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France-Afrique :Aider le président Nicolas Sarkozy à découvrir l’Afrique
 

Avec les difficultés que traversent le Parti socialiste français, l’Assemblée nationale serait énormément envahie par la vague bleue. Et le président Nicolas Sarkozy aura carte blanche pour appliquer son programme sans difficultés. Mais au calme et à la sérénité qui définissent étrangement le nouveau président français qui a eu même à bousculer agréablement les « lois » de la politique en acceptant des ministres de gauche dans son gouvernement qui roule à droite, se remarque l’arrogance de son Premier ministre et celui de l’Immigration au sujet de l’épineux problème de l’immigration qui sera indubitablement confronté à une autre loi, si même « trop de lois tuent la loi ». Un point que la Françafrique « nouvelle formule » doit privilégier dans le co-développement au profit des amitiés personnelles entre président français et présidents africains. Soit. Mais il faut aider le président Nicolas Sarkozy à découvrir le continent pour aller dans le bon sens malgré tout ce que les Africains pensent de lui.

Avec un gouvernement ayant dans ses rangs des hommes de gauche et malgré l’arrogance de son Premier ministre François Fillon vis-à-vis du parti socialiste, le président Nicolas Sarkozy, lui, vient de surprendre les observateurs de la politique. Pas de passage en force comme on le craignait. Mais des négociations pour trouver des consensus dans la bonne marche de l’environnement politique. Arrivera-t-il à tenir le cap sur les nouvelles lois concernant l’immigration quand le rouleau compresseur de l’Assemblée va bientôt se mettre en marche ? Arrivera-t-il à exhiber son veto « présidentiel » quand il réalisera que la majorité n’a pas toujours forcément raison dans certaines situations ?

Attention : Prudence !

« Il faut que nous montrions à tous ceux qui sont candidats à venir en Europe, que l’Europe, ce n’est pas l’Eldorado que parfois on leur promet », paroles de François Fillon qui ne surprend pas personne car il n’est pas le premier à le déclarer. Au lieu de s’adresser à une partie de cette jeunesse africaine que rien ne peut arrêter dans sa « folie eldoratique » (ni les barrières matérielles, ni les frontières naturelles) sauf la mort, il est temps que l’on s’adresse directement aux présidents africains incapables en général de pratiquer la bonne gouvernance qui ferait que l’immigration telle qu’elle se pratique maintenant, n’aurait pas cette intensité que nous constatons. Le continent africain est riche avec un sous-sol et des fonds marins qui étonnent le commun des mortels. Logiquement, l’immigration devait aller des continents pauvres en matières premières (les pays du Nord) vers le continent riche en diamants, en bauxite, en pétrole, en eau, en soleil qui n’est autre que l’Afrique. Il est temps que la France (et avec elle l’Europe) comprenne qu’il faut « manier » le problème de l’immigration avec prudence et faire de telle sorte que les richesses africaines profitent réellement aux populations africaines.

Le président Nicolas Sarkozy devra découvrir la véritable Afrique

Dans les mois qui viennent, fonction de président de la République oblige, Nicolas Sarkozy se rendra dans plusieurs pays africains. Et sa présence sera particulière dans les pays francophones car l’homme politique est attendu surtout par la jeunesse. On ne lui montrera pas la misère des « larges masses populaires » ainsi que leurs bidonvilles. Il sera reçu et logé dans les hôtels qui rappellent ceux de l’Hexagone. Des « ventres affamés » et des visages couverts de misère mais paradoxalement souriants danseront dans les aéroports des pays qu’il va visiter. Ainsi va l’hospitalité africaine. A-t-on déjà fait danser des petits Français, même noirs, quand les présidents Wade, Bongo, Gbagho, Sassou Nguesso, Bongo Ondimba… atterrissent à Roissy Charles de Gaulle ? Si le président Nicolas Sarkozy pouvait profiter de son « hyperactivité » de demander à ses homologues africains qu’on lui fasse visiter les marchés, les écoles, les universités et les hôpitaux dans nos pays, il découvrirait la véritable Afrique d’après les indépendances qui ont eu lieu il y a 47 ans. Il comprendrait que ces indépendances, au lieu de contribuer au développement du continent, ont plutôt creusé un grand fossé entre l’opulence et les « gros ventres » de nos dirigeants qu’il découvrira dans leur palais, et la misère des peuples candidats à l’immigration. Il faut que le président Nicolas Sarkozy sache que les différentes lois qu’a prises l’Europe contre l’immigration n’ont provoqué que mort et désolation dans les pays du Sud, un Sud paradoxalement riche. Et on pourrait se demander pourquoi des peuples d’un continent riche comme l’Afrique abandonnent paradoxalement celui-ci pour des lendemains incertains de l’autre côté de la Méditerranée ? La réponse, une fois de plus, se révèle sans difficulté : la mauvaise gérance des richesses dans les pays africains par nos dirigeants qui sont souvent « tolérés » par les pays du Nord.

Discipliner les pays francophones pour lutter contre l’immigration

Il est temps que les dirigeants actuels français plongent dans le fleuve de l’Histoire africaine pour comprendre que l’immigration africaine a toujours été un voyage « aller-retour ». L’Africain émigre pour aller apprendre ailleurs afin de revenir développer son terroir. En général, l’Africain vient en Europe pour apprendre la science et la technologie (car les siennes freinées puis disparues à cause de l’esclavage) et « prendre » sa part de richesses pillées par la colonisation. L’Africain ne vient pas en Europe pour s’y installer comme semble le penser le commun des hommes politiques de l’extrême droite dans laquelle le président Nicolas Sarkozy a puisé quelques « clients » pour sa victoire. Quand la nouvelle génération des hommes politiques française comprendra cette réalité africaine de l’émigration qui se résume dans les proverbes tels « L’aigle a beau voler et aller au loin, il finit toujours par revenir à son nid » ou « Le malafoutier (celui qui récolte le vin de palme) n’a jamais construit sa maison au-dessus du palmier ; il revient toujours à terre après sa moisson », alors ce problème de l’immigration aura une autre connotation et une autre dimension sociale au niveau des Européens.

On doit se rappeler que les Africains qui finissaient leur formation quelques années après les indépendances rentraient aussitôt dans leur pays où les conditions de vie et de travail étaient réunies. Aujourd’hui la dictature politique en Afrique qui a entraîné la misère et les guerres ne permet plus le retour souhaité. N’en déplaise à certaines méchantes personnes anti-noires. Les Africains, en dehors des « peaux noires, masques blancs » qui ont déjà perdu les repères du continent, pensent toujours à leur retour au bercail, à leur soleil tropical.

Politique d’aide au retour volontaire : du mépris pour les Africains

« 6000 euros (un peu moins de 4 millions de francs CFA pour quitter la France quand on a deux enfants ». Quel mépris pour les Africains ! Cette somme est proposée à qui voudrait retourner dans son pays d’origine refaire un avenir déjà incertain provoqué par les grandes puissances qui exploitent « méchamment » les richesses du continent. Le pétrole a brûlé le Congo et l’Angola et aujourd’hui le Tchad et le Soudan, les diamants ont couvert de sang la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Libéria et la Sierra Leone… Des présidents dictateurs qui gèrent mal les richesses de l’Afrique ne veulent pas se les partager à bon escient avec les peuples qu’ils dirigent. Et s’appuyant sur le népotisme et le tribalisme, ils ont eu à provoquer des guerres interethniques, parfois encouragées et soutenues par des puissances occidentales en échange du laisser-aller dans le pillage organisé des matières premières. Et pendant que les Africains se battent bêtement entre eux, on continue à pomper leur pétrole et creuser leurs mines d’or, de bauxite, d’uranium et de diamants avec « l’autorisation » de certains de nos chefs d’Etat. Et devant cette situation, l’Européen lambda de se demander naïvement pourquoi les jeunes Africains émigrent vers le Nord malgré eux.

Le président Nicolas Sarkozy devrait demander au ministre Brice Hortefeux de ne pas porter le feu dans les relations France-Afrique. Celui-ci a lancé un signal fort en prenant des mesures qui se veulent humanistes mais sévères. Soit. Mais comment ne pas s’inquiéter quand il déclare : « Ce qui plait à Nicolas [Sarkozy] : je n’ai pas peur de cogner et je n’en ai rien à foutre du milieu politique » (cf. www.mwinda.org) . Etrange comportement d’un homme politique d’un grand pays des Droits de l’Homme. Etrange discours qui nous rappelle certains présidents de la forêt équatoriale et du désert du Sahel africains.

Pour n’avoir pas « amélioré » les relations France-Afrique en ce qui concerne le bien être des Africains avant son départ, Jacques Chirac risque d’être responsable du hiatus qui pourrait se créer entre la France et ses ex-colonies, situation qui pourrait aussi provoquer une autre façon d’apprécier la nouvelle politique franco-africaine. Il aurait aimé plus ses amis chefs d’Etat au dépriment de leur peuple. Les Africains acceptent les sacrifices, la résignation mais pas l’humiliation. Ceux qui viennent « se suicider » en mer vers Malte ne le font pas de gaîté de coeur, mais préfèrent affronter la mort dans les tombeaux marins comme leurs ancêtres au temps de l’esclavage que de se maintenir dans l’humiliation que leur imposent leurs régimes politiques soutenus par certaines grandes puissances.

La France malade de son image (néo)colonialiste

La discrimination positive semble poser problème car très souvent on l’associe à l’identité nationale « colorée ». Des compétences beurs et noires n’ont pas pu mettre leur expérience au service de la nation française à laquelle ils appartiennent paradoxalement à cause de leur origine et leurs « signes distinctifs » qui réveillent encore l’image de la (néo)colonisation chez certains Français. Si aux Etats Unis d’Amérique, le travail ne dépend pas de l’homme mais du contenu de ses performances, la France continue malheureusement de douter de la capacité des immigrés de « réaliser » des prouesses. D’où une récupération de ces compétences par les Etats Unis qui s’en servent agréablement. Négligés par la France parce que faisant penser qu’à l’immigration, des compétences scientifiques et artistiques tels le mathématicien malien Cheick Modobo Diarra travaillant à la NASA, le Camerounais Jacques Bonjawo, informaticien de renom et responsable de division chez Microsoft font le bonheur des Américains. A eux, peuvent s’ajouter les Congolais Théophile Obenga, Emmanuel Dongala et Alain Mabanckou respectivement historien-chercheur, écrivains et professeurs de sciences et de littérature toujours aux Etats Unis. Des sommités qui pourraient dans l’avenir écrire leurs ouvrages en anglais car étant marquées maintenant de moins en moins par la langue française. Ces compétences travaillent tranquillement chez les Américains sans que l’on fasse attention à leur « migritude ». Et la France sera toujours « derrière » les Etats Unis tant qu’elle ne va pas reconsidérer sa position face aux « autres » compétences de l’Hexagone.

Pour une immigration « maîtrisée » sur fond d’humanisme

La nouvelle classe politique française doit demander impérativement à l’Union africaine de prendre ses responsabilités à se mettre en cause. Doit-elle continuer à regarder la mer du côté de Malte comme un autre tombeau de sa jeunesse, à l’image de ce qu’était l’Atlantique pendant le traite négrière ? Cette jeunesse qui devait être le fer de lance de son développement. Doivent être félicités et soutenus par les grandes puissances tel le G8, les pays qui respectent la démocratie et qui essaient de faire un effort de bonne gouvernance comme on le remarque dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest, comme vient de le démontrer une fois de plus la Mauritanie, malgré quelques ratés qui ne conduisent pas aux guerres interethniques comme dans certains pays de l’Afrique centrale hormis le Gabon et le Cameroun. Il ne faudrait pas s’en prendre à ces « valeureux » et « courageux » Africains qui ont atteint l’Europe au risque de leur vie, fuyant la misère et les guerres provoquées par l’exploitation de leurs propres richesses. La France doit discuter franchement autour d’une table, Françafrique nouvelle formule oblige, avec les dirigeants africains et leurs oppositions, sans oublier les Africains de la diaspora et des représentants de l’Union africaine, pour une nouvelle feuille de route pour la bonne gouvernance qui sera fondée impérativement sur le respect des Constitutions avec limitation de mandats, gage d’une alternance politique et économique qui serait grandement profitable pour le continent (Lire aussi mon article « Condamner les coups d’Etat constitutionnels » in www.afrology.com). Et cette nouvelle donne pourrait stopper l’immigration vers le Nord. Ainsi les richesses du continent bien gérées et malgré le pillage des multinationales, feront le bonheur des « larges masses populaires » du continent. Les conditions socio-économiques des peuples améliorées, quelques malaises sociétaux tels le tribalisme et les confrontations interethniques mourront de leur propre mort. Et l’immigration, telle que nous la vivons, ne sera qu’un triste souvenir.

La France connaît sans doute que l’Afrique a des compétences qui ne demandent que des conditions de travail paisibles et des moyens matériels et financiers (comme au Nord) pour sortir le continent du sous-développement dans lequel la maintiennent la mauvaise gouvernance et la dictature. Que les Français aident les Africains pour qu’il n’y ait plus des Bokassa, des Mobutu, des Eyadéma dont certains dirigeants encore au pouvoir semblent refléter.

Immigration et relations entre la France et l’Afrique doivent être traitées avec diplomatie surtout que leurs deux peuples sont liés par l’Histoire. Que la jeunesse du continent, surtout celle qui n’a pas encore traversé les mers, soit aidée à travers un véritable co-développement afin qu’elle reste sur place pour la transformation du continent. Si l’Europe ne prend pas ses responsabilités en ne lâchant pas les dictateurs africains, les années à venir risquent d’être dramatiques pour les jeunes Africains, abandonnés à eux-mêmes et au rêve de l’Eldorado du Nord, même si le tragique les attend au tournant. Comme 67% des Français approuvent son action, le président Nicolas Sarkozy doit tout faire pour que 67% d’Africains approuvent aussi son humanisme dans une rupture sans brutalité qui fera de lui l’homme qui aura changé l’Afrique dans la dignité, une Afrique où son image reste encore floue. A lui de se fabriquer une carrure respectable qui le mettrait dans cinq ans au même diapason que les présidents de Gaulle, Mitterrand ou Chirac.

Conclusion

Les propositions que vient de faire le président Nicolas Sarkozy au cours de la dernière rencontre du G8 à Heiligendamm en Allemagne pourraient réconforter les Africains. Car pour lui, « il faut agir pour sauver les équilibres de la planète et (…) agir [encore] en termes de développement, de création de richesse et de santé pour aider l’Afrique à se construire un avenir ». Soit. Et si les dirigeants africains pouvaient aussi faire un effort de changer de comportement au lieu de se définir aux yeux du monde comme, à quelques exceptions près, des hommes incompétents politiquement, des présidents des pays en mal chronique de développement. Car ceux qui viennent mourir en mer à cause de leurs maladresses politiques et économiques, ne seront jamais leurs enfants ou leurs proches qui, eux, bénéficient du pétrole, des diamants, de la bauxite, de l’or et de l’uranium pour venir vivre en Europe sans problème, et sans même travailler. Alors que ceux qui tentent leur vie pour l’Europe, le font à cause des guerres qu’ils ont provoquées pour (re)prendre ou conserver le pouvoir, ou pour des besoins d’un travail que ne leur a pas pu donner le pays malgré toutes les richesses qu’on y trouve.

Noël KODIA


Noel Kodia

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