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Répressions électorales et silence de l'Union africaine ?
Suite à une intervention musclée du FOSEP (Force Sécurité Élection
Présidentielle) du Togo contre une marche pacifique de manifestants
contestant les résultats proclamés par la Commission électorale
nationale "dite" indépendante (CENI [1]), ceci sans consensus et avec
des résultats entachés de vice de formes et de procédures, le Togo
semble ouvrir, presque à l'identique avec 2005, le cycle vicieux des
violences postélectorales fondées sur l'absence de la vérité des urnes
et de la technique de l'inversion des résultats sortis des bureaux de
vote.
1. Les apprentis-sorciers des élections au Togo
Pourquoi le peuple togolais, épris de paix et de justice, ne peut-il pas
trouver un soutien auprès d'institutions internationales, africaines qui
ne connaissent pas les capacités dilatoires du pouvoir qui tire les
ficelles au Togo et qui continuent à envoyer des observateurs et
diplomates, peut-être bien intentionnés, mais faciles à berner. Se faire
berner en 2005 avec plus de 500 à 800 morts, le peuple togolais a pris
note. Mais se faire berner en utilisant l'argent des contribuables
européens et être incapables de compter et annoncer la vérité des urnes,
c'est que l'on a à faire peut-être à des apprentis-sorciers en matière
électorale qui doivent être tenus comme co-responsables des débordements
et violences postélectorales.
Comment est-ce que la communauté internationale peut-elle accepter de
financer des élections qui sortent du cadre légal et ne reflètent pas la
vérité des urnes? Si les institutions internationales et africaines ne
sont là que pour légitimer la dictature du statu quo, alors les
contribuables européens feraient mieux de ne plus voter pour les budgets
d'aide pour les élections en Afrique, puisque les régimes en place n'ont
que faire des avis des observateurs de moins en moins crédibles, et pour
certains ayant des partis pris dont les motivations profondes ne
relèvent pas de la pacification et de la transparence des élections du
Togo, mais bien de la pure ventrologie [2].
2. Faure Gnassingbé : otage, prisonnier ou sous-traitant ?
A la date du 7 mars 2010, il y a lieu de se demander si le Togo a encore
un Président qui gère le pays. Des informations contradictoires et
difficiles à vérifier tentent à indiquer que Faure Gnassingbé serait
tenté par la démission et serait soit parti à l'étranger, soit
prisonnier ou otage de groupes militaires non identifiés qui se
chargeraient de "stabiliser" le pays avant de le faire revenir
éventuellement au pouvoir. Faure Gnassingbé aurait-il refusé ce que la
"junte militaire" lui demande de dire alors qu'il pourrait
déclarer publiquement qu'il a perdu les élections ? Il suffirait
pourtant que Faure Gnassingbé démente rapidement cette information en
faisant une apparition sur le territoire togolais suivie de sa propre
déclaration, sans contrainte de l'armée, sur les résultats des élections
présidentielles. Son absence pourrait alors expliquer le changement
d'approche adopté par les forces du pouvoir (militaires, gendarmes et
policiers confondus) qui tentent d'abord de s'aligner sur les résultats
des élections entachées d'irrégularités grossières afin de remettre en
place le candidat de leur choix comme cela s'est fait lors des élections
présidentielles de 2005, c'est-à-dire dans la répression et le sang.
3. Recompter et restituer au niveau du bureau de vote ou opter pour
un deuxième tour
Suite à la communication le 6 mars 2010 par une Commission électorale
nationale dite "indépendante" (CENI) des résultats provisoires
des élections présidentielles de 2010, l'opposition a organisé une
marche pacifique pour mettre en cause des résultats en provenance de
Commissions électorales locales dites "indépendantes" (CELI) que
la CENI n'a fait qu'avaliser. Le problème est que les résultats
électoraux fournis par les CELI ne peuvent pas être validés car il n'y a
aucune preuve que les souches du bulletin de vote soient les mêmes que
les bulletins retrouvés dans les urnes. Autrement dit, si les CELI ont
compté des urnes bourrées à l'avance, le seul moyen de juger de la
véracité du vote est de vérifier les souches au niveau des bureaux de
vote. Mais voilà, personne ne veut publier les résultats sortis des
bureaux de vote.
La vérité des urnes se trouve au niveau des bureaux de vote. Les
observateurs de l'Union européenne, ceux qui sont indépendants, ceux de
la CEDEAO ont constaté qu'il était impossible d'apporter une
vérification formelle que les voix comptées au niveau des CELI
correspondent à ce qui est sorti des urnes au niveau des bureaux de
vote. Alors, est-ce à dire que les électeurs togolais ont voté pour rien
? Assurément pas puisque le seul conflit ouvert réside dans le vide
juridique permettant de départager les deux candidats arrivés en tête.
Le meilleur moyen de retrouver la paix au Togo est de recompter bureau
de vote par bureau de vote et annoncer immédiatement les résultats. Les
CELI et CENI sont décrédibilisées.
A défaut, il faudrait opter pour un deuxième tour au Togo, malgré les
contraintes unilatérales établies par le pouvoir en place. Pour ce faire
en écho au message du Conseil Mondial de la Diaspora togolaise (CMDT
[3]), il est demandé que les partis RPT et FRAC ainsi que l'ensemble des
partis jouant le jeu de la démocratie au Togo s'accordent pour organiser
un deuxième tour dans les meilleurs délais et que les résultats soient
proclamés directement au niveau des bureaux de vote. En effet, cela
corrigerait les défaillances actuelles de transfert d'information entre
les bureaux de vote et les CELI, puis entre ces dernières et la CENI
sans compter les tentatives de transfert de données électorales par des
voies de télécommunication illégales, point que le chef de mission de
l'Union européenne a déjà constaté en demandant une correction qui ne
semble pas avoir eu lieu. Il faut espérer que ce point sera mentionné
dans la "déclaration préliminaire" des observateurs de l'Union
européenne.
4. Yamgnane et Péré du FRAC blessés lors d'une manifestation
pacifique?
En organisation une marche pacifique à Lomé le 6 mars 2010 pour
contester les résultats des élections présidentielles ne reflétant pas
la vérité sortie des urnes au niveau des bureaux de vote, les principaux
responsables du FRAC et d'OBUTS ont fait l'objet d'une attaque
manu-militari par une partie des 6 000 gendarmes et policiers placés
sous le commandement du colonel Damehane Yark. Ce commandant de la Force
de sécurité, spécialement affecté pour assurer la "paix" au cours
des élections, n'est pas un inconnu puisque son nom reste gravé dans les
rapports des Nations Unies pour des entorses graves aux droits humains.
Ce commandant a choisi de demander aux manifestants de se disperser
pacifiquement lors de leur passage devant la résidence de l'ambassade
des Etats-Unis. Pour une raison inconnue et face au nombre grandissant
des manifestants, il a reçu les ordres de charger les manifestants et de
ramener certains prisonniers soigneusement sélectionnés. Agbeyomé Kodjo,
Président OBUTS et certains membres de son parti (M. Gérard Adja et M.
Emmanuel Atayi) ont été illégalement arrêtés sans motifs et conduits à
des destinations inconnues. Au moins 12 autres membres de l'Union des
forces du changement (UFC) ont été enlevés par les forces de sécurité.
Kofi Yamgnane ainsi que Mr Dahuku Péré, tous deux membres du FRAC,
auraient-ils été blessés ainsi que d'autres manifestants? Mr Jean Pierre
Fabre n'aurait pas été touché ayant été protégé par la population. Mais
tous ont subi les gênes liées aux gaz lacrymogènes [4].
L'histoire du Togo semble repartir comme en 2005 surtout que depuis
quelques jours on assiste à des arrestations sommaires, des
perquisitions sans mandat... ce que les observateurs semblent ne pas
voir. Il est d'ailleurs curieux que Olusegun Obasanjo, l'observateur
mandaté de l'Union africaine, n'ait pas encore donné son avis sur la
situation à savoir les résultats des élections et les violences
post-électorales. Son silence en étonne plus d'un compte tenu de son
rôle et sa co-responsabilité dans les évènements de 2005 et de 2010. Il
y a lieu aussi de s'interroger sur ceux qui ont réussi à berner les
contribuables européens en fournissant au Togo des fiches électorales
comprenant des souches et des bulletins ne comportant pas les mêmes
numéros ou pas de numéros du tout. L'Union européenne doit redemander au
Gouvernement togolais et aux sous-traitants de rembourser les montants
de la commande de 3,2 millions de bulletin de vote non conforme (souche
sans numéro ou vice-versa) et redemander des comptes aux institutions
internationales qui ont empoché de l'argent et des frais d'agence pour
fournir aux Togolais un système défaillant de transmission des données
entre les bureaux de vote, les CELI et les CENI.
Tout ceci a contribué à limiter les possibilités de vérification des
résultats par les observateurs et entache toute la procédure
d'irrégularité. En principe, il faudrait refaire les élections au Togo à
moins que Faure Gnassingbé accepte de parler librement en dehors des
menaces des baïonnettes d'une junte de l'armée togolaise.
5. Résultats électoraux : Permutation ou inversion, c'est selon...
La Commission nationale électorale dite "indépendante" (CENI),
sur la base des affirmations des CELI non conformes aux résultats des
bureaux de vote, a procédé à une compilation des résultats en utilisant
les procédés de transmission de type VSAT, FAX et SMS. La CENI n'a donc
pas proclamé les informations des bureaux de vote mais a simplement
publié des résultats provisoires des élections présidentielles du 4 mars
2010 sur instruction du pouvoir. Par ailleurs, ces résultats n'ont pas
recueilli le consensus des membres des partis représentés à la CENI
surtout lorsque la CENI n'a pas pu confronter les documents physiques
des bureaux de vote.
Toutefois, sur la base des estimations et en
attendant les vérifications en cours par la mission de l'Union
européenne qui a reçu instruction de ne pas quitter le Togo mais de
procéder aux recomptages à partir des bureaux de votes, voici le score
estimé des candidats en tête du scrutin en tenant compte des bulletins
invalidés.
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TOGO - Présidentielles du 4 mars 2010
Résultats d'après des estimations provisoires (Source :
Afrology et CMDT, 6 mars 2010)
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NOM des candidats par ordre alphabétique |
Nombre de voix estimé
sans vérification auprès des bureaux de vote |
Nombre de voix en pourcentage |
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FABRE, Jean Pierre - (Membre du FRAC, Front Républicain pour
l'Alternance comprenant entre autres UFC, l’ADDI,
l’Alliance, le PSR et Sursaut-Togo) |
1 202 753 |
59 % |
|
GNASSINGBE, Faure - Rassemblement pour le Peuple Togolais,
RPT |
672 634 |
33 % |
Par contre, le 6 mars, la CENI a proposé les résultats provisoires
suivants, ce qui correspond de fait à une inversion des résultats comme
d'ailleurs en 2005. Le recomptage devrait permettre de clarifier cette
situation et les observateurs doivent obtenir l'aval des partis en
présence pour des validations officielles et définitives. La communauté
internationale doit apprendre à ne plus envoyer des "ambassadeurs"
ou "représentants bien chevronnés et sérieux" mais trop faciles à
berner par un pouvoir dont l'astuce et les artifices sont nombreux et
variés sans compter les réseaux de complicité basées sur la corruption
et ou l'ésotérisme togolais et ses relais mafieux. Au fond, c'est bien
le principe des élections à un tour qui est mis en cause indirectement
et conduit les institutions censées être "indépendantes" à
devenir des sous-traitants non plus des injonctions du pouvoir exécutif
mais bien d'une junte militaire cachée que la communauté internationale
a bien du mal à percevoir, tant elle est engluée dans ses visions
eurocentristes d'autosatisfaction avec des élections palliatives.
Les résultats promulgués par la CENI sont donc irrecevables pour vices
de formes, vices de procédures et pour falsification de la vérité des
urnes et de l'expression populaire des électeurs togolais.
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TOGO - Présidentielles du 4 mars
2010
Résultats provisoires fournis par la CENI (et réajustés
avant proclamation) |
|
NOM des candidats par ordre alphabétique |
Nombre de voix d'après la CENI
mais sans vérification physique |
Nombre de voix en pourcentage |
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ADJAMAGBO, Brigitte - CPA (Membre de la Coordination pour
l'Alternance) - CDPA (Convention Démocratique des Peuple
Africains) |
13 414 |
0,66 % |
|
AGBOYIBOR, Yawovi -
CPA (Membre de la Coordination pour
l'Alternance) - CAR (Comité
d’Action pour le Renouveau) |
60 398 |
2,96 % |
|
FABRE, Jean Pierre - (Membre du FRAC, Front Républicain pour
l'Alternance comprenant entre autres UFC, l’ADDI,
l’Alliance, le PSR et Sursaut-Togo) |
692 584
|
33,94 % |
|
GNASSINGBE, Faure - Rassemblement pour le Peuple Togolais,
RPT |
1 243 044 |
60,92 % |
|
KAGBARA, Bassabi - Parti démocratique panafricain (PDP) |
8 317 |
0,41 % |
|
KODJO, Messan Agbéyomé CPA (Membre
de la Coordination pour l'Alternance), OBUTS (Organisation
pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire |
17 412 |
0,85 % |
|
LAWSON, Nicolas PRR, Parti
pour le Renouveau et la Rédemption |
6 074 |
0,30 %. |
|
Source : CENI, 6 mars 2010 |
Tous les candidats malheureux sauf Faure Gnassingbé ont reconnu que le
candidat commun du FRAC était en tête des estimations. Toutefois, le
silence de Yawovi Agboyibor, Président du Comité d’Action pour le
Renouveau et de Nicolas Lawson, Parti pour le Renouveau et la Rédemption
ne relève plus de la sagesse mais de l'interrogation. Il y a lieu qu'ils
éclairent le peuple togolais sur leur position quant aux formes que
devra prendre la démocratie au Togo.
Deux présidents se sont autoproclamés victorieux. Issifou Taffa Tabiou,
le Président de la CENI, a reconnu des défaillances graves dans le
système de transmission des résultats par satellite pourtant sous
contrôle du Programme des Nations Unies pour le Développement. Comment
peut-on alors annoncer des résultats provisoires sur la base
d'informations reposant sur des défaillances graves conduisant au vice
de procédure ? Est-ce à dire que les résultats provisoires proclamés par
la CENI, une institution contestée et dont les décisions ne relèvent pas
du consensus, ne peuvent faire l'objet d'un recomptage ? Est-ce que la
CENI n'est pas finalement prise en otage par le Gouvernement en faisant
reposer les résultats électoraux sur les affirmations des Commissions
locales électorales dites "indépendantes" et non des résultats
effectifs sortis des bureaux de vote ?
6. Le Droit d'ingérence électoral au Togo : pour un Groupe de contact
de médiation
Il est proposé que les procès verbaux originaux des bureaux de vote,
considérés comme l'information la plus proche de la vérité des urnes,
soient revus en présence au moins des responsables du RPT ou du FRAC
afin d'assurer une réelle validation de ce "recomptage-validation".
La CENI qui a perdu de sa crédibilité, ne peut sans risques de
contestation, continuer à être responsable des procédures de
transmission, de vérification et de validation des procès verbaux des
bureaux de vote.
Aussi, toute solution à ce nouveau problème de transparence au Togo
passe par un nouveau consensus entre les partis politiques. Le
recomptage doit déboucher sur l'annonce définitive de résultats réels en
provenance de chacun des 5 930 bureaux de vote. A défaut, le vote des
électeurs togolais n'aura pas servi à grand chose et la légitimité du
Président sortant risque à nouveau d'être sérieusement mise en cause. En
attendant, il y a de grandes chances que le Togo se retrouve avec deux
gouvernements et deux légitimations du fait d'une communauté
internationale qui s'est laissée berner par les capacités dilatoires
d'un système qui joue le dysfonctionnement au lieu et place de la
transparence des élections.
Si le recomptage au niveau des bureaux de vote ne parvenait pas offrir
le consensus sur les résultats définitifs, il y a lieu de penser à
mettre en place non plus la facilitation de Blaise Compaoré devenue un
système d'accommodement et de sous-traitance par la force des choses
mais de relancer une nouvelle vraie médiation par le biais d'un Groupe
de contact comprenant : la facilitation du Burkina Faso, d'autres
entités africaines, internationales notamment l'Union européenne, les
Nations Unies et les principaux bailleurs de fonds comme la France,
l'Allemagne, les États-unis et tous pays n'ayant pas d'antécédents
coloniaux et prêts à aider à l'établissement de la démocratie au Togo et
une représentation de la Diaspora. Ce groupe de contact devrait
rapidement proposer d'organiser un deuxième tour entre Jean Pierre
Fabre, FRAC élargi et Faure Gnassingbé, RPT élargi.
Depuis le 6 mars 2010, le Togo avec ses deux présidents et ses deux
gouvernements a donc le choix entre :
- le recomptage au niveau des bureaux de vote ;
- la mise en place d'une
vraie médiation par un groupe de contact ;
- l'obtention d'un consensus entre
le RPT élargi et le FRAC élargi sur l'organisation d'un deuxième tour entre les
deux candidats arrivés en tête ; et éventuellement
- l'envoi d'une mission
d'intervention électorale, et éventuellement
- un gouvernement de transition.
Rien n'empêche une scission au niveau de l'armée car
avec les exemples du Niger, l'armée africaine a commencé à comprendre
que l'éthique suppose une armée républicaine et celle-ci ne peut choisir
un camp mais doit servir les intérêts de la population. Aussi, personne
ne peut exclure un coup d'État, si ce n'est pas déjà en cours puisque le
chef d'État sortant semble devenir invisible.
En réalité, chaque citoyen togolais se retrouve devant l'épineuse
question suivante : faut-il conserver la constitution togolaise sur la
base de la constitution française de 1958 qui empêche l'alternance sous
toute ses formes, conduit à des violences post-électorales et surtout ne
permet pas de créer une société de confiance et de paix dans la liberté
? Le "bon sens" doit pouvoir rimer avec le "bon choix" qui
ne peut être en marge de la vérité des urnes. La population togolaise
n'est pas prête de mourir pour quelqu'un mais la population est
dorénavant prête à se sacrifier pour une alternance qui ne peut être
usurpée par une junte militaire qui ne dit pas son nom. La Communauté
internationale doit se préparer à envoyer une mission d'intervention
électorale pour sauver la démocratie togolaise. Mais elle peut aussi en
profiter pour sauver Faure Gnassingbé des mains d'un groupe militaire
qui est en train de faire un coup d'État en prétendant que Faure
Gnassingbé a "voyagé" vers un pays inconnu et profite de son
"absence" pour proclamer des résultats entachés d'irrégularités de
nature à ne pas conduire à des élections apaisées. Si le fils du Père
veut être différent du Père au plan de la transparence des élections,
alors il faut le laisser s'exprimer librement et les électeurs togolaise
jugeront sur pièce.
7. Conclusion : nouvelle division du Togo : entre les "menteurs" et
les "sincères"
Tout le monde croyait que le Togo était divisé sur une base ethnique de
type nord-sud. C'est totalement faux et la composition des partis
politiques le démontre aisément. Cette division se retrouve toutefois au
niveau de l'armée, de la police et de la gendarmerie y compris dans la
FOSEP (Force Sécurité Élection Présidentielle) où les officiers
supérieurs sont du nord. Un rééquilibrage s'impose.
Mais la vraie division au Togo repose sur le mensonge électoral et
conditionne tous les 5 ans depuis plusieurs décades à faire reculer
l'échéance de l'émergence de la société de confiance dans ce pays. Pire,
on va chercher des gens qui n'ont aucunement réussi la démocratie chez
eux pour guider ce petit pays vers la démocratie et on s'étonne des
résultats produits. On va chercher des gens intéressés par l'appât du
gain qui font croire qu'ils vont aider les populations togolaises à
sortir de l'impossible création de richesse et sa distribution au Togo.
On va chercher des institutions qui passent leur temps à compter les
points marqués par ceux qui votent pour la dictature du statu quo, et on
s'étonne qu'il y ait des dysfonctionnements au point que le Togo se
retrouve systématiquement avec deux présidents après des élections
contestées. Bref, il faut mettre une fin définitive à cette guerre de la
communication à partir d'informations frauduleuses et qui reposent sur
un système de falsification instrumentalisée.
Oui, il faut arrêter l'hypocrisie électorale au Togo en considérant
qu'en sortant du cadre légal électoral, la démocrature togolaise peut se
perpétuer à l'infini. Le peuple togolais aspire à la paix, a démontré sa
capacité à voter utile et ne peut continuer à accepter des institutions
incapables d'assurer une élection propre avec l'argent des contribuables
européens, notamment sur les fonds de l'Union européenne dénommés PAPE
(Projets d'Appui aux Processus Electoraux) budgétisés pour 9 millions
d'Euro et mis en œuvre conjointement par une institution d'État
française, à savoir l'Agence Française de Développement (AFD) pour ce
qui est de l'appui à la sécurisation des élections doté de 3,5 millions
d'Euro et une agence des Nations Unies, à savoir le Programme des
Nations Unies pour le Développement (PNUD) lesquels quels que soient les
résultats toucheront leurs frais d'agence (oscillant autour de 13 %) sur
le dos du peuple togolais.
Personne ne peut croire que les contribuables européens sont du côté de
la Dictature du Statu Quo. On ne peut afficher une rupture en bougeant
les lignes pour rétablir, par militaires interposés, une absence de
vérité des urnes au Togo. En conséquence, les actions urgentes à mettre
en œuvre dans le cadre d'un dialogue consensuel entre le FRAC élargi et
le RPT élargi doivent prendre en compte au moins les trois points
suivants :
- La communauté internationale doit rapidement confirmer que les résultats
proclamés par la CENI et les CELI sont entachés d'irrégularités et procéder dans
les meilleurs délais au recomptage en y associant la Diaspora togolaise ;
- Le droit d'ingérence électorale doit reposer sur l'assistance à un
peuple en danger de falsification électorale ;
- L'Union européenne doit demander des comptes (par la voie de la Cour
des comptes européenne) à l'AFD, au PNUD et aux sous-traitants pour les graves
dysfonctionnements dans les transferts des informations électorales à partir des
bureaux de vote.
Dr. Yves Ekoué AMAÏZO
Directeur du groupe de réflexion, d’action et d’influence "Afrology"
7 mars 2010
Contact : yeamaizo@afrology.com
© amaizo.info et afrology.com - 28 février 2010
1. AFP, "Jean-Claude Codjo, membre de la CENI dénonce "un manque de
transparence et de crédibilité", in Agence France Presse, 6 mars 2010,
voir aussi :
<http://www.letogolais.com/article.html?nid=4090?
2. Yves Ekoué Amaïzo (sous la direction de ), L'Union africaine
freine-t-elle l'unité des Africains ? Retrouver la confiance entre les
dirigeants et les peuple-africain, Préface de Aminata Traoré, collection
"Interdépendance africaine", éditions Menaibuc, Paris, France, 2005.
3. CMDT, Pour la vérité des urnes. Message du CMDT à la CENI et au
peuple togolais, 6 mars 2010, voir <www.cmdtogo.org> et "www.afrology.com"
(Presse récente) notamment le chapitre suivant :
"... Afin de régler devant le peuple tout entier le contentieux
électoral survenu par deux camps qui crient victoire, le Conseil Mondial
de la Diaspora Togolaise (CMDT), fort de ses trois principes
fondamentaux que sont la Transparence, la Vérité des urnes et une
Election sans aucune goutte de sang versé, vient proposer ce qui suit :
Puisque tous les candidats et les observateurs ont en leur possession
les résultats de chacun des 5930 bureaux de vote, le CMDT suggère
fortement de dégager un consensus sur la vérité des urnes. Pour ce
faire, il est proposé de faire appel à tous les responsables des Bureaux
de votes et de procéder alors à la proclamation des résultats BV par BV
en toute transparence, ceci en présence des médias et des représentants
des partis et de la population."
4. Koaci.com a pu promener sa caméra lors de cette manifestation, voir :
< http://www.koaci.com/index.php?k=koaci_tv&numero_article=4614>
5. Rédaction, "Togo: une manifestation avec Jean-Pierre Fabre dispersée
à coups de lacrymogènes par la FOSEP", in LeTogolais.com, 6 mars 2010,
voir <http://www.letogolais.com/article.html?nid=4091>
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Yves Ekoué Amaïzo

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