Harriet E. Wilson en
sculpture à Boston, Massachusetts
Selon certains critiques littéraires et historiens de l’Amérique noire,
Harriet E. Wilson serait la première romancière africaine américaine,
les premiers écrits étant autobiographiques, (ou que les américains
appellent les slave narratives) et poétiques. Dans cet ordre l’on peut
citer Olaudah Equiano ou Gustavus Vassa, avec son « The interesting
Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa, the African,
Written by Himself » (1789), Lucy Terry avec son seul poème « Bars Fight
» précautionneusement préservé oralement avant d’être publié en 1855, et
Phillis Wheatley, servante d’un certain John Wheatley avec son œuvre «
Poems on Various Subjects, Religious and Moral »[Poèmes sur divers
sujets tels que la religion et la morale] (1773 à Londres) * dont on lui
disputait la maternité à cause de sa race noire. Un noir ne pouvait pas
écrire de tels beaux poèmes.
Dénichée dans les années 1980 par le professeur Henry Louis Gates de
l’Université de Harvard comme la première écrivaine africaine
américaine, Harriet E. Wilson vient d’être honorée a New Hampshire par
la sculpteuse bostonienne Fern Cunnigham. Cet acte est la résultante
d’un désir de faire bien connaître Harriet Wilson que l’on croit avoir
été la première personne noire dans la littérature américaine à écrire
un roman.
L’œuvre de Wilson Harriet, d’après la trouvaille de Gates, s’intitule
«Our Nig ; or Sketches From the Life of a Free Black, in a Two-Story
White House, North, Showing That Slavery’s Shadows Fall Even There ».
[Notre nègre; ou Scènes de la vie d’un noir libre vivant dans une maison
a deux niveaux de blancs, au nord, qui montre que l’ombre de l’esclavage
y prévaut ». Comme le titre au style journalistique de l’oeuvre
l’indique, Wilson écrit cette œuvre en 1859, pour relater la vie
misérable de Frado dont la mère était blanche et le père noir, mais
aussi pour montrer que même parmi les abolitionnistes, le racisme était
de mise. L’œuvre n’a pas eu d’écho dans le monde littéraire de son temps
parce qu’elle entacherait la réputation du mouvement abolitionniste si
on lui donnait assez de publicité. Elle décrivait le mouvement
abolitionniste sous des dehors négatifs. Dans ce mouvement, l’on
semblait ne donner la voie qu’aux seuls blancs, et lorsque la parole
était donnée à un noir, il fallait qu’il soit prééminent dans la
société. Alors il n’y avait pas question de donner la parole à une
femme, a fortiori quand était noire !
A la lecture de l’œuvre, l’on peut se rendre compte de ce qu’elle est
une autobiographie de l’auteure, ce qui fait faire rage un débat sur le
statut de l’œuvre de Wilson parmi les chercheurs (historiens et
littéraires) américains. Par exemple, William L. Andrews, un professeur
d’anglais à la University of North Carolina à Chapel Hill, et Mitch
Kachun, professeur d’histoire de la Western Michigan University, pensent
qu’à cause du caractère autobiographique de l’œuvre, elle ne peut être
le premier roman africain américain comparé à « The Curse of Caste; or
The Slave Bride » de Julia C. Collins publiée en 1865, une œuvre qui est
plus créative que biographique.
Pour revenir à la sculpture de Harriet Wilson, il faut dire qu’elle
permet aussi bien aux amateurs de la littérature qu’aux littérateurs,
une idée de l’apparence de Harriet Wilson. Car en fait, il n’y pas de
photographies d’elle qui puissent permettre de se faire une image claire
et nette d’elle. Seul le livre qu’elle a écrit offre, avec la
description du personnage principal, quelques traits physiologiques, a
permis à Cunningham de la sculpter. Aux traits du personnage principal
s’ajoutent l’information selon laquelle Wilson était issue d’un père
noir et une mère blanche. La sculpture de Wilson contribue au mouvement
des femmes de New Hampshire de faire mieux connaitre une femme écrivaine
qui s’oubliait dans la littérature africaine américaine. Désormais, sa
sculpture se tient a cote de celle de Harriet Tubman a Boston ou, il
n’est pas exagéré de dire, a jamais elle restera dans la mémoire
américaine comme une des combattantes de la liberté noire américaine. La
date du décès de cette auteure, tout comme la question de la maternité
du livre, est également ouverte au doute car certains estiment qu’elle a
vécu jusqu’en 1863, alors que d’autres disent qu’elle est décédée le
June 28 1900 à Quincy Hospital, dans l’état du Massachusetts en Nouvelle
Angleterre. Elle serait enterrée dans une parcelle familiale au
cimetière “Mount Wollaston Cemetery” de Quincy.
Proposé par Siendou Konate
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