pour preuve l'échec des accords de Lomé. Depuis plusieurs dizaines d'années, les exportations de l'Afrique subsaharienne bénéficient d'un accès préférentiel au marché européen. L'objectif était évidemment de stimuler les exportations.

"Mais elles n'ont même pas pu empêcher que la part des exportations des pays de la zone ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) se réduise de moitié passant de près de 8 % au milieu des années 70 à environ 3 % à la fin des années 90", souligne l'OCDE. C'est bien la preuve que faire tomber les barrières tarifaires et non tarifaires érigées par l'Europe et les Etats-Unis pour défendre leurs agriculteurs ne suffirait probablement pas à relancer les exportations agricoles des pays en développement.

(*) Perspectives économiques en Afrique 2001-2002. OCDE.

X. H.

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