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Du G20 au G21 :
Solidarité, interdépendance et Afrique
La souveraineté commerciale a réorienté le G20 de Séoul, Corée du Sud
(11-12 novembre 2010) vers la formation d’une future gouvernance
économique du monde, même si les pays pauvres sont encore largement
exclus. Malheureusement, la solidarité internationale effective n’est
pas au rendez-vous. Ou plus exactement, la notion de don, cette forme
moderne de la charité étatique a fait place à la solidarité fondée sur
le retour sur investissement. Le partage de rôles entre le G20 et le
Conseil de sécurité tend à émerger à la vitesse de l’escargot au plan
politique. Le volet économique semble petit à petit se négocier au sein
d'un groupe élargi qui besoin de donner une voix décisionnelle à
l'Afrique en évoluant en G21.
1. G20 et rapports de force : refondation par la souveraineté
commerciale
Le solde commercial de l’Afrique, c'est-à-dire la
différence entre les exportations et les importations de marchandises,
était déficitaire en 1999, soit -11 600 millions de dollars des
Etats-Unis ($ US). Ce déficit s’est aggravé entre 1999 et 2009,
augmentant de 89 % en 10 ans pour atteindre -21 300 millions de $ US
[1]. L’Afrique doit nécessairement réapprendre à mieux gouverner en
retrouvant les chemins qui conduisent vers la réviviscence d’une balance
commerciale positive. Il faudrait veiller à ne pas se contenter d’une
approche purement quantitative qui exclut la création de valeurs
ajoutées et les transformations locales créatrices d’emplois. Les
visions et l’organisation des échanges commerciaux qui intègrent les
aspects qualitatifs ne peuvent que favoriser, de manière substantielle,
le solde commercial africain qui comprend autant les biens commerciaux
que les services commerciaux actuellement anormalement faibles. C’est
donc cette dynamique fondée sur une approche systémique qui transformera
les marges commerciales en souveraineté commerciale en Afrique.
Le G20, ce groupe élargi d’Etats industrialisés et
émergents, constitue, malgré les maigres résultats des précédentes
sessions, un véritable précurseur d’une forme de gouvernement économique
mondial en préparation. Le conseil de sécurité des Nations Unies se
réservant le rôle politique. Le sommet du G20 de Séoul (mi-novembre
2010) [2], continue d’exclure les pays moins riches et pauvres en
censurant leur droit à une voix décisionnelle. A l’exception de
l’Afrique du Sud considérée comme un pays émergent, les pays africains
furent représentés par la délégation de l’Union africaine dirigée par
Meles Zenawi, Premier Ministre éthiopien et Jean Ping, Président de la
Commission de l’Union africaine. Ces derniers continuent d’être
considérés comme des observateurs dont l’influence se mesure à l’aune du
solde commercial structurellement déficitaire du continent. En réalité,
le G20, à la différence du G8 très politisé et ségrégationniste, donne,
malgré tout, la prépondérance à la puissance commerciale avec en
filigrane les excédents de balance de paiements qui en découlent. Sur ce
plan, les principaux pays dits riches ou industrialisés sont amenés à
faire profil bas. Le niveau abyssal atteint par leur déficit budgétaire
ne permet plus de donner des leçons. Le cas de la Grèce est
symptomatique avec -15,2 % de déficit budgétaire et une dette estimée au
delà de 300 milliards d'Euros que confirme l'office européen des
statistiques. On n'est pas loin de la faillite d'un Etat européen qui
pourrait conduire à l'éclatement de la zone euro si les pays comme
l'Irlande, le Portugal et l'Espagne et dans une moindre mesure la France
devaient voir le déficit budgétaire actuel se détériorer dans les années
à venir. Paradoxalement, tout ceci constitue une chance pour une
gouvernance de l’interdépendance [3]. Pour une fois, il existe une
chance pour réussir une refondation du partenariat sans l’hypocrisie et
sans l’arrogance du donateur qui joue simultanément le rôle de
créancier.
Donc, en définitive, c'est bien le solde commercial
et le solde budgétaire demeurent la référence dans les rapports de force
entre les membres du G20. Les dirigeants africains devront sur ce plan
reconsidérer leurs vieilles approches où ils se croient indispensables
alors que l’accès à leur matières premières non transformées se négocie
en fait par un troc inégal sur fond de déséquilibre qualitatif de la
balance commerciale et de celle des paiements.
2. Partage des rôles entre le G20 et le Conseil de sécurité : entre
économie et politique
Les Nations Unies peinent à réformer le Conseil de
sécurité justement parce que le véritable critère non-dit pour être
crédible et entendu fait abstraction du solde commercial. L’obsolète
approche du Conseil de sécurité repose encore en 2011 sur la primauté
donnée à ceux qui ont gagné la seconde guerre mondiale et qui s’assurent
par cercles concentriques de faire aligner sur leurs positions, les pays
les moins influents, ceci dans le cadre d’un réseau diplomatique où
l’aide publique au développement ressemble plus à un retour sur
investissement. Il n’est d’ailleurs pas étonnant de constater que depuis
la mort suspect du suédois Dag Hammarskjöld, Secrétaire général des
Nations Unies de 1953 à 1961, l’ONU a perdu en crédibilité. Ce deuxième
secrétaire général de l'ONU a été retrouvé mort au cours d’une mission
de paix au Congo. Depuis lors le Congo, ne trouve pas la paix. Mais,
depuis sa mort, la tendance observée à l'ONU a été de choisir des
secrétaires généraux aux profils bas. En contrepartie, de nombreuses
résolutions adoptées ne sont pas mises en œuvre et le niveau de
non-représentativité des Peuples s'est inversé au profit de
représentants d’Etat qui ne respectent pas la vérité des urnes. En
conséquence, il est difficile pour les secrétaires généraux de l'ONU de
peser de tout leur poids sur les évènements si les Etats ne leur en
donnent pas les moyens.
La crédibilité du G20 devrait s’améliorer avec le
temps par rapport à celle du Conseil de sécurité dès lors que les
dirigeants non ou mal démocratiquement élus pourront être exclus
justement du fait de leur non représentativité. Que l’Union africaine
choisisse le Président éthiopien pour représenter l’Afrique au G20 doit
être considéré comme un mauvais exemple, à moins que l'Afrique souhaite
rappeler que l'image de la démocratie que promeut le Président éthiopien
constitue un modèle qui ne semble pas gêner les chefs d'Etat africains.
Mais, le G20 n’est pas le Conseil de sécurité. Les chances d’ailleurs
d’avoir une voix représentant l’Afrique au G20 serait plus grande avec
un choix effectué parmi les Chefs d’Etat africains démocratiquement
élus, sans usurpation de la vérité des urnes et avec la non-objection
des partis d’opposition. Les chefs d'Etat africains devraient y
réfléchir lors de leur session ordinaire de janvier et de juillet 2011
afin d'augmenter leur chance de pouvoir siéger dans un futur G21.
En passant par pertes et profits l’éthique et le
respect effectif d’une démocratie non palliative, le Conseil de sécurité
des Nations Unies fonctionne au ralenti depuis la mort de Dag
Hammarskjöld, cet homme au destin hors du commun qui perdit la vie en
tentant de faire des Nations Unies l'instrument et le moyen d'expression
d'une communauté internationale. Mais certains Etats-membres ne
voulaient pas d'une communauté internationale égalitaire mais bien d'une
communauté internationale asymétrique où les puissants imposeraient leur
bonne pratique autoproclamée aux autres.
C’est donc tout le processus de changement du monde
au service des Peuples qui s’est trouvé neutralisé ou englué dans la
bureaucratie conformiste de l’ONU. L’espace de dialogue offert par les
Nations Unies, qui reste par ailleurs indispensable, a été depuis lors
entaché de suspicion. Il a fallu que les marges commerciales des pays
émergents viennent rééquilibrer les écarts de puissance pour que le Club
restreint des pays riches s’élargisse. La différence majeure avec le
Conseil de sécurité est que le poids des échanges en volume et en valeur
devient de plus en plus prépondérant pour évaluer les rapports de force,
ce qui a d’ailleurs mis fin à l’unilatéralisme occidental. Il ne faut
donc pas désespérer de l’amélioration effective de la gouvernance
économique en Afrique si les dirigeants africains prennent conscience de
ce changement fondamental dans les rapports entre les Etats. Pour ce
faire, l’Afrique doit distinguer entre ses marges de manœuvre
commerciales fondées uniquement sur les volumes et les quantités et
soutenir les instruments qui permettront la création d’une monnaie
commune. La création prochaine du Fonds monétaire africain en 2011
pourrait conduire l’Afrique à ne plus être considérée comme un simple
observateur au G20 mais un membre de droit avec un poids effectif dans
les décisions relatives à la gouvernance économique mondiale. L’Afrique
viendra ainsi soutenir la refondation commerciale comme un instrument
moins arbitraire pour modifier les rapports de force au sein du G20.
3. G20 de Séoul a oublié d’organiser le "solidarisme contractuel"
Le G20 de Séoul 2010 a malgré tout évolué depuis les
annonces sans lendemain, ou des déclarations générales sans engagement
réels qui s’étaient multipliées dans le cadre largement discriminatoire
du G7-G8. Le G20 de Séoul a permis enfin de parler de "choses qui
fâchent". Il faut bien constater que l’hégémonie occidentale fixant les
résultats avant les rencontres sous couvert d’un universalisme
économique n’a pas eu préséance. La persistance des déséquilibres
économiques et monétaires témoigne de l’impuissance des acteurs
étatiques à trouver les solutions uniquement parmi le groupe élargi de
pays dits "riches". L’affolement créé par les possibilités de
défaut de paiement de pays comme l’Islande et la Grèce avec en filigrane
les pays dits riches présentant des déficits importants de balance des
paiements tend à imposer la "solidarité internationale" comme le
seul véritable sujet. En réalité, ce n'est pas parce que le pays est
considéré comme un pays occidental et riche qu'il ne peut pas glisser
d'un déficit de sa balance paiement abyssal vers un défaut de paiement
qui déstabilise tous ses créanciers et la communauté économique dans
laquelle ce pays évolue. Le défaut de paiement des dettes publiques [4]
est devenu une réalité aujourd'hui, et l'Afrique collectivement n'est
pas responsable de cet état de fait.
Toute volonté de réformer le système monétaire et
financier international suppose une re-discussion sur les aprioris
conceptuels et théoriques sous-jacents. Mais c'est le refus de
reconnaître les erreurs dogmatiques d'un système économique reposant sur
la dérégulation et le monétarisme appliqués par les Etats-Unis et
certains alliés ou suiveurs qui prédomine. A ce titre, certains pays ont
choisi comme stratégie la "meilleure défense est l’attaque",
c'est-à-dire de continuer de croire qu'il s'agit d'une "hausse naturelle
de température" que le marché contribuera à faire baisser. Mais la
réalité est que la possibilité pour les Etats-Unis de créer de la
monnaie sans contrepartie n'est plus isolée. La Chine peut en faire
autant. Cette guerre de la création monétaire ne reposant sur aucune
contrepartie productive est dangereuse et assurément désastreuse pour
les pays observateurs non-sollicités de cette guerre. Pour les
Etats-Unis, c'est une dévaluation assurée de leur monnaie et pour la
Chine une inflation accélérée [5]. Pour tous les autres pays, des
manques à gagner liés uniquement à des asymétries dans les transactions
sur les devises. Il suffit pourtant de faire preuve de "sagesse".
Aussi, au lieu de proposer une approche fondée sur le
"solidarisme contractuel" [6], plusieurs créateurs et
responsables de la crise financière de 2008 ont préféré lancé la guerre
des monnaies en tentant de rallier la majorité des pays en déficit de
balance des paiements à imposer les pays en surplus de balance des
paiements de faire tout l’effort pour un retour de l’équilibre mondial
dans les échanges commerciaux tant en volume qu’en valeur. En réalité,
il s’agit tout simplement d’imposer, à partir d’un seuil plafond fixé
unilatéralement par les Etats-Unis, aux pays disposant de soldes
commerciaux et de balances des paiements positifs de compenser les pays
déficitaires. Cette approche, marque de mépris, d’incivilité et
d’impolitesse, a été perçue comme telle par les grands pays émergents
asiatiques. Avec un rapport de rapports s’inversant au profit des pays
émergents, et de la Chine en particulier, la réponse a été claire et
nette : NON.
En filigrane du G20, c’est bien le G2, les échanges
décomplexés entre les Etats-Unis et la Chine qui ont rythmé les
rencontres de Séoul. Les velléités, voire les menaces à peine voilées de
faire cavalier seul ne marchent plus. En fait, toutes actions non
coordonnées seraient une marque d’inconscience et d’irresponsabilité
face aux avancées timides qu’imposent la globalisation de la production,
du commerce et de la finance. Avec la présidence d’un an sous la
direction du Président français, Nicolas Sarkozy et en référence à ses
déclarations d’organiser aussi une certaine forme de "bouger les lignes"
au niveau du G20, il y a des chances que le G20 change et devienne un
G21. Pour l’Afrique, il importe que des avancées soient opérées à trois
niveaux :
- que l’Afrique se retrouve avec une représentation de membre à part entière
et non un simple observateur, donc évoluer vers un G21 avec une représentation
africaine d’un dirigeant ayant passé avec succès le test de la vérité des urnes
et de la démocratie non palliative ;
- que les membres du G20 soutienne l’initiative africaine de création du
Fonds monétaire africain en participant au capital avec ou sans droit de vote
dans cette future nouvelle institution africaine de solidarité et d’amélioration
des équilibres des balances des paiements des pays africains ;
- que le G20 organise le "solidarisme contractuel" afin de transformer
cette nébuleuse de la gouvernance économique mondiale en une véritable
institution de gouvernance au service des Peuples.
4. Interventionnisme de l’Etat, interventionnisme
du G20
La réforme en profondeur du système monétaire et
financier n’est toujours pas à l’ordre du jour même si la guerre des
monnaies sur fond de déséquilibres des échanges et de la balance des
paiements a constitué l’essentiel des concertations, car il n’y a pas eu
de négociations.
Les améliorations en termes de surveillance et de
régulation contenues dans les nouveaux accords entre les autorités
financières dits "Bâle III" [7] ont accouché d’une souris. En
effet, le principe fondateur de la crise financière de 2008 n’a pas été
aboli. Il s’agit du principe de la titrisation consistant à transformer
des engagements (crédits octroyés) des institutions financières en des
titres sans pour autant faire partager avec ces mêmes institutions
financières la prise de risque. Ainsi, le principe de titrisation non
régulé s’est mué en titrisation régulé avec seulement 5 % du risque
supporté par les banques lors de l’ouverture des crédits. Selon
l’économiste Henri Bourguinat, il aurait fallu atteindre au moins 30 %
pour que le principe soit dissuasif [8]. Rappelons tout de même que
depuis le début de l’année 2010, 146 établissements financiers ont fait
faillite aux Etats-Unis, moins que l’année record de 1989 où 534 banques
ont mis les clés sous la porte. Trois des banques faillies bénéficieront
d’une procédure de "reprises des dépôts" par le Federal Deposit
Insurance Corporation (FDIC) dès ce mois, ceci avec l’argent du
contribuable américain [9]. Il s’agit bien d’un interventionnisme de
l’Etat, ce qui semble ne plus être un tabou dans le pays qui, il
n’y a pas si longtemps, jurait qu’il ne fallait jamais faire de
l’interventionnisme de l’Etat et que le laisser-faire, la fameuse
"main invisible", se chargerait d’ajuster les marchés.
Sur un autre plan, il est demandé aux banques de
renforcer leurs fonds propres pour éviter les faillites des institutions
les moins solides tout en laissant clairement la possibilité pour les
Etats de voler au secours des grandes banques avec l’argent du
contribuable. Ces "mesurettes" discriminatoires ne vont que
favoriser la concentration des activités financières dans les mains des
institutions disposant d’une meilleure solidité en fonds propres. Le
problème est qu’avec l’annonce de Dominique Strauss-Kahn, le Directeur
exécutif du Fonds monétaire international (FMI) rappelant qu’à la
mi-2009, ces grandes banques avaient encore près de "50 % de pertes
non dévoilées", l’hypothèse de la plausibilité d’une nouvelle crise
financière n’est pas à écarter malgré des batteries d’instruments
financiers de veille et des tests de résistance aux crises financières.
Pourtant, l’Anglo Irish Bank avait passé avec succès
tous ces tests, ce qui n’a pas empêché cette banque de faillir au point
d’être renflouée par l’argent du contribuable irlandais. Faut-il croire
que tous ces systèmes de prévention et de pare-feu ne sont que du vent ?
Certainement si certains Etats du G20 décident unilatéralement de faire
cavalier seul, ce qui ne peut que contribuer à un désordre monétaire et
financier accru.
A contrario, si malgré les contraintes actuelles, les
Etats décident d’accepter et de respecter les règles prévisibles et
transparentes et donc de pratiquer la loi de l’interdépendance, alors
oui, c’est l’interdépendance qui sortira vainqueur. Cette nouvelle
solidarité internationale en émergence n’est possible qu’à condition que
la discipline collective règne et que le rapport de force actuel datant
de la seconde guerre mondiale, se transforme en solidarité sans priorité
pour les pays les plus riches disposant d’un déficit commercial et
budgétaire abyssal. Cette solidarité nouvelle ne sera efficace que si
les pays non représentés au plan décisionnel au G20 retrouvent leur
place. Il s’agit d’une priorité qui ne peut plus faire l’objet
d’annonces politiciennes.
5. Le G20 est-il démocratique en excluant l’Afrique de la prise de
décisions ?
Étrangement, c’est bien le fait de ne pas considérer
le mal économique que les pays du G20 engendrent dans les pays pauvres
qui empêche le G20 de jouer réellement collectif. Il ne faut toutefois
pas que sous la Présidence tournante d’un an du Président français, la
solidarité ne devienne virtuelle au point de ressembler à la rupture
avec la Françafrique qui tarde à devenir réalité en Afrique.
Croire cette fois-ci que le G20 de Séoul a levé cette
discrimination en excluant une représentation à part entière de 53 Etats
africains (sans l’Afrique du sud) serait s’illusionner sur la stratégie
sous-jacente consistant à faire croire que ce qui est "bon" pour le G20
composé exclusivement de pays industrialisés et émergents le serait
automatiquement pour tous les autres pays. Le G20 n’est donc pas par
essence démocratique. Il n’est donc pas question de revoir les causes
profondes des déséquilibres commerciaux et monétaires mais de tenter de
réduire l’impact négatif du système de libre-échange fondé sur des
rapports de force, le "protectionnisme de souveraineté" et des formes
nouvelles déloyales de soutien à la compétitivité d’un pays.
Il est très symptomatique de voir de nombreux
analystes et observateurs de l’économie et des échanges mondiaux parler
de désordre dans l’économie mondiale dès lors que les conséquences de
ces désordres touchent également les pays industrialisés. Ce sont bien
pourtant les pays d’Asie, d’Amérique latine, d’Afrique et certains pays
émergents qui soutiennent la croissance mondiale. Cela se traduit par
des déficits importants des balances de paiements que reflète le solde
de la balance commerciale (voir Tableau 1).
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Tableau 1 - Pays choisis : Surplus et déficit de la balance
commerciale des biens et services en 2009
En milliards de $ US et en % du Produit intérieur brut |
|
Pays |
DEFICIT EN % de PIB |
SURPLUS EN % DE PIB |
|
|
A partir de ‑100 milliards |
Entre -99,9 et-10
milliards |
Entre 0 et-
9,9 milliards |
Entre 0 et
9,9 milliards |
Entre 10 et
99,9 milliards |
Au-delà de100 milliards |
|
Afrique subsaharienne |
|
|
|
2,1 % |
|
|
|
Afrique du sud |
|
|
-3,4 |
|
|
|
|
Allemagne |
|
|
|
|
|
5,6 % |
|
Arabie saoudite |
|
|
|
|
|
8,1 % |
|
Argentine |
|
|
|
|
5,5 % |
|
|
Australie |
|
|
-0,9 % |
|
|
|
|
Brésil |
|
|
|
0,3 % |
|
|
|
Canada |
|
-2 % |
|
|
|
|
|
Chine |
|
|
|
|
|
3,6 % |
|
Corée du sud |
|
|
|
|
3,3 % |
|
|
Côte d’Ivoire |
|
|
|
|
18,1 % |
|
|
Etats-Unis |
-2,7 |
|
|
|
|
|
|
France |
|
-1,9 |
|
|
|
|
|
Ghana |
|
|
-14,2 % |
|
|
|
|
Inde |
|
-5,2 % |
|
|
|
|
|
Indonésie |
|
|
|
|
2,8 % |
|
|
Italie |
|
-0,5 |
|
|
|
|
|
Japon |
|
|
|
|
|
0,4 % |
|
Mexique |
|
-2,6 % |
|
|
|
|
|
Nigeria |
|
|
|
|
10,2 % |
|
|
Royaume Uni |
|
-2,1 % |
|
|
|
|
|
Sénégal |
|
-19,3 % |
|
|
|
|
|
Togo |
|
|
-14,5 % |
|
|
|
|
Turquie |
|
-3,4 % |
|
|
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Source : A partir de Financial Times, « Imbalance cloud
20/20 vision », in Financial Times, Wednesday 10
November 2010, p. 7 et voir IMF, Regional Economic
Outlook : Subsaharan Africa. Back to High Growth?, IMF,
Washington D.C., USA, p. 82. |
La bonne gouvernance macroéconomique tend à mettre en exergue les pays
où l’interventionnisme de l’Etat est intelligent et la régulation, un
véritable outil de gestion. A contrario, les pays qui ont pratiqué la
dérégulation à outrance tout en considérant que les déficits commerciaux
ne posaient pas de problème tant que cela se faisait à leur avantage se
retrouvent piégés avec l’arrivée en masse et en force des pays émergents
dans la maîtrise de la compétitivité dans le secteur productif.
Les marges commerciales s’amenuisant du côté des pays
riches, le principe du vase communicant où les pays à surplus commercial
devraient être les seuls à faire l’effort a reçu un non diplomatique
lors du G20 de Séoul. Aussi, bien que chaque pays s’engage à ne pas
faire des "dévaluations compétitives", à savoir utiliser sa monnaie dans
un sens ou dans l’autre pour favoriser ses exportations et ses
importations, personne ne s’y est vraiment contraint.
La guerre des monnaies sous-jacente n’est qu’une des
conséquences de la modification de la règle commune qui prévalait avant
1971 et qui a pris fin avec la décision unilatérale des Etats-Unis de
proclamer la non-convertibilité entre le dollar et l’étalon-or, la
monnaie marchandise. En réalité, il s’agit de créer une véritable
gouvernance économique mondiale où les règles s’appliqueraient à tous.
Le fait pour le G20 ne pas s’engager sur des objectifs chiffrés empêche
la transparence et limite la prévisibilité des engagements entre membres
du G20. Il est possible d’imaginer pourquoi la célérité avec les
décisions seront mises en œuvre ne peut qu’être faible.
Si les pays non G20 venaient à développer leur marge
commerciale au point de donner des chances au "consensus de
développement de Séoul" de devenir réalité, ils pourraient influer sur
la vitesse d’exécution, à condition de s’organiser en interne pour
assurer une véritable capacité d’absorption. Là encore, à côté de ces
bonnes intentions qui devraient prendre du temps avant de devenir
réalité, le consensus anti-Washington Consensus est bien réel, même au
sein du G20 [10].
Sur ce point qui bien sûr fait l’objet de très peu de
publicité, les dirigeants des pays du G20 se sont finalement mis
d’accord sur leur désaccord sur la solidarité internationale, celle qui
devrait se diriger vers les pays non-G20, l’Afrique en particulier [11].
Aussi, si le G2, la Chine et les Etats-Unis s’accordent comme la plupart
des pays du G20 à ne pas compromettre leur propre croissance économique,
il faut toutefois reconnaître au G20 une certaine lucidité lorsqu’est
affirmé qu’"une croissance inégale et des déséquilibres croissants
alimentent la tentation d’abandonner des solutions communes en faveur
d’actions non coordonnées, qui ne peuvent que faire empirer la situation
pour tous". Mais la réalité est qu’en l’absence d’un véritable
système interdépendant d’organisation de l’économie de la monnaie et des
finances mondiales en soutien à la production et au commerce, ce sont
les intérêts nationaux qui risquent de primer. Aussi, personne ne peut
mettre en cause le plan du G20 pour les pays en développement [12]
mettant l’accent sur les infrastructures, la sécurité alimentaire et la
lutte contre l’évasion fiscale, un euphémisme pour la corruption. Mais
lorsque le document final parle de "prospérité partagée", il y a
malheureusement peu ou pas de progrès véritable car la notion de
partage, synonyme de la volonté du G20 d’introduire la notion de
solidarité en son sein, était et demeure largement étrangère aux
pratiques et dogmes en vigueur dans le G8.
Mais comment peut-on parler de "croissance forte",
pérenne et équilibrée [13] avec les faiblesses consubstantielles du G20
de Séoul que sont, entre autres :
- l’hypocrisie consistant à multiplier les instruments d’identification et de
surveillance par les "pairs" des déséquilibres commerciaux et financiers
sans pourtant y apporter de sérieux mécanismes de correction et de sanction en
cas de refus d’engager des corrections ;
- le refus de limiter la spéculation sur les marchés des changes par une
taxation minimum des transactions financières liées à la spéculation ;
- aucune volonté réelle de séparation entre les activités bancaires de
dépôt et celles de spéculation ;
- la confirmation d’un "système monétaire international où les taux
de change sont toujours déterminés par le marché" [14].
Entre l’impuissance, l’inefficacité et la difficulté
à contrer la dictature de la finance, le G20 apparaît de plus en plus
comme une structure qui développe une capacité de nuisance potentielle
contre les pays pauvres et moins influents. La question mérite alors
d’être reposée autrement : le G20 devient-il antidémocratique en
excluant l’Afrique de la prise de décisions ?
6. Le piège retourne à l’envoyeur ?
Alors monter une opération de spoliation de l’image
de la Chine autour de la surévaluation réelle du Yuan, la monnaie
chinoise, sans mettre en cause la décision unilatérale des Etats-Unis en
1971 de laisser les monnaies s’ajuster les unes par rapport aux autres,
relève de l’hypocrisie. Le piège concocté par les Américains en 1971
s’est refermé sur eux aujourd’hui en temps de crise lorsqu’ils sont
incapables d’équilibrer leur balance commercial, leur balance des
paiements, leur taux de chômage et leur indice de production
industrielle du fait d’une politique erronée de délocalisation vers le
sud et dérégulations des acteurs promouvant la spéculation. Incapables
de trouver une solution commune, les Etats-Unis en appellent à la
solidarité internationale en oubliant qu’ils n’ont justement que bien
rarement fait jouer cette solidarité internationale lorsque les pays
pauvres présentaient, de manière structurelle, un déséquilibre des
échanges commerciaux. Et lorsque c’était fait, cela se faisait
quasi-systématiquement pour défendre leurs intérêts ou un retour sur
"investissement".
Aujourd’hui, les Etats-Unis font cavalier seul en
créant les conditions d’une future stagflation en décidant
unilatéralement de créer de la monnaie qui ne repose pas sur de la
production, soit 600 milliards de $ US de papier monnaie. Le dollar
étant utilisé comme une monnaie internationale, il y a lieu de
reconsidérer la création d’une monnaie internationale différente du
dollar. Il faut s’assurer d’une parité fixe entre cette monnaie et
toutes les devises du monde et d’organiser les règles du régime de
change flottant de manière prévisible pour éviter les décisions
unilatérales des grandes puissances, surtout lorsqu’elles menacent de
déstabiliser encore plus les déséquilibres monétaires et financiers
mondiaux comme le font les Etats-Unis aujourd’hui.
Les Etats-Unis sont en train d’expérimenter les
limites et les dangers du capitalisme de la spéculation et feraient bien
mieux de revenir à un capitalisme de production reposant sur la
responsabilité sociale de l’entreprise en demandant à la Chine et aux
pays émergents de ne pas suivre leur expérience passée. Cela s’appelle
négocier un "solidarisme contractuel". Malheureusement, c’est la volonté
d’inter-indépendance qui a prévalu au G20 de Séoul et n’a pas fonctionné
alors qu’il s’agit de mettre en place et de respecter les nouvelles lois
de l’interdépendance qui ne peuvent se faire sans prendre en compte les
règles du solidarisme contractuel.
En oubliant qu’un jour la monnaie américaine sera
elle-même la cible d’un tel système, les responsables américains des
années 1970 ont fait preuve d’un manque de vision à moyen et long-terme.
Croire aujourd’hui que la puissance chinoise pourrait accepter de
rehausser la valeur de sa devise sur demande "américaine" est un
véritable leurre de la part de Mr Timothy F. Geithner, le Secrétaire au
Trésor américain qui voulait d’ailleurs limiter à 4 % les surplus ou
déficits commerciaux [15] avec l’intention de sévir sous forme de
sanctions pour tous ceux qui sortiraient de ce "tunnel commercial".
Il était donc question sous couvert d’un
unilatéralisme décadent de sanctionner ceux qui "performent" le mieux.
En l’espèce et sur la base de pays choisis pour l’année 2009, les pays
comme l’Allemagne, l’Arabie saoudite parce qu’ils ont des surplus,
l’Inde parce qu’elle a un déficit trop important se seraient vus
sanctionner. Ces mesures ne sont pas de nature à contribuer à construire
le retour de la confiance au sein de la communauté internationale sur
les questions monétaires, commerciales et financières.
La solution dogmatique consistant à affirmer sans
apporter de preuves que la seule organisation du libre-échange des
biens, des services et du capital sans aucune entorse permet de les
faire aller vers le marché où ils sont nécessaires exclut souvent les
pauvres. Il n’est plus possible d’avoir une foi aveugle dans les vertus
de la main invisible régulatrice de crises économiques et financières ou
des marchés alors que toute économie sans une capacité productive
interne ne peut assurer des emplois décents et une distribution
intelligente du pouvoir d’achat. Aussi, les propositions de sortie de
crise ayant pour objectif un monde multipolaire construisant une
prospérité mutuelle tel que le suggère le Secrétaire d’Etat américain Mr
T. Geithner et le Ministre des finances de Singapour, Mr Thaman ainsi
que Mr Swan, le trésorier de l’Australie sont certes louables mais ne
peuvent fonctionner avec le principe de la main invisible. Ces derniers
sont les premiers à rappeler qu’aucun Etat du G20 ne devrait s’engager
sur la voie du protectionnisme [16]. Pourtant, ce sont aussi ces mêmes
Etats qui trouvent d’autres voies contourner les préceptes acceptés d'un
commun accord lors des grandes messes comme le G20. Aussi, lorsqu'on lit
dans la déclaration finale de Séoul que les 20 Etats membres s'engagent
à améliorer un processus d'évaluation commune (Mutual Assessment Process,
MAP [17]) pour soutenir les équilibres des balances des paiements entre
les Etats, il y a de quoi douter surtout lorsqu'il s'agit de l'appliquer
aux Etats-Unis.
Ces pratiques sont de nature à rendre le processus de
nouvel ordre économique et financier bien contradictoire et reposent sur
des approches du "deux poids, deux mesures" selon la puissance de
l’Etat initiateur d’un tel projet. Cela est d'autant plus fâcheux que
ces contradictions se fondent dans une diplomatie du marketing
diplomatique qui repose sur une théorie économique sous-jacente qui fait
la place belle au dogme de la "main invisible" en période de
crise financière et économique. Bref, en réalité, au lieu d'aller vers
plus de stabilité, ces approches tendent à promouvoir la volatilité en
sacrifiant les pays ne disposant de puissance militaire et incapable de
maîtriser leur déficit de balance des paiements.
7. Risque de faillite avec effets contagieux
C’est avec 0,4 % de croissance économique que la
France prend la présidence tournante du G20 alors que le déséquilibre
des balances commerciales et de paiements sont plus importants qu’après
la crise financière de 2008. Il ne faut pas s’étonner qu’à l’issue du
"communiqué final" du G20 de Séoul, les principales places
boursières ont enregistré un net recul (Paris, -2,5 %, Londres, 1 %,
Francfort, -1,5% et Shanghaï, -5,16 %) [18]. Cela reflète plus
l’anticipation des marchés face au retour de la planche à billet aux
Etats-Unis baptisé QE2 pour "quantitative easing" qui est dans sa
deuxième phase, signe de l’inefficacité des mesures de la Federal
Reserve Bank (la banque centrale américaine) pour soutenir et relancer
l’économie américaine. Il s’agissait pour les Etats-Unis d’injecter 600
milliards de dollars (440 milliards d’Euros) dans l’économie. En
réalité, en l’absence de capacités productives, pour la plupart
délocalisées en Amérique latine ou en Asie, cet effort ne permettra pas
de créer de l’emploi puisque l’injection ne se fait pas directement dans
la production mais indirectement dans les titres de sociétés cotées en
bourse (Dow Jones). La réalité est que cela devrait plus contribuer à
huiler les spéculations en émergence sur le marché des matières
premières, ce qui ne tardera pas à occasionner une nouvelle crise des
prix des produits alimentaires dont les conséquences seront négatives en
Afrique. Alors quand le Président Barack Obama rappelle que ces mesures
ne sont là que pour soutenir la croissance économique de son pays et non
pour intervenir indirectement sur le marché, il faut croire qu’il est
mal conseillé du fait du dogme obsolète du sacro-saint
non-interventionnisme de l’Etat dans le secteur productif. Il s’agit
bien d’interventionnisme de la FED dans l’économie qui risque de ne
soutenir que les détenteurs d’actions générant de des profits en bourse
aux dépens des actionnaires d’actions impliqués dans la création de
valeur ajoutée dans le secteur productif, notamment les petites et
moyennes entreprises qui ne pourront pas ainsi générer les emplois qui
font cruellement défaut, avec les conséquences sur le pouvoir d’achat de
l’Américain lambda.
Les Etats-Unis en continuant leur politique doivent
craindre de déclencher indirectement une stagflation, cette forme de
l’inflation sans croissance soutenue et partagée qui ne peut stopper la
hausse généralisée des prix et une perte graduelle du pouvoir d’achat et
des manque-à-gagner en création d’emplois. Les investisseurs boursiers
n’ont fait qu’annoncer en avance l’éventualité d’un tel scénario qui
risque alors de ne pas se limiter aux Etats-Unis, ce d’autant plus que
la régulation offerte par Bâle III n’est pas dissuasive pour les grandes
institutions financières ou bancaires qui ne se priveront pas de
profiter de cette "bouffée" d’air, qui ne repose que sur du vent,
pour se refaire une santé sur le dos du contribuable et d’augmenter les
risques de faillite contagieuse tant pour les banques que pour certains
Etats fragilisés par les attaques des investisseurs en bourse pariant
sur la défaillance de certains d’entre eux (banques comme Etats) et
espérant un interventionnisme de l’Etat qui viendrait les enrichir. Les
pays non membres du G20 doivent s’opposer à un tel scénario mis en place
sans même que les conséquences collatérales et différées sur eux, plus
particulièrement l’Afrique, n’aient été prises en compte dans le cadre
de véritables négociations.
8. Sarkozy peut réussir "son" G20 s’il adopte le "solidarisme
contractuel"
Le G20 sous la Présidence de Nicolas Sarkozy pourrait
expérimenter une forme douce de la rupture à la française. La notion de
solidarité avec l’Afrique annoncée avec fanfare devrait pouvoir trouver
des concrétisations au cours de cette présidence tournante française. A
défaut, c’est la crédibilité même du Président français qui sera mise en
cause. Pour réussir donc cette présidence, l’Afrique verra en ce
monsieur un "Grand Homme d’Etat" s’il réussissait le tour de force de
convaincre tous les membres du G20 que le prochain G20 sera un G21, avec
la représentativité à part entière de l’Afrique. Le concept opératoire
devra reposer sur les principes de gouvernance de l’interdépendance.
Enfin, au plan opérationnel, il y a lieu de s’éloigner des promesses et
cadres généraux d’engagement moral pour s’assurer que les décisions
prises fassent l’objet d’un contrat de solidarité avec l’Afrique.
C’est cette approche du "solidarisme contractuel"
[19] qui peut redonner une véritable crédibilité au G20 dans ses
rapports avec l’Afrique et les pays pauvres en général. Cette approche
gagnerait d’ailleurs à être mise en œuvre au niveau des relations
bilatérales et plus particulièrement par les agences nationales de
développement des pays du G20. Au niveau des pays africains, l’Union
africaine devrait s’assurer qu’aux niveaux sous-régional et régional,
les contreparties africaines puissent organiser leur capacité
d’absorption en offrant, à partir des demandes des populations, des
projets et programmes de développement de capacités productives, de
création de richesses et de création d’emplois susceptibles de trouver
plus qu’un écho auprès du G20, mais aussi auprès des nouvelles approches
de coopération décentralisée avec les collectivités locales et
régionales.
Ce n’est alors que véritablement, on pourra parler de
rupture et de coresponsabilité. En un an, le nouveau locataire de la
Présidence tournante du G20 pourrait réussir un consensus nouveau en
faisant avancer des dossiers enlisés, oubliés ou hypocritement annoncés
mais jamais réalisés. Une telle démarche, si elle est retenue par les
conseillers du Président Sarkozy, pourrait permettre d’introduire les
acteurs de la Diaspora dans le suivi des décisions du G20 et accélérer
le vrai passage entre la dépendance et l’interdépendance. Les
populations africaines attendent donc de voir si le prochain G20
s'appellera G21, avec l'Afrique représentée avec une voix décisionnelle.
Il reste aux dirigeants africains de se faire représenter par un Chef
d'Etat qui ne présente pas de "casseroles" qui rappellent tels les
Tam-tams Africains qu'il y a entorses aux droits humains, à la
démocratie, à la vérité des urnes et des comptes publics. Les Présidents
du G2, Barack Obama des Etats-Unis d’Amérique et Hu Jintao de la
République populaire de Chine ne pourront s’y opposer.
Dr Yves Ekoué AMAÏZO
Directeur du Groupe de réflexion, d'action et d'influence Afrology
22 novembre 2010
© afrology.com et amaizo.info
1. Source : WTO, International Trade Statistics,
2010, WTO, Geneva, Switzerland, pp. 182-183, 186-187, voir :
< http://www.wto.org/english/res_e/statis_e/its2010_e/its2010_e.pdf>
2. G20, « Le communiqué final du G20 de Séoul », voir « The G20 Seoul
Summit. Leaders’ Declaration », 11-12 November 2010.
3. Yves Ekoué Amaïzo, De la dépendance à l’interdépendance.
Mondialisation et marginalisation. Une chance pour l’Afrique,
l’Harmattan, Paris, 1998.
4. Laurent Coordonnier, « Un pays peut-il faire faillite ? », in Le
Monde Diplomatique, mars 2010, voir <> accédé le 20 novembre 2010.
5. Martin Wolf, « How to start a course out of the Sino-American Storm
», in Financial Times, 16 novembre 2010, voir <http://www.ft.com/cms/s/0/1beea482-f1ba-11df-bb5a-00144feab49a,dwp_uuid=cc46dd96-caea-11df-bf36-00144feab49a.html#axzz162kG1kVK>
accédé le 20 novembre 2010.
6. Yves Ekoué Amaïzo, Crise financière internationale. Réponses
alternatives de l’Afrique, « collection interdépendance africaine »,
éditions Menaibuc, Paris, France, 2010, 204p. ; www.menaibuc.com et
www.fnac.com
7. Bank for International Settlements, « Basel III: Final Document on
Good Practice Principles on Supervisory Colleges, October 2010 », in
Basel Committee of Banking Supervision, voir : <http://www.bis.org/publ/bcbs177.pdf>,
accédé le 19 novembre 2010.
8. Vittorio De Filippis, « « « L es Etats sont en liberté conditionnelle
», in Libération, 13-14 novembre 2010, p. 15.
9. Le Monde, “Depuis le 1er janvier, les Etats-Unis ont enregistré 146
faillites bancaires », in Le Monde, 14-15 novembre 2010, p. 13.
10. Yves Ekoué Amaïzo, « Consensus anti-consensus Washington », in
Afrology.com, date, voir www.afrologgy.com, rubrique politique et presse
récente.
11. Financial Times, « G20 show how not to run the world », in Financial
Times, Saturday 13 November 2010.
12. G20, « Le communiqué final du G20 de Séoul », op. cit.
13. The Seoul Action Plan, paragraph 4 : “We shaped the Plan with unity
of purpose to … deliver on all three objectives of strong, sustainable
and balanced growth”, voir G20, op. cit.
14. ATTAC France, « G20 : Analyse de la déclaration finale du G20 de
Séoul », in Attac France, voir
<http://www.france.attac.org/spip.php?article11875> accédé le 18
novembre 2010.
15. The Wall Street Journal, « A Better G-20 Agenda », in The Wall
Street Journal, Opinion Review & Outlook, p. 13.
16. Timothy Geithner, Thaman Shamugaratnam and Wayne S wan, “A Four
Point Plan for theG-20”, in The Wall Street Journal, Thursday 11
November 2010.
17. G20, « Le communiqué final du G20 de Séoul », op. cit.
18. Claire Gatinois, « G20, Chine, Dublin, Fed: de quoi s’inquiéter »,
in Le Monde, 14-15 novembre 2010, p. 12.
19. Yves Ekoué Amaïzo, Crise financière international. Réponses
alternatives de l’Afrique, op. cit.
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Yves Ekoué Amaïzo


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