|
Maîtriser les relations
France-Afrique :
Vers un nouveau partenariat intelligent ?
Loin des idées préconçues et des a-priori négatifs sur l’Afrique,
loin des images négationnistes sur les calamités passées orchestrées
contre les peuples africains, le peuple français vient de choisir le
nouveau Président de la France : Nicolas Sarkozy, avec plus de 53% des
suffrages et un taux record de participation (85%). A 52 ans, de père
hongrois, de mère française d’origine grecque, le nouveau président
français a plusieurs fois indiqué qu’il mettra en œuvre toutes ses
promesses.
Au-delà du nouveau contrat social avec la France, il
s’agit bien d’une reconnaissance officielle pour le candidat qui a le
plus réussi à « sécuriser » les Français face aux peurs réelles ou
imaginaires. En réalité, c’est vers un régime présidentiel d’un type
nouveau vers lequel on s’achemine puisqu’il sera bientôt question pour
le Président de rendre compte directement devant le Parlement. Sans le
dire officiellement, on peut se demander s’il ne va pas s’agir là en
fait de modifications structurelles des institutions de la République
pour faire face collectivement aux défis futurs, de là à parler d’une
nouvelle République, il n’y a un pas qu’il ne faut pas encore franchir
mais qui reste à surveiller.
1. Pour une politique de migration planifiée et négociée
Outre l’ouverture vers une nouvelle relation stratégique autour de la
Méditerranée, le nouveau Président a rappelé qu’il souhaite mettre en
œuvre une politique d’immigration non plus « choisie » mais « maîtrisée
». Les Africains et leurs responsables devraient saisir au bond cette
évolution pour préparer de leur côté des propositions crédibles qui
fonderont les bases d’une migration planifiée et concertée. A défaut, la
bouc-émissiarisation des immigrés et des jeunes des quartiers
défavorisés, pour ne citer que ces deux thèmes, risquent de continuer à
servir de retranchement pour « récupérer » les peurs multiples.
Celles-ci finissent par révéler, en dernier ressort, un véritable
syndrome de la peur de perdre son emploi, ses revenus, sa propriété et
peut-être son identité… Pourtant c’est vers une France cosmopolite que
l’on se dirige. La diversité et le respect mutuel devront nécessairement
prendre le pas sur les protectionnismes non productifs de synergies
manquées. Rappelons tout de même qu’il y a plus de 192 millions de
migrants dans le monde sur les 6 milliards d’habitants en 2005 (soit
2,9% de la population mondiale selon l’ONU) et que les Africains n’en
constituent qu’un pourcentage négligeable. En faire des bouc-émissaires
ou les désigner subtilement comme les souffre-douleurs d’une société en
transition de croissance économique partagée, c’est oublier de tenir
compte des externalités créées dans les pays d’origine. Cela ne relève
pas d’un partenariat intelligent.
Pour être clair, si on enlève un médecin du Togo ou du Lesotho
(respectivement moins de 0.05% médecins pour 1000 habitants entre
1997-2004 ) pour le faire travailler aux Etats-Unis ou en France
(respectivement 2,3 et 3,4% médecins pour 1000 habitants entre 1997-2004
selon la Banque mondiale), il faut absolument aussi compenser
effectivement, et non par un simple transfert de fonds vers les
dirigeants des pays, les pertes en vies humaines et en sécurité
sanitaire du fait du transfert d’un médecin d’une zone pauvre vers une
zone riche. En termes de personnel de santé, la pauvreté reste patente
avec des écarts de 0,3 sur 1000 pour tout le personnel de santé
disponible au Togo en 2000-2003 contre 10.2 en France. En réalité, les
écarts de développement et de pauvreté favorisent les politiques
d’immigration choisie aux dépens des populations africaines. Choisir un
médecin africain pour venir en France n’est pas la même chose que
choisir de faire venir un ouvrier pour travailler dans un abattoir en
France. Ainsi, une politique incitative française qui ferait partir un
médecin d’Afrique pour la France peut à terme se révéler aussi
criminelle et tomber sous le coup de « non-assistance à personne en
danger, à des populations sans défense de santé». Mais là encore, il
semble que la valeur économique de l’humain se mesure trop souvent, et
malheureusement, à sa capacité à payer ses frais de santé. Avec un
pouvoir d’achat digne des pays pauvres, les Africains sont dans leur
grande majorité largement perdants dans ce jeu inégal. L’immigration
maîtrisée doit nécessairement être « planifiée » et « négociée » afin de
prendre en compte les externalités négatives.
2. Vers une identité afro-européenne ?
Face à cet amalgame, les intellectuels africains, non organiques,
devraient s’atteler à faire des propositions et s’engager dans les
instances politiques démocratiques pour faire prendre conscience de leur
identité d’Afro-européen. L’ouverture est bien là avec une certaine
volonté affichée du Président Nicolas Sarkozy d’aller vers un
partenariat intelligent entre la France et l’Afrique, ceci autour d’une
« politique de développement ambitieux ». Les contours d’une telle
politique ne pourront être précisés que si les Africains et leurs
dirigeants en préparent collectivement les contenus au lieu de toujours
attendre des propositions d’ailleurs pour les rejeter, les « avaler » ou
les subir.
Un partenariat intelligent ne signifie pas qu’il faille passer par perte
et profit les différences de niveaux de développement et donc de
richesses. Les défis restent les mêmes tant pour l’Afrique que la
France. Il s’agit de répondre habilement à la question du comment
assurer une croissance économique soutenue et partagée dans le respect
de la diversité des populations. La lutte classique entre la droite et
la gauche française risque de voler en éclat à terme avec l’avènement
d’un premier parti du centre (Parti démocratique) de Mr. François
Bayrou. L’avenir de la coopération France-Afrique, et par ricochet
indirectement les retombées positives sur les populations africaines, ne
se fera plus uniquement sur la base du "statu quo existant" entre
partis sur la politique française en Afrique. Le travail de démocratie
participative de la candidate socialiste, Ségolène Royal, a contraint la
population française à donner une leçon de démocratie au monde et à
l’Afrique. En intégrant les valeurs libérales, la politique africaine de
la France pourrait évoluer en jumelant la démocratie participative avec
les notions de démocratie, bonne gouvernance, droits humains, solidarité
et de fraternité. Si "ensemble tout est possible", ce sera
l’occasion de vérifier que chacun peut apprendre de ses erreurs et
modifier ses convictions en fonction. Il n’empêche que si les
comportements et arbitrages qui se font et de défont aux dépens des
populations africaines par des dirigeants africains ne connaissent pas
un renouveau, on risque d’assister à beaucoup de bougisme sans que rien
ne change véritablement.
3. Pour un respect mutuel entre la France et l’Afrique
Il est donc vivement souhaité que la dignité et le respect de l’autre
l’emportent sur les invectives partisanes de pré-campagne où certains
ont vu des mots malheureux à l’endroit de citoyens français ou étrangers
outrepasser les limites de la respectabilité républicaine. Ce n’est pas
parce que l’on est pauvre ou que les dirigeants ne représentent pas
toujours leurs peuples que le mépris doit s’installer entre les
Africains et les Français, surtout lorsque ces mêmes Africains d’hier ou
d’aujourd’hui sont français. En réalité, le travail de la société civile
et les résistances discrètes des associations africaines ont finalement
porté puisque les mots sont de plus en plus soigneusement choisis
préciser les contours des actions de développement qui seront
effectivement mises en œuvre. Le problème se pose de savoir comment
assurer une réelle représentation puisque les places octroyées dans les
partis politiques aux Africains sont souvent de nature « honorifique »
ou servent d’alibi à une intégration qui avance malgré tout par la
lutte. Il n’empêche que pour réussir un nouveau partenariat intelligent
entre la France et l’Afrique, les Africains et la Diaspora africaine
plus particulièrement, notamment les détenteurs du savoir et des
expertises, devraient se regarder dans un miroir. Ils devront éviter de
croire qu’en se contentant de leur sort, un mouvement républicain non
initié par les Africains eux-mêmes viendra par enchantement prendre en
compte des laissés pour compte ou des « politiquement marginalisés »
africains. Les Africains n’existeront que par les synergies positives de
leur lutte commune pour défendre leur existence et valoriser leur
contribution à l’essor de la société dans son ensemble.
Les Africains (hommes ou femmes) ne doivent plus se penser comme des
minorités nationales. Dans quelques années, l’Afrique atteindra le 1
milliard en termes de population. Les exportations et importations
africaines vont se diversifier au même titre que les investisseurs
intéressés par l’Afrique. Le nombril du monde ne sera plus l’Europe dans
les 10 ans à venir. Le Brésil, le Venezuela, la Chine, l’Inde, les pays
d’Asie du Sud-Est en général, l’Afrique du Sud et la Tunisie viendront
négocier avec l’Afrique, n’en déplaisent à ceux qui souhaitent conserver
les « chasses gardées ». Les relations intra-régionales africaines
devraient aussi connaître un nouvel essor. Le rôle géo-économique et
géo-stratégique de l’Afrique aura évolué. C’est cela que les Africains
doivent construire collectivement au lieu d’attendre qu’une autre partie
du monde vienne faire la proposition à leur place. Les dirigeants
politiques africains ne peuvent continuer à faire semblant de respecter
les droits humains, d’appliquer la "bonne gouvernance et la
démocratie" uniquement pour faire plaisir à l’Occident. Des
irresponsabilités décisionnelles répétées risquent à terme de devenir
des facteurs bloquant pour une refondation démocratique d’un nouveau
partenariat intelligent et basé sur du respect mutuel.
On ne peut continuer de programmer des élections en Afrique et
s’organiser pour les réaliser dans les conditions les plus déplorables
uniquement pour conserver un pouvoir dont l’objectif ultime consiste à
s’accaparer de l’essentiel des capacités productives d’un pays. On ne
peut avoir des liens séculiers d’amitié avec la France, pays de la
démocratie tout en offrant en pâture au monde, une pâle imitation de la
Démocratie dans plusieurs pays africains (ceci n’étant qu’un euphémisme)
où la démocratie représentative ou directe ne peut assurer une véritable
croissance économique partagée et basée sur une diversification de la
création de la richesse et des emplois. Qu’est ce qui empêche des petits
pays africains d’entrer dans une logique d’intégration effective en
faisant fi des frontières héritées d’un partenariat colonial et
post-colonial bien peu intelligent en référence aux résultats tangibles
produits aujourd’hui en Afrique. Des régions et des pays africains
intégrés ou plutôt réunifiés ne manqueront pas d’attirer le respect,
malgré la pauvreté.
4. Les responsables africains doivent aussi financer le partenariat
intelligent
Si le thème principal de la Conférence des chefs d’Etat africains de
juillet 2007 sous l’égide de l’Union africaine souhaite réellement faire
honneur à Kwame N’Krumah lors des fêtes de 50 ans d’indépendance du
Ghana, alors les responsabilités africaines doivent être déclinées
autrement. L’Union africaine gagnerait à proposer un partenariat
intelligent au moins sur deux des sujets considérés comme cruciaux pour
le nouveau Président français dans sa relation avec l’Afrique et
l’Europe :
• Un partenariat intelligent sur les migrations planifiées et négociées
;
• Un partenariat intelligent sur le co-développement où les pays
africains mettront en place un véritable fond de développement
continental à partir des recettes des ressources du sous-sol et de
l’épargne de la Diaspora.
En effet, les relations entre la France et l’Afrique n’ont pas toujours
été dans le temps des relations planifiées et négociées. Elles ont été
longtemps personnalisées, subies au point de favoriser, par un système
de sous-traitance, un clientélisme gouvernemental où gestion de fonds
secrets, renouvellement d’accords militaires datant des années 1960,
préservation d’intérêts bien compris et maintien de régimes
présidentiels non démocratiques ont conduit à vider de sens les mots
République, solidarité et développement… Personne n’a intérêt à
continuer sur ces anciennes bases. Il faut agir ensemble. Oui, il faut
du changement et cela doit prendre en compte les nombreux décideurs
africains qui ne peuvent représenter leur peuple du fait d’un système
empêchant les renouvellements pacifiques et démocratiques des
générations au pouvoir. En fait, cette mutation gagnerait à être liée à
un changement des mentalités et des pratiques… Face à un système
africain qui globalement fonde l’ordre sur le pouvoir coercitif des
forces armées qui y trouvent souvent d’importants moyens
discrétionnaires de s’enrichir, il n’est pas étonnant d’assister à des
usurpations de légitimité du choix des peuples. Il faut donc espérer que
le nouveau président français contribuera par son action à rétablir une
démocratie sécurisée et « non usurpée » en Afrique. On pourra alors
peut-être parler d’un « ordre juste ».
Mais les effets pervers de la mondialisation économique, les
interférences culturelles et les migrations pourraient modifier la
dynamique perverse du recours au sentiment des peurs non visibles qui
fondent souvent le choix des sociétés. Les thèmes sont nombreux où
l’Afrique a besoin d’avoir une position collective, sinon au moins
sous-régionale pour discuter avec l’Europe, la France en particulier. Il
suffit de citer pèle-mêle quelques-uns : l’identité africaine, la
citoyenneté, la coopération-décentralisée, le respect des droits
humains, le développement des infrastructures, l’intégration régionale,
les migrations, la libre circulation des biens, des personnes et des
capitaux en temps réel, la santé, l’assurance maladie et vieillesse,
l’éducation, l’innovation, l’emploi notamment celui d’une majorité de
personnes sans qualification avec une priorité pour les jeunes et les
femmes, et bien sûr tous les problèmes liés à la préservation de
l’environnement et les conséquences du changement climatique sur le
continent… Il y a une évolution perceptible où les frontières
gauche-droite en France sont plus floues avec des incursions assez
prononcées de part et d’autres sur les « chasses gardées » (ou
pré-carrés) des uns et des autres. En fait, il existe des appareils
politiques de gauche et de droite qui résistent à la volonté des
électeurs de recentrer le débat et les politiques vers l’essentiel, la
sécurisation de l’emploi. Les partis politiques qui l’ont perçu ont fait
un score honorable tant au premier tour qu’au second des élections
présidentielles françaises. En réalité et ceci en référence à
l’Allemagne et l’Autriche, on peut se demander si la constitution de la
5e République n’est pas en fait devenue un cadre étroit et peu inadapté
aux contraintes de la mondialisation pour organiser des partenariats
intelligents entre l’Afrique et la France. Comment expliquer que des
grandes coalitions politiques aux programmes assez opposés arrivent à
gérer ensemble des pays comme en Allemagne ou en Autriche alors que ceci
semble aujourd’hui impossible en France ? La majorité emportant toute la
mise…
5. Offrir une prime aux plates-formes crédibles de refondation
démocratique
Les solutions africaines de gouvernement d’union nationale ne sont pas à
recommander puisqu’elles ne reposent souvent que sur des cooptations de
personnes et non d’une intégration de programmes politiques planifiée et
négociée. Les consensus mous africains ne permettent pas l’action sinon
comment expliquer que depuis 1963, les dirigeants n’ont jamais réussi à
vraiment créer un véritable gouvernement africain permettant d’organiser
collectivement le rapport au monde sur des bases de rapports moins
inégalitaires. C’est aussi de cela que les chefs d’Etat africains
doivent discuter en juillet 2007 à Accra s’ils veulent faire entrer
l’Afrique dans l’ère d’un partenariat intelligent et transparent. Pour
ce faire, il faudra néanmoins balayer devant sa porte et éviter les
impunités durables et prendre conscience des limites des contrepouvoirs
africains. Il sera nécessaire d’organiser et de faciliter l’éveil des
groupes d’influence, des associations de défense des consommateurs, des
réseaux d’organisations non gouvernementales de défense des sans-voix
notamment ceux de la Diaspora pour structurer les migrations positives.
Pour l’Afrique, il n’y a pas eu véritablement de grandes évolutions
quant aux soutiens des alternatives politiques soucieuses des intérêts
des populations africaines. Les 3e, 4e et 5e Républiques françaises
pourraient se résumer sommairement à une évolution entre l’empire, la
colonie, les indépendances politiques octroyées. L’avenir réside dans
une prise de conscience renouvelée sur l’importance de la construction
collective d’une indépendance économique. Cette liberté économique ne
peut être octroyée, ni sous-traitée du fait de la globalisation, de la
compétition internationale et des règles transparentes de l’OMC. Si
l’Afrique globalement dépend encore pour beaucoup des institutions
internationales du développement, c’est que sa gouvernance et ses
arbitrages décisionnels conduisent à mettre en doute sa capacité de
remboursement effectif des prêts que peut offrir le marché international
des capitaux. Si l’Afrique souhaite s’affranchir du FMI et de la Banque
mondiale à terme, elle devra créer des richesses, organiser un réseau
d’institutions d’appui (banque centrale, fond monétaire africain, banque
d’investissement africain) et soutenir l’investissement sous-régional,
entre Africains et Sud-Sud.
L’Afrique ne peut continuer de servir de variable d’ajustement par
défaut. Il y a là une véritable crise d’identité de la place de la
France en Afrique. Avec la perte de compétitivité de plusieurs sociétés
françaises en Afrique (préférence pour le gré à gré), il faut être
prudent et rappeler la non-planification à long terme des politiques
d’un certain patronat français en Afrique. La France est en train de
passer d’un rôle d’acteur à celui de spectateur (arrivée de la Chine
entre autres) sur le continent alors que l’Afrique, elle, est en train
de passer d’un rôle de spectateur à celui d’acteur, non sans
contradictions et influence de nouvelles puissances émergentes. A ce
titre, il convient absolument de distinguer entre le rôle de l’Etat
français et celui des acteurs français, notamment ceux du secteur privé
en Afrique. Une grande partie du secteur privé africain francophone est
dominée par les sociétés françaises. Même à ce niveau, le travail
formidable des PME françaises n’a rien à envier aux passes droit des
grandes sociétés. Bref, le rôle du patronat français en Afrique devrait
faire l’objet d’une mise à jour tant en termes d’information et
d’appréciation des évolutions en Afrique que des percées commerciales et
bientôt industrielles des autres pays plus enclins à soutenir les
capacités productives africaines.
Une participation plus active de la population dans la démocratie
économique et surtout un rôle plus important du parlement, une
démocratisation des partis politiques d’opposition en Afrique sont
nécessaires. Cela pourrait conduire à un amoindrissement du rôle des
partis au pouvoir ou des groupes de pression étrangers (se déguisant
parfois en organisations non gouvernementales) et travaillant sous les
fourches caudines des oligarchies financières.
Il ne faut pas être naïf. Aucun Président français ne pourra, même s’il
le voulait, se désolidariser des grandes sociétés françaises en Afrique,
notamment en Afrique francophone. Une grande partie de la défaillance
économique des Etats africains est liée justement au rôle de certaines
de ces grandes sociétés au point de rendre certains Etats économiquement
serviles et politiquement fragiles. Il faut néanmoins souhaiter « bon
vent » aux relations France-Afrique au nouveau Président français,
lequel ne manquera pas d’aller au cœur de la mémoire, de l’histoire et
de l’expérience africaine. Il lui faudra néanmoins revaloriser
l’approche solidarité en revisitant la citadelle humaine et sociale que
tente de construire l’Afrique malgré les contraintes d’une croissance
économique ne créant pas suffisamment d’emplois décents en Afrique. Les
populations africaines et leurs représentations associatives ou
politiques ne peuvent plus attendre que les propositions viennent
d’ailleurs. Il faut proposer des projets contre des projets et trouver
le consensus refondateur.
Il n’empêche qu’il faudra éviter la pensée unique dans l’application des
politiques de la France en Afrique et distinguer entre les pays
africains exportateurs de pétrole avec une croissance économique réelle
de 11.6% et ceux non exportateurs de pétrole qui atteignent
difficilement le 5,6% avec une redistribution des fruits de la
croissance échappant aux populations locales pour l’essentiel. Il
importe donc d’organiser réellement la planification, les négociations
et la maîtrise des relations Afrique-France afin d’avoir quelques
chances d’influencer ces dernières.
7 Mai 2007
Par Yves Ekoué Amaïzo
Directeur du Think Tank du groupe de réflexion, d’action et d’influence
« Afrology » et Afrique Nouvelles Interdépendances
Economiste à l’Organisation des Nations Unies pour le développement
industriel (ONUDI).
Il s’exprime ici à titre personnel.
1. World Bank, World Development Indicators 2006, pp.
100-102.
2. International Monetary Fund, Regional Economic Outlook: Subsaharan
Africa, April 2007, world Economic and Financial Surveys, p. 78.
|
 |

Yves Ekoué Amaïzo
 Réagissez à cet article!
|