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Budgets ouest africains... Attachez vos ceintures

L’Afrique de l’Ouest vit aujourd’hui au rythme de l’élaboration des budgets nationaux pour l’année 2002.

La mauvaise conjoncture économique est, encore une fois, perceptible au niveau de la plupart des budgets nationaux des pays l’Afrique de l’Ouest. Le Bénin, avec un taux de croissance de 5% du produit intérieur brut (PIB), affiche un budget en hausse de 15,8% par rapport à celui de l’année précédente. Les recettes prévues par ce budget sont évaluées à 325,19 milliards FCFA contre 281,319milliards FCFA en 2001. Pour leur part les dépenses sont évaluées à 462,980 milliards FCFA contre 416,835 milliards FCFA. Quant aux besoins en financement ils s’élèvent à 137,790. Ce budget qui aurait dû être voté avant la fin de l’année 2001, est toujours bloqué à l’Assemblée Nationale. Entre autres raisons de ce blocage, on peut évoquer la cristallisation des positions autour des deux milliards de crédits destinés à la construction de locaux parlementaires et prévu au budget de l’Assemblée Nationale. Les députés de l’opposition refusent de céder à l’injonction du gouvernement de retirer cette ligne de crédit du budget de l’institution dont ils sont membres. Au motif que cette somme pourrait faire l’objet de tripatouillage de la part du gouvernement soutenu dans cette crise par les députés de la mouvance présidentielle. Créant de fait un blocage institutionnel. En attendant le nouveau projet de loi susceptible de rencontrer l’assentiment de tous, le gouvernement a été autorisé à reconduire le budget de 2001 par douzièmes provisoires.

Blocage institutionnel également en Côte d’Ivoire pour des raisons différentes . Dans ce pays, c’est plutôt le gouvernement du front populaire ivoirien, parti au pouvoir, qui a pris trop de temps avant de faire parvenir les documents relatifs au budget pour qu’ils puissent les analyser au cours de la session budgétaire qui vient de s’achever. Pourtant à travers des déclarations du chef de l’Etat le budget était connu tout au moins dans ces grandes lignes. En dépit de la mauvaise conjoncture économique et de l’instabilité socio économique toujours pendante, la Côte d’Ivoire est le pays de l’Union économique et monétaire ouest africain (UEMOA) qui a le plus gros budget. Si le budget sécurisé de l’an 2001 s’élevait à 1289 milliards FCFA financés sur ressources propres, le projet de budget pour la présente année s’établit plutôt à 1918, 6 milliards FCFA. Les grandes masses ont été présentées mais ce budget n’a pas été soumis pour examen à la commission des affaires économiques et financières de l’Assemblée Nationale. Le gouvernement ivoirien a donc dû fonctionner pendant quelques jours dans l’illégalité. Toutefois les choses sont désormais rentrées dans l’ordre si on peut dire. Il a en effet finalement été autorisé au cours d’une session extraordinaire à reconduire, comme au Bénin, le budget 2001 par douzièmes provisoires.

Au sénégal, le vote du budget 2002 en hausse par rapport à celui de l’année dernière, s’est plutôt déroulé sans incident majeur même si les députés de l’opposition, dans l’ensemble, ne l’approuvaient pas. Comme principaux griefs, la libéralisation tout azimut et la forte pression fiscale qui étouffe les contribuables.
Le budget du Mali à l’instar de celui du Cap- vert se situe, malgré une hausse, dans un contexte économique difficile marqué notamment par la baisse de la production du coton, de la pluviométrie, des cours de l’or et le renchérissement du prix des hydrocarbures. Etabli à 565,516 milliards FCFA contre 518,829 milliards FCGA en 2001. A l’analyse dudit budget on se rend compte qu’il ne s’équilibre pas en dépenses et en recettes. Alors que les dépenses projetées s’élèvent à 607,952 milliards FCFA contre 587,899 milliards en 2001, les recettes attendues sont pour leur part de 565 ,516 milliards FCFA. Soit un déficit programmé de 42,436 milliards FCFA.

Avec 4000 km2 pour 428 000 habitants, le Cap-Vert , pays de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a le revenu par tête d’habitant le plus élevé est celui qui a le budget le plus bas à l’exception de la Guinée Bissau dont le budget n’excède pratiquement jamais les 100 milliards FCFA consacrés pour 80% aux dépenses des 25000 militaires, aux charges présidentielles, et enfin au secteur social.. Elaboré dans un « contexte international défavorable » le budget du Cap-Vert, considéré comme réaliste par le ministre cap-verdien des finances et du plan M Carlos Bugo, s’établit à 37 millions de dollars US soit environ 25,900milliards FCFA. Il vise la poursuite de la réduction soutenue du déficit public et la stabilité macroéconomique, selon les autorités de Praia. Le montant du programme des investissements publics pour sa part est fixé à 14,3 milliards Escudos. Au Togo, avec un taux de croissance de –0,4% en 2000, l’un des plus bas de l’UEMOA, le budget général 2002 arrêté, enregistre une hausse de 11,3 milliards FCFA, s’établissant à environ 183,5 milliards. En dépit de cette hausse de 6%, les autorités togolaises précisent que ledit budget s’inscrit dans un contexte économique particulièrement difficile marqué notamment par la fragilité des finances publiques . A la décharge du gouvernement togolais on peut relever la bonne exécution du budget 2000 caractérisé notamment par une réduction du déficit prévisionnel. Par ailleurs, selon un rapport de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à fin juillet 2001, les recettes fiscales se sont accrues de 34,4% tandis que les recettes non fiscales ont quintuplé.

Dans l’ensemble, les budgets sont marqués du sceau de la restriction budgétaire avec le souci majeur d’en maîtriser l’exécution et de réduire les déficits.

Par Koné Soungalo

http://ouestafriqueeconomie.com

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