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ANALYSE : 19 mai 2010
Togo: Alternative pour une sortie de
crise
22 propositions pour refonder la démocratie au Togo
Dans notre analyse sur le cinquantenaire de
l’indépendance, nous avons exposé de manière franche, sans ambigüité ni
faux-fuyants, notre appréciation sur la situation du Togo, affecté par
une grave crise politique. Celle-ci est la conséquence directe du
dernier scrutin présidentiel entaché d'irrégularités graves, et vient se
superposer à la triple crise éthique, identitaire et managériale à
laquelle notre pays est depuis longtemps confronté.
L’élection du 4 mars 2010 a été une nouvelle occasion
pour le Pouvoir sortant de faire usage du financement de l'Union
européenne, l'argent des contribuables, pour soutenir à nouveau une
confusion électorale. Les responsables de l'Union Européenne ont
malheureusement dû constater que la confiance qu'ils ont placée dans le
Gouvernement actuel n'a pas été au rendez-vous, et c'est ainsi que la
Communauté internationale s'est retrouvée piégée et a dû avaliser la
continuité du statu quo politique. Cette crise est donc bien la
conséquence fâcheuse de l'absence de vérité des urnes récurrente au
Togo.
Malgré le niveau important d'imperfections des observations électorales
effectuées par les délégués de l'Union Africaine (UA) et de la
Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ces
derniers n'ont pas eu le courage de confirmer l'importance des
irrégularités graves du scrutin et ont préféré opter pour l'alignement
sur la continuité du statu quo, le choix de la contre-vérité des urnes.
Aucune des missions d’observation, ne peut fournir pour la totalité des
bureaux de vote du Togo, la moindre preuve concrète, démocratiquement
acceptable, que les bulletins de vote et les souches électorales sont
identiques. Ce point essentiel, est expliqué dans le rapport
préliminaire de la Mission d'Observation Electorale de l'Union
Européenne (MOEUE).
En conséquence, le Togo n'a pas aujourd’hui de Président légitime ! Il
est donc impossible de déterminer de manière crédible le véritable
paysage politique du Togo. Les résultats compilés de manière
non-contradictoire, annoncés unilatéralement par les institutions
électorales instrumentalisées par le Pouvoir sortant sont loin de
refléter le choix des électeurs togolais, ce qui handicape les alliances
intelligentes entre les partis politiques.
La mise en scène soutenue par la force militaire, le clientélisme
institutionnalisé de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI),
le rôle de la Cour Constitutionnelle (CC), la prestation de serment
ajournée en dehors de toute légalité constitutionnelle, illustrent la
réalité d’un scrutin dévoyé et ne peuvent cacher le malaise sociétal qui
en résulte. Le Pouvoir politique perpétue une démocratie de façade, ce
qui n'est rien d'autre qu'une véritable démocratie de la honte, dans ce
Togo où mauvaise gouvernance, arbitraire et incompétence sont érigés en
valeurs cardinales de la République afin de prolonger pour cinq ans un
règne fondé sur une gouvernance économique médiocre.
Pour l’instant les marches, veillées, contestations du Peuple et de la
Diaspora, n'ont pas encore eu raison de l'abus de pouvoir systémique. Un
système de délation et de migration politique se met en place, alimenté
par l’envie de certains de grossir les rangs du système clientéliste.
Tous ceux qui s'y aventurent, sont prêts à perdre leur âme, autant que
toute valeur éthique ou déontologique, et s’abritent derrière une
fausse-naïveté pour faire croire qu’il est possible de changer le
système du dedans. En réalité, ils ont choisi le camp de la
contre-vérité des urnes, consciemment ou inconsciemment.
Le choix fait par Faure GNASSINGBE, de reconduire son dernier Premier
Ministre, est un signe très fort de verrouillage politique, et marque sa
volonté de perpétuer une gouvernance aux antipodes de la démocratie. Le
témoignage de cette volonté est attesté par les manœuvres en cours, de
toute nature, y compris les achats de consciences, pour tenter de former
un Gouvernement où rupture politique reste synonyme de statu quo.
Des moyens colossaux sont dépensés, pour des campagnes de communication
destinées à faire oublier les graves irrégularités de l’élection,
invalidantes en termes de légitimité. On ne peut exclure semble-t-il, le
recours à la corruption pour déstabiliser certains partis politiques,
soit par le haut, soit en instrumentalisant certains de leurs adhérents
ayant choisi la trahison. Le poids et les "arguments" de ce système ne
peuvent qu'intimider les plus vulnérables.
Les transhumances politiques en cours dans certains partis politiques
sont de nature à affaiblir leur unité, surtout lorsque le principe de
choix démocratique des candidats à la candidature fait encore défaut.
Sous couvert du Gouvernement de large ouverture et de grandes
compétences, se décline l’hymne à la contre-vérité des urnes et au
déficit de moralité publique ! Le choix imposé au Peuple togolais avec
le Gouvernement HOUNGBO 2 est simple : accepter la contrevérité des
urnes ou alors choisir de continuer le combat pour la vérité des urnes.
Le Peuple togolais prenant conscience qu'il peut choisir une autre voie,
celle de la vérité des urnes, et l’imposer par la force inébranlable de
sa détermination, pourra alors faire taire les divisions qui pourraient
naître jusque dans les cellules familiales. Cette démarche est salutaire
car le Togo ne peut se construire ni sur la base du mensonge, ni sur
celle de la division, et encore moins du silence coupable !
Parmi les acteurs politiques, opérateurs économiques, dirigeants des
institutions, représentants des organisations de la société civile,
aucun, en raison de son expérience personnelle ou en se référant à la
mémoire collective, ne peut se prévaloir d’une méconnaissance de cette
situation, ni justifier la force d’inertie généralisée qui affecte le
corps social dans son ensemble.
Chacun connaît la vérité, autant que les causes du
"mal togolais", mais nul n’accepte de le dire et de l’assumer
publiquement. Au Togo, chacun sait, qu’une frange très minoritaire de la
population gouverne le pays, sur la base exclusive de considérations
ethniques et claniques élargies à un cercle politico-mafieux. Ce facteur
déterminant empêche notre pays d’accéder à l’indispensable cohésion
sociale qui conditionne le développement d’une nation.
Chacun sait, que le "système RPT", conscient du
moindre poids de son influence politique, pour éviter de perdre les
élections et se maintenir, favorise la corruption massive de certains
électeurs, certains opposants ou pseudo-opposants, voire même certains
observateurs électoraux. Paradoxalement, malgré un environnement
électoral non transparent et entachés d'irrégularités construites, Faure
GNASSINGBE n’a en fait pas gagné l’élection présidentielle du 4 mars
2010, malgré un environnement électoral non transparent et entaché
d'irrégularités construites, qui ont empêché le décompte des voix qui
donne le Front Républicain pour l'Alternance et le Changement (FRAC)
gagnant, mais aujourd’hui lésé dans ses droits.
Par peur, les voix habituellement porteuses du haut
message de la spiritualité et du vivre ensemble, se taisent. Peur de
quoi ? De perdre sa vie, son honneur, sa fortune ?
Le message de justice et de paix est universel ! Il
doit être rappelé à toutes les filles et à tous les fils du Togo tout
entier, surtout au premier d’entre eux, censé diriger la nation tout
entière. Le silence est aussi coupable que la vérité est salvatrice. La
violation permanente des principes de la démocratie, permet à la
Nomenklatura d'asseoir une gestion patrimoniale et une mentalité de
rentier qui conduit à piller le pays, ad vit am aeternam, sans
d'ailleurs créer des richesses nouvelles, plongeant ainsi la population
dans une grande détresse.
Le Togo, pays riche des productions de son sous-sol, de son agriculture,
de son infrastructure portuaire, dispose de revenus dont le montant ne
se trouve pas à l'identique dans le budget de la Nation, profondément
diminué par le refus de redistribution et vraisemblablement la cupidité
de ses dirigeants. Faure GNASSINGBE, sa famille, leurs alliés, se sont
arrogés un droit de sujétion permanent et inaliénable, sur les Togolais
et sur la richesse de la Nation, qu’ils gèrent en nom propre et non dans
l’intérêt collectif.
Les dysfonctionnements récurrents au sein de tout l’appareil d’Etat,
l’absence de séparation des pouvoirs, caractéristique primordiale de
celui du Togo, sont encouragés par le silence de certaines élites, qui
équivaut de fait, à un laisser-faire, un blanc-seing permanent ! La
question des Droits de l’Homme recouvre de manière incontestable une
dimension historique, inséparable de leur caractère universel. Ainsi au
Togo, l’impunité a toujours été magnifiée dans le seul but de maintenir
en place les tenants du pouvoir. Ce faisant, les racines de la discorde
nationale plongent très loin dans le temps. Bien des actes publics
malheureux émanent du subconscient de leurs auteurs. Cette particularité
due à la construction historique ne saurait être écartée dans une
véritable entreprise de retour de la confiance entre les dirigeants et
le Peuple togolais, sous peine d’en amoindrir la portée, et in fine de
laisser perdurer les causes qui ont empêché jusqu’ici le développement
harmonieux de notre nation.
Le Président sortant auto-investi, a montré dans la
durée, qu’il n’éprouvait aucun engouement pour affronter la réalité des
faits historiques et assumer le poids de ses propres responsabilités, ou
pour rendre compte, en toute transparence, de sa gouvernance.
Comment la Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR), a-t-elle pu
se taire face aux dernières dérives électorales ? L'intimidation de ses
membres ? Comment les principales confessions religieuses du pays ont pu
se taire sur l'usurpation du pouvoir politique ? Tout indique à nouveau
qu’il n'y a aucune preuve tangible de la victoire du Président sortant
auto-investi. En raison justement du fait que les évaluations
postélectorales contradictoires ont été rendues impossibles par
l'utilisation abusive de la Force Sécurité Elections Présidentielles
2010 (FOSEP, aujourd'hui dissoute). Alors, parce que certains ont
délibérément choisi de se taire, le Peuple togolais se retrouve avec un
système qui lui dénie son autodétermination. Ce n'est pas de cette
manière que ce Peuple peut reconstruire une société de confiance. Les
citoyens togolais, sans armes, veulent faire avancer l’exigence du droit
à la vérité des urnes, et sont loin d’accepter l’idée d’une démocratie
falsifiée et au rabais.
Pourtant, la lumière n'a jamais été cachée par les ténèbres ! Au-dessus
des partis politiques, le CVU a fait le choix de rester à l'écoute du
Peuple Togolais, de ne pas se taire, et d’empêcher les tractations et
conciliabules faits sur le dos de ce Peuple.
Dans l’attente du rapport définitif des observateurs électoraux de
l'Union Européenne, tout en espérant que ce rapport ne soit pas vidé de
sa substance, le Peuple togolais doit se rendre à l'évidence qu'il est
seul pour mener le combat pour la vérité des urnes. De sa capacité de
mobilisation interne dépend l’amélioration de sa condition. Malgré tous
les obstacles dressés devant lui, en continuant pacifiquement son combat
contre la République du mensonge et de l’abus de droit, une frange
importante de la population garde son courage intact, et surtout
l’espoir qu’il est possible grâce à un élan républicain, dans un avenir
proche, de faire reculer le népotisme, faire triompher l’Ethique et les
valeurs de la Démocratie.
Le Collectif pour la Vérité des Urnes (CVU) en regroupant des Togolais
de tous bords animés uniquement par la volonté de reconstruire le Togo
sur la base de la vérité des urnes et des comptes, propose des
initiatives pour une sortie de crise. Il exhorte l'ensemble des partis
politiques, des associations de la société civile, à contribuer à
l’avènement de ce processus, seule voie alternative pouvant conduire à
la paix et au retour de la confiance.
Face aux nombreuses séquelles accumulées au cours de l’histoire, 50 ans
après l’indépendance de notre pays, soucieux de contribuer à une œuvre
pérenne au bénéfice de tous, le CVU se veut le porte-parole de millions
de nos compatriotes qui ne cessent de crier leur souffrance, conséquence
de la mauvaise gouvernance du Pouvoir sortant.
Le CVU ne prétend nullement détenir seul la vérité, au contraire, mais
est persuadé d’en porter au moins une part. Il apporte l’éclairage de
son analyse et tente d’organiser des forces populaires qui auraient,
sous d'autres cieux, rejoint des mouvements non pacifiques. Le CVU
s’inscrit donc fondamentalement dans la dynamique de préserver la paix
civile au Togo.
Pour résoudre l'actuelle crise politique profonde, il y a lieu d'ouvrir
les perspectives d'une nouvelle phase dans la vie du Togo. Il y a lieu
d'élaborer, sur des bases de transparence, de vérité des urnes et des
comptes, une feuille de route, sous forme d'une Charte de refondation de
la Démocratie. Celle-ci définira l’action politique, sous la direction
d’un Gouvernement de transition chargé de sortir le Togo de la crise
politique actuelle.
Le CVU, à partir des avis pluriels recueillis auprès de la Population
togolaise, sur le territoire national et au sein de la Diaspora,
présente 22 propositions construites sur une base de compétence,
destinées à faire l'objet d'un enrichissement par chacun des groupes
politiques et citoyens, afin de trouver un consensus sur un véritable
programme de transition.
Il suggère qu'un groupe d'experts puissent élaborer la version
préliminaire de la feuille de route, après avoir pris l'avis des
différents protagonistes, acteurs principaux de la lutte pour le retour
de la Démocratie au Togo. Il est fait appel au sens civique,
d'honnêteté, de défense des intérêts communs du Peuple togolais, pour
obtenir une adhésion massive au processus devant conduire à la Vérité
des urnes et des comptes dans le cadre d’une démarche positive et
constructive.
Le CVU appelle le Gouvernement actuel à faire la preuve de sa volonté
d’apaisement en saisissant la chance offerte, pour entamer de vraies
négociations, qui associent aux principaux partis politiques, les
associations représentatives de la société civile togolaise y compris
ceux de la Diaspora. Tous peuvent, au-delà de leur diversité plurielle,
apporter une précieuse contribution.
Il s’agit d’ouvrir une ère nouvelle, où des acteurs de tous horizons,
offriront une expertise basée sur la compétence, la probité, l'éthique,
qui garantira la prise en compte des intérêts supérieurs des Populations
togolaises, dans les négociations. C’est la preuve par excellence que la
Démocratie participative est la meilleure réponse à la crise de la
démocratie représentative au Togo !
22 PROPOSITIONS POUR REFONDER LA DEMOCRATIE AU TOGO
1. LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES
Cette mesure, est un préalable d’application immédiate et unilatérale,
qui doit intervenir avant le démarrage de tout processus de discussions
et de négociations. Cette libération s’accompagne également de l’abandon
immédiat de toute poursuite judiciaire pour des motifs politiques ou
d’opinion.
Ces deux décisions sont des actes forts qui
pourraient montrer une réelle volonté de la part des autorités
politiques de s’engager sur la voie de l’apaisement et d’une sortie de
crise politique. Sans cette volonté, le processus de retour de la vérité
des urnes et des comptes ne serait qu’un leurre, à l'image de la
démocratie de façade qui sévit au Togo depuis des décennies.
2. CONVOCATION D'UN GROUPE D'EXPERTS EN DEHORS DE LOME
Afin d'éviter les ingérences et assurer une réelle sécurité des
participants, il est proposé la convocation d'un groupe d'experts qui
pourra visiter le Togo pour recueillir les informations mais devra
élaborer son rapport en dehors de Lomé pour des raisons d'indépendance.
Afin de prévenir toute difficulté liée à des questions de préséance, ou
à des risques de pressions ou d’influences, le processus de discussion
politique doit être préparé par un groupe élargi et pluridisciplinaire.
Les experts recevront l’agrément des parties concernées pour un travail
d'une durée variant entre 12 jours et 30 jours dans un lieu que les
parties auront convenu.
La convocation de ce groupe d'experts sera
officialisée avec des termes de référence et un accord préalable. Les
résultats et recommandations transmis en toute transparence seront mis à
la disposition du public, des responsables d'association de la société
civile, de tous les partis politiques et du gouvernement.
L‘objectif du groupe d'experts sera d’élaborer le
détail d’un projet de Charte de refondation démocratique du Togo, qui
constituera le socle d’une feuille de route, destinée à être discutée au
sein d’une conférence élargie entre toutes les parties prenantes et les
mouvements associatifs ou citoyens.
Comme elle l’a fait lors de l’organisation du scrutin
du 4 mars 2010, l'Union Européenne pourra contribuer au renforcement du
processus démocratique au Togo en soutenant cette initiative et en
apportant son aide via le 10e FED (Fonds Européen de Développement). La
gestion de cette aide se fera dans le cadre d’une gestion transparente
assurée collégialement par l’ensemble des parties prenantes au
processus.
3. VALIDATION DU PROJET DE CHARTE AU PEUPLE TOGOLAIS
Le projet de Charte sera soumis aux citoyens togolais à titre
consultatif. Afin de corriger les résultats de la confusion électorale,
il sera demandé à l'Union Européenne d'utiliser les fonds disponibles
sur le 10e FED (Fonds Européen de Développement) et budgétisés pour les
acteurs de la société civile pour financer cette série de réunions de
préparation et d'élaboration d'une Charte de refondation démocratique du
Togo (CRDT).
Les populations disposeront de 21 jours après la
publication du projet pour envoyer leurs doléances qui devront être
prises en compte dans la version finale de la CRDT.
4. CONVOCATION ET CREATION D'UNE ASSEMBLEE DE CONCERTATION SUR LA CHARTE
DE REFONDATION DEMOCRATIQUE DU TOGO
Celle-ci devra contribuer à permettre de sensibiliser le plus grand
nombre d’interlocuteurs sur les options retenues afin de faciliter la
finalisation par les experts et l'adoption de la CRDT par la réunion
élargie. Le futur Gouvernement de transition devra alors mettre en œuvre
cette CRDT finalisée et adoptée. Les participants à l'Assemblée de
concertation sur la CRDT devront adopter le document final à la majorité
qualifiée et faire des propositions sur une liste de personnalités, pour
sa mise en œuvre, ceci dans le cadre d'un Gouvernement de transition.
Cette réunion sera présidée par un Haut-commissaire,
assisté par deux adjoints et deux rapporteurs. Ils seront identifiés et
désignés par voie électorale et ne peuvent qu'émaner de cette structure,
sur la base d'un vote public à la majorité qualifiée (2/3 des
participants).
5. ADOPTION PAR LE GOUVERNEMENT ACTUEL DES CONCLUSIONS DE CETTE
ASSEMBLEE
L’adoption par le Gouvernement actuel des conclusions de cette Assemblée
de Concertation est définitive. Les modifications ne peuvent se faire
que sur convocation de cette même Assemblée. Le Parti au pouvoir ne peut
modifier les termes puisque le Rassemblement du Peuple Togolais sera
partie prenante de cette Assemblée.
6. LE GOUVERNEMENT DE TRANSITION
Un Gouvernement de Transition, une fois désigné prendra le relais du
Gouvernement actuel pour une durée déterminée et exécutera la CRDT qui
tiendra lieu de feuille de route. Des rapports d'étapes seront prévus
pour permettre des ajustements éventuels ou faire le bilan de
l'avancement des résultats obtenus sur les objectifs fixés. Le
Gouvernement de Transition (GT) sera conduit par une équipe choisie sur
des critères éthiques et de compétence, et sera dirigé par une
personnalité qui obtiendra le consensus de tous les protagonistes de la
crise togolaise.
La mission du Gouvernement de Transition sera de 18
mois renouvelable une fois si nécessaire.
7. RETOUR A LA CONSTITUTION DE 1992 APPROUVEE PAR LE PEUPLE TOGOLAIS
Afin d’apporter la preuve de sa bonne foi, le Pouvoir sortant doit
s’engager sans condition sur le retour à la Constitution de 1992. Au
cours de la période de transition, particulièrement au cours des
préparatifs pour l'organisation d’un des nouveaux futurs scrutins
électoraux, il sera fait référence à cette Constitution dans sa version
originale adoptée par le Peuple togolais.
Le GT travaillera à faire adopter par référendum une
nouvelle Constitution qui répond le mieux aux exigences actuelles et qui
prend en compte les spécificités sociopolitiques togolaises.
8. ELABORATION D'UNE NOUVELLE CONSTITUTION
L’élaboration de celle-ci doit élargir le champ de la réflexion sur les
plans juridique et politique, pour prendre en compte la réalité de la
société africaine dans toute sa dimension et de la société togolaise en
particulier. Il est proposé de faire reposer la nouvelle constitution
togolaise sur au moins trois constitutions de pays où les alternances
politiques et la stabilité sont exemplaires.
Cette Constitution devra institutionnaliser le
principe de la décentralisation des pouvoirs, celui de la subsidiarité
et le principe du partenariat public-privé pour une meilleure
répartition des responsabilités au sein de la société. Par ailleurs,
elle devra intégrer l’idée d’un service civique obligatoire, la
promotion de la jeunesse à travers la mise en place d’un véritable
Conseil National de la Jeunesse (CNJ) et d’un Parlement des Jeunes.
9. LA CHARGE DE PREMIER MINISTRE DE TRANSITION
L'Assemblée de concertation procédera à la définition des missions du
Premier Ministre de transition.
10. L'ORGANISATION D'UN RECENSEMENT
A la suite de l'organisation d'un recensement général intégrant la
Diaspora togolaise, une nouvelle liste électorale sera établie. Les
dates des élections à deux tours de scrutin ne seront fixées qu’une fois
le recensement terminé et la liste électorale avalisée par toutes les
parties prenantes de la crise.
Un mode électoral favorisant la représentativité des
régions sur une base non clanique avec une représentativité accrue des
femmes sera mis en place.
11. L’ASSEMBLEE DE CONCERTATION DE LA DIASPORA (ACD) ET LE HAUT
COMMISSAIRE DE LA DIASPORA TOGOLAISE
Les Togolaises et Togolais de l'extérieur, qui selon la Banque africaine
de développement, avec plus de 1,5 million de citoyens sur une
population de 6,8 millions d'habitants (en 2008), représentent la 6e
région du Togo, transfèrent officiellement au Togo chaque année plus de
240 millions de dollars des Etats-Unis ($). Ils ne peuvent plus
continuer à faire l'objet d'une exclusion systématique par les Autorités
togolaises.
Pour faciliter de nouvelles politiques migratoires
fondées sur la rotation et permettre le transfert et la diffusion du
savoir, de la technologie et des talents, le vote de la Diaspora sera
autorisé afin de lui permettre de participer aux prochaines élections
togolaises en toute transparence et sans fraude. Pour ce faire, et en
référence à l'Assemblée de Concertation, une Assemblée de Concertation
de la Diaspora togolaise sera organisée afin de procéder à l'élection
d'une équipe fondée sur la compétence. Le Coordonnateur de cette
Assemblée de Concertation de la Diaspora (ACD) recevra le titre de Haut
Commissaire de la Diaspora togolaise.
12. LA COMMISSION "CONSTRUIRE UNE SOCIETE DE CONFIANCE AU TOGO"
La Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR) sera dissoute et
recomposée, dotée de moyens financiers et d’une autonomie accrue.
Plusieurs objectifs précis lui seront dévolus, dans le but de ne plus
faire passer l'impunité par pertes et profit. Il sera créé une
Commission dite "Construire une Société de Confiance au Togo", dotée
d’un budget spécial pour solder les injustices les plus flagrantes et
indemniser les familles des personnes disparues ou subissant encore des
séquelles des actes antirépublicains du Gouvernement sortant.
13. ORGANES DE DIRECTION DES PRINCIPALES CAPACITES PRODUCTIVES DU TOGO
Il s’agit de sortir immédiatement d’une logique de prédation
patrimoniale qui fait que le pouvoir central concentre la direction des
administrations et des entreprises publiques entre les mains d'un seul
groupe, ceci souvent sur une base clanique élargie à une sphère
politico-mafieuse. Ces changements reposeront sur un recrutement fondé
sur la compétence, la diversité ethnique et un engagement précis sur
l'éthique et la probité.
Les principales capacités productives ont pour objet
de générer des profits et non des pertes pour l'Etat. À ce titre, il
sera adopté et mis en œuvre immédiatement, une forme de gestion
répondant aux standards internationaux, facilitant la compétitivité, et
privilégiant les partenariats "public-privé".
14. PROPOSITIONS DE POLES DE COMPETITIVITE ET DE CREATION DE RICHESSES
L'erreur des précédents gouvernements repose sur l'absence de mise en
œuvre d'une approche stratégique, générant des richesses dans la
proximité. Une telle méprise, a favorisé les approches patrimoniales
fondées sur l'arbitraire, promu un système et une dynamique générant de
la pauvreté, à cause de la ponction sur la richesse existante, empêchant
son renouvellement, notamment au plan de l'écosystème et de
l'environnement. Sous forme de chantiers économiques, développés sur
l'ensemble du territoire, il sera question d'identifier des partenaires,
des institutions, et d’opter pour des systèmes de jumelage
opérationnels, fondés sur l'approche "gagnant-gagnant". Ces partenariats
seront conclus avec des pays, régions ou collectivités locales
internationales et africaines, intéressées par une complémentarité dans
la création de richesse, selon une logique de redistribution en
direction du Peuple togolais.
Une des fonctions principales du Gouvernement de
transition sera d'orienter les départements ministériels et les
collectivités locales vers des objectifs de création de richesses et non
vers l'utilisation budgétaire classique de redistribution sans retour.
Des restructurations budgétaires seront proposées
afin de concentrer les efforts sur l'augmentation du produit intérieur
brut du pays, ceci en relation étroite avec les partenaires en
développement soutenant la création de richesses au Togo.
15. REFONDATION DE L'ARMEE REPUBLICAINE
L’objectif est ici de créer un élan de confiance entre l’Armée, les
forces chargées de la sécurité publique et le Peuple. Des activités de
soutien au service des populations, dans le domaine de l'infrastructure,
de la logistique, de l'accès à l'eau et de la construction à partir des
matériaux locaux, seront rapidement confiées aux Forces Armées
Togolaises (FAT) sur une base de volontariat. Une partie de l'armée sera
amenée à se recycler dans l'entrepreneuriat afin de réduire sa charge
dans le budget de l'Etat.
16. REFERENDUM SUR LA NOUVELLE CONSTITUTION TOGOLAISE
Le GT proposera au peuple togolais une nouvelle version de la
Constitution qui tienne compte de l'importance du processus de
décentralisation, du rôle de plus en plus important des femmes dans le
processus décisionnel et de l'interdépendance entre les régions
togolaises. Afin de permettre le retour de la confiance, la nouvelle
Constitution togolaise sera soumise à l’approbation du Peuple, par
référendum, ceci au cours de la période de Transition. La communauté
internationale pourrait cette fois apporter utilement sa contribution
pour effacer le souvenir de son soutien à la confusion électorale au
Togo.
17. ELECTIONS PRESIDENTIELLE, LEGISLATIVE ET COMMUNALE
A la fin d’une période variant entre 18 et 36 mois, le Gouvernement de
transition, sera chargé d’organiser de manière concomitante des
élections présidentielles et des élections législatives.
Les critères de recomposition des partis politiques
seront établis afin de mettre fin définitivement à la reconstitution de
partis éthiques au Togo. Là aussi, la parité entre les hommes et les
femmes feront l'objet de mesure de soutien.
Le nouveau Chef de l'Etat et la nouvelle Assemblée
nationale issue de ce scrutin démocratique, sécurisé et transparent,
mettront fin à la période de transition et se verront confier les
destinées du Togo.
Il est suggéré de procéder aussi à des élections
communales afin d'introduire la démocratie au niveau des mairies, d'y
associer les chefs traditionnels, et de faire vivre enfin la loi de
décentralisation.
18. REFORME JUDICIAIRE - PROPOSITION D'ELECTIONS DES JUGES
Il est vivement souhaitable d’expérimenter l’élection des juges
notamment ceux à qui la justice administrative et les Hautes
juridictions sont confiées. La réforme en profondeur du système
judiciaire doit être poursuivie et achevée par son informatisation
complète. Les instances décisionnelles, Parlement etc. devront procéder
à l'informatisation des procédures.
19. REORIENTATION DE L'ECONOMIE TOGOLAISE VERS L'ECONOMIE DE PROXIMITE
Le bilan de 50 ans écoulés depuis les indépendances, permet de
comprendre que le Togo a systématiquement privilégié l'exportation de
matières premières ou de produits de base sans se préoccuper de la
maîtrise des processus de transformation. Ceux justement, qui sont
susceptibles de produire de la valeur ajoutée, notamment dans les
chaînes de valeur. Il convient donc de corriger cette erreur stratégique
en posant les fondements d'une économie productive de transformation et
de proximité, tant au sens géographique qu'au sens d'affinité de
gouvernance.
20. REORIENTATION DES PROGRAMMES DE FORMATION ET DES METIERS VERS
L'ENTREPRENEURIAT ET LA SECURITE ALIMENTAIRE
L'avenir de tout pays repose d’abord sur son capital humain. Le Togo
dispose d'une population jeune, souvent formée, mais avec une
inadéquation des formations par rapport au marché de l'emploi et de
l'entrepreneuriat.
En couplant les investissements dans le secteur rural
pour stabiliser les populations et la régulation du mouvement
migratoire, il est possible d'orienter les formations vers plus
d'opérationnalité, plus de compétence dans le savoir-faire, plus d'accès
à la technologie et aux contenus technologiques.
Cette approche favorise la création de richesse, tant
au plan individuel qu'au niveau des groupements d'intérêts économiques
ou des entités morales. Les partenariats ciblés seront privilégiés et la
fiscalité réadaptée.
21. REVALORISATION DU SYSTEME DE SECURITE SANITAIRE ET D'ASSURANCE
VIEILLESSE ET DECES
Un Peuple n'a d'avenir que si le renouvellement de sa population se fait
de façon harmonieuse et coordonnée. Cela passe par une excellente
maîtrise du pont entre les générations. Celle-ci doit être basée sur
l’efficacité d’un système de sécurité sanitaire et d’assurance
vieillesse.
L'état sanitaire du Togo et le mode d'organisation de
tout le système de sécurité sociale, d'assurance contre les accidents de
la vie, la vieillesse et le décès, ne doivent plus représenter des
gouffres dans le budget des populations togolaises fort déjà démunies.
Des réformes profondes couplant assurance, couverture
universelle et réorientation des objectifs des coopératives d'épargne,
feront l'objet d’une large concertation afin de mettre en place une
pluralité de solutions adaptées aux revenus et au pouvoir d'achat de
chacun.
22. ESPACES D'APPORTS CONSTRUCTIFS
Il n'y a pas de nombre magique pour soutenir le retour de la confiance
et de la prospérité partagée au Togo. Aussi, la 22ème recommandation de
sortie de crise et celles qui suivront seront celles que les populations
et leurs représentants transmettront au Comité de suivi de ces
propositions.
Après maints rendez-vous manqués, il est temps pour toutes les filles et
tous les fils du Togo tout entier, de se retrouver pour triompher
ensemble de ce qui les oppose et sceller à jamais leur destin. Il est
temps de repenser l’équilibre entre le Peuple et ses gouvernants.
Le temps est bien venu, de l’action citoyenne et de la refondation
morale, spirituelle, politique et socioéconomique du Togo !
Pour le Collectif pour la Vérité des Urnes
Le Coordinateur National Provisoire
Agbéyomé Messan KODJO
Le Coordinateur International Provisoire
Dr Yves Ekoué AMAÏZO
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Collectif pour la vérité des Urnes
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