Houphouët-Boigny Félix (1905-1993)
Né à Yamoussoukro d'une famille de chefs baoulés, il fut médecin avant de diriger une plantation prospère.
En 1944, Houphouët-Boigny fonda le Syndicat agricole africain, à l'origine du Parti démocratique de la Côte d'Ivoire (PDCI) qui adhéra ensuite au Rassemblement démocratique africain (RDA). Membre des deux Assemblées constituantes françaises en 1945 et 1946, député de Côte d'Ivoire au Parlement français de 1946 à 1959, d'abord apparenté au groupe communiste puis à l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), il occupa plusieurs postes ministériels durant la IVe République.
En 1958, lorsque le pays acquit son autonomie au sein de la Communauté française, Houphouët-Boigny accéda à la présidence de l'Assemblée constituante de Côte d'Ivoire, pour devenir Premier ministre un an plus tard.
Proche allié de Charles de Gaulle, Houphouët-Boigny rompit pourtant les liens unissant la Côte d'Ivoire à la France en août 1960 et proclama l'indépendance ivoirienne. Les deux États, cependant, conservèrent des relations étroites, notamment à travers la présence, en Côte d'Ivoire, d'une importante communauté française.
Chef charismatique du PDCI-RDA, Houphoüet-Boigny devint logiquement le premier président de la nouvelle République, lançant son pays sur la voie du libéralisme économique et du miracle ivoirien mais imposant, trente ans durant, un pouvoir présidentiel fort, qu'il jugeait nécessaire pour maintenir l'unité nationale dans un État comptant 60 ethnies différentes. Partisan du dialogue entre États africains, il refusa, à l'intérieur, de laisser une place à l'opposition et de mettre fin au régime de parti unique.
En 1979, l'accueil offert à l'ex-empereur centrafricain Bokassa, éloigna du président ivoirien une grande partie de la jeunesse.
La construction, en 1990, d'une cathédrale grandiose à Yamoussoukro, ville natale du président devenue capitale sept ans plus tôt, accrut l'opposition à un pouvoir déjà affaibli par les accusations de corruption et par la crise économique. Des manifestations contraignirent alors Houphouët-Boigny à accepter le multipartisme. La même année, il fut cependant réélu à la présidence de la République pour la septième fois consécutive, à l'issue d'un scrutin pluraliste l'opposant à Laurent Gbagbo.
En mars 1993, Houphouët-Boigny dut affronter une mutinerie de sa garde présidentielle. Son décès, le 7 décembre 1993, jour anniversaire de l'indépendance, ouvrit une période de turbulences, avec notamment une scission au sein du PDCI-RDA et la répression d'un mouvement de protestation étudiant en mai 1994. Le mandat de Félix Houphouët-Boigny fut achevé par le président de l'Assemblée nationale, Henri Konan Bédié, issu également d'une grande famille baoulée. Konan Bédié fut ensuite élu président de la République en novembre 1995.
|
 |

 Réagissez à cet article!
|