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Nigeria: Crédibilité et risques en suspens
Le Nigéria, Etat fédéral avec un régime présidentiel, n'a pas été
invité au G20 du 2 avril 2009. D'aucuns disent qu'avec l'activisme hors
pair de l'ex-Président Olusegun Obasanjo, lequel est resté, au pouvoir
entre mai 1999 et mai 2007, cela n'aurait pas été possible. La santé
vacillante de l'actuel Président Umaru Yar'Adua y est certainement pour
quelque chose.
1. Mandat sans renouvellement pour Umaru Yar'Adua ?
Pourtant sous le Président Olusengun Obasanjo, quatre principaux
indicateurs se sont paradoxalement détériorés : l'inégalité, alliée à la
pauvreté, n'a pas fondamentalement reculé ; les infrastructures ne se
sont pas véritablement améliorées ; la corruption tolérée et
institutionnalisée a eu raison des nombreuses personnalités éthiques qui
souhaitaient redorer l'image du pays ; et il est encore extrêmement
risqué d'y faire des affaires sans mauvaises surprises qui viennent
grever les coûts du fait de la criminalité, les raquettes fiscales
officieuses et une sorte d'intégration dans des réseaux locaux
parallèles sans lesquels la pérennisation d'une affaire est
régulièrement mise en péril. Le risque y est donc très grand pour tout
investisseur surtout si l'on sort du secteur des hydrocarbures. D'après
les notations indépendantes sur les risques pays de l'Economist
Intelligence, le risque politique est très élevé, CCC (voir encadré 1).
En effet, si les problèmes chroniques de santé devaient persister au
point de conduire l'actuel président, un musulman du nord du pays, à la
démission, ce serait le vice-président Goodluch Jonathan, un chrétien du
sud, placé, selon les rumeurs, par l'ex-président Obasanjo, lui-même
chrétien du sud, qui finirait le mandat. Cette perspective risque de ne
pas être acceptée par les pouvoirs du nord et pourrait déstabiliser le
sommet du pouvoir au Nigéria.
Pourtant le Président Umaru Yar'Adua affiche une
volonté réelle de tordre le coup à la corruption au point où ceux qui
sont impatients de voir des résultats, le critiquent sur la lenteur dans
ses prises de décisions. Cela tend à décrédibiliser ses actions et ouvre
la porte à des doutes sérieux et persistants sur la volonté réelle de
son parti politique de lui renouveler son soutien pour les prochaines
élections prévues en avril 2011.
Le Président Umaru Yar'Adua a pris les rênes du
pouvoir le 29 mai 2007 avec près de 70 % de votes favorables et son
parti, le PDP (People's Democratic Party), a remporté 28 sur 36 Etats de
la République fédérale du Nigéria, ce qui lui octroie une large majorité
à l'Assemblée nationale. La communauté internationale avait mollement
critiqué les conditions dans lesquelles les élections s’étaient
déroulées (fraudes, problèmes logistiques, etc.) puisqu'il était plus
important d'assurer une succession électorale pacifique entre deux
"candidats civils" tout en préservant la stabilité. Avec les prochaines
élections nationales de 2011, le bilan à mi-parcours reste mitigé avec
un sentiment général de retrait du Président sur la scène politique
internationale comme au demeurant régionale. La santé du Président
nigérian et sa volonté de moraliser l'économie ne semblent toujours pas
faire l'unanimité. Dans un tel contexte, les apprentis-investisseurs
feraient bien de préparer mieux leurs dossiers en cherchant des appuis
sur le terrain.
2. Investisseurs occasionnels au Nigéria : s'abstenir ?
Le risque santé est devenu préoccupant au Nigéria. L'augmentation du
taux de morts subites dans le pays pour cause de maladies cardiaques et
d’hypertension artérielle et le coût exorbitant des hôpitaux (10 fois
plus que la concurrence du secteur privé) ont conduit une société locale
à installer à l’aéroport international de Lagos des tensiomètres à des
fins de vérifications de l'état du rythme cardiaque .
Un système d'alerte similaire adapté aux entreprises installées au
Nigéria pourrait révéler que ceux qui y sont installés de longue date
sont ceux qui font de bonnes affaires.
Un grand nombre d'entreprises actives dans le
développement des capacités productives réalisent des bénéfices. En
guise d'exemple dans le secteur du ciment et selon Emmanuel Oloruntoki,
Directeur financier, la société Lafarge Cement, WAPCO Nigeria Plc., a
réalisé un bénéfice net de 12,1 milliards nairas en 2008, ce qui
représente une hausse de 15 % par rapport à 2007 . Ces résultats
auraient même été meilleurs si l'entreprise ne faisait pas l'objet
d'interruptions intempestives dans la fourniture d'électricité et de gaz
naturel au point d'amener la société à satisfaire la clientèle avec des
importations de clinker. Sur le fond, si une société de production se
met à faire de l'importation de son produit phare au lieu de produire
sur place, c'est qu'il y a une contradiction dans la gouvernance
économique de l'État.
C'est justement cette importation "manque à
gagner" pour l'économie locale qui a été critiquée par un groupe
d'experts et économistes nigérians qui ont suggéré d'utiliser la
politique fiscale pour limiter la croissance des importations dans le
court terme et d'adopter une politique d'amélioration des capacités
productives du pays sur le long terme, ceci en parallèle avec une
politique vigoureuse d'investissement. La dépendance du pays vis-à-vis
des exportations des hydrocarbures reste une préoccupation majeure et
tend à influer sur la dégradation de la valeur de la monnaie nationale,
le Naira, du fait d'une trop grande libéralisation du marché nigérian,
accélérée sous la Présidence d’Obasanjo. C'est aussi à cette
diversification (voir encadré 4) qu'appelle l'ex-ministre des finances
du Nigéria devenue l'actuelle vice-présidente de la Banque mondiale pour
l’Afrique, Obiageli Ezekwesili , laquelle avait perdu son poste
ministériel pour avoir voulu "auditer" la corruption sans prendre en
considération les forces de résistance endogènes. Celles-ci finirent par
convaincre à l'époque le Président Obasanjo de la relever de ses
fonctions. Aujourd'hui, l'ex-dauphin du Président Obasanjo, Charles
Chukwuma Soludo, actuel Gouverneur de la Banque centrale nigériane (BCN),
pressenti un moment comme potentiel vice-président par le même Obasanjo
sur le ticket du parti au pouvoir pour la présidentielle de 2007 ,
semble avoir été "lâché politiquement" par son parrain pour les mêmes
raisons.
Après avoir réussi en un temps record (4 ans) la
restructuration des banques nigérianes alors que l'Afrique du Sud eut
besoin de 20 ans, le Gouverneur Soludo a imposé l'augmentation du
capital des banques avec un minimum de 190 millions de $ US, réduisant
le nombre des banques de 89 à 25 dont une dizaine avec un capital de 4
milliards de $ US. Ouvrant le capital aux banques étrangères, il a aussi
interdit qu'elles puissent prendre le contrôle des banques locales. 26
banques ont tout de même été supprimées pour n'avoir pas pu répondre aux
nouvelles exigences de la BCN . A son actif, il convient de rappeler que
c'est aussi lui qui a poussé à la stabilisation de la monnaie nationale,
le Naira, en contribuant à faire tomber l'inflation de 12 % en 2002 à
5,4 % en 2007 . Aujourd'hui, les dernières estimations sont autour de
11,5 % en 2008 et 11 % en 2009 . On est passé d’une pléthore de taux de
change avec des spéculateurs illicites sur un marché "noir" qui
travaillaient pignon sur rue à une devise avec deux taux : officiel et
parallèle. La valeur du Naira a été divisée par 100 et l'ex-billet de
1000 Naira est devenu 10 .
Le Gouverneur de la Banque centrale du Nigéria (CBN),
le Professeur Chukwuma Soludo, a rappelé que seuls 6,2 % des 7,8
trillions de nairas d'engagements (encours de crédit) à la fin mars 2009
peuvent être considérés comme non-performants . Aucune banque
commerciale ne devrait donc déposer son bilan du fait de la crise et de
la récession mondiale. Les plafonds de réescompte ont été assouplis et
la banque centrale s'est engagée à éviter toute faillite bancaire.
A chaque fois, ces réformes en profondeur ont suscité
des critiques sévères de la part des "conservateurs et rentiers
africains" mais face au succès sur le terrain, des rancœurs se sont
accumulées car ceux qui profitaient du désordre financier ne pouvaient
aussi accepter des normes contraignantes de régulation financière. Bref,
cette politique a eu pour effet de démultiplier l'encours du crédit par
cinq et faire que ce sont les banques qui représentent dorénavant plus
de 61 % de la capitalisation boursière au Nigerian Stock Exchange (NSE)
. Aussi, le NSE est passé de 4,2 milliards de $ US en 2000 à 86,3
milliards de $ US de capitalisation boursière en 2007, avec un nombre de
sociétés nationales cotées passant de 195 à 212 sociétés pour les mêmes
années , loin derrière l'Afrique du Sud mais largement au-dessus de la
Côte d'Ivoire (voir encadré 2). Mais avec un index de protection des
investisseurs de 5, soit médiocre, le Nigéria risque de voir d'autres
pays comme le Ghana attirer les investisseurs étrangers (voir encadré
2). Il était manifestement difficile de faire entrer le Nigéria dans le
G20 comme pays émergent.
3. Diffusion tentaculaire de la crise financière
Le pays subit de plein fouet les conséquences collatérales de la crise
financière.
Selon le ministre des Finances, Mansur Muhtar, avec la baisse des
recettes d'exportations de pétrole brut, le déficit budgétaire de -2,7 %
en 2008 devrait atteindre -5,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009
alors que la dette publique de 14,6 % en 2008 a augmenté d'un tiers,
passant à 22,9 % du PIB pour la même période. La balance commerciale
excédentaire en 2008 avec 31,7 milliards de $ US est en chute libre,
passant à -3,4 milliards de $ US en 2009. La crise financière a
paradoxalement touché tous les secteurs de l'économie avec un recul plus
marqué dans les services en 2009 avec 4 % de croissance au lieu des 12 %
en 2008, -1,6 % dans l'industrie en 2009 contre 3,3 % en 2008 et dans
l'agriculture avec 7,5 % en 2009 contre 9,5 % en 2008 . Le taux de
change s'en est ressenti avec 1 $ US qui est passé de 119,28 Naira en
2008 à 151,92 Naira en 2009, voire 165 Naira en 2010 selon les
projections récentes . Les réserves internationales ont chuté passant de
59,8 milliards de $ US en 2008 à 45,4 milliards de $ US en 2009 avec des
prévisions autour de 36,6 milliards de $ US en 2010. Il ne faut donc pas
s'étonner de la chute de la croissance économique stabilisée autour de 6
% entre 2004 et 2008, passant à 2,7 % en 2009 (voir encadré 3), ce qui
se reflète directement sur la neutralisation de la consommation privée
passant d'une croissance de 8 % en 2008 à 1,3 % en 2009 .
Avec la chute du Naira par rapport au $ US de 119,28
en 2008 à 151,92 en 2009 pour un $ US, soit une chute de plus de 20 % de
sa valeur, c'est toute la politique de la Banque centrale et
indirectement le Gouverneur Soludo que l'on tente de rendre responsable.
C'est la crainte de la dévaluation du Naira alors que les réserves
extérieures du pays restent substantielles passant pour la même période
de 59,8 milliards de $ US à 54,4 milliards de $ US. En réalité, ce sont
les 20 % d'importations de produits manufacturiers, les 12,4 % de
produits chimiques et les 14, 7 % de machines et équipements de
transports qui verront leurs prix augmenter alors que les 82,5 % du
pétrole et les 14, 8 % de gaz naturel exportés par le pays se solderont
par un manque-à-gagner substantiel pour le budget de l'État.
Par ailleurs, c'est aussi tout un dispositif de lutte
contre la fraude dans les établissements bancaires que constituent les
contrôleurs résidents (resident examiners) au sein même des institutions
financières qui est décrié sans parler d'un système électronique
d'analyse financière, d'alerte et de surveillance financière installé
dans toutes les banques. Aussi, paradoxalement, c'est la monnaie qui est
tenue responsable des maux du pays, ce qui fait dire au Président de
l'Association des industriels nigérians, Alhaji Bahir Borodo, que le
Gouverneur de la Banque centrale "va être responsable de l’augmentation
de 35 % à 37 % du coût des matières premières importées et ce sont les
populations qui devront le supporter" . Mais personne ne mentionne la
non-compétitivité de certaines industries locales, ni le fait que de
trop nombreux industriels locaux importent les matières premières,
l'emballage et subissent directement les coûts de transaction.
Alors une perte de valeur du Naira de 20 % ou une
dévaluation à terme ne pourra que réduire leur marge même si l'essentiel
des coûts additionnels risque d’être transféré en dernier ressort sur le
consommateur. En réalité, c'est tout le problème de la compétitivité des
industries locales qui est posé. Il devient urgent de revoir les modes
de production qui ont favorisé des industrialisations non fondées sur
l'intégration des chaînes de valeur. Avec une autre enquête démarrée
dans la presse locale le "National Daily" qui demande au gouverneur de
la Banque centrale de s'expliquer sur le retrait de fonds de l'Etat
placés auprès de l'institution financière Africa Finance Corporation (AFC),
conçue sur le modèle de l'International Finance Corporation (IFC), le
bras privé du groupe de la banque mondiale, pour les rétrocéder à trois
banques de première importance dans le pays (voir encadré 5 : la liste
des 10 premières banques nigérianes), il y a comme un début de remise en
cause de toute la politique de la Banque centrale et donc du Gouverneur.
Faut-il rappeler que depuis la restructuration des banques, l'État peut
faire fructifier ses énormes réserves financières dans les banques ainsi
réformées, à condition d'avoir des partenaires étrangers…
Compte tenu de la difficulté souvent en Afrique de
passer le cap des fluctuations monétaires importantes sans trouver un
bouc-émissaire commode que constitue en l'espèce le Gouverneur Soludo,
il y a des chances de croire que des combats d'arrière-garde politiciens
sont en cours et que la rigueur de la Banque centrale pourrait gêner les
"bonnes vieilles habitudes" de financement non transparent des groupes
de pression. Pourtant le Président actuel a fait de la lutte contre la
corruption son cheval de bataille. Des groupes seraient-ils organisés au
point de tenter de neutraliser et le Gouvernement de la Banque centrale
et le Président de la République fédérale ? En effet, lorsque les
informations récoltées donnent lieu à des enquêtes financières, c'est le
Sénat, notamment sa commission des finances, qui peut entrer en jeu. Il
est actuellement question de récupérer des crédits de complaisance, non
remboursés, qui ont été alloués par des banques en difficulté (Fortune
Peak et Triumph ) à certains des anciens dirigeants. Le Sénat peut aller
jusqu'à installer une petite équipe opérationnelle assistée de la Banque
centrale et des sociétés d'assurance impliquées. Cette traque témoigne
malgré tout de la volonté réelle des autorités nigérianes de ramener de
la transparence et d'assainir les pratiques bancaires et monétaires dans
ce pays.
Les fonctionnaires de l'Administration nigériane font parfois du zèle
quand les montants des pots-de-vin apparaissent comme insignifiants ou
que tous n'ont pas été correctement rétribués. C'est dans ce cadre qu'il
faut comprendre le retour à la surface d'une affaire de 2001, dénoncée
par l'ex-président Obasanjo, où les corrompus locaux ne sont pas exempts
de tous soupçons et les corrupteurs, un groupe français d'électronique
et de défense SAGEM, devenu SAFRAN, est soupçonné d'avoir versé
d'importantes sommes pour obtenir le marché "vache à lait" de la
production de cartes d'identités au Nigéria . Il faut être "deux" pour
lutter contre la corruption.
4. La poudrière du Delta du Niger et ses ramifications
Un rapport confidentiel, s'il est rendu public, risque de poser à
nouveau le problème de la fermeté dans la lutte contre la corruption et
le crime organisés. En effet, le rapport confidentiel adressé à la
Présidence de la République porte sur les actes de pillage et de
sabotage dans la riche région du Delta du Niger au Nigéria. Le
manque-à-gagner pour cette région serait de 23,7 milliards de $ US en
seulement huit mois . Le nombre de personnes tuées avoisinerait 1000
personnes au cours de cette même période avec près de 300 personnes
prises en otages. La société nationale du pétrole (Nigeria National
Petroleum Corporation (NNPC)) a annoncé récemment des manque-à-gagner
d'environ 2, 2 milliards de $US en moyenne par mois en 2008.
Avec la fin du cessez-le-feu dans le Delta du Niger,
l'insécurité risque d'augmenter. Mr Mitee, un dirigeant politique du
Ogoniland qui réclame depuis des lustres un partage équitable de la
manne pétrolière et surtout une prise en compte de la préservation de
l'environnement, a lancé cette phrase significative du risque et de son
coût pour la paix : "Si nous devions acheter la paix, nous aurions
dépensé moins que ce que nous avons perdu dans cette crise". Il
s'agit là des attaques sauvages des militants contre les installations
pétrolières et des vols de pétrole brut. Le manque-à-gagner est
d'environ 500,000 barils par jour de production ce qui fait que le
Nigéria qui produisait au mieux 2,6 millions de barils par jour voit sa
production fluctuer aujourd'hui entre 1,6 et 2,2 millions de barils par
jour. Sans solution globale, ni vision à long terme de la part du
Président Umaru Musa Yar'Adua, le rapport propose une amnistie aux
militants s'ils acceptent de désarmer. L'offre est déjà rejetée. Le
risque d'escalade du conflit reste présent et le coût d'un échec durable
pourrait se révéler préjudiciable pour l'ensemble du budget fédéral.
C'est l'incapacité à trouver une solution à la subsidiarité et au
partage des pouvoirs entre l'État fédéral et les régions fédérées qui
refait surface avec acuité.
Les revenus du pétrole sont passés de 2,2 milliards
par mois en janvier 2008 à 1 milliard par mois en janvier 2009, ce qui
constitue une de chute de plus de 50 % des recettes qui vient s'ajouter
aux sévères coupes liées aux respects des quotas de l'Organisation des
pays producteurs de pétrole (OPEP). Le Directeur général du Group NNPC,
Dr. Mohammed Bakindo, se contente de donner comme explication la chute
spectaculaire du prix du pétrole brut qui est passé de 150 $ US par
baril en 2008 avec une moyenne de 98 $ US par baril à 43 $ par baril
actuellement . Le Nigéria, actuellement le 8e plus grand exportateur de
pétrole brut, pourrait voir cette position remise en cause avec des
risques en suspens et une crédibilité internationale en demi-teinte. La
pauvreté pourrait réveiller des volcans de violence endormie là où le
mixage ethnique reste explosif dans des villes comme Lagos, Kano, Kaduna
ou dans les Etats comme Anambra, Plateau, Benue ou encore Taraba où la
tension monte.
Un espoir est en train de naître grâce à un
amendement à la loi que le Gouvernement vient d'introduire pour
faciliter l'accès et le transfert de propriété de l'espace nigérian . Il
ne faut pas s'étonner de l'arrivée massive d'ex-propriétaires blancs du
Zimbabwe ou d'Afrique du Sud au Nigéria pour mettre en valeur les terres
agricoles dans le cadre d'un contrat de concession à long terme d'un
nouveau genre .
|
Encadré
1 : Notation du Risque pays – Nigéria
Economist Intelligence, 2008 |
|
Risque souverain |
Risque sur la monnaie (Naira) |
Risque du secteur bancaire |
Risque politique |
Risque de la structure économique |
|
BB |
BB |
B |
CCC |
BB |
|
Source : EIU,
Country Finance 2008, p. 4. |
|
Encadré
2 : Marché des valeurs mobilières : indicateurs choisis
Afrique du Sud, Côte d'Ivoire, Egypte, Nigeria
|
|
|
|
Afrique du Sud |
Côte
d'Ivoire |
Egypte |
Ghana |
Nigeria |
|
2000 |
2007 |
2000 |
2007 |
2000 |
2007 |
2000 |
2007 |
2000 |
2007 |
|
Capitalisation boursière, 2000 – 2007
(en milliards de $ US) |
|
204,9 |
833,5 |
1,1 |
8,3 |
28,7 |
139,2 |
0,5 |
2,3 |
4,2 |
86,3 |
|
Nombre des sociétés nationales cotées à la Bourse locale
|
|
616 |
422 |
41 |
38 |
1 076 |
435 |
22 |
32 |
195 |
212 |
|
Index de protection des investisseurs, juin 2007*
(0 =
minimum et 10 = maximum de protection) |
|
|
8 |
|
6 |
|
7 |
|
7 |
|
5 |
|
Source : World Bank,
WDI 2008, pp. 280-282
*Ibid, pp. 276-278. |
|
Encadré
3 : Croissance du PIB, Consommation privée, Compte courant et
Réserves internationales |
|
|
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
2008 |
2009 |
2010 |
|
Croissance du PIB réel
(en %) |
6,4 |
6,5 |
6,0 |
6,2 |
6,8 |
2,7 |
4,4 |
|
Consommation privée (Changement
annuel en %) |
3,1 |
7,4 |
7,5 |
8,3 |
8,0 |
1,3 |
2,3 |
|
Solde du Compte courant
(en milliards de $ US) |
4,3 |
8.0 |
13,7 |
2,1 |
5,1 |
-13,7 |
-9,4 |
|
Réserves internationales
(en milliards de $ US) |
16,9 |
28,2 |
42,2 |
51,3 |
59,8 |
45,4 |
36,6 |
|
Source : EIU,
Nigeria Country Report March 2009, p. 16 et IMF,
International Financial Statistics and Central Bank of
Nigeria |
|
Encadré 4 :
Anticipation : Préparer l'énergie nucléaire au Nigéria
Les
formes que prenne la diversification permettent aussi
d'organiser l'indépendance énergétique du Nigéria en dehors des
hydrocarbures. Aussi, un accord est intervenu en mars 2009 entre
l'État fédéral nigérian et la société russe Rosatim Corp pour
développer l'exploitation minière d'uranium, construire des
centrales nucléaires, développer la recherche sur l'énergie
nucléaire et partager le savoir[1].
Ceci vient en complément d'une centrale thermique de 6 000 MW
qui devrait être opérationnelle pour fin 2009.
Source : Les Afriques, "Nigéria : signature
d’un accord sur l’énergie nucléaire avec la Russie", in
Les Afriques, 27 mars
2009, voir <http://www.lesafriques.com/nigeria/nigeria-signature-d-un-accord-sur-l-energie-nucleaire-avec-la-r.html?Itemid=73?articleid=14630>
|
|
Encadré 5 - Nigéria: Dix premières banques nationales, septembre
2007 |
|
|
Actifs |
|
1.
United Bank for Africa |
1 191,0 |
|
2.
Zenith Bank |
972,8 |
|
3.
First Bank |
884,6 |
|
4.
Intercontinental |
704,8 |
|
5.
Union Bank |
667,8 |
|
6.
Guaranty Trust Bank |
552,0 |
|
7.
Bank PHB |
382,0 |
|
8.
Oceanic Bank |
371,6 |
|
9.
Access Bank |
328,6 |
|
10.
Diamond Bank |
320,4 |
|
Source: Afrinvest
Research, in EUI, Country Finance: Nigeria 2008, p. 11 |
Dr. Yves Ekoué Amaïzo
Directeur du groupe de réflexion, d’action, l’influence « Afrology »
11 avril 2009
Notes:
1. Voir aussi une version abrégée dans Risques internationaux, numéro
118, avril 2009.
2. The Economist, "Nigeria: What if the president goes?", in The
Economist, April 11th, 2009, pp. 37-38.
3. Voir Les Afriques, 9 avril 2009, <http://www.lesafriques.com/nigeria/nigeria-l-aeroport-de-lagos-equipe-de-tensiometres.html?Itemid=73?articleid=15058>;
il s'agit de la société Geolaboratory Nigeria Limited.
4. Les Afriques, 5 avril 2009, <http://www.lesafriques.com/nigeria/nigeria-lafarge-realise-12-1-milliards-nairas-de-benefices-nets-en.html?Itemid=73?articleid=14907>
5. Voir les Afriques, 1er avril 2009, <http://www.lesafriques.com/nigeria/nigeria-comment-sauver-la-monnaie-nationale.html?Itemid=73?articleid=14775>
6. The World Bank, "Atténuer les effets de la crise en Afrque, Lusaka,
Zambie, 9 avril 2009, African Press Organization (APO)/ <http://appablog.wordpress.com/2009/04/09/la-vice-presidente-de-la-banque-mondiale-pour-l%e2%80%99afrique-invite-les-pays-africains-a-transformer-leurs-economies-pour-attenuer-les-effets-de-la-crise-economique-mondiale/>
7. Cherif Elvalide Seye, "Charles Chukwuma Soludo, l’homme de la
restructuration bancaire du Nigéria", 04 février 2009, Dakar, in Les
Afriques, <http://www.lesafriques.com/africain-de-la-semaine/charles-chukwuma-soludo-l-homme-de-la-restructuration-bancaire-du-ni.html?Itemid=195?article=12748>
8. Ibid.
9. EIU, EIU, Country Report, March 2008, p. 8.
10. Ibid.
11. Sayo Akintola, "Death of the Naira", 2003, Afrrican Newspapers of
Nigeria, Nigerian-Tribune.com, voir
http://news.biafranigeriaworld.com/archive/2003/nov/29/0033.html
12. Les Afriques, "Nigeria : La Banque centrale empêchera toute
faillite", in Les Afriques, 8 avril 2009
http://www.lesafriques.com/nigeria/nigeria-la-banque-centrale-empechera-toute-faillite-bancaire.html?Itemid=73?articleid=15033
13. Cherif Elvalide Seye, op. cit.
14. World Bank, WBI 2008, p. 281
15. EIU, Nigeria Country Forecast, p. 11.
16. EIU, Nigeria Country Report March 2009, p. 16.
17. Ibid.
18. Ibid, p. 3.
19. Cherif Elvalide Seye, op. cit.
20. EIU, op. cit., p. 7.
21. Les Afriques, "Nigéria : le Sénat veut récupérer les crédits de
complaisance", in Les Afriques, 23 mars 2009, voir <http://www.lesafriques.com/nigeria/nigeria-le-senat-veut-recuperer-les-credits-de-complaisance.html?Itemid=73?articleid=14640>
22. RFI, "Le groupe d'électronique Safran soupçonné de corruption", in
Radio France international, 11 avril 2009, voir <http://www.rfi.fr/actufr/articles/112/article_80036.asp>
23. Chika Amanze-Nwachuku, "Nigeria: Niger Delta - Country Loses U.S.
$24 Billion Oil Revenue in Nine Months", in Agency Report, viewed on
Allafrica.com, 9 April 2009, <http://allafrica.com/stories/200904090112.html>
24. Ibid.
25. Ibid, p. 5.
26. EIU, Country Report: Nigeria, March 2009, p. 2.
27. Chike E. Okafor, "Nigerian government intrusion in private affairs -
matter of white farmers", Janvier 2004, voir http://www.nigerdeltacongress.com/narticles/nigerian_government_intrusion_in.htm
et Ofeibea Quist-Arcton, "Zimbabwean Farmers Find a New Life in
Nigeria", 22 March 2006, voir <http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=5288362> |
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Yves Ekoué Amaïzo

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