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Congo-Brazzaville: 48
ans d’indépendance
Comment la crème nationale s’est trouvé des boucs émissaires
Le 15 août 2008 prochain, le Congo fête ses 48 ans d’indépendance.
Dépasser les élans tribalo-régionalistes sur fond de politique
politicienne, tel doit être le leitmotiv que doivent manifester les
compétences congolaises de l’Intérieur comme de l’Extérieur pour
participer au développement du Congo. Car en dehors de la lutte
politique, on peut tout aussi bien participer au développement du pays
par le biais de l’Art, de la Culture et de l’Economie. Des compétences
qui dans tous ces domaines existent au Congo et le peuple ne demande que
leur participation au lieu de se donner réciproquement à des discours
malsains et monotones déjà entendus. Discours entendus depuis
l’acquisition de l’Indépendance et particulièrement depuis la Révolution
d’août 1963. Triste constat.
Les 13, 14 et 15 août 1963, trois ans après l’indépendance, la crème
congolaise s’en prend au Président Fulbert Youlou qualifié de "celui qui
avait tout volé". Pour éviter un bain de sang, le Prélat préféra
démissionner. C’est pour dire que la critique est aisée de la part de
cette crème et que dénoncer les maladresses d’un chef d’Etat n’est
nullement une trouvaille pour l’intelligentsia congolaise. "Indexer",
accuser l’autre ethnie, l’autre région qui serait à l’origine de
malheurs du pays est tout aussi un exercice aisé.
Critiqué, vilipendé et démissionné par l’intelligentsia nationale, les
13, 14 et 15 août 1963, Youlou est incarcéré avant de se retrouver en
exil à Madrid. A son successeur, Alphonse Massambat Débat, il fut
reproché une carence idéologique. Pour les censeurs congolais, seul
existait le socialisme scientifique et nullement le socialisme bantou
abâtardi, imaginé par A. Massambat Débat. Le 31 juillet 1968, il fut
évincé du pouvoir par l’aile radicale du Parti, qui s’estimait plus
révolutionnaire que lui. Il s’en retourna dans son village Boko. Du
M.N.R. au C.N.R., comprenant très tôt ce qu’était l’intellectuel
congolais, Marien Ngouabi, va créer le P.C.T. et s’entourer de
militaires et ainsi devenir maître de la situation. Le PCT (Parti
Congolais de Travail) est né et avec lui ainsi que le drapeau rouge.
Marien Ngouabi va affronter des périodes mouvementées tant sur le plan
économique que militaire, ponctuée par des coups d’Etat jamais élucidés.
Et pour des raisons qui sont restées jusqu’aujourd’hui obscures, il est
assassiné le 18 mars 1977 avant le congrès extraordinaire du PCT auquel
il tenait tant. A sa mort, une ethnie, une région sont livrées à la
vindicte nationale. Jacques Joachim Yhombi Opango se montrera
inflexible. Innocents, le Cardinal Biayenda, A. Massambat Débat et ses
compères sont exécutés, car il leur fallait à tout prix des coupables. A
titre posthume, les présumés assassins de Marien Ngouabi seront
paradoxalement innocentés lors de la Conférence Nationale de juin 1991.
Et au cours de ce ragoût populaire, la crème congolaise se trouve un
bouc émissaire idéal: Denis Sassou Nguesso. Pendant plus de trois mois,
du fait du brusque changement international imposé par la chute du mur
de Berlin, les conférenciers congolais, plus concernés par leur per diem
vont tirer à boulets rouges sur le parfait bouc émissaire tout désigné :
Denis Sassou Nguesso. Fin politique, Denis Sassou Nguesso va assumer
toutes les dérives politiques depuis l’Indépendance à 1991. Grand
Seigneur, Denis Sassou Nguesso acceptera l’organisation des élections
libres consécutives à la Conférence Nationale Souveraine pour tourner
une nouvelle page de l’histoire du pays. Et dans ce Congo en
effervescence qui apparaît comme une bombe à retardement, le peuple
naïf, croira à un changement.
Une Conférence nationale mal négociée
La Conférence Nationale Souveraine sera l’autre tournant mal négocié par
les bien pensants congolais. Aussitôt, plusieurs partis politiques
verront le jour. Des partis politiques qui pour la plupart se définiront
par leur base tribalo-régionaliste. Accusé de tous les maux par ceux là
même qui en étaient les grands ordonnateurs, sali, trahi et lâché, le
navire P.C.T. va tanguer. Quelques fidèles, Justin Lékoundzou, Isidore
Mvouba, Henri Djombo, Jean Baptiste Tati-Loutard, Damien Boussoukou-Mboumba….
résisteront contre vents et marées, à la tentation et se regrouperont
autour du Sphinx de Mpila. Ainsi, surgiront : le MCDDI de Bernard
Kolelas et son bourgeon : l’UDR Mwinda d’André Milongo, l’UPADS des
Trois palmiers, le RDD de Jacques Joachim Yhombi Opango qui seront
composés par les transfuges du PCT. Tous ces ensembles ne proposeront
rien d’autre que le feu, le fer, les larmes, lors de la décennie 1990. A
croire que la bonne gouvernance est allée à la Conférence uniquement
pour régler ses comptes à Denis Sassou Nguesso.
La Conférence Nationale Souveraine, avait imposé une transition qui sera
conduite par André Milongo. Elle sera couronnée par des élections qui
vont se dérouler dans des conditions fort acceptables. Denis Sassou
Nguesso acceptera le verdict des urnes, soucieux de la tension créée par
ses anciens compagnons de route, issus majoritairement et paradoxalement
du PCT.
Pascal Lissouba, l’homme mythe «des Trois palmiers», sera élu président
de la République avec la bénédiction et le soutien de son prédécesseur
sur la base d’une nouvelle Constitution. Car, à bien réfléchir, bien que
le Niari, la Lékoumou et la Bouenza définissant «la région des Trois
palmiers», soient une base électorale fort importante, il faut admettre
que ces trois entités ne traduisent nullement les 63% sortis des urnes,
ayant porté le professeur Pascal Lissouba à la Magistrature suprême. Et
comme de bien entendu, Pascal Lissouba divorcera de Denis Sassou Nguesso,
son prédécesseur qui l’a aidé à gagner les élections.
Le début d’un mauvais commencement
Avec l’alternance, commence paradoxalement la descente aux enfers du
peuple congolais. P. Lissouba va ordonner les bombardements des
quartiers Sud de Brazzaville, alors que le pouvoir n’était même pas
menacé. Le Congo découvre qu’il a en son sein des Niboleks et des Tcheks.
Refusant sciemment de faire confiance à l’armée républicaine, le
Professeur s’appuie sur la milice des Aubevillois, pour «protéger son
pouvoir". Une milice formée, comme de bien entendu, sur des bases
tribales et régionales. Aussitôt, les autres formations politiques
emboîteront le pas et auront aussi leur milice : les Zoulou-Aubevillois
pour l’UPADS, les Nindjas pour le MCDDI et les Cobras pour le PCT. Les
armes se retrouvent dans les mains des jeunes comme jadis, du temps de
la J.M.N.R d’Alphonse Massambat Débat. A partir de 1993, la violence
fait partie intégrante de la vie politique congolaise avant d’atteindre
son paroxysme le 5 juin 1997. La suite, nous la connaissons tous. Quand
Denis Sassou Nguesso devient maître du terrain, Lissouba, Kolelas,
Yhombi Opango et quelques-uns de leurs proches prennent le chemin de
l’exil. De 1997 à 2003, la région du Pool militairement instable, subit
une extermination larvée qui ne dit pas son nom et qui lui est imposée
par les confrontations entre armée et des éléments illuminés d'un
Pasteur Ntoumi sorti de nulle part.
Depuis 1960, le même scénario revient. L’intelligentsia tient le même
raisonnent qui se résume en un seul constat : le Président en exercice
est jugé comme étant un incapable, indécrotable tribaliste ne favorisant
que son ethnie, sa tribu et sa région pour les uns et l’inverse pour les
autres. Tous les présidents congolais ont été traités à la même enseigne
dans l’exercice de leur fonction. Chose fortement discutable car aucun
Président ne s’est passé des autres régions, à en juger par la formation
de toutes les équipes gouvernementales qu’a connues le pays, de Fulbert
Youlou à Denis Sassou Nguesso. Tribalisme et régionalisme, des notions
qui sont plus extériorisées par l’intelligentsia pour des raisons
purement politiques et électorales alors que les Congolais vivent sans
ces tares comme on l’a souvent constaté dans des quartiers cosmopolites
comme Poto-Poto, Ouenzé et Moungali.
Depuis quelques années, le Congo semble retrouver la paix et essaie de
cicatriser, tant bien que mal, toutes les blessures consécutives à tous
les tumultes des années 90. Oubliant que les hommes passent et le pays
demeure, certains Congolais sont arrivés à une étape où ils ne proposent
rien car se déclarant originaires d’une région dont n’est pas issu le
Président de la République. Qu’on le veuille ou non, le pays doit être
dirigé par un seul chef. Et ce chef est toujours fils d'une région
donnée du Congo.
Le Congo a fait une triste expérience en mélangeant guerre et
démocratie. Et cette expérience devrait nous faire grandir pour dire :
"Plus jamais ça!".
Nous avons condamné Pascal Lissouba pour avoir bombardé les quartiers
Sud de Brazzaville. Nous l'avons aussi condamné pour avoir donné un
prétexte à Denis Sassou Nguesso de justifier la guerre du 5 juin 1997.
Nous avons condamné ce dernier pour avoir déclenché la tragédie du 18
décembre 1998. Nous l'avons aussi condamné pour avoir laissé ses Cobras
écumer la région du Pool. Mais cela devrait-il se passer autrement pour
tous ces antagonistes politiques quand on sait que "l’on ne peut pas
faire des omelettes sans casser les œufs" ?
Il était temps que la parenthèse de sang ouverte depuis la Conférence
Nationale Souveraine fût fermée. L'Initiateur importe peu, car tous les
leaders politiques et l'intelligentsia congolaise en sont responsables.
Il faut penser à la (re)construction du pays au lieu d’être dans un
virtuel et perpétuel combat idéologique qui n’est que le relent des
certaines déceptions et de certaines rancœurs. Comment comprendre que,
ceux qui hier louaient le pouvoir se retournent contre ce même pouvoir
alors qu’il fonctionne toujours de la même façon depuis des lustres. On
peut regretter un mérite du PCT, celui d’avoir en son sein son CCV
(Commission de Contrôle et de Vérification) qui ne permettait pas la
gabegie actuelle constatée dans le pays depuis l’arrivée de l’UPADS au
pouvoir jusqu’à nos jours. Comment comprendre que ceux qui ont crié haro
sur Denis Sassou Nguesso en soient arrivés à partager le pain et le vin
avec lui ?
Vu les situations vécues depuis la colonisation par les Congolais du
Nord au Sud, d'Est à l'Ouest, vu les liens qui se sont fondés sur la
base des amitiés et mariages interethniques, vu les réalités du monde,
il est impensable que les uns puissent vivre sans les autres. Ce qui
nous rassemble, étant plus fort que ce qui nous divise. L’intelligentsia
congolaise, Urbi et Orbi, doit plutôt réfléchir sur les tenants et
aboutissants de l’avenir du pays au lieu de passer le temps à chantonner
les mêmes rengaines des temps anciens. Les hommes politiques congolais
"se comprennent bien" car ayant été formatés à la même école.
L’intelligentsia doit être une force de propositions
Nous devons être une force de propositions. Nous devons proposer,
proposer et encore proposer. Même si dans un premier temps le Sphinx de
Mpila balaie le tout d'un revers dédaigneux, il arrivera un moment où il
se rendra compte de la pertinence de ces propositions.
Les conflits interethniques d’après Conférence Nationale Souveraine
doivent nous faire réfléchir. Les hommes politiques en sont conscients,
contrairement à ce que pensent certains intellectuels. Il faut même
louer leur prise de conscience d’une réalité dont ils ont été eux-mêmes
géniteurs.
Denis Sassou Nguesso a permis le retour au bercail de tous les exilés
politiques. Un geste fortement louable de sa part. Une fois de plus,
Denis Sassou Nguesso a assumé, il a accepté de partager le pain et le
vin avec ceux là même qui le vouaient aux enfers. Nous ne pensons pas
que Kolelas, Yhombi Opango, Moukouéké, Tamba Tamba soient inquiétés ou
menacés d'un quelconque procès de la part du Sphinx de Mpila.
Auraient-ils fait pareil si c’était l’inverse? Nous en doutons
fortement. La Sangsue (ainsi B.Kolelas en 1992 avait qualifié Denis
Sassou Nguesso) aurait pu les condamner à l’exil à vie, le ciel ne
serait pas tombé, comme on le dit souvent chez nous. Mais Denis Sassou
Nguesso a pensé à l’Unité nationale, à la Réconciliation nationale après
les dures épreuves de la décennie 90. Devons nous penser que le vertueux
Kolelas s’est mué lui aussi en sangsue ? Car, qui se ressemble,
s’assemble.
Le pays a besoin de tous ses fils et filles du Nord au Sud et d'Est à
l'Ouest pour son développement. Le temps est venu pour que les
compétences de la diaspora congolaise sortent des sentiers battus de la
critique politicienne et de se rapprocher de cette classe politique afin
de les aider à force de propositions.
Le pays a des compétences dans tous les domaines. Chaque région a des
filles et des fils qui sont en quête d'une fenêtre leur permettant
d'effectuer certaines réalisations. Si les médecins ne pouvaient penser
que Médecine, si les enseignants ne pouvaient penser qu’Enseignement, si
les économistes ne pouvaient penser qu’Economie, si les agronomes ne
pouvaient penser qu’Agriculture, nos régions respectives foisonneraient
de projets qui n'ont nullement besoin de l'Etat pour leurs réalisations.
Alors, nous serions loin de ces désastres que nous avons connus et que
nous continuons à connaître. Si cette plage avait existé, certains de
nos frères de la zone d'Ollombo-Oyo auraient préféré, auraient conseillé
par exemple la construction d'une université comportant toutes les
annexes car située à quelques heures de la capitale, à la plate forme
aéroportuaire. Même si pour le Président l'option sécuritaire primait,
il aurait compris, qu'Ollombo-Oyo rayonnerait beaucoup plus avec une
université et qu’un aéroport dans ce coin était une vue de l'esprit.
Il est entendu que tous les Congolais ne peuvent être au gouvernement,
au Sénat ou à l’Assemblée. S’occuper uniquement de la politique où l’on
croit gagner sa vie sans effort, mais avec toutes les arabesques
possibles, apparaît jusque là comme une erreur fondamentale pour les
compétences. C'est une sclérose mentale qui a fait des métastases dans
le microcosme intellectuel congolais. Les Congolais pensent toujours que
l'on ne peut améliorer le sort des nationaux qu'en étant au
gouvernement. Pour avoir théorisé cette pensée, certains intellectuels
se bousculent au portillon de Mpila. A celui qui sera le meilleur Beni
oui – oui.
Cesser d’être plus royaliste que le roi
Tant que les compétences n’auront pas le courage de servir le pays en
étant des forces de propositions, leurs pamphlets envers les hommes
politiques ne seront que du vent. Alors, le chien continuera à aboyer et
la caravane poursuivra inexorablement son chemin. Participer au
développement du pays en s’écartant de la politique politicienne doit
être au centre de toute réflexion du Congolais, indépendamment de son
origine ethnique. Et pour cela il nous faut une révolution mentale.
Certes, les mentalités dans une société prennent du temps à changer. La
Démocratie chez les Occidentaux s’est imposée après plusieurs
générations. L'Europe a aussi connu ses dictateurs, ses guerres. Nous
devons comprendre que la (néo)colonisation avait pris en otage la
majorité des dirigeants politiques africains dès l’indépendance, les
nôtres y compris. Aux compétences de proposer des alternatives de
développement au lieu de continuer dans une critique creuse et stérile
qui n’amène à rien et dont le seul résultat est de braquer, de cabrer
l'homme politique. Les politiques sont tellement vaccinés aux discours
pamphlétaires qu’il faut "travailler" avec eux pour leur imposer
"scientifiquement" les bonnes idées qui nous éviteraient d’ouvrir à tout
moment la boîte de Pandore.
Pour cela, nous demandons à Monsieur Le Président Denis Sassou Nguesso
d’opérer une véritable métanoïa dans son schéma de réflexion. Nous lui
proposons d’engager une décentralisation, une autonomie réelle des 10
départements et de la zone autonome de Brazzaville. Ces régions
devraient alors être dotées d’un budget octroyé par l’Etat. Les filles
et les fils des dites régions ayant comme mission et tâche de les
engager respectivement dans la voie du développement. Cela va dédouaner
la Présidence de la République et le Gouvernement si souvent taxés de
mauvaise gestion et de malversations diverses malgré leur bonne volonté
dans l’exercice de leurs missions. Alors et alors seulement, nul au
Congo ne pourra dire que le pays ne marche pas à cause du Président.
Denis Sassou Nguesso a-t-il compris le bien fondé, tout comme tous les
bénéfices qu'il peut tirer d'une décentralisation, de donner plus
d’autonomie aux départements?
Nous avons réfléchi sur le passage des régions aux départements qui
devrait emmener ceux-ci au développement de tout le pays si on pouvait
les contrôler à bon escient. Le gouvernement devrait responsabiliser
chaque chef de Département qui serait élu objectivement par la
population de la dite région. A lui serait confié le budget de certaines
réalisations à effectuer dans le département en mettant à sa disposition
des compétences dans les domaines appropriés. Aussi, tous les fils et
filles de chaque département seraient directement concernés pour son
développement. Le Président de la République et le gouvernement
pourraient envisager le développement des régions sans pour autant se
sentir diminués dans la direction des affaires nationales et
internationales. Au contraire, l’exécutif se dédouanerait devant les
populations car les responsables de toute mauvaise gestion seraient tout
désignés. Les populations auraient la tâche de dénoncer ceux de leurs
frères ethniques, co-tribaux, filles et fils de la région qui se
seraient mal comportés dans la gérance du budget à eux alloué pour les
projets à mettre en œuvre dans leur terroir. Projets que les filles et
les fils de la région auraient déterminés librement. Pour tout
Congolais, tout échec dans quelque réalisation que ce soit est imputable
au haut sommet. Le Haut sommet souvent pris à partie car jugé complice
et incapable de punir les mauvais gérants du fait des affinités amicales
et tribales. Accepter l’autonomie des départements n’est pas synonyme de
sécession. Cette autonomie serait même la voie qui résorberait ce cancer
qu’est le réflexe ethnique, tribal.
Certes, Denis Sassou Nguesso (acte I et acte II) a mis beaucoup de temps
dans l’exercice de ses fonctions de Premier Magistrat. Mais nous ne
pensons pas que les injures, les invectives, les propos diffamatoires
soient la solution qui ferait avancer le pays. Le Président de la
République, comme de bien entendu, est un être humain qui aussi un Ego.
Injures et invectives, sont une source inquiétante qui pourrait écorner
son orgueil et partant l’Unité nationale, déjà fragilisée par les
derniers malheureux événements de la dernière décennie.
En quarante huit ans d’indépendance, la classe intellectuelle congolaise
a lancé des mouvements sans savoir ce qu’il fallait faire après. Cela va
du mouvement du 13, 14, 15 août 1963 pour culminer à la Conférence
Nationale Souveraine de juin 1991. Ainsi comme l’a écrit William
Faulkner, "le passé n’est pas mort et enterré. En fait il n’est même pas
passé". Aussi pensons-nous qu’un mariage sincère entre les intellectuels
et les dirigeants politiques serait une véritable bouée de sauvetage du
pays qui commence à renaître de ses cendres des tristes événements de la
décennie 90.
Noël KODIA (Critique littéraire) et Alexandre DZELA PASSY (Economiste)
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