Réduction de la pauvreté : les bourses africaines en appel de fonds
(Dakar)
Elles n'ont pas encore le standing de New York ou de Frankfort, mais les bourses des valeurs africaines suscitent de l'intérêt. A la mesure des capacités de mobilisation de capitaux qu'elles ont en faveur du développement en Afrique.
Les possibilités offertes par les bourses des valeurs africaines ont été mises en évidence par le Pnud. Au cours d'un forum financier organisé ces deux derniers jours à New York, des gestionnaires et des analystes de Wall Street se sont joints à des responsables de bourses des valeurs africaines pour parler des possibilités d'investissement en Afrique et des façons de renforcer les places boursières africaines. «Les défis auxquels fait face le continent, notamment la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement, comme la réduction de moitié de la pauvreté et de la faim d'ici 2015, ne pourront pas être relevés sans une croissance économique alimentée par le secteur privé ; processus dans lequel les bourses des valeurs jouent un rôle clé», selon l'administrateur du Pnud, M. Mark Malloch Brown.
Les marchés africains des capitaux ont pris racine et sont devenus florissants.
«Comme les marchés des capitaux du monde entier, ils doivent pouvoir assurer aux investisseurs qu'ils sont bien réglementés et bien gérés», estiment les experts financiers ayant pris part à cette rencontre initiée par le Pnud. Si l'Afrique est longtemps restée en marge des marchés internationaux des capitaux, le Nepad lui permet à présent d'afficher des ambitions par rapport à l'économie mondiale, par l'entremise du secteur privé. On note ainsi un courant d'intérêt à Wall Street, où une dizaine de fonds africains ont été établis ces dernières années.
Les marchés locaux des valeurs mobilières participent à une transformation régionale qui permet de vivre dans des économies ouvertes. De même, on note en Afrique de plus en plus de gouvernements élus selon les règles démocratiques, garantissant une certaine stabilité, même si les conflits font toujours rage. Le forum de New York a alors réfléchi sur la gouvernance des bourses des valeurs et sur les façons d'accroître les liquidités.
Les bourses des valeurs d'Afrique subsaharienne (Afrique du Sud exclue) ont enregistré un rendement global de près de 9 % l'année dernière. Cependant, à elle seule, la bourse de Johannesburg a presque atteint 28 %. De telles institutions se développent aussi au Botswana, en Côte d'Ivoire (Bourse régionale, avec une antenne nationale au Sénégal), en Égypte, au Ghana, au Kenya, au Malawi, au Maroc, à Maurice, au Mozambique, en Namibie, au Nigeria, en Ouganda, au Swaziland, en Tanzanie, en Tunisie, en Zambie et au Zimbabwe.
Le forum financier a la particularité et l'avantage d'offrir aux investisseurs l'occasion de rencontrer des intervenants sur les marchés des valeurs mobilières qui élargissent les possibilités du secteur privé.
16 Avril 2003
Publié sur AllAfrica.com le 16 Avril 2003
El Hadj Dame Seck |
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