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Une autorité de l'Union
africaine?
Malaise, transition et défi
Le 12e sommet de l'Union africaine s'est achevé le 4 février 2009
avec une journée de travail supplémentaire. Mais le sentiment général
reste celui d'un malaise profond, une confusion sur les modalités
d'aller vers l'Union des Africains et l'incapacité des dirigeants
africains à trouver des consensus au-delà des principes affichés et une
nouvelle stratégie semi-collective de la chaise vide. Alors l'Afrique
est-elle incapable de s'unir [1]?
1. Transition et avancées minimalistes de l'UA : de la Commission à
l'Autorité
On ne sait pas si certains Chefs d'État absents, parmi les 22 Présidents
sur 53 qui ne sont pas venus, n'ont pas pratiqué la politique de la
chaise vide par télécommande pour :
-
refuser de transférer une quelconque parcelle de leur souveraineté à une
autorité supranationale africaine et donc indirectement à l'un de leur pairs,
-
marquer leur opposition à une marche accélérée de l'Afrique vers un gouvernement
politique,
-
ne pas affronter frontalement l'activisme outrancier du numéro un libyen,
-
s'aligner sur certains de leurs parrains étrangers qui les tiennent souvent par
le financement de leur budget et leur maintien au pouvoir, ou simplement
-
tout ceci à la fois.
L'Afrique des Chefs d'État, à la sortie de ce sommet,
est encore plus divisée qu'avant. En fait, l'activisme de la Libye, ne
reposant pas sur des consensus préparés par des experts y compris ceux
de la Diaspora, contribue plus à faire apparaître les dissensions
internes des Chefs d'État. Cette approche a finalement contribué à faire
adopter des approches minimalistes sans pour autant avoir évité la mise
sur la place publique des guerres intestines de "faux" leadership entre
dirigeants africains. Pourtant, il existe une feuille de route et un
plan stratégique 2009-2012 sans compter les avis et recommandations des
experts sur la nécessité d'adopter un "Pacte africain de soutien au
pouvoir d'achat et d'une relance de la création de richesse" pour
faire face aux conséquences négatives de la crise financière occidentale
sur l'Afrique en 2009 et 2010.
Les discussions se sont focalisées sur l'avenir institutionnel de
l'Union africaine donnant l'impression que la mise en œuvre et le
financement des projets concrets qui intéressent les populations
africaines, sont considérés comme des priorités secondes. La
transformation de la Commission de l'UA en Autorité de l'Union africaine
est un résultat minimaliste, fondé plutôt sur l'aspect formel. En
attendant de réellement décider du sort d'un futur et éventuel
Gouvernement des États-unis d'Afrique qui reste le défi principal, il
faudra faire avec le Guide libyen et son caractère, sa mégalomanie, mais
aussi sa volonté d'unité africaine qu'il souhaite faire adopter sans
passer par un référendum de validation par les citoyens africains, ni
par une adoption par le parlement continental, véritable chambre
d'enregistrement non démocratique puisque le choix des parlements
continentaux n'est pas régi par des élections mais par des désignations,
souvent par l'exécutif d'États prenant des libertés par rapport à la
vérité des urnes. Il n'est pas question non plus que ce soit les
parlements sous-régionaux ou nationaux qui avalisent le projet des
États-unis d'Afrique. Il y a là fondamentalement une approche
anti-démocratique. Pourtant ce point ne semble pas déranger outre mesure
la plupart des dirigeants. C'est plutôt le non-contrôle du nouveau
président en exercice et sa capacité à ne pas refléter la position
officielle commune des chefs d'État qui, en fait, font problème…
Le débat sur le Gouvernement de l'Union ou la création adoptée à
l'unanimité des dirigeants présents d'une Autorité de l'Union comme
forme transitoire pose au fond la question de la transformation ou la
mutation de l'actuelle Commission de l'Union africaine. S'il est
question d'amender les Actes constitutifs de l'Union africaine et les
faire adopter dès juillet 2009 à Madagascar par une plus grande majorité
des Chefs d'État, il faudra rester très vigilant sur la notion de
représentativité des peuples africains. Les citoyens et contribuables
africains ne peuvent pas éternellement être simplement mis de côté. Il
s'agira alors des États-unis d'Afrique sans les peuples africains, ou
plutôt avec des peuples "dociles", "docilisés" dira-t-on
du côté de Treichville en Côte d'Ivoire.
2. La démocratie des partis-tribus
Le Guide de la Révolution libyenne a une conception personnelle de la
démocratie et du multipartisme qu'il considère comme "un système
importé". Mais sur ce plan, il suffit de retourner dans l'histoire
africaine avant l'arrivée des colonisateurs et des usurpateurs des
richesses africaines et l'exploitation du capital humain africain pour
comprendre que la mission colonisatrice a principalement reposé sur la
destruction de la culture et des pratiques institutionnelles africaines.
Selon les lieux, des formes adaptées de représentation politiques des
citoyens africains existaient et fonctionnaient avec des règles internes
adaptées aux réalités africaines [2]. Affirmer comme le
dirigeant libyen que "le multipartisme n’est pas adapté aux réalités
africaines", c'est faire la part belle à tous ceux qui ont tordu le
coup à la Constitution en Afrique pour s'éterniser au pouvoir ou placer
leur progéniture, avec souvent la complicité active des corps
constitués, notamment l'armée. C'est aussi mépriser profondément la
volonté du peuple ! En effet, lorsque la liberté leur est offerte et que
les élections sont transparentes, les citoyens africains n'ont aucune
difficulté à accomplir sereinement leur devoir civique comme vient de le
démontrer le Ghana, malgré quelques cafouillages électoraux mineurs vite
maîtrisés du fait d'interventions externes au pays.
Il y a donc urgence à corriger cette conception
erronée du Guide libyen qui a affirmé qu' "en Afrique, chaque parti
est une tribu". Cela relève d'une méconnaissance grave sur la
diversité des formes de gouvernance en Afrique tant dans l'histoire
africaine que dans la pratique de la gouvernance politique actuelle. Les
pratiques de la démocratie dite "directe" dans certaines régions
de Libye ne peuvent être généralisées à l'ensemble du continent. Ce
serait simplement une méprise sur l'histoire politique des Africains et
la palabre productive africaine. Par ailleurs, de telles affirmations
permettent de justifier non seulement la longévité au pouvoir de
certains dirigeants africains tout en promouvant indirectement la
Royauté au détriment de la République. De telles approches favorisent
les constitutions africaines où un dirigeant peut bon an, mal an
demeurer "légalement" au moins 20 ans au pouvoir quant ce n'est pas à
vie... Cette pratique se retrouve dans le conseil d'administration de
nombreuses sociétés publiques en Afrique. Il faut donc bien se garder de
considérer ces propos comme neutres. Cela peut, à certains égards,
devenir dangereux car cela signifierait que la démocratie représentative
est devenue une forme de clanisme, l'alignement sur le chef du clan ou
de la tribu… En bon français, il s'agit purement et simplement d'une
forme subtile de l'autocratie. Paradoxalement, ce point n'a d'ailleurs
pas été remis en cause par ceux qui critiquent ouvertement l'action du
dirigeant libyen.
Il faudra alors plus parler de régression que de
progrès si l'Afrique devait dorénavant accepter collectivement cette
approche de la représentativité clanique basée sur une tribu devenant un
parti. Vu le nombre de tribus en Afrique, cela donnerait naissance à un
nombre incalculable de partis politiques dont la gestion pourrait poser
un sérieux problème sans compter la langue commune qui servira de
véhicule commun. Aussi, certaines affirmations péremptoires souffrent
d'analyses approfondies et le zèle de certains pour une unité africaine
au forceps ne devrait pas les aveugler au point d'oublier de mettre en
place des conseils et des contre-pouvoirs indépendants et transparents
pour guider le "Guide". Il est vrai que le rêve peut s'apparenter à une
vision… mais en l'espèce, le rêve peut devenir une forme avancée de
l'illusion et de la fuite en avant que les gradualistes tentent, en
jouant aux abonnés absents, de terminer. Il est suggéré d'amener les
spécialistes du sujet à donner leur opinion sur les conséquences de la
mise en place d'un système basé sur un parti-une tribu en Afrique et la
présenter au nouveau Président en exercice de l'Union africaine pour
l'aider à faire évoluer cette position qui ne peut faire l'affaire ni
des progressistes, ni des fédéralistes convaincus [3].
Oui, car il y a des fédéralistes non convaincus qui préfèrent "jouer le
jeu" en se disant que d'ici un an, rien n'aura véritablement avancé et
ils ne risquent pas de passer à côté d'une éventuelle distribution du
Guide libyen pour manque de soutien.
L'approche de la représentativité basée sur "un
parti-une tribu", telle que la préconise le dirigeant libyen, a
manifestement quelques limites. Il faudra donc s'assurer que cette
approche ne vienne pas servir de fondement à un nouveau consensus obtenu
auprès d'une minorité de Chefs d'État de l'Union africaine d'ici juillet
2009 pour amender l'Acte constitutif de l'Union africaine.
3. Malaise : confusion entre interdépendance et
inter-indépendance
"Nous consacrons beaucoup trop de temps à régler les conflits ou les
partages de pouvoir entre nos politiciens. Il faut que nous
redéfinissions nos priorités pour nous consacrer au développement de nos
économies (...) pour nous libérer de la honte qui est la nôtre d’être le
continent le plus pauvre du monde"… Ces quelques extraits du
discours du Président sortant, le Tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete [4],
témoignent des complexes enfouis et des objectifs généraux qu'il
faudrait peut-être réviser.
Faut-il avoir honte d'être pauvre surtout quand cette pauvreté est
instrumentalisée, organisée et banalisée ? Drôle de conception !… Sous
d'autres cieux. Au "paradis" notamment, c'est presque la condition sine
qua non pour y être admis… Tout est alors une question de compréhension
du problème. Lorsque le Président sortant de l'UA prononce son dernier
discours avec un bilan bien mitigé sans citer une seule fois le nom de
son successeur, le "Guide" libyen Mouammar Kadhafi, sans véritablement
lui souhaiter bonne chance, il y a manifestement un malaise. Récemment,
le Bureau international du travail a annoncé que la crise actuelle va
faire augmenter le chômage en Afrique avec une part prépondérante pour
les travailleurs en situation d'emploi vulnérable souvent sans
couverture sociale. Les luttes intestines sur un Gouvernement de l'Union
africaine ou pas apparaissent alors comme dérisoires. Non pas que
l'Afrique n'ait pas besoin d'un Gouvernement continental, mais parce que
ce Gouvernement risque, dans l'état actuel des dissensions,
quasi-personnelles et par télécommande de quelques responsables
occidentaux, de souffrir d’une forme d'agoraphobie et de ne jamais
discuter des moyens concrets pour atteindre les objectifs.
L'Union africaine s'est tenue avec seulement une vingtaine Chefs d'État
présents sur 43. Au lieu de s'occuper concrètement de création de
richesses et de développement durable en favorisant les infrastructures
(thème du sommet), pour servir le développement des capacités
productives, sources de création de valeur ajoutée endogène, la
politique l'a emporté. L'actualité de la crise à Madagascar avec la
contestation du Président malgache par la rue relayée par le jeune maire
(ex-maire puisqu'il a été destitué) et la mise en cause des promesses
électorales non tenues ont occupé les débats. Bref, on ne vient pas à
l'Union Africaine pour véritablement prendre des décisions dont les
financements ont été identifiés auparavant, mais on y vient pour mieux
témoigner de son égo et de son rayonnement lié à "l'autoritarisme
national". Paradoxalement, ils sont bien peu nombreux à vouloir
rechercher un leadership continental basé sur la représentation des
populations, d'où le malaise permanent. L'interdépendance n'existe donc
pas pour les Chefs d'État. C'est de l'inter-indépendance dont il s'agit
et la nuance est très importante pour comprendre les comportements et
les réticences. Le Président tanzanien n'a pas manqué d'y faire allusion
en rappelant que les objectifs de développement demeurent une priorité
bien supérieure aux différents entre Chefs d'État africains.
Au-delà des critiques des dirigeants africains pour leur autocratie
ou/et de leur non-respect des droits humains, beaucoup de dirigeants
africains non-démocrates sont mal placés pour faire la leçon au Colonel
Kadhafi qui n'a pas la mémoire courte sur ces sujets. Pourtant, certains
pays africains peuvent se targuer d'être des démocraties exemplaires
dans le contexte africain : le Ghana, le Cap-Vert, le Botswana,
l'Afrique du sud et le Bénin quoique les choses s'y dégradent. En Libye,
il existe un mode de prise de décision collective du peuple au niveau
délocalisé qui repose sur une certaine vision de la démocratie directe
sauf que cette approche ne fonctionne pas au sommet du système libyen.
Sur la liberté de la presse et la distribution équitable des richesses
en Libye, il y aura matière à écrire. Mais les autres pays africains,
sont-ils vraiment exemplaires dans ces deux domaines ? Faut-il rappeler
les assassinats restés impunis de quelques (liste non exhaustive)
martyrs africains de la liberté de la presse, du respect des droits
humains et de lutte contre l'impunité institutionnelle : le
Centrafricain Maître Nganatoua Wanfio Goungaye, Président de la Ligue
centrafricaine des droits de l’homme (LCDH), le Togolais Atsutsé Agbobli,
Directeur d'Afric' hebdo, le Congolais Didace Namujimbo, journaliste de
radio Okapi, lequel luttait contre les violences et l’arbitraire dans
l’Est de la République démocratique du Congo, les journalistes de radio
Abshir Ali Gabre et Ahmed Hassan Mahad tués dans la province du
Shabeellaha Dhexe en Somalie pour avoir exercé leur métier de
journaliste et de promotion de la liberté d'expression, la démocratie et
la paix. Le roi des rois africains pourra-t-il prendre conscience que la
liberté d'expression est le bras armé de l'indépendance de l'Afrique et
sert de fondement à une démocratie non bridée des peuples africains ? Il
faut espérer que des décisions courageuses allant dans le sens de la fin
de l'impunité sous son règne seront prises par le Guide libyen, ceci sur
tout le territoire africain y compris en Libye.
Au demeurant, le 12e sommet de l'UA était-il consacré à dénoncer les
travers de la gouvernance en Libye ou à trouver les voies et moyens pour
améliorer justement cette gouvernance et la liberté d'expression sur le
continent africain ? Certains Chefs d'État ont simplement confondus ce
point en transformant le choix du "Guide" libyen en rancœurs
personnelles, retardant d'ailleurs, par la même occasion, l'avènement
d'un Gouvernement continental. Mais que de nombreux Chefs d'État
relayent les critiques des organisations non gouvernementales (ONG)
spécialisées sur les questions des droits de l'homme semble indécent
lorsqu’on analyse le sort réservé à ces mêmes ONG dans certains pays
africains. Il aurait été plus judicieux de démontrer la réalité des
améliorations du respect des droits humains, du respect de
l'indépendance de la justice, de la volonté de mettre fin à l'impunité
et de respecter les résultats des élections ou encore de respecter le
contenu des constitutions librement acceptées par les populations et non
celles modifiées en catimini par des opérations de passe-passe. Non, ces
points demeurent tabou… Il est donc clair que l'avenir de l'Autorité de
l'Union africaine, appellation de l'ex-Commission de l'Union africaine,
n'intègre pas encore la notion d'interdépendance africaine [5],
transition vers les États-Unis d'Afrique. Les Chefs d'État, jaloux de
leur souveraineté, en sont arrivés à préférer l'inter-indépendance qui
est le contraire de la voie menant vers l'unité des Africains [6].
4. Quorum, tabou et démocratie à géométrie variable
Quel est le nombre magique de Chefs d'État devant participer au sommet
de l'Autorité de l'UA pour qu'une décision prise, à huis clos ou par
acclamation, permette de faire émerger un nouveau Président en exercice
pour un an ou pour adopter l'Acte constitutif ou le Gouvernement de
l'Union ? Apparemment, rien n'est vraiment clair… Donc même avec trois
Chefs d'État présents et plus de 50 absents, une décision pourrait
théoriquement être prise à l'Union africaine puisqu'il s'agit de décider
sur la base du consensus à huis clos… En effet, il n'y a que très peu de
transparence car certains Présidents ne souhaitent pas afficher
officiellement leur position envers leurs populations, envers la
communauté internationale et surtout envers certains bailleurs de fonds
qui pourraient se venger sous la forme de rupture du soutien budgétaire
à l'État. Certains dirigeants sont donc obligés de faire une nouvelle
gymnastique qui consiste à ne soutenir que les positions au sein de l'UA
mais qui ne gênent pas les intérêts des pays bailleurs de fonds
traditionnels… C'est pourtant cela la réalité des rapports de force
politiques. Et face à cela, c'est bien un Gouvernement africain uni qui
peut permettre de résister et de modifier la donne. Donc, personne ne
met en cause le principe du gouvernement unitaire. Ce sont donc bien les
modalités, le rythme, la nécessaire transition et les parallélismes de
forme avec les institutions sous-régionales et la focalisation sur des
secteurs économiques concrets et profitant à la population qui doivent
être déterminés. A ce propos, on peut citer l'exemple de la communauté
économique d'Afrique de l'Est qui est en mouvement et se contente de
faire ce qu'elle peut et de réussir avec les moyens à sa disposition. Et
cela marche. On peut avec une même "puce" téléphonique communiquer dans
cette zone. Bientôt, l'intégration des assurances maladies feront qu'un
malade d'un des pays peut se faire soigner dans un autre pays car
l'harmonisation du système d'assurance maladie sera opérationnelle…
N'est-ce pas ce que demande le peuple ?
Le système d'élection africain basé sur les conciliabules n'est pas très
efficace, d'autant plus que les conciliations se font très lentement et
que les problèmes et les défis de l'environnement économique et
politique sont nombreux et s'abattent sur le continent à la vitesse
grand V. Mais l'absence de discipline que l'on retrouve dans les
changements intempestifs de positions à 180 degrés de certains pays
s'explique parfois par les pressions internationales, des transferts
d'argent d'où le refus de transfert de souveraineté. Ainsi, le manque de
transparence ne fait qu'augmenter le sentiment de mal-élu au niveau
national et le manque de démocratie directe aux niveaux sous-régional et
continental. Mais où sont donc les populations africaines dans cette
architecture de la gouvernance politique de l'Afrique qui se construit
sans eux ? Quand est-ce qu'elles auront droit au chapitre ? Après tout,
ce Gouvernement de l'Union africaine aurait pu reposer sur un principe
d'un référendum populaire (au moins un par sous-région), une sorte de
démocratie directe. Celui-ci pourrait être indirect si les décisions
pouvaient s'opérer par les parlements africains. Le parlement
continental doit se déclarer incompétent car les membres ne sont pas
élus mais désignés. Paradoxalement pour les dirigeants africains,
laisser le peuple ou ses représentants décider sur ces dossiers
constitue encore un véritable tabou, ce qui par définition n'est ni une
preuve de transparence, ni un début de preuve d'une volonté d'évoluer
vers la démocratie au plan continental… Il existe donc une démocratie à
l'Africaine dont les contours à géométrie variable ne sont
compréhensibles que par quelques Chefs d'État et des initiés de l'Union
africaine… Mais l'intrusion du Guide Libyen dans ce système où l'on se
comprend et défend les intérêts bien compris, pourrait remettre en cause
certaines pratiques éloignées de l'éthique, voire les révéler au grand
jour.
Mais que dire de la position de l'Union africaine lorsqu'elle accepte le
Président autoproclamé Robert Mugabe à la sortie d'élections usurpées et
considérées comme légitimes uniquement parce que l'assemblée des Chefs
d'États n'avaient pas trop de dissidence en son sein sur ce sujet. On ne
sait jamais… ce qui arrive au Zimbabwe pourrait peut-être leur arriver
demain et ils auront besoin du soutien-réflexe de leurs pairs. Il est
vrai que "Bob", surnom de Robert Mugabe, a finalement accepté, sous la
pression de la nouvelle administration américaine et face à la
progression du choléra, de l'inflation et de l'insécurité dans le pays,
de laisser son challenger Morgan Tsangarai devenir Premier ministre du
pays, non sans verrouiller ce qui peut l'être.
Il est donc plus question de "plaire" au sein de ce qu'il convient bien
d'appeler le "syndicat des Chefs d'État" africains" que de traiter à
bras le corps les problèmes des populations. Sur le plan de la
commission en charge de la sécurité et de la paix et avec les moyens du
bord, il faut reconnaître que l'Union africaine sort son épingle du jeu,
surtout lorsque les chefs d'État reviennent à la raison, comme
l'arrestation par le Rwanda du "Général" Nkunda dont les affinités
rwandaises sont de notoriété publique. Mais avec l'imprévisible Guide
Libyen et ses affinités avec les groupes dits "rebelles" ici et là en
Afrique (Mali, Niger, Soudan, et peut-être Ouganda, etc.), les Chefs
d'État se divisent, prennent peur pour certains. La déstabilisation est
possible même si le Guide Libyen semble être à l'origine de nombreuses
pacifications en Afrique comme la proposition de séjourner à ses frais
en Libye à certains dissidents rebelles Touaregs et autres.
5. Le Guide libyen, un investisseur crédible pour les Occidentaux ?
Alors quel est le problème ?
Le vrai, c'est que le "Guide" libyen a beaucoup d'argent et est
indépendant. Il est aussi peu respectueux des " salamalec de politesses
africaines" entre Chefs d'État. Mais il peut surtout acheter tout, les
Occidentaux comme les groupes dissidents dans les pays africains ou
ailleurs, ou même mettre à sa solde des groupes entiers de la Diaspora à
laquelle l'Occident refuse l'intégration et des emplois quand cela ne se
fait pas de manière asymétrique. Cela fait de lui l'homme de l'influence
par excellence qui ne se prive pas de poser ses conditionnalités, à
l'instar de ce que font les institutions de Bretton Woods dans d'autres
contextes. Cette position lui permet d'avoir une grande influence sur
des groupes rebelles avec comme conséquence les possibilités de
déstabilisation ou de pacification dans certains pays africains. Ceci
est très perceptible dans les pays sahéliens, tous membres de la fameuse
CEN-SAD, la communauté des États Sahélo-Sahariens, un groupe d'États
créé et financé par le dirigeant libyen. Mais la présence de la Libye
dans l'investissement dans l'hôtellerie en Afrique ne passe pas
inaperçue et correspond à la volonté d'offrir des résultats-vitrines
pour les catégories les plus aisées en Afrique. Il faut espérer que le
Guide va identifier une autre catégorie de populations, les "en-bas d'en
bas" en leur offrant un ou plusieurs hôpitaux d'excellence et de
diagnostic.
Le second problème tient dans le non-dit avec ce qui est perçu comme de
l'arrogance, du non-respect dans la façon de s'adresser "sans déférence"
à des Chefs d'État, dont beaucoup croient qu'après Dieu, ils incarnent
le pouvoir et sont, avec leur famille et réseaux, au-dessus des lois !
Cette hypocrisie de forme se retrouve dans le goût pour le huis clos, la
non-transparence dans les décisions. Ceci arrange plusieurs dirigeants
de petits pays qui font croire à leur population que la décision a été
"imposée" par un consensus mou. Cette situation risque de ne pas pouvoir
perdurer sous la présidence libyenne qui ne va pas se gêner pour révéler
ceux qui s'opposent à ses desseins pour l'Afrique tout en révélant la
gestion par télécommande de certains avec les pays finançant les budgets
déficitaires en Afrique. Cette dépendance discrète s'est graduellement
instaurée à l'Union africaine car les contributions volontaires ont
aussi leur pesant de conditionnalité.
Le Président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni ne s'y est pas trompé
lorsqu'il déplace l’essentiel du dossier des États-unis d'Afrique sur le
terrain du manque de respect et la manière personnelle du "Guide" libyen
de vouloir imposer au forceps le dossier du transfert de souveraineté
dont il ne veut pas. Cette arrogance, diront certains, ne peut que gêner
les Chefs d'État africains dans leur relation spéciale avec les pays du
Nord. Oui, beaucoup de Chefs d'État sont obligés de marcher sur des œufs
avec les dirigeants occidentaux, surtout lorsque leur légitimité dépend
entièrement de ces donateurs qui ont pris en otages les budgets
déficitaires des pays pauvres.
Pourtant ces derniers mois, la plupart de ces dirigeants occidentaux ont
défilé à Tripoli pour adouber le dirigeant libyen non sans
arrière-pensées sur l'accès aux richesses hydrocarbures de la Libye.
Alors, au fond, le dirigeant libyen ne serait-il pas plus crédible pour
les pays occidentaux ? Car il peut s'engager sur une décision et la
financer instantanément alors que pour ses homologues africains, la mise
en œuvre des décisions de l'Union africaine comme les engagements pris
avec la communauté internationale se perdent dans des conjectures dignes
des palabres sous le baobab, simplement parce que le budget manque.
Alors, le Guide libyen, est-il de fait un potentiel investisseur et
partenaire pour les véritables investisseurs étrangers occidentaux en
Afrique qui ne se soucient nullement de la réalité de la démocratie mais
plutôt de la capacité d'un gouvernement africain à respecter sa
signature lors des grands contrats d'infrastructures ? Certainement ! Le
dirigeant libyen est donc crédible au plan financier, donc solvable. Il
peut donc se rendre à la réunion du 2 avril 2009 du G20 portant sur les
suites à donner à la crise financière et accessoirement la refonte du
système financier mondial, sans aller quémander. Donc pour être clair,
le dirigeant libyen ne doit pas gêner outre mesure les dirigeants
occidentaux… Quelques écarts de langage bien médiatisés ne vont pas
finalement changer les engagements sur le fond. Cela n'empêche que les
Chefs d'État ont préféré être prudents en s'assurant que le Guide libyen
soit accompagné par deux autres Chefs d'État ainsi que peut-être le
Président de l'Autorité de l'Union africaine, Jean Ping et le Président
de la Banque africaine de Développement, Donald Kaberuka. Donc, la
confiance "règne"... mais mieux vaut en contrôler les contours…
6. Rupture dans les pratiques de l'Union africaine : des secrétaires,
des rois, et après ?
Au demeurant, il est déjà question que l'Autorité africaine soit
composée à terme de 14 secrétaires. La comparaison a été faite avec les
Secrétaires d'État aux États-Unis, mais avec le manque de moyens
chronique et alors que le bouclage financier du Plan stratégique de
l'Union africaine 2009-2012 n'est pas encore trouvé, il faut se rendre à
l'évidence que les Secrétaires de l'Autorité Africaine risquent d'avoir
une autorité très limitée et une marge de manœuvre encore plus limitée.
Il n'est pas précisé s'ils ou elles seront élus, nommés par leur
gouvernement respectif directement avec approbation par les Chefs d'État
africains ou si ce sera le chef de l'Autorité de l'Union africaine qui
pourra composer son "Gouvernement" comme l'avait proposé, en son
temps, le précédent Président de la Commission de l'Union africaine, le
malien Alpha Omar Konaré. Il faut espérer que ce soit la deuxième option
qui prévale et que les postes soient ouverts à la concurrence y compris
à la Diaspora, théoriquement 6e région d'Afrique. Par ailleurs, le fait
d'avoir été ministre ne doit plus considéré comme le seul critère
d'entrée et de sélection car les résultats ne sont pas probants.
Pour bien faire, les futurs secrétaires d'un futur gouvernement
continental devront avoir des contrats de mission avec des budgets
adéquats, sinon il n'y aura pas de rupture avec les pesanteurs actuelles
et la trop grande politisation de la Commission de l'Union africaine
n'arrivera pas à disparaître. Le système des comités des représentants
permanents (COREP ) qui font la part belle aux ministres des affaires
étrangères et aux ambassadeurs pour prendre des décisions pratiquement
dans tous les secteurs doit être revu. Le principe de la subsidiarité
doit jouer en faveur des ensembles régionaux qu'il n'est pas question de
voir comme une opposition au principe du gouvernement continental. En
fait, ce gouvernement unifié doit aussi exister au niveau sous-régional
et fonctionner en parallèle. Cela suppose de la subsidiarité, de la
discipline et des transferts de souveraineté et de la fiscalité… Que de
sujets tabous ! Avec l'informatisation et la vidéo conférence, il doit
pouvoir être possible que les décisions techniques se prennent avec la
contrepartie technique des pays et des institutions sous-régionales sans
que cela ne contribue à grever les budgets des uns et des autres si les
investissements dans le réseautage de l'Union africaine et les
institutions sous-régionales et les États sont réalisés dans le cadre
des grands travaux d'infrastructure. Voici un chantier où la Diaspora
excelle et que le Guide libyen pourrait réellement prendre à bras le
corps car en 12 mois, la Diaspora pourra interconnecter toutes les
structures décisionnelles africaines et permettre, alors, des décisions
en temps réel sans compter les épargnes et les conséquences bénéfiques
sur les économies exsangues.
La question qui brûle les lèvres doit finalement être posée : avec le
changement en perspective et la fin de la Commission de l'UA et des
commissaires, est-ce que les mêmes personnes occuperont les nouveaux
postes ? Rien n'a filtré là-dessus... sauf qu'en coulisses, certains
pays ont préféré rejoindre le camp des souverainistes et des
fédéralistes, le camp du Guide libyen contre des promesses de postes…
Paradoxalement, l'approche sous-régionale que la région d'Afrique
australe et celle d'Afrique de l'Est voulait adopter ne semble pas avoir
été retenue… Il y a là encore un vrai problème de concept car il faut un
gouvernement continental et un gouvernement sous-régional qui
travailleront ensemble. C'est cela l'interdépendance africaine. En
réalité, les égos personnels et le passage en force du Guide libyen
semblent avoir empêché un travail de fond de s'opérer.
Avec les amendements à apporter à l'Acte constitutif de l'Union
africaine et la rupture profonde avec le passé qui est en train
d'émerger, la solution dans l'immédiat et au cours d'une période de
transition, courte si possible, repose sur l'adoption d'un nouveau
concept unificateur. Il s'agit du concept de l'interdépendance africaine
qui pourrait réconcilier durablement les "gradualistes" avec les
"fédéralistes". Ce sont des équipes d'experts indépendants qui
peuvent poser les bases d'un tel principe. Cela mettra fin aux conflits
bilatéraux de leadership qui ne font pas avancer l'unité des Africains.
Mais les chefs d'État souffrent d'une grave maladie. Ils n'écoutent pas
les conseils indépendants.
Faut-il préciser d'ailleurs que lorsque l'on parle de secrétaires en
référence aux secrétaires d'État du gouvernement des États Unis, il
convient de le faire précéder d'une enveloppe budgétaire pour garantir
l'efficacité. Si alors l'Union africaine devient une autorité
continentale uniquement avec des secrétaires, alors le Président de la
Commission risque-t-il de voir ses prérogatives modifiées en profondeur
? Les propositions de décisions portant sur la transformation de
l'Autorité de l'Union africaine, les autorités sous-régionales en
relation systémique avec les autorités nationales ainsi que la nouvelle
Charte de l'Interdépendance qui est proposée ici, pourraient faire
l'objet de quelques réunions extraordinaires en Libye ou ailleurs afin
de faciliter les consensus lors de la 13e session de l'UA
vraisemblablement à Madagascar en juillet 2009, si la crise
institutionnelle se résout d'ici là.
Entre-temps il faut espérer que tous les chefs d'État accepteront le
principe de validation d'une Charte de l'Interdépendance africaine,
amendement en profondeur de l'Acte constitutif, par les populations
africaines, sous une forme directe (référendum) ou indirecte par les
représentants des peuples, notamment les parlements fonctionnels,
lesquels ne seront pas que de simples chambres d'enregistrement. Le
Guide libyen aura plus de chance d'entrer dans l'histoire par la Grande
Porte en acceptant d'adopter le principe de la validation par une
démocratie directe en demandant aux populations de valider ce que les
dirigeants estiment "bon" pour eux sans les avoir consultées. C'est cela
la vraie "rupture-révolution" en Afrique et la solution aux
éternels problèmes de leadership entre dirigeants africains. Mais est-ce
que le Guide libyen, cumulant son nouveau titre de "roi des rois
traditionnels africains", en a la volonté, le courage et les moyens
? Une telle rupture avec les pratiques traditionnelles de l'UA risque
d'avoir des conséquences en Libye même où le processus de
démocratisation et d’élections commence à se discuter ouvertement sans
rencontrer de censure, pour le moment…
Après son "élection" à huis clos et lors de sa prise de parole, le
dirigeant libyen a souhaité que l'Afrique le désigne dorénavant comme le
"roi des rois traditionnels d’Afrique" sans préciser si cela doit
être valable uniquement pendant son année à la tête de l'Union
africaine. Car s'il s'agit d'être le roi traditionnel de l'Afrique
pendant un an pour obtenir les faveurs des populations africaines,
beaucoup pourraient jouer le jeu et cela risque de faire jurisprudence
avec le prochain Président en exercice qui souhaiterait aussi être
désigné comme roi d'Afrique… Mais, il faut espérer que tout ceci ne
relève pas que du folklore sinon cela reviendrait à usurper la place qui
revient à une personnalité africaine descendant d'une longue lignée de
rois ou reines dans la tradition africaine. Le titre de roi des rois est
en principe obtenu suite à des prières et des séances d'invocation du
Créateur universel et des révélations faites par des "voyants-visionnaires"
pour déterminer la personnalité à choisir avec souvent comme critères
principaux l'éthique, la sincérité et l'engagement sans faille à aider à
l'amélioration du bien-être des populations. Ceci ne peut se faire sur
la base d'une quelconque forme de rémunérations. Espérons que tout ceci
a bien été respecté sinon la pérennisation de ses actions ne sera pas au
rendez-vous. Il faut espérer que le dirigeant libyen n'a pas déboursé
beaucoup d'argent pour obtenir l'accord des chefs traditionnels et
autres devins pour s'assurer de la "non-résistance" des
Présidents africains pour l'appeler dorénavant le "roi des rois
traditionnels d’Afrique". Car, outre la jalousie, les critiques ont
été malgré tout véhémentes sans être nécessairement toute justifiées.
Toutefois, le vrai ennemi du "Grand frère" libyen Mouammar Kadhafi reste
sa mégalomanie et sa propension à toujours vouloir faire passer des
dossiers en force sans les avoir fait travailler au préalable par des
experts indépendants, libres de lui dire toutes les vérités.
7. Opter pour un pacte de relance du pouvoir d'achat et de la
création de richesses
Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a rappelé que la
crise financière, "qui est devenue une crise économique, devient
maintenant une crise de l'emploi et dans les mois à venir, elle
deviendra, pour certains, une crise humaine", touchera en profondeur
l'Afrique, en proie à des conflits qui perdurent [8].
Il s'avère nécessaire que l'Autorité de l'UA puisse s'entourer d'équipes
d'experts indépendants, payés, pour s'assurer d'avoir les conseils
nécessaires pour s'afficher au plan international. Il faut donc
s'assurer que l'objectif des Chefs d'État ne se focalise plus sur le
"développement" mais la création de richesses en Afrique. On
a trop parlé d'un développement sans jamais véritablement le réaliser.
Cela a pour conséquence de passer sous silence les "comment" et
les "moyens" pour atteindre les objectifs. Il faudra
nécessairement ne plus discuter les dossiers au niveau continental si un
comité d'experts ne s'est pas penché sur le mode de financement et ait
proposé quelques options qui ne peuvent se résumer à aller quémander de
l'argent auprès des donateurs. C'est ce changement fondamental qui
permettra d'être plus concret et surtout d'avoir des réponses précises
aux problèmes des Africains.
Mais voilà, sur le programme de développement des capacités productives
que l'Union africaine a approuvé en 2004 mais qui n'a toujours pas mis
en œuvre comme bien d'autres résolutions des Chefs d'État africains, il
faut s'attendre à ce que le "Guide" libyen fasse "bouger les lignes"…
C'est pourtant un tel projet approuvé par tous les Chefs d'État
africains qui pourrait permettre de relancer, sur des bases acceptables
pour l'Afrique et demain les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique),
le partenariat Afrique-Europe autour des Accords de Partenariat
Economique en souffrance. Là encore, il s'agit de rupture en référence à
l’approche du Président français Nicolas Sarkozy. Mais voilà, les
Présidents africains sont majoritairement de vrais conservateurs, voire
des traditionnalistes peu enclins au changement… On peut citer les pays
qui semblent vouloir opter pour l'approche gradualiste : l'Afrique du
Sud, le Nigeria, l'Ethiopie, l'Ouganda, le Soudan, les pays d'Afrique du
Nord sauf la Libye… Mais les positions ne sont pas figées. Tout risque
de passer par une transition crédible. Une Charte de l''interdépendance
africaine portant tant sur l'approche continentale et fédéraliste que
sur une double vitesse d'intégration incorporant les entités
sous-régionales pourraient être la solution. La Diaspora est disposée à
apporter son expertise. Le "Guide" Libyen, s'il veut devenir un
"Guide respecté et crédible" pour les Africains, ne peut faire
l'économie de retrouver une majorité plus large au-delà des États de la
CEN-SAD sous ses fourches caudines financières. Il faut absolument aussi
trouver des experts indépendants qui revoient l'approche et soient
envoyés comme émissaires pour convaincre les dirigeants opposés non pas
sur le fond, mais sur la forme afin de retrouver un consensus
réunificateur, fondement de l'unité africaine et l'unité des Africains.
8. Renforcer la Diaspora, 6e région d'Afrique : soutenir l'Institut
de la Diaspora et sa Fondation
Pour que tout le monde ne commence pas, peu à peu, à désespérer de
l'Union africaine [9], le dirigeant libyen aura tout
intérêt à créer la surprise en s'entourant, sans oublier de les écouter,
d'experts indépendants y compris ceux de la Diaspora africaine pour
l'aider dans ce défi d'un nouveau genre où il faut se battre contre ses
"propres" frères africains pour faire avancer un dossier sur l'Unité
africaine. Cette fois-ci, et paradoxalement, de nombreux Chefs d'État
africains considèrent qu'il n'y a pas lieu d'écouter la Diaspora
africaine, pourtant sixième région d'Afrique, sauf si ces derniers
s'inscrivent dans une logique de soumission et de silence coupable [10].
A ce titre, la naissance prochaine d'un Institut de la Diaspora et d'une
fondation de la Diaspora dont le quartier général sera basé en France
pourra permettre à de nombreux capitaux africains, "exilés" dans
les paradis fiscaux, de s'investir pour la bonne cause. En effet, entre
la période 2002 et 2006, et selon l'institut Global Financial Integrity
[11], près de 1000 milliards de dollars des États-unis
ont quitté les pays en développement vers les paradis fiscaux, dont près
de 3 % officiellement répertoriés comme provenant d'Afrique. Ce chiffre
reste en progression constante évaluée à 18 % l’an au cours de la
période indiquée. En intégrant la partie informelle qui échappe aux
statistiques officielles, les flux financiers illicites pourraient
représenter près de 36,8 % du produit intérieur brut de l'Afrique, plus
d’un tiers des richesses produites [12].
Bref, paradoxalement, si le dirigeant libyen souhaite contourner les
Chefs d'État africains, il lui suffit d'en appeler à la démocratie
directe qu'il tente d'appliquer, sans trop de succès, dans son propre
pays. Mais, au niveau continental, le nouveau président en exercice de
l'Autorité africaine risque de grandir dans l'estime des populations si,
dorénavant, il décide de leur accorder une vraie écoute et met en œuvre
les propositions émanant des peuples. Il en est capable, il en a la
volonté sauf que son pire ennemi reste sa mégalomanie et son ego. Mais
beaucoup de Chefs d'État africains ne sont pas bien différents sauf
qu'ils ont moins d'argent et brillent moins dans les médias.
9. Bonne chance au nouveau Président en exercice de l'Union africaine
En fait, le Colonel Kadhafi a un vrai projet en tête : faire avancer le
projet des États-Unis d’Afrique en tentant d'arracher des concessions
aux États-Nations jalouses de leur souveraineté pour les faire évoluer,
par une approche du haut vers le bas, vers les États-Unis d’Afrique.
Mais il faut donner du contenu à tout ceci pour que du passage en force,
on passe graduellement à l'adhésion libre. En réalité, la capacité
d'acceptation de la proposition du dirigeant libyen par une grande
majorité des Chefs d'État africains est inversement proportionnelle à la
capacité d'absorption de l'aide internationale par les États africains…
Il faut communiquer, éduquer, comprendre, éloigner les appréhensions,
faire adhérer et fédérer. Ce ne sont pas des étapes que l'on peut brûler
allègrement. Transférer de la souveraineté pour presque tous les
dirigeants qui ont souvent quelque chose à se reprocher sur le plan de
la vérité des urnes, la transparence des scrutins, le trucage des
élections ou le respect des constitutions africaines équivaut en fait à
se faire "hara-kiri à l'Africaine". Ce n'est pas dans les
traditions africaines. L'ingéniosité africaine des Chefs d'État risque
d'avoir raison à terme de la perspicacité et du dynamisme unilatéral du
"Guide libyen". Est-ce pour cela qu'il ne faut pas lui souhaiter bonne
chance ? NON ! Alors bonne chance… Il faut éviter que ces défections ne
se cristallisent en un sport favori des dirigeants africains, la
"capacité d'auto-nuisance que les Africains déploient entre eux" [13].
En anticipant les positions des Chefs d'État qui ont appuyé sur les
freins à main avec leurs deux pieds, il faut croire malgré tout que les
arguments financiers et la gourmandise alimentaire de nombreux décideurs
africains feront bon ménage avec la capacité du Guide libyen à assouvir
les ambitions alimentaires pour faire éclore l'Autorité africaine à la
date fatidique du 9 septembre 2009. La réunion ordinaire de juillet 2009
sera un moment de vérité et d'adhésion ou une rupture provisoire avec
une partie des Chefs d'État africains. L'heure de vérité pour l'unité
africaine via les chefs d'État est en train d'approcher rapidement. Ils
ne pourront plus cacher leur manque de volonté et de dynamisme dans ce
dossier.
En fait, c'est bien la première fois depuis 1963 que le groupe des
"modérés" est en passe de ne plus avoir raison. Ils sont petit à petit
devenus, dans le cadre des États-Unis d'Afrique, le groupe des
"souverainistes" rebaptisés les "gradualistes", ceux qui veulent avancer
doucement, en passant par une union sous-régionale, avant d'avancer vers
l'union continentale. Les "progressistes" devenus aujourd'hui les
"fédéralistes" se subdivisent en pressés ou moins pressés. Il y a donc
beaucoup de nuances dans les positions des Chefs d'État. Dans un tel
environnement, le choc frontal devient inévitable. Le dirigeant libyen
veut aller vite, à son rythme, sans trop se soucier des effets
collatéraux, ni de la pérennité. La crédibilité d'un Gouvernement de
l'Union africaine ne semble poser de problème pour lui, pourtant c'est
sur ce point qu'il faut trouver le consensus. C'est aussi sur la
crédibilité que les institutions financières telles que le Fonds
monétaire africain, la Banque africaine d'investissement et la Banque
centrale africaine pourront voir le jour avec beaucoup de chances de
remplir leur fonction de souveraineté monétaire africaine avec succès.
Les souverainistes et les fédéralistes sont pourtant d'accord sur la
vision panafricaine. Il faut donc nécessairement qu'ils acceptent de
s'adosser au concept de l'interdépendance africaine et reformulent une
charte appropriée au lieu et place de l'actuel Acte constitutif de
l'Union africaine pour réussir à réunir l'Afrique.
10. Image du Continent
Un autre point pose problème. C'est celui de l'image du continent avec
le colonel Kadhafi et l'image que l'Afrique souhaite se donner. Entre
l'autoritarisme, la courtoisie, les bonnes relations et l'hypocrisie de
façade, les Chefs d'État sont sommés de faire un choix face à un artiste
expert en la matière. Ainsi, lorsque le Colonel Kadhafi rappelle que
selon lui, "Le multipartisme n'est pas adapté à l'Afrique", il
risque de trouver des échos favorables auprès de la plupart des Chefs
d'État qui ont justement boudé le 12e sommet de l'UA, souvent par dépit.
Si le consensus devait être obtenu sur cette base, il faudra s'attendre
à encore plus de malaise. La crise financière créée par la dérégulation
financière dans les pays occidentaux aura des effets pervers sur le
continent africain en 2009 et cela risque d'ouvrir des espaces de crises
sociales. Mouammar Kadhafi a une véritable carte à jouer en proposant
des solutions pour organiser un Pacte africain de maintien ou relance du
pouvoir d'achat et de la création de richesse. Il gagnerait à financer
un ou plusieurs hôpitaux continentaux car la première cause de mortalité
des Africains n'est plus la maladie (problème cardio-vasculaire, cancer
ou paludisme, etc.) mais le manque de diagnostic précoce. Tous les
talents et les expertises se trouvent en Afrique et dans la Diaspora.
Encore faut-il les aider à s'organiser et non les obliger à s'aligner
sur un agenda non écrit qui se transforme régulièrement en soutien
populaire sans lendemain. Ce sont de telles propositions suivies de
résultats sur le terrain qui pourront améliorer l'image du Guide libyen
et convaincre ceux qui ont des doutes sur sa sincérité à vouloir aider
réellement le peuple africain.
Pour beaucoup de dirigeants, le dirigeant libyen demeure un activiste
qui risque d'éluder la mise en œuvre de la démocratie pour tenter
d'organiser une forme de désobéissance civile en amenant la jeunesse
africaine à le suivre dans ses idéaux contenus dans la nouvelle version
du "Livre vert"… Le Guide Kadhafi apparaît souvent comme un tenant de la
désobéissance civile au plan continental, un prolongement de sa
révolution libyenne qui fait peur à plusieurs Chefs d'État. Pour
beaucoup de Présidents, il y aurait là une pure ingérence qu'ils ne
peuvent tolérer… La politique de la chaise vide a servi d'avertissement.
Alors quand le dirigeant libyen lance aux Chefs d'États africains dès
l'ouverture du sommet : « Je vais vous provoquer, mais c’est pour le
bien de l’Afrique …»… les visages des Chefs d'État présents et ceux qui
écoutaient en catimini en direct se ferment. Les sourires de façade ont
rapidement disparu pour faire place à l'inquiétude.
Ceux des critiques qui se contentent de lire la pensée du dirigeant
libyen dans son "Livre vert" ou dans ses frasques verbales risquent
d'être déçus car en dehors d'un entourage parfois bien corrompu qu'il a
dénoncé lui-même, l'homme n'arrive plus à convaincre ceux qui sont
indépendants de sa fortune sauf lorsqu'il réalise quelque chose de
concret. Pour éviter des surprises, certains esprits croient qu'il
suffit de l'encadrer avec quelques Présidents (2) avec peut-être le
Président de l'Autorité de l'Union africaine de la Commission et
éventuellement le Président de la Banque africaine de développement pour
participer à la réunion du G20 prévue à Londres le 2 avril 2009. Mais
c'est mal connaître le nouveau "roi des rois traditionnel d'Afrique".
On a affaire à un missile "non-téléguidable"… Il vaut mieux le
convaincre.
Ainsi seules des missions de bons offices précédant les grandes
décisions et un travail en profondeur par des experts indépendants
acquis à la cause du panafricanisme pourraient permettre de canaliser ce
révolutionnaire devenu "pacifiste", mais demeurant intrinsèquement un
agitateur, un frondeur et un innovateur, et l’accompagner sur la voie de
la sagesse. Malheureusement, il s'agit là de concepts peu prisés dans le
cercle très réactionnaire des dirigeants africains. Mais le Guide libyen
demeure profondément rebelle à l'ordre injuste qui spolie l'Afrique et
les Africains. En cela, il aura toujours des partisans partout sauf que
le nombre de ses ennemis risque d'abord d'augmenter pour diminuer
ensuite progressivement au rythme des réalisations effectives au service
des populations africaines, réalisations qui ne peuvent se limiter à des
mosquées ou le contrôle des hôtels de luxe en Afrique. L'image de
l'Afrique s'en trouvera améliorée.
11. Crises sociales et promesses non tenues font vaciller les
démocraties
Ainsi, la crise politico-sociale à Madagascar, au-delà des luttes de
personnes pour le pouvoir, réside dans l'incapacité du Président Marc
Ravalomanana de mettre en œuvre les promesses faites au cours de sa
campagne et le contrôle quasi-personnel des principales structures
productives du pays. En filigrane et paradoxalement c'est le déficit
démocratique et la domination des instances parlementaires malgaches par
le parti présidentiel, le TIM ("Tiako Madagasikara", qui signifie
"J'aime Madagascar"), qui empêche le débat d'avoir lieu au sein des
institutions et non dans la rue... La morale de cette histoire est que
la domination des institutions démocratiques par un seul parti, même élu
démocratiquement, ne peut nullement empêcher l'émergence de la
désobéissance civile, surtout lorsque le ras-le-bol social se traduit
par des mouvements de violences sociales dans la rue.
La cristallisation des mécontentements dans la rue n'a rien de bon.
L'Afrique n'est pas à l'abri de ses contestations sociales en 2009,
surtout que cette fois l'éternel apitoiement des dirigeants ne trouvera
plus d'échos favorables en Occident sans réalisations concrètes de
contrepartie. Barack Obama a prévenu que sa politique en Afrique
reposera d'abord sur les principes de responsabilité individuelle.
Madagascar semble être un signe avant-coureur… Il faudra éviter de voir
l'Afrique être vendue en morceaux par le biais de contrats
concessionnels de long terme comme à Madagascar avec les Sud-coréens qui
sont en train d'élaborer des études de faisabilité pour prendre
possession pour 99 ans de terres agricoles contre des infrastructures et
de la production agricole dont l'essentiel sera exporté en priorité vers
la Corée du Sud… Le peuple africain en général est clair : L'Afrique
n'est pas à vendre… Mais il n'a pas les moyens de faire valoir son point
de vue.
Sur ce point, le Guide libyen risque de trouver un consensus auprès de
la société civile africaine notamment des jeunes, mais pas
nécessairement auprès de certains Gouvernants africains qui semblent
avoir trouvé des alternatives avec certains dirigeants asiatiques. Ils
sont devenus des adeptes des contrats en double écriture où le contrat
officiel avec un partenaire étranger apparaît comme dolosif alors que le
contrat officieux, lui, renferme les vrais transferts de fonds vers les
comptes privés dans des comptes offshores tout en profitant de l'opacité
des institutions financières asiatiques… Dans tous les cas de figures,
cela continue à se faire principalement dans le domaine des
infrastructures et des mines, ceci plus particulièrement aux dépens des
populations. Aussi, le nouveau Président de l'Union africaine devra
s'organiser pour tenir ses promesses, s'il en fait, sans mettre de côté
la feuille de route de l'Autorité Africaine et mettre un budget à
disposition pour permettre à Jean Ping, le Président de l'ex-Commission
de l'Union africaine d'exécuter le plan stratégique 2009-2012.
12. Une Charte de l'interdépendance africaine pour effacer le malaise
Il est quasiment certain que le nouveau Président en exercice de
l'Autorité de l'Union va convoquer un ou plusieurs sommets
extraordinaires de l’Union pour faire avancer les dossiers qui lui sont
chers. Compte tenu de l'initiative portant sur les États-Unis d'Afrique
qui a démarré vraiment lors de la conférence de Syrte le 9/9/99 à Syrte
en Libye, il faut s'attendre à ce que d'ici le 9/9/09, le Guide libyen
parvienne à réaliser le projet d'Unité africaine par le biais d'un
Gouvernement unitaire sans la majorité des dirigeants africains. Mais,
il devra veiller à ne pas le faire par un passage en force qui risque de
se faire au détriment de l'unité des Africains. Ce gouvernement
unitaire, même avec une partie seulement des Africains, ne devrait pas
se faire sans une validation par les populations. Un référendum s'impose
donc, à moins que le parlement continental africain (non représentatif)
ne soit amené à valider les amendements qui seront apportés à l'Acte
constitutif de l'Union africaine. Mais si le Guide libyen n'arrive pas à
l'Unité de tous les Chefs d'État, il pourra toujours accepter le
principe et le concept de l'interdépendance africaine prôné depuis
plusieurs années par un groupe influent d'intellectuels africains tant
dans la Diaspora qu'en Afrique.
Lorsque le dirigeant libyen a fait un hommage discret
à l'ascension d'un métis assimilé à un Afro-américain et rappelant que
l'élection de nouveau Président américain, Barack Obama est un "défi
à tous ceux qui méprisent le monde noir", il rappelle en fait
indirectement que le mépris et le racisme sous-jacent profond de
certains dirigeants blancs devront prendre fin ou être nuancés…Sur ce
plan, le concept de la démocratie représentative et de la responsabilité
individuelle de Barack Obama pourrait, peut-être, en retour "guider" le
Guide libyen dans ses délibérations sur le futur de l'Afrique.
Alors, le problème n'est pas si l'on aime ou pas le
nouveau Président en exercice et le roi des rois d'Afrique, mais est-ce
qu'il sera à la hauteur de la tâche immense qui l'attend, combien de
réalisations concrètes aura-t-il à son actif d'ici janvier 2010 pour
éviter qu'il ne vienne nous faire un discours-bilan sans panache au son
des Tamtams africains ? Va-t-il améliorer ou ternir l'image des
Africains dans le monde ? Va-t-il accepter d'adopter une approche qui
"unit" la société civile africaine sans arrière-pensées
déstabilisatrices ? Va-t-il accepter un vrai débat sur la démocratie
représentative non basée sur les ethnies ou l'argent en Afrique, sur la
migration des Africains en Afrique ? A la place des hôtels de 5 étoiles
réservés aux "en-haut d'en haut", peut-il financer la
construction d'hôpitaux d'excellence et de diagnostic dont rêvent tous
les malades du panafricanisme ? Va-t-il enfin accepter de se constituer
des équipes d'experts africains INDEPENDANTS y compris en s'appuyant sur
la Diaspora et écouter leurs recommandations ? Ne va-t-il pas créer une
scission durable en Afrique en voulant imposer les États-Unis d'Afrique
surtout si plus de 20 Chefs d'État ne se rendent pas au prochain sommet
de l'Autorité de l'Union africaine, prévue sans garantie à Madagascar en
juillet 2009 ?
Sur le dernier point, et au-delà du bougisme bien peu efficace des chefs
d'État africains, il va y avoir de la rupture asymétrique, un peu
d'ambiance, des coups de gueule, des évolutions de part et d'autres et
vraisemblablement des avancées… pas nécessairement comme le souhaite le
Guide libyen, ni comme l'ont toujours voulu les tenants du statu quo qui
se cachent derrière l'approche gradualiste depuis des décennies. En
effet, Dieu n'est pas nécessairement neutre dans cette histoire car les
rois africains traditionnels n'ont pas dit leur dernier mot puisqu'ils
n'avaient pas droit au chapitre, sauf pour le folklore et la séance
photo…
13. Autorité de l'Union : et l'Après Kadhafi ?
Mais en définitive, que se passera-t-il après la période du Guide libyen
? Le déluge, peut-être ? Les financements qu'il risque d'apporter non
sans conditionnalités d'un nouveau genre, pourraient donner du baume au
cœur des fonctionnaires de l'Autorité de l'Union africaine s'il
commençait par revaloriser les salaires des responsables et des experts
de l'Autorité de l'Union africaine. Mais le paquet financier pourrait se
tarir dès la fin de sa présidence. Paradoxalement, ce n'est pas de son
élection qu'il convient de s'inquiéter, mais bien de l'après Kadhafi.
Tout dépend finalement de lui ! Il connaît maintenant suffisamment les
appréhensions africaines ! A lui de jouer pour rentrer dans l'histoire
et faire oublier l'alliance éphémère avec la Tunisie et l'impossible
union du monde arabe.
8 février 2009
Dr. Yves Ekoué Amaïzo
Directeur du Groupe de réflexion, d'action et d'influence "Afrology"
1. Yves Ekoué Amaïzo (sous la
coordination de), L'Union africaine est-elle incapable de s'unir ? Lever
l'intangibilité des frontières et opter pour un passeport commun, avec
une préface de Joseph Ki-Zerbo, éditions l'Harmattan, collection
"Interdépendance africaine", Paris, 2002, 664 pages.
2. Jean-Loup Amselle et Elikia M'Bokolo (sous la
direction de), Au coeur de l'ethnie : Ethnies, tribalisme et Etat en
Afrique, éditions La Découverte/Poche, Paris, 2005, 225 pages ; il est
question dans ce livre de repenser les notions d'ethnie et de tribu,
confondues parfois avec celles d'Etat et de Nation. Ce sont ces
réductionnismes qui conduisent à ramener une ''tribu" à un "parti".
3. Des experts existent au niveau du
groupe de réflexion, d'action et d'influence "Afrology" et sont près à
contribuer à l'élaboration d'une approche consensuelle
4. Voir le site de l'Union africaine <
http://www.africa-union.org/root/au/conferences/2009/january/summit/12thsummit_fr.html>
5. Yves Ekoué Amaïzo, De la dépendance à
l'interdépendance. Mondialisation et marginalisation. Une chance pour
l'Afrique ?, éditions l'Harmattan, Paris, 1998, 431 pages.
6. Yves Ekoué Amaïzo (sous la direction de), L'Union
africaine, freine-t-elle l'unité des Africains ? Retrouver la confiance
entre les dirigeants et le peuple-citoyen, avec une préface d'Aminata
Traoré, collection "Interdépendance africaine", éditions Menaibuc,
Paris, 2005, 390 pages.
7. Voir <http://www.africa-union.org/root/au/conferences/2009/january/summit/12thsummit_fr.html>
8. AFP, "Divisé sur les projets de Kadhafi, le sommet de
l'UA s'achève péniblement", Adis Abéba, (AFP), 04/02/2009, voir <
http://www.tv5.org/TV5Site/info/article-Divise_sur_les_projets_de_Kadhafi_le_sommet_de_l_UA_s_acheve_peniblement.htm?idrub=6&xml=newsmlmmd.72b70fcccf8e649adaff4d73503da55b.1d1.xml>
9. Yves Ekoué Amaïzo (sous la coordination de), op.cit.
10. Yves Ekoué Amaïzo (sous la direction de), La
neutralité coupable. L'autocensure des Africains, un frein aux
alternatives ?, avec une préface de Abel Goumba et un postface de Têtêvi
Godwin Tété-Adjalogo, collection "Interdépendance africaine", éditions
Menaibuc, Paris, 2008, 445 pages.
11. Dev Kar and Devon Cartwright Smith, Illicit
Financial Flows from Developing Countries 2002-2006, Global Financial
Integrity, voir
http://www.gfip.org/storage/gfip/executive%20-%20final%20version%201-5-09.pdf
12. Ibid, p. 12.
13. Sanou Mbaye, L'Afrique au secours de l'Afrique, Les
Éditions de l'Atelier, Paris, 2009, 160 pages
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Yves Ekoué Amaïzo

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Un gouvernement de l'UA
Vers une charte de
l'interdépendance
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