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Mugabe le Zimbabwéen :
L’hypocrisie de la démocratie ou la démocratie de l’hypocrisie
A 84 ans avec 28 années passées à la tête du Zimbabwe, Robert Mugabe
s’est investi pour cinq nouvelles années comme Président du pays le 29
juin 2008 après avoir été mis en ballotage défavorable au premier tour.
La violence d’Etat a conduit à organiser l’insécurité et l’intimidation
électorales, conduisant à mettre en prison, plus de cinq fois en un mois
Morgan Tsvangirai, l’opposant historique du Mouvement pour le changement
démocratique ainsi que son adjoint pour une garde à vue indéterminée. La
peur a déjà poussé plus de 200 000 déplacés notamment dans les zones
rurales vers les pays voisins. La "stratégie de terreur et
d’obstruction" a finalement payé.
Face aux nombreuses menaces proférées par des voix occidentales de mener
au Tribunal de la Haye, des dirigeants noirs considérés comme des
dictateurs, plusieurs présidents africains, directement ou indirectement
visés, ont retrouvé les réflexes proches de ceux d’un syndicat des chefs
d’Etat africains. On ne critique pas un membre du syndicat surtout s’il
se fait passer pour une victime de la post-colonie. Le silence complice
ou la neutralité coupable sont des formes nouvelles de la diplomatie
africaine .
1. La condamnation : la démocratie de la honte
Il faut rappeler que Robert Mugabe dit "Bob" a
annoncé qu’il allait "faire la guerre à son peuple" s’il échouait à
redevenir le Président de la République. Drôle de slogan de campagne
démocratique et transparente ! "Faire la guerre à son peuple" résonne
comme du déjà entendu dans les pays africains qui ont refusé la vérité
des urnes. Donc, le problème est qu’à force d’insister pour une
démocratie formelle à l’occidentale et à accepter régulièrement les
entorses aux droits humains et aux principes électoraux en Afrique, la
communauté internationale, sans s’en rendre compte, a favorisé la
légitimation des régimes africains devenus des spécialistes de la fraude
et du hold-up électoraux. On est graduellement passé, non sans brutalité
et annihilation de la souveraineté des populations, de l’hypocrisie de
la démocratie à la démocratie de l’hypocrisie. Une véritable démocratie
de la honte qu’il convient de condamner fermement dans le cadre des
contraintes internationales de la primauté des intérêts des Etats.
La solution réside-t-elle donc dans le partage du
pouvoir comme le souhaitent les chefs d’Etat africains sans d’ailleurs
condamner Robert Mugabe ? Comme au Kenya, l’option du gouvernement
d’union nationale fera-t-elle recette selon la formule africaine qui
veut que le plus jeune ne peut qu’être sous les ordres du moins jeune
considéré comme le "doyen" en Afrique ? La solution sera-t-elle négociée
comme le souhaitent certaines voix de l’Union Africaine (UA) ?
La solution restera celle que Robert Mugabe veut bien
offrir car aucun des chefs d’Etat africains n’est véritablement en
mesure de faire pression sur ce chef africain. Paradoxalement, les chefs
d’Etat de l’UA prennent le contrepied des affirmations des observateurs
de l’UA qui ont reconnu que les élections présidentielles zimbabwéennes
furent marquées par des violences et "n’ont pas été conformes aux normes
de la démocratie de l’UA". Les normes de l’UA autorisent la légitimation
de la démocratie en Afrique dès lors que la violence est maîtrisée par
l’Etat souverain (avant, pendant ou après les élections) et non parce
que les élections sont libres, transparentes et sans violence. Il n’y a
plus lieu de citer les pays qui ont profité, voire abusé, de ce système
pervers. Cette définition est proche de l’idée que les chefs d’Etat
africains se font collectivement du concept de la démocratie formelle en
Afrique. En référence, Les autorités russes ont trouvé leur formule de
l’hypocrisie de la démocratie et personne dans la communauté
internationale n’a rien trouvé à y redire. Président ou premier-ministre
en Russie : blanc-bonnet ou bonnet-blanc…?
2. Le consensus de l’impasse
Finalement, le chef du Mouvement pour le changement
démocratique (MDC - Movement for Democratic Change), Morgan Tsvangirai,
pourra-il accepter le poste de Vice-président ou Premier-ministre et son
équipe travailler en synergie avec ceux qui, au nom de l’Etat, l’ont
copieusement battu dans un passé bien proche alors que son adjoint s’est
retrouvé en prison avant les élections ? D’ailleurs, Robert Mugabe ne
bougera pas sans pression extérieure puisqu’il est lui-même sous
pression intérieure de ses partisans qui se sont déjà partagés les
postes sans tenir compte de la représentation de l’opposition.
Tant que la communauté internationale se contentera
de protester verbalement, de faire des embargos sans conséquences sur
les élites dirigeantes tout en contribuant à l’augmentation la pauvreté,
elle légitimera les régimes politiques installés par défaut et/ou par la
force. Mais alors, elle ne rend aucun service à la construction de la
démocratie effective en Afrique. Au contraire, elle construit une
démocratie de façade, une démocratie de l’hypocrisie, une démocratie qui
protège en priorité les intérêts des pays influents aux dépens des
intérêts des populations africaines. Il ne faut d’ailleurs pas s’étonner
que les Etats africains aient tout fait pour bloquer l’essor du secteur
privé et de l’entreprenariat considérés comme des espaces de
souveraineté dangereux pour se maintenir au pouvoir, à moins de coopter
les acteurs du secteur productif.
En réalité, cette communauté internationale et africaine affaiblit les
oppositions démocratiques africaines qui ont besoin de protection et
d’organisation pour s’affermir sur des bases démocratiques. Cette
communauté internationale oublie inconsciemment le jeu subtil et malsain
de certains des opérateurs du secteur privé de leur propre pays qui
n’ont cure de la démocratie des Africains et font passer les intérêts
tant des Etats influents que des opérateurs privés puissants avant ceux
du peuple africain. Ainsi, pour garder le pouvoir, la plupart des
dirigeants africains doivent choisir entre défendre leur population au
risque de ne pas garder le pouvoir ou de garder le pouvoir et de faire
des entorses sérieuses à la démocratie. Optant pour les entorses à la
démocratie, il est plus facile à postériori d’organiser le consensus de
l’impasse qui finit toujours par un gouvernement d’union nationale, et à
défaut, un gouvernement dit d’ouverture même si des technocrates ou de
vrais faux opposants y sont souvent invités afin d’offrir une image d’un
équilibre faussement ethnique à la communauté internationale.
Robert Mugabe a choisi le mépris du peuple, un peuple
qu’il veut docile ou à qui il veut faire la guerre uniquement pour
conserver un pouvoir à vie. En cela, le héros de l’indépendance, le
héros de la guerre d’expropriation des colons ou encore le héros d’une
économie prospère d’antan fait place à un héros du viol de la démocratie
dans une République où le pouvoir se résume à l’apparence des honneurs
et la réalité d’une économie en déroute. Ainsi, pour éviter la guerre,
l’opposition et les populations zimbabwéennes, les chefs d’Etat
africains, et même la communauté internationale semblent se plier à
cette nouvelle forme de diktat qui fait que face à la menace de guerre
civile et de chaos annoncés, on préfère oublier la démocratie ou la
justice et accepter la paix, cette paix qui ressemble trop à celle de
tous les cimetières que l’on appelle le "compromis africain".
3. La légitimité fixée par les pays occidentaux
Lorsque l’Union Européenne ne voit d’autres solutions à la crise
politique du Zimbabwe que de baser sa décision sur le premier tour des
élections présidentielles qui a vu une victoire nette de l’opposant
Morgan Tsvangirai, elle ne fait qu’en fait, au-delà de la promotion des
principes, mettre l’huile sur le feu. En prenant position à la place de
Tsvangirai, l’UE gêne finalement l’opposant politique et valide les
arguments de Robert Mugabe. De toutes les façons, l’UE n’a pas vraiment
le temps et les moyens d’une intervention effective pour évincer celui
qui s’est déclaré vainqueur suite à une abdication forcée du candidat de
l’opposition, considéré comme "l’homme des Occidentaux". Heureusement,
Tsvangarai n’a pas tardé à rejeter la proposition de "gouvernement
d’union nationale". Il a simplement entrouvert la porte à un
gouvernement de transition qui mènerait à de nouvelles élections libres,
transparentes et démocratiques si les violences d’Etat s’arrêtent.
Il ne faut pas s’étonner que Jean Ping, Président de la Commission de
l’Union africaine et diplomate de carrière, ait choisi de ne pas "perdre
le contact" avec "Bob" lors du 11e Sommet de l’Union africaine du 30
juin au 1er juillet 2008 qui s’est tenu à Sharm El Sheikh en Egypte. Il
importe de rappeler que le sommet était consacré à la "Réalisation des
Objectifs du Millénaire pour le développement pour l'eau et
l'assainissement". Ce sujet semble avoir été marginalisé compte tenu de
l’actualité. Une condamnation de Robert Mugabe conduirait paradoxalement
à un refus de ce dernier de recevoir les responsables de l’Union
africaine sur le sol zimbabwéen. C’est aussi cette crainte de ne plus
être l’interlocuteur privilégié qui a sans doute poussé le Président
sud-africain, Thabo Mbeki, médiateur mandaté par l’institution
sous-régionale de l’Afrique australe (SADC, Southern Africa Development
Community) dans le dossier zimbabwéen à faire dans la diplomatie du
silence au point de passer pour celui qui défend "Bob".
Face aux réactions de xénophobie et la non-préparation de l’Afrique du
Sud à accueillir les réfugiés zimbabwéens puisque pendant longtemps
Thabo Mbéki affirmait qu’il n’y avait pas de crises au Zimbabwe, le
Président sud-africain porte sans doute une grande part de
responsabilité dans les exactions des populations des townships
sud-africaines qui exprimaient leur "ras-le-bol" pour n’avoir pas
bénéficié effectivement d’une amélioration de leur sort sur le plan
économique. Les laissés-pour-compte sud-africains voient d’un très
mauvais œil le fait que des immigrés zimbabwéens pourraient occuper leur
espace économique peu propice à offrir de la solidarité. Il n’y a
pourtant pas eu de problème au Botswana ou en Zambie pour les refugiés
zimbabwéens. Il y a donc bien un problème spécifique à l’Afrique du sud.
Bien sûr, il est difficile pour Thabo Mbéki de condamner celui qui jadis
fournissait protection, finance, dignité et asile au temps des
opérations ségrégationnistes et racistes de l’Apartheid et au cours des
périodes de luttes de résistances quand le parti sud-africain (African
National Congres (ANC)) connaissait des périodes de vaches maigres.
A force de prodiguer des menaces d’emprisonnement
éventuel des dirigeants africains indélicats, les pays occidentaux ont
en fait contribué à "durcir" les positions collectives des chefs d’Etat
africains qui voient dans ces menaces une limite à leur pouvoir et un
après-pouvoir bien tumultueux dans un pays non-africain. A ce titre, il
est affligeant de constater que depuis deux ans, certains chefs d’Etats
font tout pour que l’ex-chef d’Etat tchadien, Hissène Habré accueilli au
Sénégal, ne soit pas jugé pour ses crimes commis au pouvoir au motif que
les chefs d’Etat africains ne doivent pas être jugés à l’extérieur du
territoire africain. La réalité est que pour le moment, il n’est
toujours pas jugé. Plusieurs pays se sont proposés pour financer tout le
processus sur le sol africain. Il y a bien donc un problème de volonté
politique qui suppose que le Président sénégalais reçoive un mandat
clair des chefs d’Etat africains.
De telles attitudes ne peuvent que conforter ceux des
chefs d’Etat qui mènent des guerres discrètes ou réelles contre leur
population. S’il faut attendre que les chefs d’Etat jugent un de leurs
pairs, peut-être qu’il faudra attendre longtemps. Alors que faire ?
Arrêter de menacer de les juger une fois leur terme au pouvoir accompli
ou les assurer d’une impunité qui laisserait croire que les Africains
sont incapables de faire justice au nom du peuple souverain ? Mais quel
chef d’Etat africain peut vraiment monter un tribunal devant lequel il
risque lui-même de passer à terme? Qui est fou ?
Il faut néanmoins rappeler les progrès lilliputiens
enregistrés par le NEPAD sur le plan de l’acceptation et l’introduction
d’un peu plus de transparence et de la "bonne" gouvernance dans la
gestion des Etats africains. Car c’est bien du déficit d’intelligence
stratégique et de démocratie valorisant la vérité des urnes dont souffre
l’Afrique et ceux qui se complaisent à la laisser faire du surplace. Le
sage Nelson Mandela n’a pas hésité à s’offusquer du niveau de la
faillite tragique de la direction des affaires publiques au Zimbabwe .
Alors lorsque des "écoles de pensée occidentale" s’évertuent à
s’interroger sur "comment faire sortir Robert Mugabe du jeu politique
?", quitte à envisager l’embargo, le bannissement et les sanctions
considérées comme improductives, contribuent-elles à chercher la paix ou
à mettre de l’huile sur le feu ? Quand Bernard Kouchner, le ministre
français des affaires étrangères , propose Morgan Tsvangirai comme chef
de gouvernement, au lieu de rendre un service à ce dernier, il semble
"agacer" les chefs d’Etat et le médiateur sud-africain en les
privant de la conclusion possible de leur médiation à huis-clos. Ainsi,
pour des histoires d’honneur, le syndicat des chefs d’Etat africains
risque d’en profiter pour s’éloigner de la position souhaitée de la
France qui assure pour six mois la présidence de l’UE. Une plus grande
discrétion sur la volonté de l’UE aurait peut-être permis d’arriver au
résultat souhaité par l’UE sans "heurter" la susceptibilité démesurée
des chefs d’Etat africains.
Concrètement, c’est le Canada qui a le premier choisi d’imposer
immédiatement des restrictions sur le déplacement des individus membres
du réseau de Robert Mugabe. En fait, il est difficile d’attendre de la
fermeté de la part de l’Union africaine puisque le parcours qu’a suivi
la plupart des chefs d’Etat n’est pas radicalement opposé à celui qu’a
suivi "Bob", sauf que certains y ont mis les formes et ont bénéficié de
l’assistance extérieure. Les marges de manœuvre de la Commission de
l’Union africaine sont trop faibles. Elle fonctionne dorénavant comme un
simple secrétariat pour les Chefs d'Etat.
Il convient toutefois de noter le courage de Ban-Ki
Moon, le Secrétaire général de l’ONU qui n’a pas attendu la position des
pays membres et a dénoncé les résultats de cette parodie d’élection
présidentielle au Zimbabwe. Mais personne ne veut prendre de positions
fermes sur le partage du pouvoir. Il ne s’agit d’ailleurs ni d’une
solution miracle, ni d’une solution pérenne. Le principe d’un
gouvernement d’union nationale dispose de cette faculté magique
intrinsèque de faire croire que l’on a rétabli la paix tout en
respectant l’ordre des anciens, même si les anciens sont de plus en plus
répréhensibles face à la loi de la transparence et de la vérité des
urnes. On peut se demander si le Président français ou des Etats-Unis
accepteraient de partager le pouvoir en cas de non-respect des
procédures démocratiques dans leur pays respectif… Au demeurant, même la
cohabitation ou les grandes coalitions d’Allemagne ou d’Autriche se font
sur des bases d’élections libres, transparentes et sans violence. Que
dira-t-on si les dirigeants africains se mettaient à proposer avant que
des négociations n’aient lieu que telle ou telle personnalité soit
nommée à des postes politiques dans l’Union européenne dans les cas bien
exceptionnels de fraudes électorales ?
4. Le simulacre de la vérité des urnes est un viol
de la démocratie
Par un curieux jeu de vases communicants entre le
viol de la démocratie et la menace de la guerre civile, les chefs d’Etat
rempilant à leur poste finissent presque toujours par ne pas céder le
pouvoir. En réalité trois modes privilégiés existent :
- la voie légale en modifiant la constitution de manière intempestive, en
abusant des découpages électoraux ou des procurations données par des morts ou
encore en annonçant unilatéralement les résultats des élections comme souhaités.
Les chiffres annoncés sont souvent en dissonance avec les vrais résultats des
comités électoraux officiellement indépendants. Cela s’opère sans recomptage des
voix et avec l’aval par défaut des comités électoraux, des observateurs
africains et internationaux des élections africaines dont les termes de
référence restent souvent bien flous. En y associant une institution
sous-régionale censée refléter la position consensuelle des chefs d’Etat et non
celles du droit ou des populations, la légitimité des élections africaines
posent problème surtout si la communauté internationale suit aveuglément la
position des institutions sous-régionales acquises à la cause du chef d’Etat le
plus influent de la région ;
- la neutralisation de l’opposition en organisant les cooptations
alimentaires, les divisions y compris jusque dans les rangs de la Diaspora, ce
qui n’enlève en rien la responsabilité des partis politiques ou le manque
d’organisation de la Diaspora africaine ;
- la montée en épingle de violences internes, voire de menaces de guerre
civile, qui doivent conduire tous les protagonistes à opter pour la paix et
faire passer la démocratie en priorité seconde. En conséquence, il reste le
choix du gouvernement d’union nationale, ou à défaut du gouvernement dit
"d’ouverture", lorsque les deux précédentes options ne donnent pas de résultats.
Ces formes d’abus du pouvoir et du droit conduisent à
croire que la vérité des urnes est moins importante puisque presque tout
le monde s’accommode de cette démocratie à l’africaine, c'est-à-dire une
hypocrisie de la démocratie. En réalité, la communauté n’a jamais
cherché à recompter les votes en Afrique, à annuler les simulacres
d’élections et n’a jamais insisté pour les refaire. Donc la légitimité
de la démocratie africaine n’a pas besoin d’être "validée" par un vote
démocratique, transparent et sans violence dans son principe. Il suffit
de rappeler quelques pays aussi divers que la Tunisie, l’Egypte, le
Sénégal, le Cameroun, le Togo, le Gabon, le Kenya et le Zimbabwe pour
montrer la diversité des formes modernes et subtiles d’usurpation de la
vérité des urnes et donc du pouvoir. Il est question de limiter la
violence au strict minimum et jouer dans la cour de l’autocensure dans
les cas difficiles comme au Zimbabwe.
Cette démocratie à géométrie variable arrange
paradoxalement bien certains pays occidentaux. Lorsque Gordon Brown,
premier ministre du Royaume-Uni, a demandé de ne pas accueillir Robert
Mugabe au sommet de l’Union européenne-Afrique à Lisbonne en décembre
2007, il s’est retrouvé isolé et a finalement refusé de se rendre à ce
sommet qui a accueilli le Président Mugabe, le grand vainqueur de ce
bras de fer diplomatique. Il faut rappeler que certains chefs d’Etat
africains avaient menacé de ne pas venir en solidarité avec Robert
Mugabe. Comme l’UA voulait absolument faire avaler la pilule des accords
de partenariat économique (APE), elle a cédé. Mais elle n’a pas pour
autant réussi à faire passer les APE puisque là encore le "non"
collectif africain a surpris plus d’un, à commencer par la Commission de
l’union européenne qui croyait avoir tout balisé. Donc si l’Union
européenne avait suivi les recommandations de Gordon Brown en n’invitant
pas Robert Mugabe à ce sommet Afrique-UE, peut-être que ce signal fort
de l’UE aurait permis de modifier le cours des évènements. Robert Mugabe
sait qu’au plan pratique, certains pays de l’Union européenne ont au
contraire profité de l’occasion pour demander à leur patronat respectif
de saisir cette opportunité pour faire des affaires avec le Zimbabwe.
4. Les embargos qui appauvrissent
Les embargos et les sanctions diverses n’auront pas vraiment d’effets
face à l’entêtement de Robert Mugabe. Par ce comportement, ce dernier
arrange et justifie les pratiques de nombres de chefs d’Etat africains.
A ce titre, le silence du Président kenyan Mwai Kibaki sur le cas
Zimbabwéen lors du sommet de l’UA ne surprend guère, alors que le
Premier-ministre kenyan Raila Odinga se distinguait en demandant que
l’on suspende Robert Mugabe de l’Union africaine. Le vice-président du
Botswana a aussi demandé la suspension de Robert Mugabe de l’UA. Ces
demandes sont restées sans suite puisque les voix n’étaient pas celles
des chefs d’Etat. Les critiques sérieuses du Président du Nigéria n’ont
pas trouvé d’échos. La résolution de l’UA adoptée à l’unanimité ne
condamne pas le processus électoral au Zimbabwe : ce serait se faire un
hara-kiri électoral pour la plupart des chefs d’Etat. Robert Mugabe ne
s’est pas gêné pour rappeler qu’il y avait plusieurs Présidents
africains présents à la conférence de l’UA qui sont "moins bien élus"
que lui et qu’à ce titre, il n’avait "aucune leçon à recevoir".
Même le succès de la solution de partage du pouvoir qui semble faire
l’unanimité au sein des chefs d’Etat va dépendre des pouvoirs effectifs
et des marges de manœuvre confiés à un futur exécutif zimbabwéen
vraisemblablement à deux faces. Aussi, au-delà des critiques verbales
des pays occidentaux, la honte des Africains pour leur dirigeant et le
scandale d’une démocratie violée risquent de se perdre dans les méandres
de la diversification d’une actualité tournante et par ricochet dans le
brouillard de la banalisation de la démocratie. On peut alors parler
d’hypocrisie de la démocratie. En effet, le soutien direct du Président
Bongo à Robert Mugabe lors du sommet de l’UA résume tout. Les positions
de la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Dr. Condoleezza Rice, qui
rappelle que le cas "Mugabe" relève du conseil de sécurité et non des
affaires intérieures africaines, risquent de ne pas aller très loin
puisqu’il n’y a pas de pétrole au Zimbabwe et donc pas de priorité
absolue d’interventionnisme préemptif ou d’ingérence humanitaire… Des
sanctions américaines devraient malgré tout être annoncées avant la fin
du mois de juillet 2008. Les condamnations au niveau du conseil de
sécurité des Nations Unies pourraient servir de référence si elles
finissent par avoir lieu.
5. L’Union africaine : service minimum
Coïncidence, les chefs d’Etat africains se retrouvent en ce début de
juillet 2008 en Egypte pour le 11e sommet ordinaire de l’Union
africaine. En réalité, les divergences furent plus nombreuses que
d’habitude mais qui pouvait vraiment donner des leçons puisque les
méthodes utilisées par Robert Mugabe ne sont qu’une version adaptée des
pratiques électorales en Afrique. Les versions africaines des mascarades
ou simulacres d’élections démocratiques se conjuguent à tous les temps.
Pour les dirigeants occidentaux comme ceux d’Afrique, il faut y mettre
les formes. Robert Mugabe aurait-il failli à cette sacro-sainte loi de
l’hypocrisie ? Oui, un peu "beaucoup beaucoup…" ! En réalité, non, pas
du tout ! Il s’agit tout simplement de la mise en œuvre d’une stratégie
d’arrière-garde des caciques de la démocratie usurpée qui ne voient pas
d’un bon œil les alternances démocratiques en politique.
A ce titre, le cas Zimbabwe met en lumière les
faiblesses de la diplomatie africaine frileuse et non-transparente. Il
faut simplement faire le service minimum qui se résume à une forme de
phraséologie de la négociation où la ZANU-PF (Zimbabwe African National
Union – Patriotic Front) et le MDC (Mouvement pour le changement
démocratique) devraient apprendre à travailler ensemble sous les ordres
de "Bob". C’est oublier que les militants zélés de la ZANU-PF rappellent
étrangement parfois des pratiques fascistes d’ailleurs. Cette diplomatie
des huis-clos et des non-dits finit toujours par organiser le statu quo
en Afrique sur la base d’un maintien au pouvoir de ceux qui ont pris des
libertés avec les procédures démocratiques libres, occultant de fait la
vérité des urnes et le choix des populations. Face à un système organisé
de structuration de la paix des cimetières, les pays riches et la
communauté internationale n’ont plus de solutions et laissent les
populations africaines à leur sort. A quoi sert alors tout ce tintamarre
sur la démocratie si, pour vivre en paix, les populations africaines et
les oppositions africaines doivent se résigner à ne plus croire à la
capacité de la communauté internationale à imposer la vérité des urnes
et la démocratie ? En Occident, ce bruit sert en fait à se donner bonne
conscience face aux contribuables et aux électeurs. Ne pas en prendre
conscience peut amener certains à se tromper sur les véritables
intentions des uns et des autres.
Robert Mugabe a osé affirmer qu’il s’attaquera aux
populations s’il perdait les élections au second tour. Cela constitue
une menace non-voilée dont les contours se sont soldés par des nombreux
blessés et des morts dans les zones favorables à l’opposant Morgan
Tsvangirai. Comme la personnalisation à outrance du pouvoir est au
summum dans une Afrique qui a du mal à jouer collectif dès qu’il s’agit
de diriger, Robert Mugabe n’a pas hésité à faire mettre en prison le
numéro deux et à gêner le processus électoral dans des formes brutales
qui font passer la démocratie en priorité seconde par rapport au
maintien d’une paix dite "civile". La "bonne pratique" de la démocratie
à l’africaine consiste à usurper la vérité des urnes par des subterfuges
électoraux, organisationnels ou à menacer de faire la guerre au peuple.
Cela semble fonctionner et neutralise toute les actions concrètes de
rétablissement de la vérité des urnes en Afrique. Seuls les Présidents
africains épris d’éthique et de responsabilité vis-à-vis de leur
population respective acceptent de laisser le pouvoir de leur propre gré
et démocratiquement. Sur 53 Etats africains, ces Présidents se comptent
sur les doigts d’une main. La Commission de l’UA ne pouvait que refléter
cet état de fait qui se résume à la fourniture d’un service minimum non
neutre qui avalise la situation de fait.
Ainsi, dire que le deuxième tour des élections
présidentielles zimbabwéennes doit être considéré comme une élection
contestée alors que l’opposition a déclaré forfait relève de
l’euphémisme. Lorsque Robert Mugabe a prêté serment, la vraie question
qui reste posée au-delà la crédibilité ou non de ces élections demeure :
est-ce que Mugabe va travailler pour toute la population zimbabwéene ou
se concentrer sur les quelques élites zélées qui l’on pris en otage et
dont personne ne semble parler car derrière un Président, c’est bien ce
réseau d’hommes d’affaires cupides et d’administrateurs zélés ayant des
pactes d’alliances stratégiques avec les forces militaires claniques qui
font la pluie et le beau temps en Afrique et qui n’oublient pas de
s’assurer le contrôle des capacités productives du pays, avec ou sans
les puissances d’argent venant de l’extérieur y compris d’Asie ?
6. Responsabilités partagées
Il importe de rappeler les mots difficiles à accepter de Joshua Nkomo,
un des pères fondateurs du Zimbabwe avec Robert Mugabe. Après avoir été
vice-président et puis exilé en Grande Bretagne face au pouvoir de
Robert Mugabe, Joshua Nkomo est mort en 1999. Il est considéré comme
l’un des vrais héros de la décolonisation du Zimbabwe. Coïncidence de
l’histoire, c’est justement en 1979 que prenait fin la guerre de
libération du pays qui vit Robert Mugabe acclamé comme un héros, ce qui
conduisit à sa victoire électorale surprenante en 1980 contre Joshua
Nkoma. Un Premier-ministre noir venait d’être désigné pour gérer le
pays. Telle une prémonition, Joshua Nkomo rappelait dans son
autobiographie que "… rien dans ma vie ne m’avait préparé à une
persécution par un gouvernement dirigé par des Africains noirs". Le
peuple africain, zimbabwéen en l’occurrence, ne peut que reprendre en
chœur cette lamentation. Pourtant, c’est oublier que Robert Mugabe a été
dans les années 1980 l’acteur central de la réconciliation entre les
fractions à la sortie de la guerre, entre les partis politiques rivaux
et entre la population noire et la population blanche. Si le Royaume Uni
avait tenu sa parole d’indemnisation des fermiers blancs, le cours de
l’histoire du Zimbabwe aurait été autre. A 84 ans, cet esprit d’unité
peut-il encore jaillir ? Rien n’est moins sûr !
Des efforts notables sont alors attendus de Morgan Tsvangirai pour
accepter une configuration inédite du partage du pouvoir au Zimbabwe.
Peut-être est-ce à cela que faisait allusion le Président du parti du
Congrès National Africain (ANC), Jacob Zuma, qui a affirmé pendant que
se déroulait le sommet de l’Union africaine que "…Si les pays malades
font du tort à leurs citoyens, alors ceux-ci vont répondre et cela va
jouer sur les pays voisins et je ne pense pas que nous voulions d’une
telle situation. C’est pourquoi nous appelons à un arrangement politique
pour résoudre la situation au Zimbabwe et pour le bien de nous tous". La
solution passe par un arrangement politique intelligent et africain où
le peuple n’est plus considéré comme le dindon de la farce.
Pourtant, des esprits alternatifs sont en train de travailler sur
l’intangibilité des frontières africaines ou de la sécession du Zimbabwe
en deux. Les frontières héritées de la colonisation empêchent les
Nations africaines de se former sur des bases unitaires. Faire fi de ces
frontières artificielles, c’est s’inscrire dans une forme d’économie de
l’amnésie où la partialité du médiateur, le Président Mbéki, rappelle
que le pouvoir n’est pas là où l’on croît qu’il est. Cette docilité au
sommet retarde la construction des alternatives et bloque la vie
démocratique du Zimbabwe. On risque de passer de l’Etat voyou à un
Président voyou sans d’ailleurs que l’ingérence occidentale ne s’en
offusque autrement que verbalement. Avec des élections ni libres, ni
équitables et troublées par des violences, on n’atteint toujours pas le
niveau d’horreur requis pour justifier une intervention internationale.
Le droit international, c’est pour ceux qui veulent bien y croire. Au
demeurant, que fera-t-on du dictateur Colonel Mengistu qui a reçu un
asile doré au Zimbabwe depuis 1991 et dont personne ne parle si Robert
Mugabe venait à ne plus être le Président du Zimbabwe ? Certains
dirigeants africains sont en train de tester la capacité de la
communauté internationale à accepter des formes nouvelles de la
démocratie de l’hypocrisie. Tout ceci ne peut que fragiliser encore la
zone, voire le continent et n’honore pas les chefs d’Etat africains pris
collectivement.
7. Un gouvernement de transition : un arrangement politique
intelligent
L’Union africaine et plus particulièrement les institutions
sous-régionales devraient faire pression sur Robert Mugabe et Morgan
Tsvangirai pour qu’ils retrouvent un réflexe d’organisation collective
du pays. A ce titre, les menaces, les brimades et autres violences
doivent stopper. L’UA aurait pu éviter d’avaliser un système à la
kenyane et laisser la place à la négociation en parlant d’une période de
transition qui peut déboucher sur le gouvernement de transition et à
terme sur un gouvernement d’union nationale. L’initiative ne peut que
venir de "Bob" qui gagnerait à rappeler à ses vétérans de guerre que le
Zimbabwe est en 2008 et non plus en 1980. Le type de configuration ne
doit pas se faire à la kenyane mais doit tenir compte d’une
redistribution des pouvoirs sur des bases négociées. C’est donc bien
d’un gouvernement d’interdépendance dont il s’agit. La critique majeure
adressée à Morgan Tsvangirai selon laquelle il serait un instrument des
pays occidentaux doit être clarifiée par lui-même.
L’Union européenne, au-delà de la déclaration du Commissaire européen au
Développement, Louis Michel, qui a considéré qu’il s’agissait d’une
"victoire usurpée", devrait faire pression sur le Royaume Uni pour que
ce pays honore son engagement de commencer un début de paiement des
promesses faites au gouvernement zimbabwéen d’indemniser partiellement
les personnes dont les terres ont été expropriées par l’Etat zimbabwéen
ou à défaut de négocier un système d’actionnariat populaire qui
associerait les populations noires locales, ce qui aurait le mérite
d’organiser la redistribution non des terres mais des richesses
produites par la terre.
L’Afrique du sud ne peut continuer à demeurer l’unique médiateur puisque
le dossier est devenu africain en attendant que le conseil de sécurité
ne s’en saisisse. Avec la position unilatérale de Thabo Mbéki qui ne
reconnaîtra pas un gouvernement dirigé par Morgan Tsvangirai, il est
clair que les esprits s’échauffent et que l’impartialité qui sied à un
médiateur commence à prendre du plomb dans l’aile. Un deuxième chef
d’Etat d’une autre région africaine, des représentants de la société
civile qui assureraient que les voix des populations ne soient pas
oubliées et des bailleurs de fonds amis du Zimbabwe devraient venir
élargir le groupe de médiation sous la direction conjointe de deux
Présidents, ceci avec l’appui de la SADC et des services de la
Commission de l’UA. L’avantage d’un tel groupe aurait le mérite
d’apporter un peu de transparence dans les tractations.
L’objectif sera d’aboutir rapidement à la redistribution structurelle
des pouvoirs avant une réelle "dé-personnalisation" des postes.
Avant tout "gouvernement d’union nationale", c’est un
gouvernement de transition qui semble pouvoir recueillir un consensus
minimum. Il faudra alors que les personnalités qui viendront gérer cette
transition, qui risque de durer au moins 12 à 24 mois, s’engagent à ne
pas se présenter aux élections présidentielles qui devront avoir lieu
avant la fin du nouveau mandat usurpé. Si l’idée de refaire les
élections dans un délai court risque de ne pas être acceptée le pouvoir
de Robert Mugabe, il n’est pas impossible qu’une transition d’une durée
de 24 mois avec une personnalité de la Diaspora soit acceptée par les
deux parties après des négociations sereines. La solution politique
actuelle passe donc par ce gouvernement de transition si la volonté
politique ne fait pas défaut. Autrement, ce sera le long calvaire vers
la destruction de toute ce que Robert Mugabe a pu construire de beau et
de bien. Cela risque de faire oublier de manière définitive sa lutte
pour l’indépendance et la décolonisation de ce pays surtout que la crise
économique profonde a déjà détournée une grande partie de la population
se demande encore comment on en ait arrivé là.
Il ne s’agit pas d’un partage de pouvoir à la kenyane mais bien d’une
refondation du Zimbabwe avec deux hommes qui semblent avoir oubliés
qu’ils ont contribué à couper virtuellement ce pays en deux. Si
l’initiative doit venir de Robert Mugabe qui a accepté la résolution de
l’UA, il ne peut s’agir d’une proposition de dupe ou d’un simulacre de
participation à la relance du pays. Au-delà du sursaut patriotique,
c’est bien d’un sursaut économique au profit de tous qui doit amener les
deux personnalités à faire fi de leur inimitié pour accepter de
travailler en s’éclipsant provisoirement pendant la période de
transition, ceci dans l’intérêt des Zimbabwéens, de tous les
Zimbabwéens, noirs comme blancs. Il faudra vraisemblablement une
transition. Il sera plus sage d’aller vers un gouvernement
d’interdépendance nationale plutôt d’accepter un gouvernement d’union
nationale par défaut comme au Kenya. Ce gouvernement d’association doit
reposer sur un arrangement politique, contractuel et intelligent. Il
faut souhaiter bonne chance à cette nouvelle forme d’interdépendance
africaine qui risque de faire jurisprudence si elle est couronnée de
succès. Peut-être que Jean Ping, le Président de la Commission de l'UA,
ne fait que refléter la volonté réelle de poursuivre le management du
statu quo au sommet de l’Etat lorsqu’il rappelle qu'il est préférable de
laisser les Africains négocier "sans trop d’interférences".
Malheureusement à propos d’interférences, il faut préciser qu’il ne
s’agit que de relations entre représentants de l’Etat puisque le peuple
africain est totalement absent… Quelle hypocrisie! Il faut repenser la
démocratie africaine qui doit réintroduire une intégration entre les
chefferies traditionnelles et la modernité d’une élite éthique
comprenant la Diaspora sur la base d’un programme contractuel. Ce
contrat social doit être validé par les populations africaines en toute
liberté et évoluer au gré des élections sans mascarade et
communautarisme ethnique ou militaire. Ce n’est pas pour le moment le
chemin choisi par la plupart des chefs d’Etat africains. Il n’est jamais
trop tard de négocier un gouvernement de transition…
Par Dr. Yves Ekoué Amaïzo
Il s’exprime ici au titre de Directeur du groupe de réflexion, d’action
et d’influence "Afrology"
1. CrisisWatch N° 59, 1 July 2008
2. Anne Dissez, "Zimbabwe : la stratégie de terreur et d’obstruction",
in Risques Internationaux, n° 99, pp. 11-12.
3. Yves Ekoué Amaïzo (sous la direction de), La neutralité coupable :
l’autocensure des Africains, un frein aux alternatives ? Avec la préface
de Abel Goumba et une postface de Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo,
collection "interdépendance africaine", éditions Menaibuc, Paris, 2008.
4. SABC, “Mandela criticises Zimbabwe leadership”, 27 June 2008,
http://www.sabcnews.com/world/europe/0,2172,172165,00.html
5. The Economist, “How to get him out?”, 28 June – 4 July 2008, page 15.
6. Emmanuel Goujon, "Zimbabwe: Mbeki rejette les exigences de l'UE sur
un gouvernement d'union nationale", in Le Point, 2 juillet 2008,
http://www.lepoint.fr/actualites-monde/zimbabwe-mbeki-rejette-les-exigences-de-l-ue-sur-un-gouvernement/924/0/257223
7. Le Front patriotique (PF Patriotic Front) a été formé en 1976 comme
une alliance politique et militaire entre la ZAPU (Zimbabwe National
People's Union) dirigé par Joshua Nkomo à partir de la Zambie et la ZANU
dirigé par Robert Mugabe à partir du Mozambique. L’objectif était de
faire la guerre contre la minorité blanche qui contrôlait le Zimbabwe
(la Rhodésie à l’époque) et représentée par Ian Smith. L’indépendance de
1980 fut l’aboutissement de cette lutte. Plus tard, les factions se
séparèrent et les élections de 1980 furent gagnées par Robert Mugabe
alors que Joshua Nkoma s’était retiré dans la province de Matabeleland.
Un accord d’unité intervient en 1987 entre les deux partis qui abouti à
la création de fait d’un parti unique dirigé par Robert Mugabe et Joshua
comme l’un deux vice-présidents. Mais cela n’a pas duré et ce dernier
est parti en exil en catimini. Son autobiographie consacre une large
partie à cette période.
8. Nicholas Harman, Nkomo: The Story of My Life, Joshua Nkomo, 1984,
Autobiography, page 1.
9. Emile Fidieck, "Zimbabwe : l’Union Africaine légitime la victoire de
Mugabe", in L’Internationalmagazine.com du 30/06/2008.
10. Emmanuel Goujon, op. cit. |
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Yves Ekoué Amaïzo


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