Un observateur de la Littérature
congolaise
Noël KODIA-RAMATA
Que vaut une œuvre sans lecteur ? Une œuvre vit parce qu’elle est
lue, parce qu’elle fait l’objet de commentaires, de réflexions… Et il y
a d’autant plus de lecteurs autour d’une œuvre que celle-ci est mise en
lumière par un lecteur plus minutieux que d’autres. Ainsi, il y a ceux
qui écrivent des romans, des poèmes, des pièces de théâtre, et il y a
ceux qui les mettent en lumière. Noël KODIA-RAMATA fait partie de ces
derniers.
Le terme ‘‘lumière’’ a ici tout son sens, toute son ampleur. En effet
les critiques, en mettant à disposition du public des études, des
analyses de textes, non seulement oeuvrent pour que la littérature ne
soit pas un mets réservé aux universitaires qui seraient seuls capables
d’en percevoir les saveurs ; mais aussi, ils contribuent à faire
connaître les auteurs et leurs œuvres, ils les sortent de l’ombre du
silence. Et il faut avoir une certaine dose de générosité pour le faire.
Ainsi nous apparaît Noël KODIA : un homme généreux. Il s’est spécialisé
dans la littérature congolaise, car, il faut le dire, la littérature est
tellement vaste ! On peut être un lecteur libre et goûter, croquer,
mordre ici et là selon son plaisir, mais si en plus on souhaite
s’adonner à la tâche exigeante, rigoureuse de critique littéraire, on
est, pour être efficace, amené à se tailler un cadre dans cette vaste
littérature.
Noël KODIA fait partie de ceux – et il y en a peu – qui connaissent
dans toute sa profondeur, dans toute sa diversité, la littérature
congolaise. Depuis de nombreuses années, il la décortique, la presse
pour en recueillir le jus et le proposer aux lecteurs qui ont soif d’en
savoir un peu plus sur les auteurs du Congo-Brazzaville. Bref il n’est
pas de production écrite de congolais qui ne soit passée sur la table
d’examen de Noël KODIA. D’ailleurs il prépare un Dictionnaire des œuvres
littéraires congolaises (romans, récits et nouvelles). Ses études, qui
concernent aussi la politique et la société africaine, paraissent dans
des revues, sur des sites Internet ainsi que dans des ouvrages. Mais il
a aussi essayé de passer de l’autre côté de la barrière en publiant un
roman : Les enfants de la guerre.
Noël KODIA est Docteur en Littérature française de l’Université Paris
IV Sorbonne. Il a enseigné les littératures française et congolaise à l’Ecole
Normale Supérieure de Brazzaville.
ŒUVRES DE NOEL KODIA
I/ Articles divers dans la presse que vous pouvez retrouver dans son
blog : http://blog.ifrance.com/noelkodia
Quelques exemples :
- Le roman congolais de 1954 à 2006 : des prix littéraires qui
confirment sa prépondérance au sud du Sahara
- Les romancières du Congo
- Démocratie en Afrique centrale
II/ Ouvrages
- Les enfants de la guerre, roman, Editions Menaibuc, 2005.
- Mer et écriture chez Tati Loutard : de la poésie à la prose, Editions
Connaissances et Savoirs, 2006.
Mer et écriture chez Tati-Loutard : de la poésie à la prose
Qui ne connaît Jean-Baptiste TATI LOUTARD ? En Afrique comme ailleurs,
le monde des Lettres voit en lui un porte-étendard de la poésie
africaine, pour ne pas dire congolaise. « Après la disparition de
Tchicaya U Tam’Si, (J.B. Tati Loutard) apparaît, en qualité comme en
quantité, comme le poète le plus fécond du Congo »1, déclare Noël KODIA
dans l’avant-propos du livre. Son oeuvre poétique a plus d’une fois fait
l’objet d’ouvrages critiques, essentiellement par des universitaires
étrangers. Paradoxalement, Tati Loutard est plus cité dans son Congo
natal comme étant l’auteur des Chroniques Congolaises, recueil de
nouvelles qui a été longtemps au programme des lycées du CONGO.
L’approche de la poésie s’avère souvent moins aisée que celle de la
prose et, hormis les férus de poésie, on s’y précipite moins. Or celle
de Tati Loutard renferme des trésors tels qu’il serait dommage de ne pas
oser pénétrer dans son imaginaire. Noël KODIA nous y aide par son livre
qui s’intéresse à la fois à la poésie et à la prose de Tati Loutard,
démarche qu’il est le premier à accomplir. C’est ce que souligne
Dominique MONGO-MBOUSSA dans sa préface à l’ouvrage : « le mérite de
Noël KODIA-RAMATA est d’étudier l’œuvre dans sa globalité »2. Il est en
outre le premier compatriote à consacrer une étude à Tati Loutard.
Dans Mer et écriture chez Tati Loutard, Noël KODIA-RAMATA prend le
lecteur par la main et lui propose une visite guidée dans l’imaginaire
poétique Loutardien, en étudiant notamment les thèmes prépondérants,
comme la permanence de l’élément aquatique, ainsi que le suggère le
titre de l’ouvrage « Mer et écriture ». Dans une seconde partie, ce sont
les textes narratifs de l’auteur que Noël KODIA examine, lesquels «
reflètent la société congolaise avec tous les problèmes qui la minent.
(…) A la manière d’Honoré de Balzac au XIXe siècle dans La Comédie
Humaine, J.B. Tati Loutard peut être considéré comme le secrétaire de la
société congolaise, dont il a su observer l’évolution des mœurs avec
minutie. »3 Il est à noter que les œuvres auxquelles Noël KODIA-RAMATA
s’intéresse sont celles publiées de 1968 à 1987. C’est un choix
délibéré, car celles qui seront publiées postérieurement, à partir de
1992 pour être plus précis – on notera au passage la pause de quelques
années avant que l’auteur ne publie de nouveau – se démarquent
radicalement des publications antérieures. A partir de cette date, « la
narration et la poésie de J.B. Tati Loutard prennent une autre
dimension. »4 Noël KODIA a le projet d’étudier ces œuvres d’après 1992
dans un autre ouvrage. Au regard du travail déjà accompli dans Mer et
Ecriture chez Tati Loutard, on ne peut que vivement souhaiter la
publication de ce second volet, pour que vibrent à jamais les ondes
d’une œuvre riche et dense : celle de J.B. Tati Loutard.
1. Mer et écriture chez Tati Loutard, p. 17
2. Mer et écriture chez Tati Loutard, p.13
3. Mer et écriture chez Tati Loutard, p. 55
4. Mer et écriture chez Tati Loutard, p. 18
LISS KIHINDOU. |
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