Kossi Efoui
Né en 1962 à Anfoin au Togo, Kossi Efoui a étudié à l'université du Bénin au Togo avant de s'établir en France. Il a publié plusieurs pièces de théâtre et La Polka (Seuil, 1997) son premier roman.
Il a participé dans les années 80-90, avec un groupe d'activistes
togolais, à la conscientisation des populations face aux dérives
mégalo-politiques du général président (à vie). Prisonnier politique en
1990, il a dû faire face à une violente répression de sa conception de
la démocratie. Approché ensuite par plusieurs "opposants" politiques
togolais, il va traduire en pièce de théâtre les tentatives de
"récupération". Du régime Eyadèma, il retiendra que le grand Guide
devait être "aveuglé par sa propre lumière".
Dramaturge et romancier, il est l’auteur notamment de :
- Io (tragédie), théâtre, éd. Le bruit des autres, 2007
- Volatiles, nouvelles, éd. Joca Seria, 2006
- La Fabrique de cérémonies (Seuil) 2001)
- L'entre-deux rêves de Pitagaba, théâtre, éd. Acoria, 2000
- La Polka (Seuil) 1998
- La Malaventure (Lansman) 1998
- Le Petit Frère du rameur (Lansman) 1995
- Le carrefour, théâtre, éd. L'Harmattan, 1989
Kossi Efoui, nouvelle voix d'Afrique
Silhouette longiligne, crâne rasé, fringué entre rappeur et sapeur, Kossi Efoui, sorte de ludion tourbillonnant, détonne
parmi les écrivains africains par son allure, mais aussi par ses propos.
Exilé en France pour avoir participé à des manifestations étudiantes durement réprimées dans son pays, Kossi Efoui est l'une de ces nouvelles voix africaines qui, selon Bernard Magnier, directeur de collection chez Actes Sud,
"ne se sentent plus chargés d'une mission."
L'écrivain a d'abord écrit du théâtre. La fabrique de cérémonies, paru au Seuil en février 2001, est son deuxième roman. Son héros, Édgar Fall, ancien étudiant en Union soviétique (où, dans les États africains d'inspiration marxiste, il était de coutume d'envoyer les jeunes poursuivre leurs études), vivote à Paris depuis la dégringolade du monde communiste. Fall accepte de retourner en Afrique pour un journal spécialisé dans le tourisme de catastrophe.
Cinquante ans après Césaire, l'écrivain écrit à sa manière un cahier du retour au pays natal, où les phrases chahutées sont, tour à tour, sèches comme les broussailles du Sahel ou enveloppantes comme les lianes des forêts tropicales ; où les mots vous happent et vous enserrent comme des griffes.
Du côté de ceux qui déplorent
Kossi Efoui interroge un continent en quête inlassable de lui-même, démonte les mythologies si complaisamment entretenues sur une Afrique rêvée, ici et là-bas. « L'Afrique est une fiction, une invention du regard de l'autre, constate-t-il. Mais est-ce une image existante, ou celle que l'on voudrait voir ? A moins qu'il ne s'agisse aujourd'hui de construire l'image que nous voulons avoir de nous, qui ne serait pas une autoglorification de nos valeurs immuables mais qui provoque du désir, qui motive l'action. Peut-être, dans ce projet-là, y a-t-il quelque chose qui peut venir des créateurs.»
Cette interrogation, chez Kossi Efoui, est portée par un style qui triture les mots et les phrases. C'est surprenant, quelquefois difficile, toujours intéressant. « On s'attaque directement à la langue, alors qu'on a été éduqué par des auteurs africains qui s'attaquaient au colonialisme, aux dictatures. Nous en avons retenu ce qui a su déborder le cadre idéologique, religieux et spirituel de leur époque. Une oeuvre, c'est ce qui déborde et, aujourd'hui, c'est là notre préoccupation.
Sans renier l'héritage, avec sa voix (sa voie ?) singulière, Kossi Efoui empoigne les mots et les idées pour refuser la fatalité : « Écrire, c'est avant tout un aveu d'impuissance. C'est un peu comme ça que je vois la littérature : être du côté de ceux qui déplorent. »
La fabrique de cérémonies, de Kossi Efoui, éditions du Seuil, 252 pages, 115 F.
Josiane Guéguen
Kossi Efoui
est membre du Think Tank Afrology.
|
 |
 Kossi Efoui

Lire aussi :
Kossi avec Sony Labou Tansi
Ses liens :
Le Libraire
AfricaExpert
Togo-Contact
Matricule des anges
Le Seuil
L'Humanité
Amazon.com
Yahoo encyclo
 Réagissez à cet article!
|