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Les États-unis d'Afrique,
pourquoi pas?
"Il faut que l'Afrique se retrouve et s'ancre dans son histoire
véritable pour qu'elle puisse aller de l'avant,
car l'Afrique de la renaissance, sera une Afrique globale",
Cheikh-T. Gadio. Ministre d’État,
Ministre des Affaires Étrangères du Sénégal (Dakar - 11/07/2008)
L’union des États Africains est un thème persistant de l’agenda des
conférences périodiques des dirigeants du continent. Sa récurrence est
la preuve de l’importance du sujet ; mais, aussi, que la volonté à
réaliser ce grand dessein est encore loin d’être partagée par tous les
États membres de l’Union Africaine, du moins par leurs chefs. Pourquoi ?
Et faut-il encore attendre ?
Union et démocratie
Il y a maintenant un demi-siècle que nous, citoyennes et citoyens
d’Afrique, assistons à un débat périodique sur l’union de nos pays. Le
fait que nos plénipotentiaires en discutent aussi longuement est
indicatif de la gravité de la question, et du bien-fondé de l’insistance
des chefs d’États favorables au projet, suivant en cela le parangon de
conviction, Kwame Nkrumah, dont le nom se suffit à lui seul, pour
évoquer le dessein fédéral africain.
Au fil de ces conférences, et malgré une sémantique imaginative, la
lecture des communiqués finals ne cesse d’installer la déception. Parce
que le dernier mot, celui de l’impasse, appartient toujours aux
afro-sceptiques ; aux réticents à l’abandon d’une part de souveraineté
nationale, au profit d’une supranationalité, dont ils seront, pourtant,
membres de tous les organes exécutifs et de contrôle.
Ailleurs dans le monde, des Etats ont constitué ou sont en train de
constituer des fédérations. Celles-là sont admirées, respectées et même
enviées par les Africains, qui prennent d’assaut leurs frontières, même
souvent au risque de leur vie, pour fuir la pauvreté et la misère de
leur pays. Alors, qu’est ce qui explique que ces mêmes Africains ne
soient, ou ne s’estiment, pas capables d’en faire autant chez eux-mêmes
? Complexe d’infériorité ou égoïsme national ? En réalité, il y a fort à
parier que ce qui explique un tel refus, c’est moins l’objet, que ses
implications, dont la dominante est la gouvernance démocratique. Le
cadrage des pouvoirs nationaux fédérés aux normes globales,
respectueuses des droits de l’homme, constituera, bien évidemment, une
nouvelle réalité, incompatible avec les comportements abusifs
d’autorité, tels qu’ils se pratiquent dans de nombreux États du
continent, et qui sont à l’origine de son état préoccupant de très
faible productivité.
La perspective des réformes institutionnelles, en faveur d’une
gouvernance moderne, à haute efficience économique, respectueuse des
droits de leurs concitoyens, est un motif d’inquiétude, bien
compréhensible, pour les tenants du pouvoir de l’arbitraire et de l’abus
de biens sociaux. La question de fond de l’union, serait ainsi,
fondamentalement, la question de la démocratie et des libertés.
D’ailleurs, la réticence à la supranationalité continentale apparaît,
elle-même, comme une position antidémocratique, en ce qu’elle ne reflète
pas ce besoin et ce désir d’union, ressentis comme une aspiration
profonde et constante des peuples de notre continent. Contre la
brutalité des frontières, l’absurdité de la différenciation nationale au
sein des familles, la pénurie dans un Etat de ce qui est abondant dans
un autre, l’importation de produits fabriqués avec nos matières
premières, la disqualification de l’Afrique des débats essentiels du
monde , la vulnérabilité à toutes les exclusions, les accusations
infamantes et les imputations de toutes les pandémies.
Il n’existe pas de meilleur indicateur populaire de cette aspiration,
que la récurrence thématique de l’Afrique et de son unité, en toutes les
langues du continent, dans les œuvres des écrivains, poètes et artistes
de toutes les disciplines. Manifestement, la conclusion des débats
feutrés des Sommets d’Addis Abeba et d’ailleurs n’en tiennent pas
compte. La question mériterait une consultation directe des peuples.
Elle constitue le plus légitime des sujets de référendum !
Dérisoire prétexte
De 1963 à 2009, le motif essentiel du rejet majoritaire du projet de
Constitution des États-Unis d’Afrique n’a pas varié : l’appréhension de
perdre le pouvoir. Précocité du projet et nécessité de sa maturation se
révèlent n’avoir été, et ne sont encore, que des allégations, qui n’ont
pas résisté à l’épreuve du temps. "L’idée de Nkrumah" était
irréaliste et dangereusement révolutionnaire pour le groupe de Monrovia,
en opposition systématique aux "progressistes" du groupe de Casablanca,
partisans du non-alignement actif, et dont la plupart des dirigeants
étaient en antagonisme politique avec leur ancienne puissance coloniale.
Dans un contexte de guerre froide, les influences idéologiques n’étaient
donc pas absentes du débat des pères fondateurs de l’Organisation de
l’Unité Africaine (OUA), le compromis de coopération non exécutive.
L’appel pathétique du président de la première "souveraineté"
arrachée du pouvoir colonial, et qui avait une raison de fierté de la
garder, ne pouvait pas être entendu, en ces jours historiques de mai 63,
par les représentants de gouvernements majoritairement pro-occidentaux
zélés, qualifiés de "modérés", par euphémisme, à une époque où
l’Occident ne faisait pas de différence entre non-alignement et
communisme.
On aurait pu croire que l’erreur historique que fut le rejet du projet
de Constitution fédérale, le 24 mai 1963, et l’adoption de la Charte de
l’OUA, le lendemain, était un effet de ces influences exogènes, si
prégnantes sur la diplomatie balbutiante des fraîches "souverainetés".
Mais la persistance des réticences, cinq décennies après, conduit à
soupçonner une logique idéologique qui nous inquiète. A juste raison
Parce que, deux générations plus tard, la topologie de groupes ne semble
pas avoir beaucoup évolué : les États membres de l’Union Africaine (UA),
héritière de l’OUA, en sont encore à se compter, même s’ils le font
maintenant en "immédiatistes" et "gradualistes". La même
majorité demeure réticente à un abandon de "souveraineté",
consubstantiel au principe d’un exécutif fédéral. L’Afrique continue
ainsi de perdre un temps qui lui est lourdement compté par la marche
productive du monde. L’indécision à prendre en main rapidement les
grandes urgences du développement continental, cadrées dans le Nouveau
Partenariat Economique pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) , se
traduiront en accroissement de coûts financiers et sociaux, fortement
compromettants des ambitions de la feuille de route d’un gouvernement
fédéral orienté-action.
Souverainetés en coquilles
Aussi, est-on porté à se demander quel est l’intérêt, pour des
micro-États, à s’arc-bouter sur des "souverainetés" qui peinent à
devenir des nations, et dont le "pouvoir", jusque dans ses aspects les
plus intimes, est assisté, souvent sans effets durables, à travers les
interventions des Institutions Financières Internationales et de
multiples agences bilatérales qui leur conservent une apparente réalité.
Dans la plupart des domaines de développement politique et social, les
Organisations non gouvernementales (ONG) leur ont soustrait la vraie
souveraineté ; souvent à la satisfaction des populations, qui finissent
par se convaincre que l’État, "qui ne peut pas tout faire", leur dit-on,
n’est pas là pour eux, mais bien le contraire. Ils peinent à s’acquitter
de leurs dettes, ne peuvent protéger, ni leurs produits, ni leurs
producteurs contre l’envahissement de produits exogènes protégés,
générateurs locaux de chômage, pauvreté et faim endémiques.
Après un demi-siècle de jalouse protection, ces fameuses "souverainetés"
africaines, qui refusent à nos peuples de s’unir pour progresser avec le
monde, n’ont, globalement, réalisé aucun progrès convaincant. Ni pour la
santé, ni pour l’éducation, ni pour l’emploi, ni pour l’énergie, ni pour
l’eau potable, ni pour les infrastructures, ni pour l’industrie
manufacturière. Pendant qu’ailleurs, et en mois d’une génération, des
États, tous fédéraux, dépourvus de matières premières (qu’ils viennent
chercher chez nous) peuplent l’espace de leurs satellites artificiels
endogènes, nos souverainetés affichent une tendance inexorablement
décroissante de leurs indicateurs positifs de développement. Tout au
fond du classement mondial, la réduction inexorable de l’aide
internationale, alimente leur inquiétude de victimes programmées de la
mondialisation, par défaut de productivité et de pouvoir de négociation,
qui accroit l’extraversion économique persistante génératrice de
pauvreté partagée par une proportion croissante de leurs populations.
Ce tableau est peu flatteur d’un demi-siècle de souverainetés africaines
singulières si jalousement préservées de "l’ingérence africaine".
Elles n’ont convaincu, ni leurs peuples, ni les nations du monde, de la
capacité des États du continent à assurer leur développement. Leur
inefficacité est éloquemment validante de la doctrine Nkrumahiste. Le
visionnaire Ghanéen avait dépeint à ses pairs incrédules, les
conséquences de leur refus d’endosser le projet fédéral. La prophétie
s’accomplit sous nos yeux.
Vision et raison
Nkrumah n’était pas un nostalgique, encore mois un utopiste. C’était un
penseur lucide et un homme d’action d’un redoutable réalisme. Si
l’argument fondateur du projet panafricaniste historique était bien la
reconquête de la dignité des Noirs, éparpillés aux quatre coins de la
planète, au gré de la Traite et de l’exploitation impérialiste, la
vision de l’auteur de l’Afrique doit s’unir (Africa must unite) , est,
quant à elle, simplement prosaïque . Son analyse est factuelle, et ses
propositions sont en rapport avec les réalités de notre temps et les
perspectives lourdes d’un monde, dans lequel la respectabilité des
États, et la dignité de leurs citoyens, seront fortement corrélées à
leur puissance économique. Cette puissance est entendue, englobant la
crédibilité monétaire et le pouvoir financier, la capacité industrielle
manufacturière, la force de défense dissuasive, les moyens de sécurité
active, la capacité d’éduquer et de soigner, le commerce profitable, des
structures fonctionnelles et des infrastructures de qualité, des lois
garantissant le droits et définissant des devoirs justes. Hisser
l’Afrique à ce niveau critique d’autonomie de décision et d’action, qui
s’appelle le développement, sera la feuille de route d’un gouvernement
fédéral d’Afrique. C’est ce que souhaitent les Africains.
Son programme stratégique du développement continental prioritaire
ressemblait à s’y méprendre au NEPAD, à la différence qu’il n’était pas
conditionné à l’aide étrangère, mais fondé sur les capacités de
l’Afrique. A défaut d’avoir réussi à le faire adopter par ses pairs, il
l’a orienté, à travers les grands projets d’infrastructures, dans son
pays ; cette portion du territoire africain, qui n’était qu’une banale
côte d’or, et qu’il a rebaptisé Ghana. Ce faisant, le premier président
de la première République noire postcoloniale africaine a voulu
rappeler, ou apprendre à ceux qui l’ignoraient, l’aptitude des Africains
à créer de grands espaces de vie commune, à l’exemple de ce prestigieux
empire précolonial, dont le territoire couvrait approximativement la
juridiction de l’actuelle Communauté Economique des États de l’Afrique
de l’Ouest (CEDEAO). Il a voulu, également, par l’exemple de
réalisations physiques durables, induire une dynamique continentale de
transformations novatrices.
Les nouveaux hérauts
Il est donc heureux qu’une nouvelle génération d’hommes d’État aient
entretenu le flambeau du panafricanisme, planté au cœur de notre
continent, par Kwame Nkrumah, Modibo Keita, Sékou Touré, Ben Bella, et
les autres figures emblématiques du groupe de Casablanca. Celles
d’aujourd’hui ont noms, entre autres, Mouammar Gaddafi, Abdoulaye Wade,
Amadou Toumani Touré, Yayi Boni, Atta Mils, Alfa Oumar Konaré (dont le
départ de la tête de la Commission de l’Union Africaine, a été
profondément ressenti par les militants de la cause de l’union). Les
Constitutions de leurs États ont prévu l’abandon de souveraineté au
profit de l’union, comme la dimension fondatrice de leur politique
africaine.
Certains commentateurs, étrangers autant qu’Africains, tentent de
dénaturer le projet des États-Unis d’Afrique, en le présentant, avec,
souvent, une ironie de mauvais goût, comme une volonté hégémonique sur
les Africains du Guide Libyen, Mouammar Gaddafi, comme s’il n’était pas
fils d’Afrique, lui-même) ou le rêve d’un intellectuel flamboyant,
Maître Abdoulaye Wade, le président du Sénégal. De tels jugements sont
les signets d’une ignorance lamentable et d'une perfidie coupable de
leurs auteurs. La vérité, c’est que ces chefs d’État portent
l’aspiration et la voix des citoyens d’Afrique, tout autant que celle de
la plupart de leurs pairs, de ceux qui sont préoccupés par la situation
de leur continent, et du sort de leurs concitoyens. Ils expriment notre
conviction partagée, que la fédération est la forme institutionnelle
appropriée à la problématique du développement de l’Afrique ; en ce
qu’elle systématise la mutualisation des ressources humaines et
naturelles, institue la solidarité active, la liberté d’établissement et
la libre circulation des personnes et des biens. Leur ambition est la
parité internationale, en droits et devoirs, en dignité, en prospérité
et en capacités, des peuples de l’Afrique tout entière avec les autres
peuples du monde, les plus avancés.
Paradoxe et syndrome
L’Afrique est réputée pauvre avec, au moins, le tiers des ressources
naturelles connues, dont la liste serait fastidieuse à dérouler ici ;
elle a faim et soif, alors que son climat moyen et ses sols sont parmi
les meilleurs et que ses cours d’eau drainent 10% du territoire
continental et déversent dans les océans près de 70 000m2 d’eau douce
chaque seconde. L’Afrique manque d’énergie, avec une consommation par
habitant accusant un déficit de 77%, par rapport à la moyenne mondiale,
alors que le gisement hydroélectrique d’Inga, en République Démocratique
du Congo (RDC), offre une solution radicale en attente d’exploitation ;
sans compter les potentialités en ressource photovoltaïque inépuisable
et de très forte intensité, sur les deux-tiers de la surface du
continent.
L’Afrique, qui porte le sixième des habitants de la Terre, est aussi
sous-peuplée, avec 33 habitants au km2, contre une moyenne mondiale de
50, ce qui montre que la démographie n’est brandie en épouvantail, que
par insuffisance de mobilisation des ressources disponibles,
d’accroissement de la productivité et d’aménagement du territoire. Elle
présente ainsi la situation paradoxale d’être, à la fois, riche et
pauvre, et le plus dramatiquement victime du fameux syndrome hollandais,
ainsi qu’en attestent les guerres, les divisions, les tensions
politiques, les exodes et les drames humains de toutes sortes.
Dix chiffres contre quatorze
Enrichissez-nous et attendez ! Telle semble être l’injonction faussement
amicale, à laquelle semble obéir les Africains, convaincus de pouvoir
attendre leur développement, dans les frontières nationales actuelles,
et sans coup férir, de la générosité de leurs "partenaires" étrangers.
L’expérience de cinquante ans devrait suffire à montrer la dangereuse
candeur d’une telle conviction. Les promesses non tenues pour le NEPAD
sont assez éloquentes de l’évidence des changements fondamentaux qui
sont en train de s’opérer dan la nature des rapports de notre continent
avec l'environnement international, dans leur logique de migration, de
l’assistance plus ou moins gracieuse, à des échanges stratégiques et
fortement concurrentiels. Ce qui attire l’intérêt de l’analyste, c’est
aussi de relever que les principales puissances industrialisées du
carnet d’adresses de l’Afrique, ont la particularité commune d’être,
toutes, des supranationalités : l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le
Canada, la Chine, les États-Unis d’Amérique, l’Inde, l’Indonésie, le
Mexique, la Russie, la Suisse, l’Union Européenne, pour ne citer que
celles-là.
Dans les relations de type nouveau avec ces économies fédérales, les
disproportions sont telles, que l’on se demande s’il peut exister des
chances de profit raisonnables, entre un État "souverain" africain, dont
le PIB moyen (en dollars) s’affiche à 10 chiffres, face aux 13 ou 14, de
l’un quelconque de ses partenaires. La disproportion, qui peut ainsi
atteindre des rapports de 1 à 21300 (The Gambia-USA) pour le Pib et 1 à
900 (Gabon-Chine) pour les marchés de consommateurs, laissent, bien
évidemment, peu d’espace économique vital à l’Etat africain.
L’agrégation des économies du continent est donc la voie sine qua non
vers le seuil critique de parité internationale, permettant une
visibilité profitable dans la concurrence mondiale.
la concurrence mondiale ouverte sur les ressources et les parts de
marché, conduisent la plupart des économies d’Europe, d’Asie-Pacifique,
et d’Amérique, malgré leur niveau pourtant élevé, à développer des
dynamiques de convergences régionales, d’élargissement ou de
constitution d’ensembles régionaux, couplées à des stratégies de fusions
d’entreprises. Les mégapuissances institutionnelles et industrielles qui
en résultent laisseront peu de place aux faibles entités nationales,
dépendantes d’une aide extérieure soumise à un processus de contraction
inévitable aux dimensions d’un égoïsme objectif.
La fin des palabres
L’Afrique ne peut, sans risque durable, se tenir à l’écart de ces
grandes reconfigurations qui animent toutes les nations du monde, pour
des performances économiques toujours plus élevées. Il ne serait donc
pas raisonnable qu’elle prenne plus de temps qu’elle ne l’a fait
jusqu’ici, pour mettre en place ses premières structures exécutives
continentales. Un demi-siècle de comportements dilatoires ont convaincu
à suffisance de la détermination des positions, au sein de l’Union
Africaine, face au projet fédéral. D’un côté, une vingtaine d’États
convaincus du besoin vital de mutualisation de leurs ressources, pour se
donner la capacité de résoudre les urgences de leurs peuples, et, de
l’autre, des gouvernements apparemment adeptes d’une forme de
gouvernance qui n’a pas convaincu de son efficacité, à apporter des
solutions durables à la problématique du développement.
Dans une telle configuration binaire à la stabilité persistante, il ne
paraît pas productif d’attendre une adhésion simultanée de tous les
États du continent. Une plus longue attente conduirait à l’abandon du
projet fédéral, qui confirmerait et accentuerait la fonction de
fournisseur passif de matières premières et de réceptacle, sans
ambition, de tous les rebuts du monde. Aucun Africain ne souhaite un tel
sort à son continent.
Aussi, sur la base du principe de libre adhésion, qui est celui du
processus de formation des ensembles fédéraux modernes, la réponse
rapide à l’attente des peuples devrait consister en un processus
progressif, qui consisterait à :
a) constituer, sans attendre encore plus, la Fédération des États
d’Afrique (FEA/FAS), avec le groupe de la vingtaine d’États membres de
l’Union Africaine qui se déclarent prêts à l’adhésion ; ils
constitueront ainsi le noyau dur, celui des premiers États fédérés ;
b) maintenir ouverte l’offre d’adhésion, et accueillir les nouveaux
membres, au fur et à mesure de l’évolution de la volonté politique des
gouvernements concernés.
Dans un tel schéma, il sera bien entendu que :
-
la proximité et la continuité territoriales ne seront pas
considérées comme critère de constitution de la fédération, ni d’adhésion d’un
État ;
-
l’Union Africaine laisserait la place à la FEA ;
-
la FEA définirai une convention de coopération avec les États
non parties à la Constitution;
-
les Communautés Economiques Régionales (CER) ne seront pas
envisagées comme cadre fédéral primaire, compte tenu du fait qu’elles partagent
avec l’Union Africaine, la même disparité vis-à-vis du projet fédéral ; elles
seront l’objet d’une adaptation fonctionnelle en cadre de coopération de base,
entre la Fédération et les États non parties dans chaque région.
Il est très probable qu’un gouvernement fédéral
opérationnel aura un effet stimulant de l’intérêt des États hésitants,
et un effet d’entraînement, en faveur de l’accroissement rapide de
l’effectif des États fédérés.
Il est difficile, et même pénible pour la dignité collective, de penser
qu’il peut exister des dirigeants Africains qui persisteraient dans
l’option consistant à pérenniser les principes de l’Acte général de la
conférence de Berlin, de février 1885, qui, en établissant des règles
unilatérales de partage du territoire africain, porte la responsabilité
de notre situation désastreuse, que le projet d’union fédérale a pour
objectif de régler. Il ne sera sans doute pas aisé, à ces dirigeants, de
justifier à leur peuple une marche à contre-courant de l’histoire.
Primauté à la solidarité africaine.
Assane Youssoufi DIALLO
adyusufi812@gmail.com
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1. Ingénieur Télécoms – Ancien fonctionnaire international - Consultant
International
2. Cf. Assane.Y.Diallo "G20 à Londres. Et après ?" http://www.afrology.com
3. Cf. Assane.Y.Diallo "NEPAD : quelle relance ?" http://www.afrology.com
4. Titre de son ouvrage éponyme –New York, 1964
5. Cf. K. Nkrumah "Address to the Conference of African Heads of States
and Governments; 24th may 1963 – cité par L. Kaba in “Nkrumah et le rêve
de l’unité Africaine” – Ed. Chaka, Paris
6. Cf. Assane Y.Diallo: “Eclats d’Afric” - Ed. Edilivre, Paris (2007)
7. Cette appellation éviterait toute confusion qui naîtrait de
l’appellation "États-Unis d’Afrique" (EUA/USA) avec les États-Unis
d’Amérique ;
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Assane Diallo
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