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Les
principes de la démocratie
Le Bureau des programmes d'information internationale a préparé en
2004 la présente série d'aide-mémoire sur les principes fondamentaux de
la démocratie. L'actualité politique récente du continent africain remet
ce texte à l'actualité. Force est de constater que les Etats d'Afrique
ont du mal à s'approprier le concept de démocratie.
Expliquer en quelques mots ce qu'est la
"démocratie" dans le monde complexe d'aujourd'hui n'est pas chose aisée.
Dans cette série, après un bref exposé général, le lecteur trouvera des
pages consacrées à des thèmes précis. Chacune présente la théorie
généralement admise en la matière ainsi que certaines pratiques communes
à la plupart des sociétés libres qui se gouvernent selon un régime
démocratique.
Généralités : Qu'est-ce que la démocratie ?
Le mot démocratie vient du grec demos qui signifie peuple. Dans une
démocratie, c'est du peuple que vient le pouvoir souverain du
législateur et du gouvernement. Bien qu'il y ait des différences entre
les démocraties existant de par le monde, les principes et les pratiques
des gouvernements démocratiques les distinguent clairement des autres
types de gouvernement.
- La démocratie est un mode de gouvernement dans lequel le pouvoir
et la responsabilité civique appartiennent à l'ensemble des citoyens, qu'ils les
exercent directement ou au travers de représentants librement élus.
- C'est un ensemble de principes et de pratiques qui protègent
la liberté; c'est l'institutionnalisation de la liberté.
- La démocratie repose sur le principe de loi de la majorité
équilibrée par les droits de la minorité et les droits individuels. Toutes les
démocraties se plient à la volonté de la majorité, mais protègent jalousement
les droits fondamentaux de leurs minorités.
- Les démocraties évitent les gouvernements centraux
tout-puissants et s'efforcent de décentraliser les pouvoirs publics vers les
niveaux régional et local, sachant que les collectivités territoriales tendent à
être plus accessibles à la population et plus réceptives à ses besoins.
- Elles savent que l'une de leurs principales responsabilités
est de protéger les droits de l'homme fondamentaux que sont la liberté de parole
et de religion, le droit à une égale protection des citoyens par la loi et la
liberté de ceux-ci de s'organiser et de participer pleinement à la vie
politique, économique et culturelle de la société.
- Les démocraties organisent régulièrement des élections
libres et loyales, ouvertes à tous les citoyens. Dans une démocratie, les
élections ne sont pas une façade servant à légitimer un dictateur ou un parti
unique, mais de vraies compétitions pour l'obtention des suffrages populaires.
- La démocratie soumet les gouvernements à la règle du droit
et assure que tous les citoyens sont également protégés par la loi et que leurs
droits sont garantis par la législation et le système judiciaire.
- Les démocraties sont diverses, leur variété reflétant la
diversité existant dans la vie politique, sociale et culturelle des différentes
nations, mais elles reposent toutes sur des principes fondamentaux identiques,
même si leurs pratiques ne sont pas uniformes.
- Les citoyens d'une démocratie ont des droits, mais ils ont
aussi le devoir de participer au système politique qui, de son côté, protège
leurs droits et leurs libertés.
- Les sociétés démocratiques honorent les valeurs de
tolérance, de coopération et de compromis. Elles savent que le consensus exige
des compromis et qu'on ne peut pas toujours l'atteindre. Selon les mots du
Mahatma Gandhi, "l'intolérance est en soi une forme de violence et un
obstacle au développement d'un véritable esprit démocratique".
Loi de la majorité et droits de la minorité
À première vue, les principes de 'loi de la majorité'
et de 'protection des droits des individus et de la minorité' peuvent
sembler contradictoires. En fait, ce sont les deux piliers sur lesquels
repose le mode de gouvernement démocratique.
- La loi de la majorité est un moyen d'organiser la vie publique et
de faire les choix qu'elle suppose ; ce n'est en rien une forme d'oppression.
Aucun groupe autoproclamé n'a le droit d'opprimer les autres et aucune majorité,
même dans une démocratie, n'est fondée à supprimer les libertés et les droits
fondamentaux de la minorité ou des individus.
- Qu'elles reposent sur des questions ethniques, religieuses
ou géographiques, ou qu'elles résultent d'inégalités de revenu, ou qu'elles
viennent seulement d'une défaite à des élections ou dans un débat d'idées et de
programmes politiques, les minorités jouissent des droits de l'homme
fondamentaux garantis par la loi, dont aucun gouvernement, aucune majorité, élue
ou non, ne saurait les priver.
- Les minorités doivent avoir la certitude que les pouvoirs
publics protégeront, quoi qu'il arrive, leurs droits et leur identité.
Lorsqu'elles ont cette confiance fondamentale, elles se sentent libres de
participer aux institutions démocratiques de leur pays et d'apporter leur
contribution.
- Les droits de l'homme fondamentaux que tout gouvernement
démocratique doit protéger sont notamment la liberté de parole et d'expression,
la liberté de religion et de croyance, le respect de l'État de droit,
c'est-à-dire l'application de la loi selon les procédures prévues, une égale
protection de tous par la loi et la liberté de chacun de s'organiser, de
s'exprimer, d'avoir une opinion différente et de participer pleinement à la vie
publique de la société.
- Les démocraties savent que la protection du droit des
minorités à conserver leur identité culturelle et leurs pratiques sociales et à
jouir de la liberté de conscience et de pratique religieuse est un de leurs
premiers devoirs.
- L'acceptation et le respect de groupes ethniques et
culturels pouvant sembler étranges voire étrangers à la majorité constituent
l'une des plus grandes difficultés auxquelles est confronté tout gouvernement
démocratique. Mais les démocraties savent que la diversité d'une population peut
constituer un formidable atout. Elles considèrent donc ces différences
d'identité, de culture et de valeurs comme un défi susceptible de les renforcer
et de les enrichir et non comme une menace.
- Il y a de multiples façons de résoudre le problème posé par
les différences d'opinions et de valeurs des minorités, mais une chose est sûre
: seuls le principe démocratique de tolérance, la pratique du débat et
l'acceptation de compromis peuvent permettre aux sociétés de forger des ententes
reposant sur les deux piliers que sont la loi de la majorité et les droits de la
minorité.
Les relations entre le pouvoir civil et l'armée
Les décisions relatives à la guerre ou à la paix sont
capitales pour toute nation et, en temps de crise, de nombreux pays
confient leur destin à leur armée. Ce n'est pas le cas des démocraties.
Comme les décisions relatives aux conflits armés et
aux diverses menaces à la sécurité nationale sont les questions les plus
importantes auxquelles une société soit confrontée, elles doivent, dans
une démocratie, être tranchées par les représentants du peuple agissant
en son nom. Une armée démocratique ne dirige pas une nation, elle la
sert. Les chefs de l'armée conseillent les responsables élus, puis
exécutent leurs décisions. Seuls les élus du peuple ont l'autorité et la
responsabilité de décider du destin de leur pays.
Ce principe du pouvoir des autorités civiles sur
l'armée est donc fondamental à la démocratie.
-
Ce sont des civils qui doivent diriger l'armée de leur pays
et trancher les questions de défense nationale, non pas qu'ils soient
nécessairement plus sages que les militaires de carrière, mais précisément parce
qu'ils sont les représentants du peuple et que, comme tels, ils portent la
responsabilité de prendre ces décisions et ont à en rendre compte.
-
Le pouvoir civil a la responsabilité d'assurer que les
valeurs, les institutions et les politiques d'un pays reposent sur le libre
choix du peuple et non de l'armée, car le but de l'armée est de défendre la
société et non de la définir.
-
Tout gouvernement démocratique prend en compte l'avis que
peuvent lui donner les militaires de carrière en se fondant sur leur expertise,
lorsqu'il doit prend des décisions politiques en matière de défense et de
sécurité nationale. Les responsables civils s'appuient donc sur les conseils que
les militaires leur donnent à titre d'experts en la matière, puis ils leur
confient l'exécution des décisions qu'ils ont prises. Seule l'autorité civile
élue doit prendre les décisions politiques ultimes que l'armée, alors, exécute
dans son domaine de responsabilité.
-
Comme les autres citoyens, les militaires peuvent, bien sûr,
participer à part entière à la vie politique de leur pays, mais seulement à
titre d'électeurs. S'ils veulent s'engager dans la vie politique active, ils
doivent d'abord démissionner de leurs fonctions ; l'armée en tant que telle doit
rester à l'écart du débat politique. Les militaires sont les servants neutres de
l'État et les gardiens de la société.
-
En fin de compte, l'autorité du pouvoir civil sur l'armée
assure que les problèmes de défense et de sécurité nationale ne risquent pas de
conduire à la mise en cause des valeurs démocratiques fondamentales : loi de la
majorité équilibrée par les droits de la minorité, liberté de parole et de
religion et État de droit. Tous les responsables politiques portent la
responsabilité d'assurer le contrôle civil de l'armée et l'obéissance de
celle-ci aux ordres légitimes des autorités civiles.
Les partis politiques
Pour préserver et protéger les droits et libertés
individuelles, tout peuple démocratique a le devoir de participer à la
formation des gouvernements de son choix et la principale façon pour lui
de le faire est de participer à la vie des partis politiques.
- Les partis politiques sont des organisations volontaires qui font
le lien entre un peuple et son gouvernement. Les partis recrutent des candidats
et font campagne pour les faire élire à des fonctions électives : ils mobilisent
le peuple pour qu'il participe au choix des responsables gouvernementaux.
- Le parti majoritaire (ou le parti élu pour constituer le
gouvernement) s'efforce de traduire en lois son programme politique. Les partis
placés dans l'opposition sont libres de critiquer la politique et les idées du
parti majoritaire et de proposer les leurs.
- Les partis politiques fournissent aux citoyens un moyen
d'obliger leurs élus à leur rendre des comptes sur l'action du gouvernement.
- Chaque parti politique démocratique respecte les principes
de la démocratie et donc reconnaît et respecte l'autorité du gouvernement issu
des élections, même si lui-même n'est pas au pouvoir.
- Comme chaque démocratie, les membres des divers partis
politiques reflètent la diversité des cultures des populations dont ils sont
issus. Certains partis ont peu de membres et sont construits sur un corps de
doctrine politique. D'autres sont organisés autour d'intérêts économiques ou
d'une histoire commune. D'autres encore sont des alliances peu structurées de
citoyens divers qui peuvent ne se manifester qu'au moment des élections.
- Tous les partis politiques démocratiques, qu'ils soient de
petits mouvements ou de grandes coalitions nationales, partagent les valeurs de
compromis et de tolérance. Ils savent que c'est seulement par des alliances
élargies et la coopération avec d'autres partis ou organisations politiques
qu'ils peuvent atteindre la dimension et la hauteur de vue nécessaires pour
obtenir les suffrages du peuple de leur pays.
- Les partis démocratiques savent que les opinions politiques
fluctuent et évoluent et qu'un consensus peut souvent sortir du choc des idées
et des valeurs dans un débat public pacifique et libre.
- Le principe d'opposition loyale est essentiel dans toute
démocratie. Il signifie que tous les participants au débat politique - si
profondes que soient leurs différences - partagent les valeurs démocratiques
fondamentales de liberté de parole et de croyance et d'égalité devant la loi.
Les partis ayant perdu les élections prennent le rôle de l'opposition, confiants
que le système politique protégera leur droit à s'organiser et à s'exprimer. Le
temps passant, ils auront à nouveau la possibilité de mener campagne pour leurs
idées et d'obtenir les suffrages populaires.
- Dans une démocratie, la lutte entre les partis politiques
n'est pas une lutte pour la survie, mais une compétition pour servir le peuple.
Les responsabilités des citoyens
Contrairement à ce qui se passe dans une dictature,
le gouvernement d'une démocratie a pour rôle de servir son peuple, mais,
de leur côté, les citoyens doivent eux aussi accepter de se plier aux
règles et obligations selon lesquelles ils sont gouvernés. Les
démocraties accordent de nombreuses libertés à leurs citoyens, notamment
la liberté d'avoir un avis différent et de critiquer le gouvernement.
La citoyenneté dans une démocratie nécessite participation, civilité et
même patience.
- Les citoyens démocratiques savent qu'ils ont non seulement des
droits mais encore des devoirs. Ils savent que la démocratie exige qu'ils y
consacrent du temps et des efforts, car un gouvernement du peuple demande de lui
vigilance et soutien constants.
- Quelques obligations résultant de la citoyenneté, telles que
l'acceptation de faire partie de jurys dans des procès, ou de faire une période
de service militaire ou civil obligatoire, sont propres à certains régimes
démocratiques. D'autres s'imposent aux citoyens de toutes les démocraties, à
commencer par le respect des lois. Le paiement des impôts, l'acceptation de
l'autorité du gouvernement élu et le respect des droits de ceux qui n'ont pas la
même opinion sont d'autres exemples des devoirs des citoyens.
- Les citoyens démocratiques savent qu'ils doivent assumer
leurs devoirs à l'égard de leur société s'ils veulent bénéficier de la
protection de leurs droits.
- Comme on le dit dans les sociétés libres : "On a le
gouvernement que l'on mérite." Pour que la démocratie accomplisse ses
objectifs, les citoyens doivent être actifs, et non passifs, parce que la
réussite ou l'échec de leur gouvernement est leur responsabilité et non pas
celle de quelqu'un d'autre. De leur côté, les responsables publics savent que
tous les citoyens doivent être traités équitablement et que la corruption n'a
pas sa place dans un gouvernement démocratique.
- Dans un système démocratique, les gens qui ne sont pas
satisfaits de leurs responsables ont toute liberté pour s'organiser, expliquer
leurs raisons, manifester pacifiquement leur volonté de changement et,
finalement, de voter en faveur de nouveaux responsables lors des élections
suivantes.
- Une saine démocratie exige de la part de ses citoyens plus
qu'un simple bulletin de vote de temps à autre. Elle requiert qu'un grand nombre
se montrent constamment vigilants, lui consacrent du temps et s'engagent, chacun
pouvant compter sur le gouvernement pour qu'il protège ses droits et ses
libertés.
-
Les citoyens d'une démocratie peuvent adhérer au parti
politique de leur choix et faire campagne pour ses candidats. Ils acceptent que
leur parti ne soit pas forcément toujours au pouvoir.
° Ils sont libres de se présenter aux élections et d'exercer
des responsabilités publiques pendant un temps.
° Ils peuvent s'exprimer sur les questions locales et nationales par le canal
d'une presse libre.
° Ils peuvent adhérer à des syndicats et à des associations professionnelles ou
d'intérêt local.
° Ils peuvent adhérer à des associations privées défendant leurs idées ou leurs
intérêts, dans des domaines aussi variés que la religion, la culture propre à
leur groupe ethnique, la recherche universitaire, les sports, les arts, la
littérature, l'amélioration de leur quartier, les échanges internationaux
d'étudiants, ou dans une centaine d'autres domaines.
° Tous ces groupes - qu'ils soient proches ou éloignés du gouvernement -
contribuent à la richesse et à la santé d'une démocratie.
La liberté de la presse
Dans une démocratie, la presse doit être indépendante
de toute intervention gouvernementale. Les gouvernements démocratiques
n'ont pas de ministère de l'information qui réglementerait le contenu
des journaux ou l'activité des journalistes, ni de réglementation qui
imposerait un contrôle de l'État sur ce qu'écrivent les journalistes ou
qui obligerait ceux-ci à adhérer à un syndicat contrôlé par le
gouvernement.
- Une presse libre informe le public, demande des comptes aux
responsables et constitue un forum de débat sur les questions locales et
nationales.
- Les démocraties veillent à l'existence d'une presse libre.
La liberté de la presse repose sur l'indépendance du système judiciaire, la
vigilance de la société civile, le respect de l'État de droit et la liberté de
parole. La liberté de la presse ne peut exister sans les protections légales
indispensables.
- Dans les démocraties, le gouvernement doit rendre des
comptes sur son action. Les citoyens doivent donc être informés sur les
décisions que leur gouvernement prend en leur nom. La presse permet la
satisfaction de ce droit à l'information, en dénonçant si besoin les erreurs ou
abus du gouvernement, en permettant aux citoyens de lui demander de rendre des
comptes et de remettre en question sa politique. Les gouvernements démocratiques
permettent aux journalistes d'accéder aux réunions et aux documents publics. Ils
ne fixent pas de règles a priori sur ce que les journalistes peuvent dire ou ne
pas dire, ou bien écrire ou ne pas écrire.
- La presse, de son côté, doit se comporter de façon
responsable. Grâce à ses associations professionnelles, ses conseils
indépendants et ses médiateurs - critiques internes qui reçoivent les plaintes
du public - la presse a les moyens internes voulus pour remédier à ses propres
excès et assumer ses responsabilités.
- La démocratie exige que le public fasse des choix éclairés.
Pour que le public ait confiance dans la presse, les journalistes doivent
rapporter les faits en se fondant sur des sources et des informations crédibles.
Dans une presse libre, le plagiat et les fausses nouvelles sont
contreproductifs.
- Les organes de presse doivent avoir un conseil de rédaction,
indépendant du gouvernement, capable de distinguer le recueil et la diffusion
d'informations de la propagation d'opinions.
- Les journalistes ne doivent pas suivre les mouvements de
l'opinion publique, mais être guidés uniquement par la recherche de la vérité,
dans toute la mesure où elle peut être atteinte. Dans une démocratie, la presse
peut effectuer son travail de recueil des nouvelles et de reportage sans avoir à
espérer les faveurs du gouvernement ou à craindre des mesures de rétorsion.
- Dans les démocraties, on constate une lutte sans fin entre
deux droits : le droit et l'obligation du gouvernement de protéger la sécurité
nationale et le droit du peuple à être informé, qui suppose que les journalistes
peuvent accéder à l'information. Les gouvernements doivent parfois limiter
l'accès à des informations considérées comme trop sensibles pour faire l'objet
d'une diffusion générale, mais les journalistes des démocraties ont parfaitement
le droit de chercher à connaître ces informations.
Le fédéralisme
Lorsque des groupes humains libres ayant des langues,
des religions, ou des règles culturelles différentes, choisissent
d'adopter un cadre constitutionnel commun, ils veulent à la fois un
minimum d'autonomie locale et l'égalité des chances au plan économique
et social. Un système fédéral - consistant en un partage du pouvoir
entre les niveaux local, régional et national - donne les compétences
voulues aux responsables élus chargés de concevoir et gérer des
politiques à même de répondre aux besoins locaux et régionaux. Ces élus
locaux et régionaux s'associent avec le gouvernement national et entre
eux pour résoudre les nombreux problèmes auxquels le pays est confronté.
- Le fédéralisme est un système de partage de l'autorité et du
pouvoir de décision entre plusieurs niveaux de collectivités publiques gérés par
des responsables librement élus ayant autorité sur la population d'un même
territoire. Il accorde aux collectivités locales et à des collectivités de
niveau intermédiaire une capacité de décision sur les affaires pour lesquelles
les résultats sont les plus immédiatement ressentis par les populations
concernées.
- Le fédéralisme oblige les responsables publics à rendre des
comptes à leur population, suscite la participation des citoyens et favorise la
responsabilité civique en permettant aux collectivités territoriales de
concevoir et gérer le cadre de la vie locale.
Un système fédéral est renforcé par une constitution écrite précisant le partage
des pouvoirs et des responsabilités entre les différents niveaux territoriaux.
- On convient généralement que les collectivités locales sont
mieux placées pour répondre aux besoins locaux et qu'il vaut mieux laisser à
l'État fédéral la responsabilité de certains domaines, parmi lesquels on cite
généralement à titre d'exemples la défense nationale, les traités
internationaux, les budgets fédéraux et les services postaux.
- Les arrêtés municipaux reflètent les préférences des
populations locales quant à l'organisation des services publics locaux : c'est
généralement au niveau local que sont organisés les services de police et
d'incendie, que sont gérés les écoles primaires et les centres médicaux publics
locaux et que sont prises les décisions relatives à la réglementation locale.
- Les divers niveaux de pouvoirs publics d'un État fédéral
(gouvernement fédéral, États, régions, ou cantons fédérés et collectivités
territoriales) coopèrent sur les questions où les pouvoirs qui leurs sont
conférés par la loi le prévoient. Le gouvernement national joue généralement un
rôle de médiateur dans les conflits entre collectivités territoriales.
- Dans un pays au territoire étendu, hétérogène sur le plan
économique, les disparités de revenu et de protection sociale entre les États
fédérés ou les régions peuvent être atténuées par l'État fédéral au moyen de
politiques de redistribution du revenu.
- Un système fédéral est réceptif et intégrateur. Les citoyens
sont libres de se présenter à des charges électives aux niveaux territoriaux qui
offrent à chacun le plus de postes de responsabilité et peut-être les meilleures
chances d'être utile à sa communauté.
- Le fédéralisme offre aux partis politiques de multiples
possibilités de servir leurs électorats. Même si un parti ne détient pas la
majorité au parlement national ou ne détient pas le pouvoir exécutif national,
il peut avoir des responsabilités dans les collectivités territoriales.
L'État de droit
Pendant la plus grande partie de l'histoire humaine,
les mêmes personnes gouvernaient et faisaient la loi : celle-ci n'était
que l'expression de la volonté des maîtres du pays. Une première étape
pour sortir de ce système tyrannique a été le principe de soumission de
tous à la loi, à savoir que même les dirigeants doivent s'y soumettre et
doivent gouverner en utilisant des moyens respectueux de la loi. Les
démocraties ont été plus loin avec le principe de l'État de droit.
Aucune société, aucun système de gouvernement, n'est sans défaut, mais
l'État de droit protège les droits politiques, sociaux et économiques
fondamentaux de tous et nous rappelle qu'il existe des solutions
intermédiaires entre la tyrannie d'une part et l'anarchie de l'autre.
- L'État de droit signifie qu'aucun individu, qu'il soit président
ou citoyen ordinaire, n'est au-dessus des lois. Les gouvernements démocratiques
exercent leur autorité en respectant la loi et ne sont pas eux-mêmes au-dessus
des lois.
- Les lois doivent exprimer la volonté du peuple, non les
caprices du souverain, qu'il s'agisse d'un roi, d'un dictateur, d'un chef
militaire, d'un leader religieux, ou d'un parti politique autoproclamé.
- Les citoyens des démocraties sont disposés à respecter les
lois et réglementations de leur société, parce qu'elles émanent de leur volonté
collective. La justice est mieux servie lorsque les lois sont établies par le
peuple même qui doit les respecter.
- Pour assurer l'État de droit, il faut un système judiciaire
fort et indépendant ayant le pouvoir, les moyens et le prestige voulus pour être
en mesure de demander aux responsables élus, y compris les dirigeants, de rendre
des comptes s'ils ne respectent pas les lois et réglementations du pays.
- Les juges doivent avoir une solide formation et se comporter
de façon professionnelle, indépendante et impartiale. Pour remplir leur rôle
indispensable dans le système judiciaire et politique, les juges doivent être
fermement engagés à respecter les principes de la démocratie.
- Les lois d'une démocratie peuvent avoir de nombreuses
sources : constitution écrite, droit écrit, enseignements religieux et moraux,
traditions culturelles et coutumes, mais, quelle que soit son origine, la loi
doit contenir des dispositions visant à protéger les droits et libertés des
citoyens:
° Du fait de l'égalité de tous devant la loi, aucune loi ne doit concerner une
seule personne ou catégorie de personnes.
° Les citoyens doivent être à l'abri d'arrestations arbitraires, de
perquisitions de leur domicile sans motif et d'une saisie de leurs biens
personnels.
° Les citoyens accusés de délits ou de crimes ont droit à un procès public mené
avec diligence et doivent avoir la possibilité d'être confrontés à leurs
accusateurs et de les interroger. S'ils sont jugés coupables, ils ne doivent pas
être soumis à des punitions cruelles ou insolites.
° Les citoyens ne doivent pas être obligés à témoigner contre eux-mêmes. Ce
principe protège les justiciables de l'utilisation de moyens de coercition, de
mauvais traitements, ou de tortures et réduit fortement le risque que la police
recoure à de tels moyens.
Les droits de l'homme
De naissance, tous les hommes ont des droits
inaliénables, appelés les droits de l'homme, qu'aucun pouvoir ne leur
confère mais que tous les gouvernements doivent protéger. Le respect de
ces droits permet aux gens de vivre dans la dignité. La liberté fondée
sur la justice, la tolérance, la dignité et le respect de toute personne
humaine - quelle que soit son appartenance ethnique, religieuse ou
politique et quel que soit son statut social - permet à chacun de jouir
de ces droits fondamentaux. Alors que les dictatures bafouent les droits
de l'homme, les sociétés libres s'efforcent en permanence de les
respecter.
Les droits de l'homme sont interdépendants et
indivisibles ; ils concernent une multitude d'aspects de l'existence
humaine, notamment les aspects économiques, sociaux et politiques. Parmi
les droits les plus communément reconnus, notons ceux-ci :
- Tous les hommes ont le droit d'avoir leurs propres opinions et de
les exprimer individuellement ou dans des réunions pacifiques. Les sociétés
libres constituent un vaste « marché des idées » où les gens échangent leurs
opinions sur un grand nombre de sujets.
- Tous les citoyens ont le droit de participer à la gestion
des affaires publiques. Les gouvernements doivent instituer des lois protégeant
les droits de l'homme et les systèmes judiciaires doivent réprimer leur
non-respect quel qu'en soit l'auteur.
- Un des droits de l'homme fondamentaux est la liberté dont le
corollaire est la protection contre toute arrestation et détention arbitraire et
contre la torture, même pour ceux qui s'opposent au parti politique au pouvoir,
ou qui font partie d'une minorité ethnique et même pour les délinquants ou
criminels de droit commun. En réprimant la délinquance et en faisant respecter
l'ordre public, la police agit de façon professionnelle et respectueuse de tous
les citoyens.
- Dans les pays ayant des minorités - religieuses, ethniques
ou autres - celles-ci doivent être libres d'utiliser leur langue et de conserver
leurs traditions sans avoir à craindre de protestations de la part de la
majorité de la population. Les gouvernements doivent reconnaître les droits des
minorités tout en se pliant à la volonté de la majorité.
- Tous les hommes doivent avoir la possibilité de travailler,
de gagner leur vie et de nourrir leur famille.
- Les enfants ont droit à une protection particulière. Ils
doivent bénéficier au moins de l'enseignement primaire, d'une nourriture saine
et de soins médicaux.
- Le respect des droits de l'homme exige la vigilance de
l'ensemble des citoyens. Ceux-ci, en participant à diverses activités, exercent
leur responsabilité d'obliger les gouvernants à rendre des comptes à l'ensemble
de la population. La grande famille des nations libres est engagée à assurer la
protection des droits de l'homme. Son engagement est matérialisé par un certain
nombre de traités et de conventions internationaux portant sur les droits de
l'homme.
Le pouvoir exécutif
Les dirigeants démocratiques gouvernent avec le
consentement de leurs citoyens. Leur puissance n'est pas fondée sur les
armées qu'ils commandent ou la richesse économique de leur pays, mais
sur leur respect des limites fixées par l'électorat qui les a portés au
pouvoir au moyen d'élections libres et loyales.
- Dans des élections libres, les citoyens d'une démocratie
choisissent leurs gouvernants et leur confèrent des pouvoirs délimités par la
loi. Dans une démocratie constitutionnelle, le pouvoir du peuple souverain est
réparti entre le pouvoir législatif qui établit les lois, le pouvoir exécutif
qui les applique et le pouvoir judiciaire qui les fait respecter en agissant en
toute indépendance.
- Les dirigeants démocratiques ne sont pas des dictateurs élus
ni des « présidents à vie ». Ils sont élus pour des mandats d'une durée définie
et ils acceptent les résultats des élections suivantes, même s'ils y sont battus
et perdent ainsi le pouvoir.
- Dans les démocraties constitutionnelles, le pouvoir exécutif
est généralement limité de trois façons : d'abord par un système d'équilibre
entre son propre pouvoir et les deux autres pouvoirs : législatif et judiciaire
; ensuite, dans les systèmes fédéraux, par la répartition du pouvoir entre les
différents niveaux territoriaux et enfin par une garantie constitutionnelle
donnée aux droits fondamentaux.
- Au niveau national, le pouvoir exécutif est limité par le
pouvoir conféré par la constitution au législateur et par l'indépendance du
pouvoir judiciaire.
- Dans les démocraties modernes, il y a deux grands types
d'organisation du pouvoir exécutif : le régime parlementaire et le régime
présidentiel.
° Dans un régime parlementaire, ou régime d'assemblées, le parti majoritaire à
l'assemblée constitue le gouvernement qui est présidé par un premier ministre.
° Dans un tel régime parlementaire, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif
ne sont pas totalement distincts l'un de l'autre, puisque le premier ministre et
les membres du gouvernement sont pour l'essentiel choisis dans les rangs du
parti majoritaire à l'assemblée nationale. Dans ce cas, l'opposition politique,
c'est-à-dire la minorité à l'assemblée nationale, est le principal facteur de
contrôle et de limitation du pouvoir exécutif.
° Dans un régime présidentiel, le président est élu au suffrage universel
direct, au moyen d'une élection dite présidentielle, distincte des élections
législatives qui désignent les députés qui siégeront dans la nouvelle assemblée
pour la durée d'une législature.
° Dans un régime présidentiel, le président et l'assemblée ont chacun leur
pouvoir et leur base électorale, ce qui assure un équilibre et un contrôle
mutuel.
- Dans les démocraties, le gouvernement n'est pas forcément
faible, il a seulement un pouvoir limité. Ainsi, même si les démocraties sont
parfois lentes à atteindre un accord sur les questions nationales, leurs
dirigeants, lorsqu'elles y sont parvenues, peuvent-ils agir avec autorité et
assurance.
- À tout moment, les dirigeants d'une démocratie
constitutionnelle agissent dans le cadre des lois qui définissent et limitent
leur pouvoir.
Le pouvoir législatif
Dans une démocratie, les représentants du peuple, ou
députés, sont élus pour servir le peuple, quel que soit le nom de
l'assemblée où ils siègent : assemblée nationale, chambre des députés,
parlement, ou congrès. Ils remplissent un certain nombre de rôles
essentiels au bon fonctionnement d'une démocratie.
- Les assemblées élues sont le principal forum de délibération, de
débat et d'adoption des lois d'une démocratie représentative. Ce ne sont pas des
« chambres d'enregistrement », qui se contenteraient d'approuver les décisions
d'un despote.
- Leurs pouvoirs de contrôle et d'enquête permettent aux
législateurs de remettre en question publiquement des actions ou décisions de
membres du gouvernement et de contrôler l'action des divers ministères, surtout
dans un régime présidentiel où le pouvoir législatif est totalement séparé de
l'exécutif.
- Les législateurs ont la responsabilité d'étudier le projet
de budget annuel, de l'amender s'ils le souhaitent et de l'adopter, d'organiser
des auditions publiques sur des questions d'actualité et de confirmer les
nominations de l'exécutif aux postes ministériels et judiciaires. Dans certaines
démocraties, des commissions parlementaires d'enquête permettent aux députés
d'examiner en public les questions nationales controversées.
- Les parlementaires de la majorité soutiennent le
gouvernement en place et ceux de la minorité pratiquent une opposition politique
loyale, consistant à faire des contre-propositions ou à proposer un programme
politique différent.
- Les parlementaires ont la responsabilité d'exprimer leurs
opinions de façon aussi convaincante que possible. Mais ils doivent travailler
dans le respect de l'éthique démocratique de tolérance, de respect et de
compromis afin d'atteindre des accords propices à l'intérêt général de la
population et pas seulement à leur clientèle électorale. Chaque parlementaire
décide en conscience l'arbitrage qu'il fait entre l'intérêt général et les
intérêts particuliers de son électorat.
- Les parlementaires sont généralement à l'écoute de la
population, prêtant une oreille attentive aux doléances et problèmes individuels
de leurs électeurs et leur donnant un appui dans leurs démarches après des
grandes bureaucraties publiques. Pour ce faire, ils ont souvent une équipe
d'assistants compétents.
- Les députés sont habituellement élus selon deux grands types
de scrutins : les scrutins uninominaux, dans lesquels le candidat qui a le plus
de voix l'emporte, et les scrutins de liste "à la proportionnelle",
souvent utilisés pour les élections législatives, dans lesquels les électeurs
votent habituellement davantage pour un parti que pour des hommes et où les
sièges sont répartis entre les listes au pro rata des suffrages obtenus par
chaque liste.
- La proportionnelle tend à susciter une multitude de petits
partis très organisés. Les scrutins uninominaux favorisent, eux, une
bipolarisation entre deux grandes coalitions assez lâches. Dans chacun de ces
systèmes, les représentants du peuple participent au débat, aux négociations
entre partis, à la formation d'une coalition et aux compromis qui sont la marque
des parlements démocratiques.
- Les démocraties ont souvent un système parlementaire
bicaméral qui comporte deux chambres : une chambre dite basse (assemblée
nationale ou chambre des députés) et une chambre dite haute (souvent appelée le
sénat). Généralement les lois doivent être approuvées par les deux chambres.
Un pouvoir judiciaire indépendant
Une constitution écrite contient les lois principales que les citoyens
de la nation acceptent de respecter, et établit la structure
fondamentale de leur gouvernement. Conséquemment, le droit
constitutionnel démocratique - fondé sur les principes de la liberté
individuelle, des droits des collectivités et de la limitation des
pouvoirs des autorités publiques - crée le cadre dans lequel s'exerce le
gouvernement d'une démocratie.
- Le droit constitutionnel reconnaît que l'exercice démocratique et
responsable de l'autorité doit s'accompagner de limites constitutionnelles aux
pouvoirs du gouvernement.
- Toutes les lois doivent être rédigées conformément à la
constitution. Dans une démocratie, un pouvoir judiciaire indépendant permet aux
citoyens de contester des lois qu'ils estiment illégales ou
anticonstitutionnelles et de chercher à obtenir réparation auprès des tribunaux
lorsqu'ils estiment avoir été victimes d'actions illégitimes du gouvernement ou
de ses représentants.
- Une constitution établit le cadre de l'exercice de
l'autorité du gouvernement - elle précise l'étendue de cette autorité, les
mécanismes par lesquels elle s'exerce, et les procédures de promulgation des
futures lois.
- Une constitution définit la citoyenneté et établit les
conditions de l'octroi du droit de vote.
- Une constitution établit les fondations politiques,
administratives et judiciaires de l'État, notamment la structure de la
législature et des tribunaux, les conditions d'obtention d'un poste électif et
les règles que doivent respecter les élus.
- Une constitution stipule les responsabilités des ministères
du gouvernement et lui donne le droit de prélever des impôts et de créer une
force de défense nationale.
- Dans un régime fédéral, la constitution répartit le pouvoir
entre les divers niveaux de gouvernement.
- Étant donné qu'une constitution est toujours le reflet d'une
période précise de l'histoire, elle doit être amendable afin de s'adapter aux
besoins futurs, forcément changeants, de la population. Du fait de l'importance
de cette souplesse pour faire face aux difficultés imprévisibles de l'avenir,
les constitutions sont généralement rédigées de façon à prescrire uniquement les
principes généraux du gouvernement;
- Une constitution comporte généralement deux types de droits
: des droits négatifs et des droits positifs.
- Les droits négatifs stipulent ce que le gouvernement n'a pas
le droit de faire. Ces droits limitent l'action du gouvernement et l'empêchent
d'influencer certains comportements des citoyens. Par exemple, le gouvernement
doit éviter de limiter la liberté de parole et de rassemblement des citoyens, et
ne peut les emprisonner illégalement.
- Les droits positifs disent au gouvernement ce qu'il doit
faire et prescrivent les droits des citoyens. Ces droits peuvent être de nature
sociale, économique ou culturelle et prendre la forme de garanties par le
gouvernement de divers avantages sociaux. Il peut par exemple s'agir de
garanties concernant l'éducation primaire et secondaire universelle, le «
bien-être » après la retraite, ou encore l'emploi et les soins médicaux pour
tous.
Le droit constitutionnel
Une constitution écrite contient les lois principales
que les citoyens de la nation acceptent de respecter, et établit la
structure fondamentale de leur gouvernement. Conséquemment, le droit
constitutionnel démocratique - fondé sur les principes de la liberté
individuelle, des droits des collectivités et de la limitation des
pouvoirs des autorités publiques - crée le cadre dans lequel s'exerce le
gouvernement d'une démocratie.
- Le droit constitutionnel reconnaît que l'exercice démocratique et
responsable de l'autorité doit s'accompagner de limites constitutionnelles aux
pouvoirs du gouvernement.
- Toutes les lois doivent être rédigées conformément à la
constitution. Dans une démocratie, un pouvoir judiciaire indépendant permet aux
citoyens de contester des lois qu'ils estiment illégales ou
anticonstitutionnelles et de chercher à obtenir réparation auprès des tribunaux
lorsqu'ils estiment avoir été victimes d'actions illégitimes du gouvernement ou
de ses représentants.
- Une constitution établit le cadre de l'exercice de
l'autorité du gouvernement - elle précise l'étendue de cette autorité, les
mécanismes par lesquels elle s'exerce, et les procédures de promulgation des
futures lois.
- Une constitution définit la citoyenneté et établit les
conditions de l'octroi du droit de vote.
- Une constitution établit les fondations politiques,
administratives et judiciaires de l'État, notamment la structure de la
législature et des tribunaux, les conditions d'obtention d'un poste électif et
les règles que doivent respecter les élus.
- Une constitution stipule les responsabilités des ministères
du gouvernement et lui donne le droit de prélever des impôts et de créer une
force de défense nationale.
- Dans un régime fédéral, la constitution répartit le pouvoir
entre les divers niveaux de gouvernement.
- Étant donné qu'une constitution est toujours le reflet d'une
période précise de l'histoire, elle doit être amendable afin de s'adapter aux
besoins futurs, forcément changeants, de la population. Du fait de l'importance
de cette souplesse pour faire face aux difficultés imprévisibles de l'avenir,
les constitutions sont généralement rédigées de façon à prescrire uniquement les
principes généraux du gouvernement.
- Une constitution comporte généralement deux types de droits
: des droits négatifs et des droits positifs.
Les droits négatifs stipulent ce que le gouvernement n'a pas le droit de faire.
Ces droits limitent l'action du gouvernement et l'empêchent d'influencer
certains comportements des citoyens. Par exemple, le gouvernement doit éviter de
limiter la liberté de parole et de rassemblement des citoyens, et ne peut les
emprisonner illégalement.
Les droits positifs disent au gouvernement ce qu'il doit faire et prescrivent
les droits des citoyens. Ces droits peuvent être de nature sociale, économique
ou culturelle et prendre la forme de garanties par le gouvernement de divers
avantages sociaux. Il peut par exemple s'agir de garanties concernant
l'éducation primaire et secondaire universelle, le « bien-être » après la
retraite, ou encore l'emploi et les soins médicaux pour tous.
La liberté de parole
La liberté de parole et d'expression, s'agissant tout particulièrement
de questions politiques et d'autres affaires publiques, est le ferment
de toute démocratie. Les gouvernements démocratiques ne contrôlent pas
le contenu de la plupart des écrits et discours. En conséquence, les
démocraties sont généralement caractérisées par une multitude de voix
exprimant des idées et des opinions variées, voire contradictoires.
Selon les théoriciens de la démocratie, un débat libre et ouvert aboutit
normalement à la considération de la meilleure opinion et permet ainsi
d'éviter les erreurs graves.
- La démocratie dépend d'une population alphabétisée, cultivée et
ayant accès à l'information de façon à participer le plus pleinement possible à
la vie publique de sa société et à critiquer les responsables du gouvernement
lorsqu'ils prennent des mesures malavisées ou tyranniques. Les citoyens et leurs
représentants élus reconnaissent que la démocratie dépend de l'accès le plus
libre possible à des idées, à des données et à des opinions non censurées.
- Pour que les peuples libres puissent se gouverner eux-mêmes,
ils doivent être libres de s'exprimer - ouvertement, publiquement et aussi
souvent qu'ils le souhaitent - que ce soit oralement ou par écrit.
- En démocratie, le principe de la liberté de parole doit être
protégé par la constitution qui interdira aux pouvoirs législatif et exécutif
d'imposer une censure.
- La protection de la liberté de parole est un droit dit
négatif, en ce qu'il se borne à empêcher le gouvernement de limiter la liberté
de parole, contrairement aux droits dits positifs, qui exigent une action
particulière du gouvernement. Dans la plupart des cas, les autorités d'une
démocratie ne se mêlent pas du contenu des écrits et des discours dans leur
société.
- La contestation étant le terrain d'épreuve de la démocratie,
le droit de se rassembler pacifiquement est essentiel et est partie intégrante
de l'exercice du principe de la liberté de parole. Une société civile autorise
un débat animé entre ceux qui sont en profond désaccord au sujet d'un dossier
quelconque.
- La liberté de parole est un droit fondamental, mais il n'est
pas absolu. Il ne saurait être invoqué pour justifier la violence, la calomnie,
la diffamation, la subversion ou l'obscénité. Toutefois, les démocraties bien
établies exigent généralement un niveau élevé de menace pour justifier
l'interdiction d'expressions pouvant inciter à la violence, nuire de façon
mensongère à la réputation d'autrui, renverser un gouvernement constitutionnel
ou promouvoir un comportement obscène. La plupart des démocraties interdisent
également tout discours incitant à la haine raciale.
- Dans toute démocratie, la difficulté consiste à trouver le
juste équilibre entre la protection de la liberté de parole et de rassemblement
d'une part, et la lutte contre les discours qui incitent réellement à la
violence, à l'intimidation ou à la subversion, d'autre part.
La responsabilité du gouvernement
Un gouvernement a l'obligation de rendre des comptes.
Les représentants officiels, qu'ils soient élus ou non, doivent
expliquer leurs décisions et leurs actions à leurs concitoyens. L'État
s'acquitte de cette obligation grâce à de multiples mécanismes -
politiques, juridiques et administratifs - mis en place pour éviter la
corruption et garantir que les hauts fonctionnaires demeurent proches du
peuple et assument la responsabilité de leurs actions. Sans de tels
mécanismes, la corruption peut se développer.
- Des élections libres et équitables constituent le principal
mécanisme en matière de responsabilité politique. Un mandat à durée déterminée
et la tenue d'élections obligent les élus à justifier leurs décisions et à
permettre à des rivaux politiques de proposer d'autres choix politiques. Si les
électeurs ne sont pas satisfaits des résultats obtenus par un élu, ils peuvent,
une fois le mandat de ce dernier terminé, voter en faveur d'un adversaire.
-
Le degré de responsabilité politique auquel un haut dirigeant
est tenu dépend de plusieurs critères, notamment s'il a été élu ou nommé à son
poste, la longueur de son mandat et le nombre de mandats successifs qu'il peut
cumuler.
- Les mécanismes juridiques appuyant la responsabilité comprennent les
constitutions, actes législatifs, décrets, règles, codes et autres instruments
juridiques qui limitent les pouvoirs des dirigeants et précisent les actions que
les citoyens peuvent prendre contre ces derniers si leur conduite est jugée
insatisfaisante.
- La responsabilisation juridique des membres du gouvernement exige un
appareil judiciaire indépendant, habilité à permettre aux citoyens d'engager des
poursuites contre le gouvernement.
- Parmi les mécanismes appuyant la responsabilité juridique figurent :
- des codes d'éthique et de conduite à l'intention des hauts fonctionnaires,
donnant les grandes lignes des pratiques inacceptables;
- des lois relatives aux conflits d'intérêts et des lois portant sur la
divulgation d'information financières, qui exigent des membres du gouvernement
qu'ils donnent des informations sur la source de leurs revenus et sur leurs
biens, pour que le public puisse décider si les intérêts financiers de ces
responsables risquent ou non d'influencer leurs actions ;
- des lois donnant à la presse et au public accès au journal officiel et autres
procès-verbaux du gouvernement ;
- la participation citoyenne, obligeant les gouvernements à consulter l'opinion
publique lors de la prise de certaines décisions ;
- le droit de regard du judiciaire, qui donne aux tribunaux le pouvoir
d'examiner les décisions et les actions prises par les hauts fonctionnaires et
les organes gouvernementaux.
-
Les mécanismes appuyant la responsabilité administrative
comprennent la mise en place de bureaux au sein des organes gouvernementaux ou
des ministères et l'adoption de pratiques dans le cadre de procédures
administratives qui sont spécifiquement conçus pour garantir que les décisions
et les actions des dirigeants sont bien prises dans l'intérêt du public. Ces
mécanismes comprennent :
- des médiateurs au sein des organes gouvernementaux auxquels le public peut
adresser ses plaintes et qui doivent essayer d'y remédier ;
- des examinateurs indépendants qui vérifient soigneusement les dépenses de
fonds publics afin de mettre à jour les abus ;
- des tribunaux administratifs qui entendent les revendications du public en ce
qui concerne les décisions prises par les organes gouvernementaux ;
- des règles d'éthique qui protègent contre les représailles ceux qui, au sein
des gouvernements, dénoncent les cas de corruption ou d'abus de pouvoir par les
hauts fonctionnaires.
Des élections libres et honnêtes
Des élections libres et honnêtes permettent aux habitants des
démocraties représentatives de décider de la représentation des partis
politiques au sein de leur gouvernement et de la direction à donner à la
politique nationale.
- Des élections libres et honnêtes accroissent la probabilité d'un
transfert pacifique du pouvoir. Elles aident à garantir que les candidats
perdants accepteront le verdict du scrutin et céderont le pouvoir au nouveau
gouvernement.
- Les élections ne suffisent pas à garantir la
démocratie car des dictateurs peuvent se servir des ressources publiques pour
truquer le processus électoral.
- Pour que les élections soient
libres et honnêtes, il faut :
le suffrage universel, de façon que tous les hommes et femmes ayant le droit de
vote puissent voter : les démocraties n'enlèvent pas ce droit aux minorités ou
aux handicapés, et elles ne l'accordent pas seulement à ceux qui savent lire et
écrire ou qui sont propriétaires de biens immeubles ;
la liberté de s'inscrire sur les listes électorales ou de briguer des fonctions
électives ;
la liberté d'expression pour les candidats et les partis politiques : les
démocraties n'empêchent pas les candidats ou les partis politiques de critiquer
les résultats obtenus par ceux qui sont au pouvoir ;
de nombreuses possibilités pour les électeurs de recevoir des informations
objectives de la part d'une presse libre ;
la liberté de rassemblement pour les participants aux rallyes politiques et les
organisateurs des campagnes électorales ;
des règles exigeant que les représentants des partis se tiennent à distance du
bureau de vote le jour de l'élection : des responsables électoraux, des
bénévoles assistant à l'organisation du scrutin et des observateurs
internationaux peuvent aider les électeurs à mieux comprendre les procédures
électorales, mais ne peuvent influencer leur choix ;
un mécanisme impartial et équilibré de scrutin et de vérification des résultats
: les responsables électoraux doivent être indépendants sur le plan politique,
les observateurs du dépouillement peuvent être des représentants des partis en
lice ;
des isoloirs où les électeurs pourront voter, des urnes inviolables et un
dépouillement transparent ;
un scrutin secret : il permet à l'électeur de choisir le parti ou le candidat
sans crainte de représailles ;
des lois interdisant la fraude électorale pour empêcher le truquage du scrutin,
par exemple compter deux fois le même bulletin de vote ou incorporer dans le
décompte le bulletin de personnes qui n'auraient pas voter ;
des procédures permettant un nouveau dépouillement et, en cas de contestation,
des mécanismes et des procédures garantissant que les élections se sont
déroulées correctement.
- Les mécanismes de vote, qui varient d'un pays à l'autre, et même
au sein d'un même pays, comprennent :
- des bulletins de vote en papier : le choix est coché ou perforé ;
- des bulletins de vote portant les photographies des candidats ou l'emblème des
partis en lice de façon que les personnes illettrées puissent voter en
connaissance de cause ;
- des systèmes électroniques : les électeurs touchent un écran ou appuient sur
des boutons pour enregistrer leur vote ;
- le vote par correspondance qui permet à ceux qui ne seront pas en mesure de
voter le jour de l'élection de le faire auparavant.
La liberté de religion
Tous les citoyens devraient être libres de suivre
leur conscience en ce qui concerne les questions relatives à la foi
religieuse. La liberté de religion comprend le droit de pratiquer sa
religion seul ou en compagnie d'autres personnes, en public comme en
privé, et de respecter les pratiques et enseignements de sa religion
sans craindre d'être persécuté par le gouvernement ou d'autres éléments
de la société.
- Tous les hommes ont le droit de pratiquer leur religion, de se
réunir dans le cadre de l'expression d'une religion ou de croyances et d'établir
et entretenir des endroits spécifiques dans ce but.
- À l'instar de tout autre droit de l'homme fondamental, la
liberté de religion n'est pas créée ou donnée par l'État, mais tous les États
devraient la protéger. Dans la constitution des démocraties, la protection de la
liberté de religion est clairement énoncée.
- Si certaines démocraties décident de reconnaître
officiellement la séparation de l'Église et de l'État, les valeurs sous-tendant
un gouvernement et une religion ne sont pas fondamentalement opposées.
- Les démocraties ne créent pas en principe d'agences
gouvernementales ou autres organismes officiels afin de réglementer les affaires
religieuses, bien qu'elles puissent exiger l'enregistrement des lieux consacrés
au culte et des associations religieuses pour des raisons administratives ou
fiscales.
- Les gouvernements qui protègent la liberté de religion pour
tous leurs concitoyens sont plus enclins à protéger les autres droits qui sont
indispensables à la liberté de religion, notamment la liberté d'expression et la
liberté de réunion.
- Les véritables démocraties reconnaissent que les différences
religieuses individuelles doivent être respectées et qu'un des principaux rôles
du gouvernement est de protéger le choix en matière de religion, même dans les
cas où l'État consacre une religion particulière.Par ailleurs,
- les démocraties ne décident ni du contenu des publications religieuses, ni de
celui de l'enseignement religieux ou des sermons ;
- elles respectent le droit qu'ont les parents de guider l'éducation religieuse
de leurs enfants ;
- elles proscrivent l'incitation à la violence contre autrui pour des motifs
religieux ;
- elles protègent les membres des minorités ethniques, religieuses et
linguistiques ;
- elles autorisent les gens à respecter les jours de repos associés à leur
religion et à célébrer les jours saints liés à leurs croyances ;
- elles permettent l'épanouissement des associations œcuméniques, car les gens
de fois différentes cherchent à trouver un terrain d'entente à propos de
questions diverses et collaborent en vue de résoudre les difficultés communes de
la société ;
- elles donnent la possibilité au gouvernement, aux responsables religieux, aux
organisations non gouvernementales et aux journalistes d'enquêter sur les
informations faisant état de persécution religieuse ;
- elles respectent le droit qu'ont les organisations religieuses de participer
librement à la société civile et d'y contribuer, notamment de diriger des écoles
confessionnelles, de gérer des hôpitaux, de s'occuper des personnes âgées, et de
mettre sur pied d'autres programmes et activités pour le bien de la société.
Les droits des femmes et des filles
La discrimination à l'encontre des femmes signifie
que certaines lois ou pratiques encouragent un traitement différent,
cautionnent l'exclusion ou imposent des restrictions sur la base du
sexe.
- Les démocraties doivent s'efforcer de protéger les droits des
femmes, encourager la participation de ces dernières à tous les volets de la
société et du gouvernement et créer des espaces où les femmes peuvent se réunir
et s'exprimer librement.
- Pour les femmes, les droits juridiques
comprennent la même représentation que pour les hommes en vertu de la loi et
l'accès aux ressources judiciaires.
- Les droits des femmes doivent
être clairement énoncés : l'ambiguïté du statut légal de la femme reste encore
l'une des principales causes de la pauvreté dans le monde.
- Les
femmes devraient avoir le droit d'être propriétaires de biens et d'hériter.
-
Les femmes devraient avoir la possibilité de participer à l'élaboration et à la
mise en application des constitutions et des lois.
- Les droits
politiques des femmes comprennent, entre autres, le droit de vote, le droit de
briguer un poste électif, le droit de participer au gouvernement et le droit de
former des associations politiques.
- Les démocraties doivent appuyer
les initiatives de la société civile, tant officielles que non gouvernementales,
qui préparent les femmes à voter, qui les forment aux techniques d'organisation
d'une campagne politique, et qui les informent à propos du processus législatif.
-
La mobilisation des femmes à tous les niveaux de la société civile et du
gouvernement est un atout pour les démocraties, qui s'en trouvent renforcées.
-
Les femmes et les filles doivent pouvoir bénéficier d'un enseignement primaire.
On ne devrait pas les empêcher d'aller à l'école ou d'enseigner dans les lycées
et les universités.
- Les droits économiques donnent aux femmes la
direction de leurs avoirs économiques et les aident à éviter des comportements
sexuels risqués et des relations personnelles caractérisées par la domination et
les sévices. Ces droits comprennent :
les mêmes débouchés que les hommes au plan de l'emploi et les mêmes critères
d'embauche ;
la protection contre la perte de l'emploi en raison d'une grossesse ou d'un
mariage ;
l'accès des femmes à des programmes qui leur permettent de réaliser des revenus,
notamment aux prêts réservés aux micro-entreprises et à la formation
professionnelle ;
un salaire égal, un traitement semblable et le respect sur le lieu de travail.
Les démocraties doivent s'efforcer de garantir la santé et le bien-être des
femmes et des filles et leur permettre, au même titre que les hommes, de
participer aux divers programmes de santé, notamment à ceux qui portent sur :
les soins médicaux, la prévention de la maladie, et les soins prénataux ;
la prévention du VIH/sida, l'amélioration des soins aux personnes infectées, la
réduction de la transmission de la mère à l'enfant. - Les démocraties
doivent aussi :
lutter contre les trafiquants qui, par la ruse, la fraude ou la coercition,
enrôlent de force les femmes et les filles dans la prostitution ou les
asservissent en tant que domestiques ;
lutter contre le « tourisme sexuel » qui repose souvent sur l'exploitation des
femmes et des enfants ;
éduquer les familles à propos des conséquences aux plans social et de la santé
des mariages précoces ;
appuyer les organisations d'aide aux victimes, notamment de violences conjugales
et de viol ;
former les policiers, les avocats, les juges et le personnel médical aux
problèmes liés à la violence conjugale pour réduire leur fréquence ;
interdire la pratique de la mutilation génitale des filles.
Les coalitions et les compromis
Toute société comporte des groupes de gens animés d'opinions différentes
sur des sujets d'importance majeure. Une démocratie libérale reconnaît
que c'est là un avantage pour le pays et, en conséquence, elle prône la
tolérance et l'expression de points de vue différents.
Les gouvernements démocratiques obtiennent de bons résultats lorsque les
politiciens et les hauts responsables comprennent que les questions
complexes n'ont que rarement des solutions toutes tranchées et qu'il
existe des interprétations diverses des principes démocratiques et des
priorités sociales.
- La liberté de réunion et la liberté de la presse encouragent un
dialogue ouvert et l'échange d'idées. Cette ouverture permet à un gouvernement
d'identifier les problèmes et aux groupes de se réunir afin d'aplanir les
divergences. (Dans le secteur privé, le « marché des idées » offre les
possibilités d'innovation et d'investissement qui sont les moteurs de la
croissance économique.)
- Des coalitions se forment lorsque des groupes d'intérêt ou
des partis politiques s'unissent autour de questions d'intérêt commun, même
s'ils sont en complet désaccord sur d'autres questions. La réalisation d'un
compromis sur les dossiers importants permet au gouvernement de s'acquitter de
ses responsabilités.
- Le législatif, dans une démocratie, compte sur l'élaboration
de coalitions afin de promulguer des lois :
- dans un système parlementaire, les groupes politiques créent des alliances
avec d'autres groupes afin de promouvoir leurs intérêts et former des
gouvernements ;
- dans un système présidentiel, les législateurs s'écartent parfois de la
position de leur parti pour voter sur des questions qui leur tiennent
profondément à cœur.
- Les coalitions exigent souvent qu'un parti politique soit
disposé à faire abstraction de certaines divergences de vues avec d'autres
groupes pour réaliser d'importants objectifs figurant à leur ordre du jour.
- Étant donné que les gouvernements de coalition sont composés
de membres de partis représentant parfois des points de vue opposés, le risque
de dissolution du gouvernement existe. Dans certaines démocraties, il arrive que
des coalitions au pouvoir se forment et se dissolvent plusieurs fois, même dans
le courant d'une seule année.
Le rôle des Organisations non gouvernementales
Dans une démocratie, de simples citoyens peuvent former des groupes
indépendants qui répondent aux besoins de leur collectivité ou de leur
pays et qui appuient, complètent ou même critiquent le travail du
gouvernement. On appelle souvent ces organismes des « Organisations non
gouvernementales », ou ONG, car elle ne sont pas une extension des
fonctions de l'État.
- Les ONG permettent aux individus d'améliorer leur société en se
faisant les défenseurs d'une cause, en donnant des informations, en attirant
l'attention sur d'importantes questions touchant le public et en surveillant la
conduite du gouvernement et des entreprises privées.
- Les ONG
permettent à des personnes de milieux différents d'apprendre à travailler
ensemble et à élaborer les compétences, les liens et la confiance nécessaires à
une bonne gouvernance.
- Les ONG servent un vaste éventail d'intérêts
publics. Elles peuvent être des fournisseurs de services sociaux, des défenseurs
de l'environnement, des promoteurs d'un certain niveau de vie ou de certaines
normes du travail, ou bien être le catalyseur de changements démocratiques.
-
Les ONG représentent souvent les intérêts de gens qui, sans leur aide,
pourraient être exclus des débats politiques nationaux. Elles ouvrent le
discours public à des gens issus de toutes les classes économiques et sociales
ainsi qu'aux femmes et aux minorités.
- Le financement des ONG peut
provenir de dons de personnes privées, de fonds fiduciaires privés, d'organismes
philanthropiques, de sociétés, d'associations religieuses, d'institutions
internationales, d'autres ONG, de la vente de marchandises et de services et
même de gouvernements.
- Bien souvent, les gouvernements et les ONG
sont partenaires. Les ONG peuvent fournir les compétences locales et régionales
et le personnel sur le terrain afin de mettre en œuvre des projets financés par
le gouvernement.
- Les ONG peuvent n'être affiliées à aucun parti
politique, ou reposer sur les idéaux d'un parti en particulier et chercher à
faire avancer une cause spécifique ou plusieurs causes d'intérêt public. Quel
que soit le modèle, l'important est que l'États ne doit exercer qu'un contrôle
politique minimum sur le fonctionnement d'une ONG.
- Les ONG mettent
au point des programmes à l'échelon local et international dans pratiquement
tous les domaines qui contribuent à la promotion des principes de la démocratie,
notamment :
- les droits de l'homme, en encourageant l'adoption de normes internationales et
en vérifiant que des violations et des abus ne sont pas commis ;
- la primauté du droit, par le truchement d'une aide juridique abordable ou
gratuite et de la fourniture à tous d'informations concernant leurs droits, et
en encourageant la réforme judiciaire ;
- la participation des femmes, en les préparant à la participation politique et
en les protégeant de la discrimination socio-économique ;
- l'instruction civique, par le biais de projets éducatifs portant sur le rôle
du citoyen dans une société démocratique et diverse ;
- la liberté de la presse, en encourageant l'indépendance des médias, la
formation des journalistes et en fixant des normes en matière de déontologie
journalistique ;
- le développement des partis politiques, en faisant surveiller les élections
par des observateurs locaux bien formés et en organisant des campagnes
apolitiques d'inscription sur les listes électorales ;
- la responsabilisation du gouvernement, grâce à l'analyse critique de sa ligne
d'action et à la surveillance de ses activités.
Source: iiptcp@state.gov. |
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