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Contribution d'Afrology
à la 2ème Conférence de Synergie Togo
Togo-objectif 2010 : MIEUX VOTER, bien compter, Vrai restituer
"Compter avec" ou
"Constater avec"?
Lieu :2e Conférence : Paris, Samedi 16 mai 2009 à
PARIS, Assemblée Nationale, Palais Bourbon, 120, rue de l’Université,
75007.
Liens : www.synergietogo.com, www.afrology.com, www.letogolais.com et
www.gradtogo.org
- Rapport final de la Première conférence : cliquer sur
fichier pdf
- Invités du Podium de discussion : voir http://www.letogolais.com/article.html?nid=3776
- Rapport final de la 2e conférence : cliquer sur fichier
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- Contribution d'Afrology (texte) : cliquer sur
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- Diaporama cliquer sur
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déroulement automatique, cliquer sur
Diapo
Résumé:
Compte tenu de l'impossible alternance politique au Togo depuis 1967,
plus de 27 modifications de la Constitution de 1992 acceptée par la
population lors d'un référendum, l'échec des précédentes tentatives
d'alternance pacifique, le nombre de victimes liées à la défense de la
démocratie de la force, il devient urgent pour les Togolais et
Togolaises de s'organiser en synergie pour faciliter l'avènement de la
vérité des urnes au Togo. C'est d'ailleurs l'occasion de se réconcilier
avec l'histoire en retrouvant le vrai paysage politique du Togo selon la
décision libre des électeurs.
Il est question ici de rappeler l'importance des organisations de la
société civile et le rôle que pourrait jouer la Diaspora togolaise en
association avec l'ensemble des amis de la Démocratie. L'objectif
affiché est d'aider le Gouvernement togolais à parfaire le processus de
réconciliation nationale en acceptant des élections transparentes,
libres et sans effusion de sang.
Pour ce faire, il est suggéré de mieux organiser les missions
d'observation, de comprendre l'échec partiel des précédentes initiatives
telles que la : "Coalition-Togo", de retrouver de nouvelles formes de
partenariat entre les structures inter-Etats et les associations de la
société civile sans oublier les principales limites et les différences
dans l'action. Sur la base d'une liste de 22 recommandations, le point
de vue du lecteur est sollicité afin de permettre à chacun de se faire
sa propre opinion sur la situation actuelle précédant l'élection
présidentielle de 2010.
Il est toutefois rappeler que la stratégie, consistant à oublier de
compter la Diaspora ou à empêcher de compter ceux qui peuvent compter,
aboutit toujours à tronquer la vérité des urnes. Le débat est donc
ouvert : La vérité des urnes est-elle possible au Togo lors des
élections présidentielles de 2010 ? Certainement si les irrégularités
sont limitées au maximum et la sécurité renforcée avec des partenaires
internationaux.
Introduction: Organiser la vérité des urnes
Le paradoxe de la stabilité politique atteint ses limites dans les pays
africains, au Togo en particulier lorsque la question suivante est posée
: comment se fait-il que l'alternance politique n'arrive pas à prendre
corps malgré la "stabilité politique" depuis plus de 40 ans au Togo ? Le
nombre de partis politiques dépasse allègrement 80 pour environ 5
millions d'habitants sans compter les Togolais de la Diaspora. Lors des
élections présidentielles de 2005, la priorité sans nuances donnée par
les dirigeants de la Communauté économique et de développement des États
de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à la stabilité au Togo sur la vérité
des urnes est un autre paradoxe. Les échéances présidentielles de 2010
ne peuvent être l'occasion d'un retour aux pratiques électorales
imposées lors des élections présidentielles de 2005. Faut-il laisser le
processus électoral se dérouler comme cela se passe d'habitude,
c'est-à-dire que la vérité des urnes devient une priorité seconde ?
Faut-il continuer à travestir la vérité et le vote en ne laissant pas
les populations choisir en toute liberté et en toute sécurité leurs
futurs dirigeants ? Le paradoxe de certains pays occidentaux riches et
démocratiques est justement de tolérer, quant il ne s'agit pas
d'appuyer, les déviations diverses et multiples à l'avènement de la
démocratie au Togo.
En effet, les légitimations
politiques des régimes africains se font aussi paradoxalement par la
voix des pays occidentaux. Depuis une dizaine d'années, il y a comme une
sorte de transfert de responsabilité aux Africains qui se fait à
géométrie variable. En effet, dans le domaine économique, les pressions
extérieures demeurent particulièrement fortes sur les dirigeants des
États africains. Au plan politique et plus particulièrement le maintien
au pouvoir de systèmes politiques de prédation, rares sont les pays
riches occidentaux qui osent relever le défi du recomptage des voix, de
l'annulation d'un vote ou tout simplement osent refuser de reconnaître
les dirigeants d'un pays lorsqu'ils se proclament élus à partir de
résultats ne reflétant pas la vérité des urnes. Pourtant à y regarder de
plus près et malgré l'unité affichée de la communauté internationale, il
existe des pays riches occidentaux qui soumettent le cas du Togo à leur
Assemblée nationale et celle-ci décide parfois de refuser de légitimer
des responsables africains qui ne seraient pas une manifestation de la
vérité des urnes. Cela se traduit aussi par un refus d'allocation d'aide
au développement, voire le refus de garantir l'investissement de leurs
investisseurs dans le pays africain en question.
Plusieurs Togolais sont désillusionnés et ne
croient plus naïvement que l'avènement de la démocratie proviendrait par
enchantement d'une décision extérieure au Togo, notamment de la
communauté internationale. La démocratie est la résultante d'une
organisation interne, de collaborations et de synergies qui dépassent
les différences entre les ethnies et les régions, entre les classes d'en
haut et celles d'en bas, entre la Diaspora et ceux qui sont restés au
pays, etc. Paradoxalement, alors qu'un sentiment général de méfiance
s'était établi entre les membres de la population togolaise du fait de
la pratique immodérée de la délation, entretenue discrètement par les
formes de rémunérations alléchantes proposées par ceux qui détiennent
les moyens financiers, il semble, qu'aujourd'hui, c'est justement la
situation inverse qui semble prendre le dessus à savoir : la recherche
des synergies et l'acceptation des différences considérées non plus
comme un handicap, mais comme des opportunités. C'est donc dans cet
esprit qu'il faut comprendre la volonté exprimée par certains Togolais
et Togolaises de mieux comprendre les blocages conduisant à la
neutralisation du processus d'alternance au Togo, laquelle ne doit pas
être comprise comme une attaque contre le pouvoir en place mais une
recherche de la vérité et de la transparence dans l'expression de la
souveraineté populaire. La
solution passe donc par un processus électoral exemplaire. Le comptage
des voix ainsi que tout le processus d'organisation des élections sont à
analyser. Le rôle des organisations de la société civile internationale,
dans leur volonté de soutenir la transparence du processus électoral est
déterminant pour alerter tant les dirigeants nationaux, régionaux
qu’internationaux. Pourtant, la plupart des missions d'observations au
Togo ont partiellement failli dans leur mission d'aider à l'émergence de
la vérité des urnes.
Il devient donc important de
préciser ce à quoi peut servir une mission d'observation (1), puis de
rappeler l'échec partiel d'une coalition d'organisations de la société
civile dénommée "Coalition-Togo" lors des élections de 2005 au Togo (2).
Il apparaît que la Diaspora togolaise, outre sa régularité à transférer
des fonds pour limiter la pauvreté grandissante, a plutôt été absente
pour éclairer tant les autorités africaines qu'internationales sur les
conditions véritables des déviations dans le processus électoral
togolais. Il importe de revisiter le rôle d'une Diaspora organisée et
s'interroger sur sa capacité de mobilisation afin éventuellement
d'assister et de participer dans les futures missions d'observation des
élections au Togo. Cela ne pourra pas se faire sans une amélioration du
professionnalisme et une structuration de l'approche en s'appuyant sur
les "bonnes pratiques" des organisations inter-Etats comme les
Nations Unies. La fin de l'embargo de l'Union européenne sous forme
principalement de suspension de l'aide au développement pendant
plusieurs années au Togo semble reposer sur le respect de 22
engagements. Certaines déviations électorales influant sur le comptage
seront examinées (5) afin de s'assurer que le fait d'oublier de compter
ne profite unilatéralement à l'un des protagonistes politiques (6).
Bref, la vraie et unique question qui reste posée est la suivante :
"La vérité des urnes est-elle possible au Togo ?" La réponse à cette
question passe par la réponse à une autre question : "Est-il possible
efficacement de sécuriser le comptage et les résultats des élections de
2010 au Togo ?" Des pistes de solutions seront proposées et ne peuvent aboutir que si
l'objectif poursuivi reste et demeure l'émergence de la vérité des urnes
sans que les changements n'engendrent un cycle de vengeance et de
règlements de compte. L'armée togolaise, ou la partie de cette armée qui
souscrit au respect des normes et règles républicaines, doit aussi
comprendre qu'il s'agit là d'une opportunité pour se réconcilier avec
l'ensemble de la population afin de s'atteler à mettre en place des
infrastructures et organiser la logistique pour améliorer le quotidien
des populations togolaises.
En attendant de telles
éventualités, comment structurer les missions d'observation pour
qu'elles ne soient pas complices d'un processus d'imitation de la
démocratie, plus connue sous le vocable de démocrature et qui permet
d'associer démocratie et dictature, où sous l'apparence d'une
démocratie, des formes déviantes de la démocratie s'apparentant à la
dictature limitent discrètement les droits des citoyens à exercer leur
autodétermination et à faire éclater la vérité des urnes. Cela se
caractérise, entre autres, par des modifications unilatérales,
intempestives et répétées de la Constitution, des freins à la liberté
d'expression par des interdictions unilatérales, la manipulation des
textes et des institutions pour conserver les privilèges et le pouvoir,
l'organisation de collusion entre d'une part l'État et d'autre part, des
médias, des organisation de la société civile et/ou des partis
politiques de complaisance.
Si personne n'ose qualifier le
Togo d'aujourd'hui de démocrature, les caractéristiques conduisant à cet
état de fait demeurent malheureusement persistantes. Les élections dans
une démocrature sont assez proches de ce qui s'est passé en 2005 lors
des élections présidentielles au Togo. Le fait que plusieurs des 22
recommandations de bonne gouvernance ne soient que partiellement mises
en œuvre demeure un défi que seule la transparence d'observateurs
neutres pourrait aider à dénouer, même si la communauté a utilisé ce
prétexte pour sortir du piège de l'embargo quant à l'aide au
développement qui touchait principalement les populations pauvres du
Togo. Les communautés internationale et africaine doivent accepter
d'intégrer les connaissances de la Diaspora au service des populations.
En, effet, il est préférable d'avoir des représentants de la Diaspora
qui maîtrisent les capacités dilatoires d'un système qui a depuis 40 ans
empêché la vérité des urnes de rayonner que de continuer à transférer
des responsabilités à des dirigeants politiques bien intentionnés qu'il
est facile de berner ou de convaincre de conserver le statu quo. Ce
débat prend de l'ampleur et sera déterminant dans le succès ou l'échec
du processus de démocratisation et de transparence au Togo et devant
conduire à des résultats acceptées par tous les protagonistes lors des
élections de 2010.
1. Mission d'observation: qu'est-ce que c'est?
La notion d'observation ou l'action d'observer se décline en quatre
critères :
-
considérer avec sérieux et examiner avec
attention une situation afin d'annoncer l'état de la vérité ;
-
l'acte de procéder à un constat afin de
transmettre une information sous forme d'avertissement, de réprimande à une
personne physique ou morale une déviation par rapport à une norme communément
admise. Cette déviation pourrait être des actes, des attitudes, des
falsifications, des fraudes intentionnelles ou non intentionnelles ;
-
l'acte de constater les concordances des
pratiques à des règles afin d'en garantir une conformité la plus scrupuleuse
possible et à défaut de relever les déviations afin de proposer des
recommandations pour une correction en principe immédiate ou repoussée dans le
temps ou alors d'en faire état sous la forme d'un document officiel sans valeur
coercitive ;
-
le respect des principes démocratiques
contenus dans le rapport d'observation a pour objet d'éviter la "désobéissance
civile" et le non-respect des résultats effectifs des urnes.
A défaut de prendre en compte
l'ensemble de ces quatre critères, le rapport d'observation permet de
gagner du temps et d'apaiser les esprits afin de faire avaliser les
déviations par rapport à la vérité des urnes. Des falsifications de la
réalité peuvent être introduites dans le rapport d'observation suite à
des pressions et des concussions diverses. Le rapport d'évaluation peut
alors avoir l'effet inverse de celui recherché et pousser à la
désillusion. Il favoriserait alors paradoxalement la désobéissance
civile informelle ou formelle, organisée ou spontanée… Dans tous les cas
de figures, cela contribue souvent à la déstabilisation immédiate ou à
terme de l'espace sous observation.
Dans le processus de démocratisation, la Mission d'observation consiste
principalement à procéder à "l'observation du processus électoral" qui
couvre en principe la période avant, pendant et après la déclaration des
résultats du scrutin électoral. La mission d'observation du processus
électoral (MOPE) a pour objet de vérifier qu'il n'y a pas eu de fraude
ou de déviation substantielle dans le processus démocratique, déviation
qui pourrait modifier la vérité des urnes lors de la publication des
résultats du scrutin. La mission d'observation doit donc éclairer sur
l'état de la vérité des urnes.
Ainsi, les possibilités de
déviation et de fraude peuvent intervenir lors :
-
de la campagne électorale notamment dans
les déclarations (profession de foi des candidats), lors de l'information
diffusée sur les candidats et leur programme notamment auprès des médias et sur
les affiches et lors de la propagande et des moyens mis à disposition pour la
réaliser ;
-
de l'organisation de la liste électorale
;
-
du choix du scrutin ou des modifications
dans le processus existant, le type de bulletin de vote, etc. ;
-
de l'organisation des bureaux de votes
et du scrutin (architecture électorale) dont le bulletin de vote (voir aussi
annexe 1: vérification d'usage à faire dans les bureaux de vote) ;
-
du décompte des voix (ou dépouillement)
que certains confondent avec bourrage des urnes ;
-
de la publication honnête dans la des
résultats, considérée par certains comme la vérité des urnes et par d'autres
comme l'annonce unilatérale de la volonté de l'exécutif.
Aussi, six grandes catégories
d'avis de la MOPE peuvent être classées en quelques mots (liste non
exhaustive) utilisés par les responsables des missions d'observations et
plus largement dans le processus démocratique en Afrique. Les avis des
missions d'observations en fonction des termes de référence officiels et
ou officieux sont en définitive un savant dosage des principaux éléments
résumés dans le tableau ci-après (voir tableau 1) :
|
Tableau 1 : Orientation des avis
des Missions d'observation du processus électoral (MOPE)
Sept critères interdépendants |
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CRITERES |
FONDEMENTS DE L'AVIS DE LA MOPE |
|
1.
|
Analyse
|
Analyse,
annotation,
commentaire, constatation,
contemplation,
enquête,
étude,
examen,
expérience,
expérimentation,
fait,
précaution pour éviter les erreurs dans l'observation,
recherche,
réflexion,
surveillance,
vue |
|
2.
|
Critique |
Admonition,
critique,
falsification des résultats, fraude, manque de transparence,
falsification ou erreur de comptage (prévu par le découpage
électoral, le mode de scrutin ou simplement par la fraude); |
|
3.
|
Information incomplète |
Désinformation,
spéculation, etc. |
|
4.
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Rapport de force défavorable |
Décision unilatérale du pouvoir, de ses relais
africains et internationaux ou des intérêts extérieurs appuyant
le régime en place en considérant la stabilité à tous les prix
supérieurs à la vérité des urnes, aux droits humains et à
l'autodétermination des peuples |
|
5.
|
Satisfaction |
Appréciation, considération, hommage, satisfaction,
légitimation par les missions d'observateurs, avis (prématuré ou
pas) de la communauté internationale, africaine ou bilatérale… |
|
6.
|
Remise en cause des résultats |
Annonce intempestive des médias d'Etats (nationaux
comme internationaux) avertissement, introspection,
investigation, notation, note, objection, objurgation, droit à
la parole, droit de penser, reconnaissance, remarque, remise en
cause, remontrance, réplique, représentation, réprimande,
reproche, réquisitoire, scrutation, semonce, sortie,
surveillance, tromperie, usurpation de la vérité des urnes |
|
7.
|
Stabilité |
Obéissance, observance, stabilité |
En principe, il existe de
multiples instruments d'observation ou de non-observation (voir annexe 2
: principes directeurs pour l'envoi d'une mission d'observations
d'élections). Le processus d'observation peut lui-même faire partie du
problème lorsque la MOPE annonce que les élections se sont bien
déroulées avant la publication des résultats et quitte le pays avant
l'annonce des résultats officiels… On ne peut donc exclure le fait qu'il
existe aussi des services d'observation télécommandée que seule la
publication des termes de référence permet d'identifier et de corriger.
Croire donc que la mission d'observation provenant d'une structure
internationale, qu'il s'agisse d'agences bilatérales, inter-Etats ou
d'organisations de la société civile, est automatiquement estampillée du
qualificatif "neutre" ou "objectif" est une naïve illusion dont il faut
se défaire. C'est au fond confondre le rêve et la réalité démocratique
et organiser l'illusion démocratique autour de la falsification de la
vérité des urnes. C'est donc à l'analyse et la vérification des termes
de référence de la mission d'observation du processus électoral et sa
relation avec les déclarations des partis au pouvoir et ceux dans
l'opposition que les résultats annoncés peuvent être considérés comme
proches ou pas de la vérité des urnes.
Face à la difficulté de distinguer entre démocrature, démocratie
falsifiée et démocratie qui respecte la vérité des urnes, il était
devenu nécessaire de redéfinir l'objet d'une mission d'observation. La
mission d'observation électorale en Afrique est donc bien l'action
d'observer et de constater visuellement, ceci de manière suivie et selon
des termes de référence précis, le déroulement d'une partie essentielle
du processus électoral, après avoir signé un engagement de
non-intervention ou de modification des observations. L'observation a
lieu dans le cadre d'un processus légal et institutionnel accepté en
principe par tous et validé par les autorités locales. Les moyens et
instruments de mise en œuvre sont adaptés au champ et au lieu
d'observation. La présence de contre-pouvoir de recours et la présence
de témoins ainsi qu'une large participation des électeurs dans un
environnement libre de toutes coercitions sont de nature à garantir le
succès de la mission d'observation sans pour autant constituer une
assurance tout-risque ni une garantie contre des vices de formes et de
procédures.
Il est tout aussi important de diversifier les membres d'un programme
d'observation électorale et associer la population ainsi que la Diaspora
pour aller vers des missions d'observation participante. La vérité
isolée des OSCI mène souvent à des échecs car ne prenant en compte que
certains éléments mentionnés ci-dessus.
2. Pourquoi l'échec partiel de la "COALITION-TOGO"
La Coalition-Togo est constituée de huit (8) grandes associations
défendant les droits humains: 1. FIDH (Fédération internationale des
ligues des Droits de l'Homme); 2. Amnesty International, LFDH (Ligue
française des droits de l’Homme); 3. FIACAT France (Fédération
internationale de l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la
Torture); 4. Survie, 5. OMCT (Organisation Mondiale contre la Torture);
6. Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme ; 7. Secours
Catholique-Caritas France; 8. Franciscans International.
La Coalition-Togo a une responsabilité importante
dans la mise en place des 22 engagements du Gouvernement togolais et la
décision de l'Union européenne de soutenir financièrement ou pas le Togo
en cas de retard ou non dans la mise en œuvre des engagements.
A partir de quelques engagements actualisés
proposés tant par la Coalition-Togo (FIDH 2004: pp. 40-43) que les
internautes interpellant le Groupe de réflexion, d'action et d'influence
"Afrology", il a été observé en mai 2009 que des progrès restent à faire
malgré quelques efforts consentis au plan du dialogue-concertation
consentis par le Gouvernement. Il a lieu d'ailleurs de distinguer
soigneusement entre "concertation" et "négociation". Dans le premier
cas, il s'agit plus d'informer et de "constater avec" le pouvoir en
place une situation donnée alors que dans le deuxième cas, il est
question de rechercher des consensus sur des positions au départ
fondamentalement différentes, c'est le "compter avec" en termes de
processus électoral. Un classement d'engagements actualisés en trois
catégories permet de se faire une opinion des progrès réalisés et ceux
qui restent à accomplir. Il s'agit de savoir si les engagements
actualisés sont : totalement réalisés, partiellement réalisés ou
globalement non réalisés (voir tableau 2).
Un document non rempli se trouve
en annexe 3 de ce document et permet à chacun de se faire sa propre
opinion.
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Tableau 2 : Pour mieux compter les Togolais
lors des élections de 2010
Etat de 22 recommandations confrontées à la réalité du terrain |
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Quelques
engagements |
Totalement réalisé |
Partiellement réalisé |
Globalement non réalisé |
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1)
Reprise crédible du dialogue national
avec l'opposition traditionnelle et la société civile dans un cadre
structuré et transparent |
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Oui, mais limites unilatérales sur la
transparence (ex: modification du code électoral) |
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2)
Garantir l'action libre de tout parti politique en excluant tout
acte d'harcèlement, d'intimidation ou de censure
|
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Oui, mais exclusion de leaders d'opinions, de
dirigeants de partis politiques |
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3)
Révision du
cadre électoral garantissant un processus électoral transparent et
démocratique et acceptable pour toutes les parties |
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Oui, mais modification unilatérale non
acceptables pour tous les partis |
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4)
Accès
équitable aux médias publics et instauration d'un système équilibré
d'accès aux fonds publics prévus pour le financement des partis
politiques |
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|
Accès aux médias non réalisé et financement sur
fonds publics des partis conditionné |
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5)
Organiser des élections présidentielles en 2010 dans des conditions
transparentes et en acceptant des
observateurs
internationaux à tous les stades du processus dès que possible |
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Oui, élections présidentielles prévues
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Non, observateurs ne sont admis que sur
acceptation des autorités togolaises |
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6)
Organiser des
élections locales en 2010 dans des conditions transparentes et en
acceptant des observateurs internationaux à tous les stades du
processus dès que possible |
|
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Non, élections communales repoussées sans date
fixe
Non, observateurs ne sont admis que sur
acceptation des autorités togolaises |
|
7)
Garantir à tout moment l'absence d'exécutions extrajudiciaires, de
torture et d'autres actes inhumains et dégradants sur le territoire
togolais
|
|
|
Non, le seul fait que des exceptions ont pu
avoir lieu sans qu'une enquête transparente ait pu avoir lieu pose
le problème de la crédibilité de l'Etat |
|
8)
Réformer le
système judiciaire et procéder à la formation des forces de l'ordre
et de sécurité pour que leur mission redevienne celle de protéger
tous les citoyens togolais sans exclusive |
|
Oui, partiellement grâce entre autres au
soutien de l'Union européenne mais la réalité sur le terrain reste
incertaine |
|
|
9)
Faciliter et garantir le bon fonctionnement de la justice de manière
impartiale et indépendante du pouvoir exécutif |
|
|
Non, pas encore effectif sur le terrain |
|
10)
Libérer
l'ensemble des prisonniers politiques clairement détenus en raison
de leur opposition politique, de propos critiques à l'égard du
Gouvernement ou d'autres raisons qui ne justifient pas une détention |
Oui sauf pour les exceptions |
Oui, en attente du procès des prisonniers liés
au cas de "Kpatcha Gnassingbé" impliqué dans une tentative de coup
d'État selon l'État togolais |
|
|
11)
Revoir
le mandat et le statut de la Commission des droits de l'Homme en vue
de garantir son indépendance effective par rapport aux autorités
étatiques |
|
Oui, sauf que les Organisations internationales
de la Société civile n'ont pas encore confirmé l'effectivité sur le
terrain |
|
|
12)
Garantir aux médias, ONG et représentants de la société civile
l'absence de tout harcèlement, censure ou intimidation
|
|
|
Non, de nouvelles formes d'autocensure ont pris
le relais (exécutions extrajudiciaires de personnalités togolaises) |
|
13)
Garantir à tous les acteurs politiques
et de la société civile et à tout citoyen le droit à la libre
expression, à participer aux réunions et aux manifestations
pacifiques en public et sur tout le territoire national en l'absence
de tout harcèlement, censure ou intimidation.
|
|
|
Non, de nouvelles formes d'interdiction de
dernière minute ont pris le relais (manifestation interdite à la
dernière minute pour un parti d'opposition le 27 avril 2009 à Lomé)
ainsi que les manifestations de l'opposition dans certaines régions
(blocage par les préfets) |
|
14)
Garantir à tous les acteurs politiques
et de la société civile la libre circulation en tant que citoyens et
dans le cadre de l'exercice de leur fonction politique ou de
représentation de la société civile |
|
Oui, sauf que les restrictions administratives
et imprévisibles en limitent la portée |
|
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15)
Garantir à tout citoyen avant, pendant
et après le vote les appels téléphoniques, les transferts libres de
photos et l'accès libre aux informations des médias y compris sur la
Toile Internet de tous les partis, des organisations de la société
civile et de la Diaspora |
|
|
Aucune garantie n'existe réellement aujourd'hui
à ce sujet |
|
16)
Garantir la fin des arrestations
arbitraires ou des décisions politiques arbitraires et justifiées
après coup |
|
|
Aucune garantie n'existe réellement à ce jour,
sauf faire confiance à la parole du Gouvernement |
|
17)
Garantir la prise en compte de la
Diaspora togolaise et le vote de la Diaspora en toute sécurité et
transparence sans modifier la vérité du vote |
|
|
Aucune garantie n'existe réellement aujourd'hui
à ce sujet. Il y a véritablement un blocage total |
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18)
Accepter le principe de l'alternance
politique pour le parti RPT (Rassemblement du peuple togolais)
puisque cela a déjà fait pour l'UFC |
|
|
Aucun acte transparent ne permet d'étayer que
l'on s'achemine vers cet objectif |
|
19)
Permettre à des organisations de la
société civile de la Diaspora de participer en toute indépendance à
tout le processus électoral: mieux voter, bien compter, restituer la
vérité des urnes |
|
|
Aucun acte officiel ne permet d'étayer que l'on
s'achemine vers cet objectif |
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20)
En cas de défaite électorale, préparer
le RPT et les partis et Associations de la mouvance au pouvoir à
exercer son rôle dans l'opposition et l'armée à respecter la vérité
des urnes |
|
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Aucun acte officiel ne permet d'étayer que l'on
s'achemine vers cet objectif |
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21)
En cas d'alternance, une déclaration
préalable des Forces armées togolaises et des Forces d'intervention
rapide togolaises de rester neutres contre une amnistie |
|
|
Aucun acte officiel ne permet d'étayer que l'on
s'achemine vers cet objectif |
|
22)
Compte tenu des modifications multiples
(plus de 27) de la constitution de 1992, compte tenu du choix
unilatéral du scrutin uninominal à un tour, un recomptage des urnes
est demandé une fois le vote terminé afin d'obtenir l'accord du
parti qui aura perdu les élections |
|
|
Aucun acte officiel ne permet d'étayer que l'on
s'achemine vers cet objectif |
|
Source : A partir des recommandations de la
Coalition-Togo, de l'Union européenne et avis des citoyens togolais
interpellant le groupe de Réflexion, d'Action et d'Influence "Afrology". |
Il est donc clair qu'au vu de
l'État de l'avancement des progrès du Gouvernement et les élections de
2010 se rapprochant, il devient urgent d'obtenir des signes plus
probants dans la réalisation effective et sans arrières pensées de la
mise en œuvre effective sur le terrain de ces mesures. A défaut, un
comptage erroné, le "mieux compter", pourrait faire évaporer les chances
de restitution de la vérité des urnes acceptable par tous les partis et
la population togolaise.
L'échec des actions nobles de la "Coalition-Togo" se résume à des formes
d'observations gênantes pour le pouvoir en place qui a donc usé de sa
prérogative pour surseoir aux demandes des organisations de la société
civile dès lors qu'elles ne sont pas l'émanation de l'Etat ou
acceptables par cette dernière. Il est donc sage de ne pas renouveler
l'expérience de la "Coalition-Togo" dans sa forme de contestation mais
d'opter pour des formulations d'amélioration du processus en identifiant
clairement les déviations par rapport au processus démocratique tant sur
le fond, sur la forme que sur les procédures. Malgré la circulation
importante d'informations et la prise de conscience qu'a permis la "Coalition-Togo",
le fait que les recommandations ne parviennent pas à être prises en
considération dans la pratique n'a finalement fait qu'augmenter la
frustration des populations togolaises. Cela a paradoxalement réduit les
chances éventuelles de consensus sur des actions communes. Sur la base
de nombreuses propositions de la "Coalition-Togo", ce sont les pressions
exercées par la Communauté internationale qui ont conduit à la mise en
place des 22 recommandations, devenues des engagements du Gouvernement
togolais. Par ailleurs, lorsque la communauté internationale obtient
l'autorisation du Gouvernement de mener des enquêtes, il faut se rendre
à l'évidence que la mise en œuvre des recommandations et parfois le
temps passé à réaliser ces enquêtes peut ouvrir des marges de manœuvre
pour le pouvoir en place. Pourtant, c'est sur la base de rapport fiables
et objectifs que l'on peut espérer donner satisfaction à l'ensemble des
Togolais et offrir de sérieuses chances de corriger les déviations par
rapport aux normes démocratiques et de transparence communément
acceptées.
Le rôle de la Coalition-Togo
doit prendre en compte les organisations de la société civile au Togo,
dans la Diaspora et procéder en interne par un système de vote
majoritaire afin d'intégrer les risques, les réalités culturelles
locales et bien sûr prendre en compte les 22 recommandations
actualisées. L'avenir de tels mouvements devra nécessairement se faire
dans le cadre de nouveaux partenariats avec les organisations inter-Etat
tout en gardant l'indépendance nécessaire pour faire avancer des
dossiers aussi sensibles. Il s'agit d'un partenariat entre les
institutions de la société civile du Togo comme ceux de la Diaspora. et
les institutions inter-Etats.
3. Organisations de la société civile internationale (OSCI) et de la
diaspora
Il importe de constater que dans la plupart des opérations électorales
africaines , la participation de la Diaspora a été négligée, oubliée ou
volontairement neutralisée. La participation des ressortissants
résidants à l'étranger et l'assistance précieuse que la Diaspora
pourrait apporter à la transparence dans le processus démocratique
doivent être créditées d'une nouvelle priorité. Il importe donc de
contribuer à corriger cet état de fait pour faciliter l'émergence de la
vérité des urnes. Toutes
les activités visant à falsifier ou frauder le processus électoral,
institutionnalisées, imposées ou limitées du fait d'éléments techniques
ou d'organisation, sont de nature à influer l'annonce des résultats du
scrutin. C'est en définitive une modification avec ou sans préméditation
de la volonté du corps électoral. Le travail de toute mission
d'observation électorale est d'abord de prévenir cet état de choses dans
la limite des termes de référence impartis.
Aussi toutes les formes d'influence, de corruption,
de concussion, de fausse observation, de trafic d'influence,
d'obstruction à la justice, d’atteinte au droit des électeurs doivent
permettre d'en limiter la portée. Il s'avère d'ailleurs nécessaire de
mettre en place une structure de contrôle des observateurs afin de
permettre de contester les déclarations inexactes, non justifiées ou
tronquées des observateurs eux-mêmes.
3.1 Organisations internationales : différencier entre bilatérales,
inter-Etats et sociétés civiles
Il importe de distinguer entre les organisations internationales
notamment :
-
Les institutions inter-états bilatérales
ou multilatérales. Celles-ci sont reconnues par les États et ne prennent
d'initiative que sur la demande expresse du pays où ont lieu les élections.
Aussi, les conditions d'accueil et de délivrance des visas peuvent être
considérées, dans certains cas, comme des contraintes pouvant influencer les
résultats de l'observation. Les termes de référence peuvent aussi être rédigés
de manière à limiter la portée de l'observation : par exemple,
o quitter le pays dès que le vote a eu lieu sans attendre l'annonce des
résultats, ou
o limiter la déclaration au processus allant jusqu'à la déposition dans les
urnes des votes, ou
o limiter la déclaration uniquement sur les sites visités (les sites non visités
ne sont pas couverts et donc pas pris en compte dans les observations).
-
Les organisations de la société civile
internationale. Celles-ci étant par nature plus indépendantes peuvent aussi
décider de leur propre initiative de mener des observations au cours d'un
processus électoral. Les autorités locales peuvent par la délivrance de visas et
parfois les termes de référence limiter la portée des observations. Mais de
manière générale, ces OSCI quant elles sont neutres tendent à influencer les
médias et les gouvernements en mettant en valeur des disfonctionnements… Lorsque
ces éléments deviennent importants et concordants, le relais doit être pris par
une institution inter-Etats notamment celles qui œuvrent au niveau multilatéral
comme les Nations Unies. Mais les procédures de ces dernières dépendent en
grande partie de la bonne volonté de l'État. Le temps nécessaire pour arriver à
procéder à un constat exhaustif et les lenteurs dans les procédures font que les
résultats provenant de ces relais internationaux arrivent avec des retards de
plus de 12 mois et n'ont pas d'effets coercitifs sur les irrégularités
identifiées.
Dans les deux cas, sans accord
préalable sur la mission d'observation et l'acceptation par le
Gouvernement de la mission, aucune des organisations ou institutions
internationales ne sera autorisée à entrer sur le territoire national.
Il s'agit là d'un moyen pratique pour le Gouvernement de sélectionner le
type de mission d'observation qu'il souhaite avoir sur son territoire et
peut indirectement influer le contenu des termes de référence avant
d'accepter la présence de la mission sur son territoire.
3.2 Mission d'observation : publier les termes de référence
Afin de permettre une observation aussi objective que possible du
processus électoral au Togo en 2010, il est urgent de valider au plan
international une grille d'observation dont les points fondamentaux sont
à extraire des principes directeurs pour l'envoi d'une mission
d'observations d'élections régulièrement mis à jour par les institutions
inter-Etats comme les Nations Unies, des organisations inter-Etats comme
par exemple l'Agence internationale pour le Francophonie ou tout autre
institution spécialisée. Les points suivants (liste non exhaustive) sont
à prendre en considération :
-
avant d'accepter le principe de
rédaction des termes de référence, il importe de signer un Mémorandum
d'Engagement du Gouvernement d'accueil à donner la priorité à la Transparence,
la sécurité et à la vérité des urnes ; ce Mémorandum d'engagement doit être
signé entre l'État d'accueil et les institutions-inter-Etats et/ou associations
de la société civile ;
-
la requête officielle du Gouvernement ne
doit pas être précédée de formes directes ou indirectes de pression sur la
mission d'observation ou ses membres ;
-
en cas de refus du Gouvernement de
s'engager sur la Transparence, la Sécurité et la Vérité des urnes, les
organisations inter-Etats comme les Nations Unies ou l'Union africaine ou leur
démembrement régional doivent pouvoir être mandatées pour prendre le relais pour
proposer des interventions d'équipes internationales afin de :
o garantir la transparence dans le processus électoral ;
o procéder à des recomptages, ou tout simplement
o invalider le vote et procéder à de nouvelles élections.
-
le rapport qui doit être publié ne doit
pas subir de censure de la part du Gouvernement qui est néanmoins libre d'y
apporter ses critiques et ses commentaires.
-
l'acceptation d'une mission
d'observation signifie l'acceptation d'une mission exploratoire obligatoire pour
une prise de connaissance du terrain.
-
les termes de référence doivent faire
l'objet aussi d'une publication avant le départ de la mission d'observation et
la composition de la mission doit comporter au moins un membre indépendant d'une
organisation de la société civile sur lequel l'État ne peut apposer un véto.
Sur le terrain, les points
suivants doivent nécessairement figurer dans les éléments de la grille
d'observation (liste non exhaustive) :
-
validation au plan international de la
Grille d'observation ;
-
mode d’établissement des listes
électorales et de dépouillement des votes ;
-
égalité dans le temps de parole ;
-
observation à mener quelques semaines et
jours avant la tenue du scrutin :
o visiter plusieurs localités et communiquer par téléphones, photos et moyens
virtuels l'état des différents bureaux de vote afin de donner un avis favorable
sur l'état de préparation des lieux de vote, du matériel électoral et sur l'état
d'indépendance des agents électoraux ;
o s'assurer qu'un périmètre de plus 20 mètres sépare les forces de sécurité
postées à l'extérieur et le bureau de vote ;
o vérifier les aménagements d'accès et de sortie du bureau de vote,
l’aménagement du bureau de vote, son accessibilité, notamment aux personnes à
mobilité réduite, la disponibilité du matériel électoral (isoloirs, urnes, encre
indélébile, bulletins de vote et listes électorales) ainsi que le gardiennage
des bureaux de vote.
o assurer l'assistance aux personnes illettrées par des personnes compétentes de
la société civile ayant prêté serment auprès d'une des missions d'observation.
3.3 Piège de la requête
officielle Il est alors
possible ainsi d'éviter que la sélection des OSCI ne se transforme en un
piège que la requête officielle pourrait institutionnaliser. En effet,
le pouvoir exécutif peut soumettre la demande de requête officielle à
des conditionnalités qui ne sont pas rendues publiques. Il importe
d'amener les OSCI ainsi que les organisations inter-Etats à refuser cet
état de choses ou alors de les porter à la connaissance du public.
3.4 Partenariat avec l'ONU et/ou l'OIF
Afin de garantir l'accès à une base de données de
connaissances et de bonnes pratiques, il est fortement suggéré que les
OSCI renforcent leur professionnalisme en s'associant avec les
institutions inter-Etats comme les Nations Unies, l'Organisation
Internationale pour la Francophonie et tous autres acteurs indépendants.
3.5 Manuel de l'observation électorale pour les OSCI
Le partenariat avec les organisations spécialisées
dans le processus électoral permettra aux OSCI de prendre appui sur les
manuels existants d'observation électorale des institutions inter-Etats
ou alors de s'en inspirer pour créer leur propre approche. Toutefois, il
est suggéré de privilégier l'efficience collective en travaillant en
synergie.
4. Typologies de déviations électorales influant sur le comptage
A partir de quelques cas de déviations électorales que certains
qualifient de fraude électorale, il est possible de préciser les
objectifs recherchés, les recommandations et solutions à apporter pour
les élections futures. Dans le cas d'espèce du Togo, il était nécessaire
de porter un avis sur la situation constatée en 2005 (élections
présidentielles) et en 2007 (élections législatives) et surtout de voir
si ces déviations électorales pourraient se renouveler lors des
élections présidentielles de 2010. Un tableau sur les déviations
électorales au Togo est donc proposé (voir tableau 3) et reflète les
points de vue des internautes qui visitent le site "Afrology". Il est
suggéré que chacun puisse répondre en "âme et conscience" pour
participer indirectement à une meilleure prise de conscience de la
situation réelle sur le terrain. Il est même suggéré que les
responsables de la communauté internationale, africaine et régionale,
prêts à faire un effort d'indépendance dans leur jugement, puissent se
livrer à cette opération en toute objectivité et notifier Synergie-Togo
de leur résultat (un tableau non rempli se trouve en annexe 4 de ce
document pour une participation active du lecteur). Un avis résumé des
réponses collectées pourrait alors être transmis aux autorités
togolaises pour leur faciliter la préparation dans la transparence des
élections de 2010.
|
Tableau 3 : Quelques déviations
électorales :
formes, remèdes et existences au Togo |
|
|
Typologies de déviation électorale
influant le comptage |
Objectif et Facilitation |
Remèdes |
Constatées au Togo en 2005/2007 |
Possibilité au Togo en 2010 |
|
1.
|
Propagande électorale
inexacte ou inégale |
Influencer le corps électoral (inégalité
dans les moyens, les accès aux médias, etc.) |
. Structures de contrepouvoir
. Bonne volonté du Gouvernement
.Pression de la communauté internationale |
Oui |
Oui |
|
2.
|
Découpage électoral
voir charcutage électoral |
Favoriser et privilégier un camp |
|
Oui |
Oui |
|
3.
|
Formes diverses
d'élimination des candidats indésirables :
. Diffamation des candidats ou partis
concurrents
. Rejet des candidatures par des procédures
administratives (quitus fiscal, résidence obligatoire, refus de
la double nationalité…) |
Assurer une candidature unique ou faciliter
les candidatures de complaisance |
Transparence
. Structures de contrepouvoir
. Bonne volonté du Gouvernement par la
pression de la communauté internationale |
Oui |
Oui |
|
4.
|
Modification du corps électoral |
. Elimination abusive d'électeurs a priori
défavorables
. Inscription abusive d'électeurs a priori
favorables à un camp
. Complicité administrative nécessaire |
Institutionnalisation du processus avec la
participation effective et objective de toutes les parties et
les Organisations de la société civile internationale (OSCI) |
Oui |
Oui |
|
5.
|
Contrôle du Comité électoral (dit
indépendant) |
. Influencer les résultats du vote en
faisant pression sur le Comité ou ses membres (avant, pendant et
après le vote) |
Equilibre dans la participation et principe
de vote équilibré pour les décisions |
Oui |
Oui |
|
6.
|
Organisation unilatérale des bureaux de
vote avec votes multiples (lieux, clonages, etc.) |
. Démultiplier le nombre de votants pour le
parti au pouvoir |
Facilitation du contrôle et pression de la
communauté internationale et nationale |
Oui |
Oui |
|
7.
|
Fixation de délais courts pour
l'inscription sur les
listes
électorales avec un lieu d'inscription centralisé ou
distant, ou une procédure compliquée. |
Limitation du nombre d'électeurs
inscrits |
Meilleure organisation et acceptation d'un
chronogramme et possibilité de rallonge des délais |
Oui |
Oui |
|
8.
|
Vote des absents (y compris les morts) |
. Démultiplier le nombre de votants pour le
parti au pouvoir |
Transparence dans les listes électorales |
Oui |
Oui |
|
9.
|
Bourrage ou disparition des urnes |
. Empêcher la vérité des urnes si elle est
défavorable |
Transparence et possibilités de recours
judiciaires effectifs |
Oui |
Oui |
|
10.
|
Echanges/inversion des enveloppes (des noms
des votants) et votes ayant déjà été effectués pour les votants |
. Démultiplier le nombre de votants pour le
parti au pouvoir |
Transparence dans les listes électorales |
Oui |
Oui |
|
11.
|
Réajustement sans contrôle des votes par
correspondances ou par procuration |
. Démultiplier le nombre de votants pour le
parti au pouvoir |
Transparence dans les listes électorales et
dans le comptage |
Oui |
Oui |
|
12.
|
Vote publique avec des forces
d'intervention (avant, à côté des urnes, après) |
. Empêcher l'intime conviction de
s'exprimer |
Liberté d'accès et dans le processus
électoral |
Oui |
Oui |
|
13.
|
Fraude électronique |
. Faciliter la victoire ou inverser les
résultats selon les commanditaires de la Fraude électronique |
Contrôle et transparence de la
programmation, des fichiers logs, vidéos, photos et
contre-expertise des résultats non encore centralisés |
Oui |
Oui |
|
Source : A partir des recommandations et
avis des citoyens togolais et du monde interpellant le Groupe de
Réflexion, d'Action et d'Influence "Afrology". |
5. "Oublier de compter" est aussi compter
L'acte de compter est souvent perçu comme une action active. En fait,
l'acte de compter peut aussi être considéré comme un acte passif. Le
principe de compter se résume à "oublier de compter" et permet ainsi
d'influencer le nombre des votants et les résultats du scrutin. Deux
principales techniques coexistent.
5.1 Oublier de compter ceux qui veulent compter
Il s'agit principalement de censurer ceux qui
veulent compter. Donc, tous les prétendants ou candidats potentiels au
poste convoité lors des élections peuvent et doivent être évincés. Cela
peut se faire physiquement comme dans le cas non éclairci à ce jour du
Président du Mouvement pour le développement national (MODENA),
Directeur du Journal Afric-Hebdo et ancien ministre qui avait annoncé
son intention de se présenter à la magistrature suprême au Togo en
cherchant des alliances ailleurs que dans le parti au pouvoir.
L'élimination physique n'est que la phase extrême de tout un processus
qui passe par l'intimidation, la censure, l'auto-démission, la censure
dans la diffusion de l'information, l'obligation de réserve. Mais
d'autres formes comme les tracasseries administratives sont posées pour
les candidats (obligation de séjourner au Togo, quitus fiscal,
renonciation à la double nationalité, etc.).
Il existe en définitive une alternative plus
subtile qui consiste à s'aligner discrètement sur la position du parti
ou régime dominant tout en continuant à clamer une opposition de façade
afin de s'assurer des postes lors des dividendes postélectoraux. Toutes
ces approches permettent, quant elles sont entretenues par des pressions
discrètes et moins discrètes sur la personne, la famille ou les biens,
de soustraire "ceux qui souhaitent compter" du comptage avec une
étonnante facilité sans parfois se soustraire du cadre légal. Par
ailleurs, la coïncidence du doublement de l'aide par la France après la
mort suspecte du Président du MODENA (Tobner, 2009) et l'absence de
protestation de la France sur ce cas laissent de nombreux Togolais
perplexes sur la qualité de la "rupture".
5.2 Oublier de compter ceux qui peuvent compter
Il existe une autre forme d'oubli institutionnalisé fondée sur la
mauvaise volonté du l'État et les justificatifs liés à des difficultés
d'organisation. Alors que la Diaspora du Ghana, du Bénin peut voter,
celle du Togo est privée de vote. Aussi, le comptage est tronqué
d'avance puisque près de 1 million de Togolais de la Diaspora ne peuvent
pas donner leur avis. Les aléas des votes par procuration et
l'impossibilité de procéder à des vérifications tant auprès des
ambassades du Togo qu'au niveau des responsables électoraux du Togo font
que la Diaspora togolaise dans son ensemble est purement et simplement
privée de vote. C'est cela qui a amené un groupe de dirigeants de la
Diaspora à faire un communiqué suite aux difficultés et irrégularités
des élections législatives de 2007 (Diaspora, 2007).
Oublier de compter ceux qui comptent est une forme moderne du déni du
droit de vote. Il s'agit donc bien d'un déni puisqu'il est question de
priver une partie importante du peuple togolais de ses droits et
prérogatives élémentaires. La communauté internationale, l'Union
européenne, la communauté africaine (continentale et sous-régionale),
les institutions inter-Etats y compris les Nations Unies ont préféré se
taire sur ce problème. Il devient évident que seules les structures
organisées de la Diaspora pourront, par la persuasion et par un
processus de "démocratie de la honte", expliquer au monde les
conséquences de ce déni de droit sur l'avancement de la démocratie au
Togo. Il sera alors peut-être possible de parvenir à convaincre le
Gouvernement togolais, la communauté internationale et africaine de
revoir leur position sur la construction du processus électoral au Togo.
Ainsi, si ceux qui peuvent compter sont écartés,
ils ne peuvent pas de facto se présenter à des postes électifs sans
tomber sous le coup des règles de séjour, de rejet de leur double
nationalité et du quitus fiscal qui les soumet aux arbitraires de
l'Administration locale à qui il suffit de jouer sur le retard dans les
réponses à apporter pour éliminer certains candidats. Alors que le
problème de fond est lié à l'insécurité chronique et l'arbitraire à
géométrie variable dans le pays, la conjugaison de tous ces procédés,
dont la non-publicité est savamment orchestrée conduisent à éliminer
systématiquement la Diaspora togolaise de toutes les grandes échéances
électorales au Togo. La solution actuelle supporte un retour au pays
pour voter et rien ne garantit que le vote soit effectivement pris en
compte.
Aussi, le comptage subi des déviations institutionnelles ou ponctuelles
commencent bien en amont du processus même de recensement au niveau
national. Il n'est donc pas étonnant que certains posent alors le
problème sous un autre angle : Comment gagner des élections
“démocratiquement” au Togo sans la bonne volonté des autorités publiques
locales ? Seules les pressions de la Communauté internationale
pourraient permettre de débloquer la situation actuelle puisque le
pouvoir actuel considère que le vote de la Diaspora n'est possible que
par la voie des Ambassades. En effet, la seule procédure est la voie de
la procuration en laissant le soin à l'Ambassade de transmettre les
bulletins sans moyens de contrôle. Dans ces conditions, la vérité des
urnes est-elle possible au Togo dans l'état actuel du système électoral,
et à fortiori en 2010 ?
6. Leçons, propositions et débat: La vérité des urnes est-elle
possible au Togo?
Compte tenu de l'expérience du passé, de la volonté
des acteurs politiques de l'opposition de parvenir à une alternance
pacifique et démocratique, les propositions suivantes sont formulées et
devront être portées à la connaissance de l'Union européenne, les
principaux acteurs de l'Union européenne intéressés à l'ancrage de la
démocratie et de la pacification démocratique engagée au Togo, les
dirigeants des partis politiques togolais, les responsables
d'associations et institutions nationales, régionales et internationales
et bien sûr le Secrétaire général des Nations Unies, les Présidents de
l'Union africaine et de la Communauté économique des Etats de l'Afrique
de l'Ouest.
Pour permettre donc d'approfondir la démocratie au
Togo et en prenant comme modèle le Ghana voisin, il est recommandé que
le Gouvernement togolais accepte de confier tout le processus
d'organisation du scrutin à une instance neutre pouvant financer et
mener tout le processus d'enregistrement, de comptage, et de restitution
des résultats en partenariat avec le Comité électoral national
indépendant et les associations et institutions qui auront été
accréditées pour assurer la mission d'observation.
6.1 Trouver un partenaire électoral international
Le "Bien Compter" devient une condition sine qua
non pour la restitution de la vérité des urnes et pour la crédibilité
des futurs dirigeants du Togo.
Il est suggéré d'inviter les pays européens à se porter candidats tant
pour le financement que pour le partenariat dans le déroulement complet
du processus électoral. Des pays comme l'Autriche, la Finlande et le
Luxembourg sont proposés compte de tenu des liens historiques avec le
Togo hors colonisation. Leur longue tradition de neutralité dans la
gouvernance publique et de soutien à la démocratie tant dans leur pays
respectif qu'à l'international est un atout considérable.
Il est proposé au plan opérationnel de prendre en
compte les points suivants:
-
trouver de nouvelles synergies entre
l'Association Synergie-Togo, le Mouvement Citoyen de la Diaspora Togolaise en
Europe (MDTE), le Groupe de réflexion et d'action pour le Dialogue, la
Démocratie et le Développement (GRAD), le Groupe de réflexion, d'action et
d'influence (AFROLOGY), toutes structures de la société civile du Togo comme de
la Diaspora qui souhaiteraient s'associer à une démarche collective pour réussir
les élections de 2010 et augmenter ainsi la crédibilité du Togo dans le monde
afin de s'assurer du soutien de la communauté pour une relance économique ;
-
renforcer les liens entre la structure
élargie de Synergie-Togo et l'Association France-Togo ;
-
dépasser les clivages partisans du "pour
ou contre" le Gouvernement ou l'Opposition et servir en priorité les intérêts du
peuple togolais de l'intérieur et de l'extérieur en assurant le Gouvernement et
les communautés internationales, africaines et régionales de la neutralité et du
professionnalisme des acteurs organisés de la société civile togolaise ;
-
demander à chacun des acteurs intéressés
à la transparence des élections de 2010 au Togo de remplir l'état des 22
recommandations promues par Synergie-Togo et le Groupe de réflexion Afrology
afin de parvenir à un consensus sur les améliorations à apporter au processus
électoral devant conduire à la transparence et à la vérité des urnes ;
-
associer la Diaspora togolaise aux
missions d’observation électorales avec des termes de référence clairs et
publiés ;
-
organiser un partenariat entre les
médias indépendants, les Organisations et institutions de la société civile
indépendantes afin de coordonner une grille de lecture et d'observation
acceptable au plan international, africain et togolais ;
-
inviter le Gouvernement togolais et les
principaux partis d'opposition à s'adresser à la Diaspora dans un cadre neutre
sur des questions proposées par la Diaspora et portant sur la transparence, la
sécurité et la vérité dans le processus électoral au Togo ;
-
inviter les pays comme l'Autriche, la
Finlande et le Luxembourg à s'engager officiellement à financer et coordonner
les opérations de transparence du processus électoral au Togo et à y associer
les organisations internationales et nationales de la société civile en
partenariat avec le Gouvernement togolais ;
-
contribuer à la crédibilité et à la
transparence des élections de 2010 au Togo en transformant le "Constater
avec" en "Compter avec".
3. Conclusion: La vérité des urnes au Togo est
possible en 2010
Oui il est possible de sécuriser le comptage et les résultats des
élections de 2010 au Togo. Il importe d'organiser des synergies pour
expliquer que la démarche des organisations internationales de la
société civile a pour objet seulement et uniquement de faire émerger la
vérité des urnes, sans parti pris.
Si l'on se réfère au rapport du réseau de la
société civile de l'Afrique de l'Ouest (West African Civil Society Forum
(WACSOF)) représentant 15 États de la CEDEAO, les conclusions ont été
très précises à savoir : suspendre les élections du 24 avril 2005 et
mettre en place un gouvernement de transition afin de mettre en place
une nouvelle constitution. Cela permettra de revoir la liste électorale,
émettre de nouvelles cartes d'électeurs afin de refaire les élections
présidentielles et législatives tout en mettant en place une meilleure
sécurité et un code éthique pour les partis politiques (WACSOF, 2005:
20). Aucune de ces recommandations n'ont été suivies d'effets d'autant
plus que l'implication active de la société civile avait été aussi
recommandée. Les propositions risquent de se renouveler à l'approche des
élections présidentielles de 2010 compte tenu de l'état d'avancement des
préparatifs.
Aujourd'hui, face au risque d'une répétition des
évènements de 2005, et à la faveur de la nouvelle approche des
dirigeants togolais pour pacifier le Togo, il devient urgent que les
représentations de la société civile togolaise y compris la Diaspora et
la société civile internationale parviennent à convaincre les autorités
togolaises et les principaux responsables de la communauté
internationale intéressés par l'amélioration du bien-être des
populations togolaises que :
-
la stabilité politique n'est pas plus
prioritaire que la vérité des urnes, au contraire,
-
c'est la vérité des urnes qui conduit à
la stabilité politique en facilitant les alternances politiques et le retour de
la confiance des communautés togolaises et internationales, ce qui a pour effet
de favoriser le processus de création de richesse endogène avec le soutien de la
Diaspora, ce qui ne manquera pas de faire émerger une croissance économique
partagée.
Il faut donc, sans détour, convaincre le
Gouvernement togolais d'accepter de confier en partenariat tout le
processus d'organisation, de comptage, de restitution et de validation
des élections présidentielles de 2010 à une équipe d'intervenants
neutres. Les synergies entre des États membres de la communauté
internationale, les autorités nationales, régionales et africaines, les
institutions inter-Etats et les associations de la société civile à
organiser méthodiquement et en toute la transparence des élections au
Togo ne peuvent qu'être bénéfiques pour tous.
La sécurisation du comptage et des résultats des
élections présidentielles de 2010 au Togo suppose une assistance
internationale indépendante dans le processus de comptage et
d'observation. Il est suggéré de se rapprocher de pays comme l'Autriche,
la Finlande et le Luxembourg pour influencer utilement le Gouvernement
togolais et la Communauté internationale. Ce n'est qu'à cette condition
que l'on peut espérer une sécurisation du comptage et des résultats des
élections de 2010 au Togo.
Par Dr. Yves Ekoué Amaïzo
Directeur du groupe de réflexion, d’action et d’influence "Afrology"
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un coup d'Etat électoral perpétré avec la complicité de la
France et de la communauté internationale, éditions
l'Harmattan, Paris, 2005 |
|
Tété-Adjalogo, Têtêvi Godwin |
2007 |
Histoire du Togo : De la tragi-comédie à
la comi-tragédie (2003-2006), Tome 5, avec une préface de
Kofi M. Yamgnane, éditions AFRIDIC, Paris, 2007 |
|
Tobner, Odile |
2008 |
"The Politics of Vacuum", in Billet
d’Afrique n° 173, Association Survie, October 2008),
consulté le 2 mai 2009 sur <http://survie.org/The-politics-of-vacuum-Editorial.html?var_recherche=observ> |
|
Toulabor, Comi |
1990 |
Le Togo sous Eyadéma, éditions
Karthala, Paris, 1990 |
|
Tsakadi, Komi |
2005 |
L’Observation internationale des
élections en Afrique subsaharienne (1990-2005), Mémoire de
certificat, Université Paris II, 2005 |
|
WACSOF |
2005 |
Togo Presidential
Elections 2005: Report of the West African civil society forum (WACSOF)
Observation Mission to the Togo presidential
elections held on
24th April 2005, view 3 May 2009
on <http://www.cdd.org.uk/pdf/wacsof_togo.pdf> |
|
Yamgnane, Kofi |
2002 |
Nous grandirons ensemble, éditions
Robert Laffont, Paris, 2002 |
Dr. Yves Ekoué Amaïzo
Directeur du Groupe de réflexion, d'action et d'influence "Afrology"
Contribution du Groupe Afrology
Email: yeamaizo@afrology.com
Samedi 16 mai 2009
Assemblée Nationale, Palais Bourbon,
120, rue de l’Université, 75007 PARIS, France
ANNEXES
ANNEXE 1: VERIFICATION D'USAGE A FAIRE DANS LES BUREAUX DE VOTE
• L'aménagement et l’accessibilité des lieux ;
• la présence de tout le matériel électoral, en particulier les
bulletins de vote et les listes électorales ;
• la présence des représentants des partis politiques ou des candidats ;
• la compétence du personnel du bureau de vote ;
• le temps d’attente et de vote ;
• les procédures de vote ;
• l’estampillage des bulletins de vote ;
• le secret du vote ;
• les procédures d’identification des électeurs et de vérification pour
s’assurer qu’ils n’ont pas déjà voté;
• la présence des forces de l’ordre et leur non-intervention ;
• l’assistance aux électeurs, et notamment aux personnes illettrées ;
• le bon fonctionnement des communications, etc.
SUR LES EQUIPEMENTS ET LES TEMOINS
• l’ouverture de la presque totalité des bureaux de vote à l’heure ;
• la présence de tous les matériels et documents électoraux dans les
bureaux de vote, à quelques exceptions près ;
• la présence de délégués de candidats dans la plupart des bureaux de
vote ;
• la bonne qualité de l’encre ;
• le secret du vote ;
• la sérénité des électeurs et leur discipline ;
• la maîtrise des opérations de vote par les agents électoraux ;
• l’absence d’incidents ;
• la sécurisation des opérations électorales ;
• le dépouillement transparent des votes ;
• la sérénité des protagonistes à l’annonce des résultats dans les
bureaux de vote.
ANNEXE 2: PRINCIPES DIRECTEURS POUR L'ENVOI D'UNE MISSION D'OBSERVATIONS
D'ELECTIONS
Voir Agence Internationale de la Francophonie, Document portant sur les
principes directeurs devant guider l’envoi d’une mission d’observation
d’élections, dernière mise à jour ; prendre comme référence le document
de Marrakech, 1996, visité le 3 mai 2009 sur <http://democratie.francophonie.org/IMG/pdf/229.pdf>
ANNEXE 3 : ETAT DE 22 RECOMMANDATIONS CONFRONTEES A LA REALITE DU
TERRAIN
(Avis indépendants demandés à renvoyer à www.synergie-Togo.com)
|
Etat de 22 recommandations confrontées à la
réalité du terrain
A remplir par le participant et à retourner à
Synergie-Togo (www.synergie-togo.com) |
|
Nom, Prénom
|
Diaspora
(Mettre une croix) |
Email: |
Homme
(Mettre une croix) |
Femme
(Mettre une croix) |
|
Organisation, titre
|
|
Pour mieux
compter les Togolais lors des élections de 2010
Etat de 22
recommandations confrontées à la réalité du terrain
(Réponses par Oui, Non et commentaires) |
|
Quelques
engagements |
Totalement réalisé |
Partiellement réalisé |
Globalement non réalisé |
|
1)
Reprise crédible du dialogue national
avec l'opposition traditionnelle et la société civile dans un cadre
structuré et transparent |
|
|
|
|
2)
Garantir l'action libre de tout parti
politique en excluant tout acte d'harcèlement, d'intimidation ou de
censure |
|
|
|
|
3)
Révision du
cadre électoral garantissant un processus électoral transparent et
démocratique et acceptable pour toutes les parties |
|
|
|
|
4)
Accès
équitable aux médias publics et instauration d'un système équilibré
d'accès aux fonds publics prévus pour le financement des partis
politiques |
|
|
|
|
5)
Organiser des élections présidentielles
en 2010 dans des conditions transparentes et en acceptant des
observateurs internationaux à tous les stades du processus dès que
possible |
|
|
|
|
6)
Organiser les
élections locales en 2010 dans des conditions transparentes et en
acceptant des observateurs internationaux à tous les stades du
processus dès que possible |
|
|
|
|
7)
Garantir à tout moment l'absence
d'exécutions extrajudiciaires de torture et d'autres actes inhumains
et dégradants sur le territoire togolais
|
|
|
|
|
8)
Réformer le
système judiciaire et procéder à la formation des forces de l'ordre
et de sécurité pour que leur mission redevienne celle de protéger
tous les citoyens togolais sans exclusive |
|
|
|
|
9)
Faciliter et garantir le bon
fonctionnement de la justice de manière impartiale et indépendante
du pouvoir exécutif |
|
|
|
|
10)
Libérer
l'ensemble des prisonniers politiques clairement détenus en raison
de leur opposition politique, de propos critiques à l'égard du
Gouvernement ou d'autres raisons ne justifiant pas une détention |
|
|
|
|
11)
Revoir le mandat et le statut de la
Commission des droits de l'Homme en vue de garantir son indépendance
effective par rapport aux autorités étatiques |
|
|
|
|
12)
Garantir aux médias, ONG et
représentants de la société civile l'absence de tout harcèlement,
censure ou intimidation |
|
|
|
|
13)
Garantir à tous les acteurs politiques
et de la société civile et à tout citoyen le droit à la libre
expression à participer aux réunions et aux manifestations
pacifiques en public et sur tout le territoire national en l'absence
de tout harcèlement, censure ou intimidation. |
|
|
|
|
14)
Garantir à tous les acteurs politiques
et de la société civile la libre circulation en tant que citoyen et
dans le cadre de l'exercice de leur fonction politique ou de
représentation de la société civile |
|
|
|
|
15)
Garantir à tout citoyen avant, pendant
et après le vote les appels téléphoniques, les transferts libres de
photos et l'accès libre aux informations des médias y compris sur la
Toile Internet de tous les partis, des organisations de la société
civile et de la Diaspora |
|
|
|
|
16)
Garantir la fin des arrestations
arbitraires ou des décisions politiques arbitraires et justifiées
après coup |
|
|
|
|
17)
Garantir la prise en compte de la
Diaspora togolaise et le vote de la Diaspora en toute sécurité et
transparence sans modifier la vérité du vote |
|
|
|
|
18)
Accepter le principe de l'alternance
politique pour le parti RPT (Rassemblement du peuple togolais)
puisque cela a déjà fait pour l'UFC |
|
|
|
|
19)
Permettre à des organisations de la
société civile de la Diaspora de participer en toute indépendance à
tout le processus électoral: mieux voter, bien compter, restituer la
vérité des urnes |
|
|
|
|
20)
En cas de défaite électorale, préparer
le RPT et les partis et Associations de la mouvance au pouvoir à
exercer son rôle dans l'opposition et l'armée à respecter la vérité
des urnes |
|
|
|
|
21)
En cas d'alternance, une déclaration
préalable des Forces armées togolaises et des Forces d'intervention
rapide togolaises de rester neutre contre une amnistie |
|
|
|
|
22)
Compte tenu des modifications multiples
(plus de 27) de la constitution de 1992, compte tenu du choix
unilatéral du scrutin uninominal à un tour, un recomptage des urnes
est demandé une fois le vote terminé afin d'obtenir l'accord du
parti qui aura perdu les élections |
|
|
|
|
Source : A partir des recommandations de la
Coalition-Togo, de l'Union européenne et avis des citoyens togolais
interpellant le groupe de Réflexion, d'Action et d'Influence "Afrology". |
ANNEXE 4 : QUELQUES DEVIATIONS ELECTORALES ET LES CHANCES DE
REPRODUCTION EN 2010.
(Avis indépendants
demandés à renvoyer à www.synergie-Togo.com et webmaster@afrology.com)
|
QUELQUES DEVIATIONS ELECTORALES ET LES
CHANCES DE REPRODUCTION EN 2010.
A remplir par le participant et à retourner à
Synergie-Togo (www.synergie-togo.com)
|
|
Nom, Prénom
|
Diaspora
(Mettre une croix) |
Email: |
Homme
(Mettre une croix) |
Femme
(Mettre une croix) |
|
Organisation, titre
|
|
Quelques
déviations électorales :
formes,
remèdes et existences au Togo
A remplir par
le participant et à retourner à Synergie-Togo (www.synergie-togo.com
et webmaster@afrology.com)
(Réponses : Oui, Non et commentaires) |
|
|
Typologies de déviation électorale influant
le comptage |
Objectif et Facilitation |
Remèdes |
Constatées au Togo en 2005/2007 |
Possibilité au Togo en 2010 |
|
1.
|
Propagande électorale
inexacte ou inégale |
Influencer le corps électoral (inégalité dans
les moyens, les accès aux médias, etc.) |
. Structures de contrepouvoir
. Bonne volonté du Gouvernement
.Pression de la communauté internationale |
|
|
|
2.
|
Découpage électoral voir
charcutage électoral |
Favoriser et privilégier un camp |
|
|
|
|
3.
|
Formes diverses
d'élimination des candidats indésirables :
. Diffamation des candidats ou partis
concurrents
. Rejet des candidatures par des procédures
administratives (quitus fiscal, résidence obligatoire, refus de la
double nationalité…) |
Assurer une candidature unique ou faciliter les
candidatures de complaisance |
Transparence
. Structures de contrepouvoir
. Bonne volonté du Gouvernement par la pression
de la communauté internationale |
|
|
|
4.
|
Modification du corps électoral |
. Elimination abusive d'électeurs a priori
défavorables
. Inscription abusive d'électeurs a priori
favorables à un camp
. Complicité administrative nécessaire |
Institutionnalisation du processus avec la
participation effective et objective de toutes les parties et les
OSCI |
|
|
|
5.
|
Contrôle du Comité électoral (dit indépendant) |
. Influencer les résultats du vote en faisant
pression sur le Comité ou ses membres (avant, pendant et après le
vote) |
Equilibre dans la participation et principe de
vote équilibré pour les décisions |
|
|
|
6.
|
Organisation unilatéral des bureaux de vote
avec votes multiples (lieux, clonages, etc.) |
. Démultiplier le nombre de votants pour le
parti au pouvoir |
Facilitation du contrôle et pression de la
communauté internationale et nationale |
|
|
|
7.
|
Fixation de délais courts pour l'inscription
sur les
listes
électorales avec un lieu d'inscription centralisé ou
distant, ou une procédure compliquée. |
Limitation du nombre d'électeurs
inscrits |
Meilleure organisation et acceptation d'un
chronogramme et possibilité de rallonge des délais |
|
|
|
8.
|
Vote des absents (y compris les morts) |
. Démultiplier le nombre de votants pour le
parti au pouvoir |
Transparence dans les listes électorales |
|
|
|
9.
|
Bourrage ou disparition des urnes |
. Empêcher la vérité des urnes si elle est
défavorable |
Transparence et possibilités de recours
judiciaires effectifs |
|
|
|
10.
|
Échanges/inversion des enveloppes (des noms des
votants) et votes ayant déjà été effectués pour les votants |
. Démultiplier le nombre de votants pour le
parti au pouvoir |
Transparence dans les listes électorales |
|
|
|
11.
|
Réajustement sans contrôle des votes par
correspondances ou par procuration |
. Démultiplier le nombre de votants pour le
parti au pouvoir |
Transparence dans les listes électorales et
dans le comptage |
|
|
|
12.
|
Vote publique avec des forces d'intervention
(avant, à côté des urnes, après) |
. Empêcher l'intime conviction de s'exprimer |
Liberté d'accès et dans le processus électoral |
|
|
|
13.
|
Fraude électronique |
. Faciliter la victoire ou inverser les
résultats selon les commanditaires de la Fraude électronique |
Contrôle et transparence de la programmation,
des fichiers logs, vidéos, photos et contre-expertise des résultats
non encore centralisés |
|
|
|
14.
|
Élimination d'une partie du corps électoral par
des règles administratives unilatéralement décrétées |
|
|
|
|
ANNEXE 5 : TERMES DE RÉFÉRENCE DE L'INTERVENTION
Sujet : Implication de la société civile internationale dans
l’observation des élections
La société civile internationale s’est déjà manifestée à l’occasion des
derniers scrutins qui ont eu lieu au Togo en 2005 et en 2007. Ainsi, à
l’occasion de la présidentielle de 2005, huit Organisations
internationales non gouvernementales (OING) s’étaient regroupées au sein
de la « Coalition-Togo » et avaient dressé un bilan sans complaisance de
ce scrutin calamiteux. Considérant l’extrême gravité de la situation, la
Coalition avait alors invité les Nations Unies à se saisir du dossier
togolais. Sans succès ! Le conférencier, membre de la Mission de Brême,
qui œuvre depuis des années pour la paix et la démocratie au Togo
s’attachera à mettre en exergue quelques dispositions concrètes
permettant d’accroître le préjugé favorable dont la société civile
internationale jouit auprès des populations togolaises et de conforter
ainsi sa place dans les processus électoraux.
• Quelles sont les leçons qui doivent être tirées pour
professionnaliser davantage les contributions de la société civile
internationale et sécuriser ainsi les résultats des élections 2010 ?
• Quels sont les partenariats utiles et efficaces à établir, avec les
organisations de la société civile, avec les organisations
intergouvernementales (ONU, OUA, Union européenne, OIF, etc.) et avec
les pays (Allemagne, France, USA, Canada) ?
• Mise au point d’un guide partagé de l’observateur définissant un
cahier de charges, un code de conduite et un agenda.
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Yves Ekoué Amaïzo

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