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septembre 2010
"Silencer" le peuple africain
Le Mozambique confirme la règle
L'augmentation du prix de nombreux produits et services au cours du
mois d'août 2010, celui du pain en particulier, a fait exploser la
patience des Mozambicains. Maputo a connu des émeutes de la faim, ou
plus exactement du pouvoir d'achat. Comme réponses, ce furent des gaz
lacrymogènes, des tirs à balles réelles, des blessés et des morts.
Lorsque Armando Guebuza, le Président du pays, sort de sont mutisme et
après avoir procédé à l'augmentation de la plupart des services et
denrées de première nécessité, il rappelle "très sereinement" que rien
ne changera dans sa politique. La hausse des prix est maintenue, même si
mort d'hommes s'en suit.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets que ce
soit au Mozambique, au Cameroun, au Togo ou dans plusieurs autres pays
africains ; les crises liées à l'absence de pouvoir d'achat se terminent
presque exclusivement dans la violence [1]. Les manifestations sont
interdites, offrant le prétexte à l'Etat d'abuser des droits humains et
tirer sur la population, ceci en toute légalité et impunité.
1. Mozambique : une longue gouvernance fondée sur le déficit
L'actualité tend à faire croire que c'est uniquement l'augmentation de
30 % du prix du pain qui explique les violences au Mozambique. Mais
c'est faire une erreur de parallaxe économique. Face aux réactions en
cascades des précédentes augmentations variant entre 8 % et 30 % sur les
produits de première nécessité et les hausses imprévues sans rapport
avec le pouvoir d'achat local de l'eau, de l'électricité, du carburant,
des taxis faisant office de transport groupé et bien sûr des céréales de
bases, personne ne peut s'étonner de ce qui s'est passé au Mozambique.
L'émeute du pouvoir d'achat a été réprimée en son temps dans plusieurs
pays africains, paradoxalement souvent de la même manière, sans aucune
négociation, diplomatie et considération de l'humain.
La réaction est classique chez de nombreux dirigeants
africains qui ne connaissent que la répression par l'interdiction des
manifestations, l'intimidation des représentants du peuple ou des
responsables syndicaux ou politiques, ou alors la confrontation directe
avec des balles réelles, des emprisonnements pour mieux "silencer la
population". Mettre au silence, c'est taire les conséquences de
l'amateurisme des dirigeants africains en termes de stratégie de
création de la richesse partagée et l’incompétence en économie de
proximité [2].
La guerre civile de 1976 à 1992 ne peut expliquer la
violence du pouvoir central contre les populations. Au contraire, cela
aurait dû adoucir les mœurs. A croire que le principe démocratique avec
les dirigeants africains d'aujourd'hui consiste à mettre des principes
dictatoriaux une fois des élections effectuées, parfois en jouant de la
fraude. Pourtant, les Mozambicains n'ont fait que rappeler par
l’expression de leur mécontentement dans la rue qu'il y a maldonne dans
la distribution des fruits de la croissance au Mozambique. Avec une
moyenne de 7,6 % de croissance économique du Produit intérieur brut
(PIB)[3] avant la crise financière de 2008, ce pays a été
particulièrement résilient avec 6,3 % en 2009. Avec une crise financière
qui ne semble pas avoir eu des conséquences désastreuses comme ailleurs,
ce pays aurait été en principe et d'après la croissance économique mieux
armé pour soutenir le pouvoir d'achat de ses citoyens. C'est oublier que
le critère du PIB en économie n'est qu'un aperçu pâle et souvent
contraire de la réalité sur le terrain, notamment les aspects liés à la
répartition et à l'égalité entre les citoyens pour ce qui est des fruits
de la croissance. Avec 6,5 % en 2010, la croissance économique est
supérieure à la moyenne de la Communauté économique l'Afrique Australe
(SADC) qui a chuté jusqu'à atteindre -0,6 % en 2009 et devrait remonter
à 3,8 % en 2010 [4]. Le PIB par habitant du Mozambique a été estimé à
4,4 % en 2010, largement au dessus de la moyenne de l'Afrique
subsaharienne pour la même année, plafonnant à 2,6 %.
Le problème des crises dites surprises en Afrique
provient en fait d'une conjonction d'erreurs stratégiques consistant à
n'écouter que les injonctions des institutions multilatérales de
développement qui conseillent des politiques économiques faisant
abstraction de l'amélioration du pouvoir d'achat des citoyens, non sans
protéger les intérêts des principaux membres du conseil d'administration
de ces institutions. C'est comme si le Mozambique ne s'organisait que
pour rembourser sa dette extérieure qui d'ailleurs est passée de 88,1 %
en 2003 à 26,8 % du PIB en 2008, avant de repartir à la hausse en 2009
avec 32,1 % [5] du PIB. Une grande partie de cette dette disparue ne
représente qu'un effacement des intérêts des emprunts qui n'ont eu
aucune contrepartie en termes de création de richesses et d'emplois au
plan local. Face à une stratégie qui ne crée pas de richesses pour
l'ensemble de la population, les élites de ce pays répondent par une
forme de dualisme ségrégationniste entre les "ayants-droits" et
les autres. Cette forme de clientélisme n'est pas propice à la
construction d'une société de confiance.
Avec une inflation de nouveau en hausse, ce que
reflètent les prix à la consommation qui sont tombés de 13,5 % en 2003 à
3,3 % du PIB en 2008, pour repartir à 8,4 % du PIB en 2010 [6], les
fourches caudines du Fond monétaire international et du Groupe de la
Banque mondiale ne résistent pas dans la durée. La gouvernance
économique choisie par les dirigeants repose sur un déficit
quasi-permanent des comptes publics, c'est ainsi que le solde budgétaire
global hors dons a chuté de -12,9 % en 2003 à -15,2 % en 2009 et -13,5 %
en 2010. Le silence du FMI alors que le pays s'enfonçait dans le déficit
ne peut qu'être relevé. A qui cela profite ?
Il est déjà prévu que ce solde va s'aggraver et
devrait se situer autour de -16,7 % en 2011. Il est difficile de croire
que des efforts sérieux sont faits pour contenir un tel déficit de plus
en plus récurrent et permanent avec les conséquences que l'on sait sur
les populations. Même avec l'apport des dons, ce déficit a été estimé à
-4,7 % pour 2010 et à -7,3 % du PIB en 2011 [7]. Cela signifie non
seulement que le pays est particulièrement dépendant des bailleurs de
fonds, mais que ces derniers commencent à faire état d'une certaine
"fatigue" à soutenir une économie qui ne repose pas sur la création de
richesses à partir du développement des capacités productives. De là à
mettre la direction du pays sous pression pour obtenir des concessions
économiques en se cachant derrière les droits humains, il y a un pas
qu'il faut franchir.
Même la balance commerciale est aussi
structurellement déficitaire avec -12,8 % du PIB en 2003 et -14,7 % du
PIB en 2010. Il ne faut donc pas s'étonner que le solde extérieur
courant hors dons soit passé de -22,2 % du PIB en 2003 à -20,5 % du PIB
en 2010 . Cette conception de l'économie qui repose sur l'excès des
dépenses sur les recettes avec un système de dépendance envers les pays
donateurs n'est que le reflet, outre la corruption galopante dans le
pays, d'une incompétence stratégique dans les termes mêmes de la
création de richesse et ne parlons pas de sa redistribution. La
dépendance créée est palpable avec les dons officiels reçus qui sont en
croissance, passant de 4,9 % en 2003 à 6,9 % du PIB en 2010 avec des
prévisions autour de 7,7 % du PIB. Le Mozambique, sous des apparences de
bonne gouvernance, s'enfonce dans une politique de la mendicité
économique. La moyenne des dons officiels de la communauté économique de
l'Afrique australe (SADC) en 2010 ne dépasse pas 0,3 % du PIB et 0,7 %
du PIB pour l'Afrique subsaharienne.
En prenant comme critère les 2 $ US par jour retenus
dans les objectifs du Millénaire pour le Développement pour déterminer
la part de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, il faut
constater que plus de 90 % de la population mozambicaine estimée à 22
millions d'habitants en 2008 doivent être considérés comme pauvres [9].
Ce qui selon l'indice du développement humain élaboré par le Programme
des Nations Unies pour le Développement conduit à classer ce pays parmi
les derniers de la liste (175e sur 179 pays). C'est donc cette longue et
régulière gouvernance déficitaire que les statistiques officielles
sanctionnent, ce qui ne fait "ni chaud, ni froid aux dirigeants",
tant qu'eux, ils mangent. Au mieux, ils pourront élargir le cercle
autour des amis et parents, alors c'est le "nous mangeons" qui
primera, y compris de manière illégale. Le "nous" étant exclusif
des 90 % de pauvres de ce pays, on peut se demander s'il ne s'agit pas
alors d'une démocratie de l'appropriation par une minorité au pouvoir.
Encore faut-il que cette minorité ait les compétences requises en
stratégie économique pour réussir à offrir un pouvoir d'achat décent à
sa population.
2. Incompétence économique des gouvernants et impunité
C'est dans ce contexte que les arbitrages économiques des gouvernants
sont intervenus. Après des années de gestion déficitaire du pays appuyée
indirectement par les bailleurs de fonds qui "soutenaient" à bras le
corps ce pays par de l'assistance publique et de nombreux prêts
concessionnels garantis par l'Etat, personne n'a véritablement sonné
l'alarme alors que les fondamentaux économiques ne faisaient que se
dégrader.
Les stratégies choisies étaient mauvaises tant pour
le maintien du pouvoir d'achat de la population que pour la création
d'emplois décents. Les politiques économiques poursuivies n'ont fait que
contribuer à ramener le pays vers une forte dépendance économique
vis-à-vis de l'Occident qui l'a régulièrement conseillé. Si aujourd'hui,
la plupart de ces pays se tournent vers les pays émergents et notamment
la Chine, il faut trouver une partie de l'explication dans les mauvais
conseils prodigués par les institutions internationales incapables et
feignant d'anticiper les conséquences fâcheuses sur les populations. Il
semble que les bailleurs de fonds ont décidé brusquement de ne plus
accorder de crédit pour soutenir cette forme de gouvernance au dessus
des moyens soutenables du pays. Le Gouvernement mozambicain a été
rappelé à la discipline économique et est revenu à la réalité.
Au lieu d'expliquer, l'Etat central décide
unilatéralement d'augmenter tous les prix sans prendre en compte les
réactions sur la réalité des populations et la part importante de sa
responsabilité d'une telle situation, qui n'a rien de surprenant. Il
n'est d'ailleurs possible d'incriminer uniquement les institutions
internationales alors qu'il y a des erreurs grossières de compréhension
de l'économie et de stratégie. Entretemps, les populations ont appris à
compter sur elles-mêmes pour faire transmettre leurs doléances au
Gouvernement en manifestant dans la rue. Là encore, on peut se demander
pourquoi aucun cadre institutionnel de concertation n'est mis en place
pour discuter. Cette science infuse du gouvernement relève des formes
modernes de l'autoritarisme obscur et inefficient. Le quiproquo entre
les dirigeants et les populations devient palpable. Les gouvernants et
toute la clientèle qui les entoure ont l'impression que la plupart des
avantages, faux droits et privilèges acquis pourraient disparaître.
Alors on met en œuvre la force en la justifiant avec l'interdiction de
manifester, les troubles à l'ordre public, le maintien de l'ordre au
point de tuer plusieurs dizaines de Mozambicains en moins de deux jours,
sans compter les blessés. Quelle honte pour l'Afrique des dirigeants
autocrates !
Quel déshonneur pour ceux qui ont conseillé ce pays
vers l'impasse, comme au demeurant ce qui se fait ailleurs sur le
continent. Mais, on ne peut blâmer uniquement le mauvais conseil
exogène. La corruption, le refus de laisser les contre-pouvoirs
s'exprimer librement et de proposer d'autres alternatives de création de
la richesse et de distribution des fruits de la croissance ne sont pas
étrangers à la situation. Face à des dirigeants qui n'ont
vraisemblablement jamais jeté un coup d'œil sur le tableau de bord
économique du Mozambique que n'importe quel expert indépendant peut leur
fournir avec toute la pertinence et neutralité qui se doit, nombreux
sont-ils, ces dirigeants mozambicains, mais aussi africains à préférer
l'autocongratulation sous le couvert d'ingérence dans les affaires
intérieures. Beaucoup se sont fait "blouser" par des experts venus
d'ailleurs financés par ceux-là mêmes qui les conseillent mal. Que
certains dirigeants soient si naïfs au point de ruiner les fondements de
la richesse d'un pays, à savoir le capital humain que constituent sa
population et sa Diaspora, c'est qu'ils répondent en tous points à la
définition nouvelle du dirigeant africain malléable formaté pour n'être
qu'un instrument de la postcolonie. L'essentiel est de rester au
pouvoir... les autres n'ont qu'à attendre et donc subir... Il ne faut
ainsi pas s'étonner si la mort de quelques mozambicains n'est considérée
que comme quelques éléments d'un troupeau de gnous qui sont sacrifiés
lors de la traversée d'un fleuve en furie, juste pour que les choses
continuent comme avant. Parler d'ailleurs de changement et
d'alternatives dans ces conditions relève de la gageure.
Rendre des comptes, que recouvre la notion
d'"accountability" qui comprend aussi le volet transparence, ne peut
fonctionner que si l'impunité est totalement neutralisée. Pour s'assurer
que ces valeurs éthiques ne pourront jamais les atteindre, il fallait
créer et faire accepter par l'Union africaine et par les organisations
sous-régionales, le principe du "SILENCER"... Ces organisations
africaines, continentales et régionales ne sont pas l'émanation des
peuples mais bien de ces dirigeants, et ne peuvent donc que satisfaire
ces derniers. Aussi, la transformation du mot silence en un verbe
d'action, mot qui n'existe pas en français, permet de mieux percevoir le
sens dynamique du processus de neutralisation du débat en Afrique. Le
silence prend toute sa dimension quand il s'agit d'ailleurs du silence
des cimetières.
La question qui demeure est que la faim taraude les
estomacs et que malgré ces abus contre les populations civiles
pacifiques, le problème rejaillira tôt ou tard, et peut-être sous des
formes bien plus violentes. En effet, cette population africaine ne peut
indéfiniment, sous le regard crédule et souvent méprisant de la
communauté internationale, se laisser museler alors que ce sont les
richesses du pays qui font l'objet de mal-gouvernance et de gestion
patrimoniale. Il ne s'agit là que des conséquences prévisibles de
l'amateurisme institutionnalisé en économie, une absence totale
d'anticipation d'un point de vue afrocentrique et un mépris des
populations africaines. A croire que tuer sa propre population dans
l'impunité est moins important que de rembourser les institutions de
Bretton Woods ou de garder l'ex-Président Hissène Habré sans jugement
depuis plus de 20 ans. Quand l'Afrique des dirigeants en profite pour ne
pas respecter sa propre signature au plan des engagements internationaux
avec les tribunaux internationaux tout en oubliant de créer des
tribunaux africains pour éviter que l'impunité ne devienne le droit
commun, alors l'Afrique est en train de se déliter.
Comment l'Afrique peut-elle être crédible quand
l'Union africaine parle au nom de ces dirigeants tortionnaires qui
tirent sur leur population et sont assurés de ne passer devant aucun
tribunal ? Comment donner des leçons à Madagascar quand les dirigeants
de la Communauté économique de l'Afrique australe (SADC) ont parmi leurs
membres de tels dirigeants ? Comment le peuple africain peut-il encore
croire que certains dirigeants se battent pour eux alors que dès arrivés
au pouvoir, certains dirigeants africains se comportent en homme-lige ou
femme-lige, une sorte de préfet de la postcolonie. Certains iront
jusqu'à exporter cela dans les organisations internationales, avec
succès pendant un temps court, puis les règles des droits humains
reprennent heureusement le dessus.
Pourquoi plus d'efforts ne vont-ils pas vers le
développement d’infrastructures telles que l'énergie, l'eau et les
transports, ce qui aurait permis pourtant de développer une agriculture
de base au Mozambique au lieu de voir ce pays servir de terrain
d'exportation privilégié des excédents sud-africains. D'ailleurs, les
autorités d'Afrique du sud, faisant face à des grèves similaires de
revalorisation du pouvoir d'achat, restent bien silencieuses sur le
dossier mozambicain. A croire que le silence résout les problèmes. A
croire que le syndicat des chefs d'Etat fonctionne totalement sur la
base de l'autarcie, l'amnésie, le repli sur soi, le refus de la vérité
des comptes publics. Car si des mécanismes, qui ne peuvent être celui du
NEPAD à savoir l'évaluation par les pairs, avaient été mis en place et
institutionnalisés pour que les contre-pouvoirs (syndicats,
associations, secteur privé, etc.) puissent se parler sans hypocrisie et
échanger avec le Gouvernement sans interférence non sollicitée de
l'extérieur, le Mozambique aurait sauvé les populations qui viennent de
perdre leur vie pour une faute de gestion des gouvernants de ce pays.
3. L'Afrique offre le passeport diplomatique de l'impunité économique
Dans certains pays, un sinistre incident de crise comme les morts suite
à une manifestation pour la revalorisation du pouvoir d'achat des
populations aurait immédiatement été suivi de la démission du ministre
de l'intérieur et peut-être même du Gouvernement avec soit un
remaniement, soit même de nouvelles élections, si possible non
falsifiées. Mais, on est en Afrique. Les règles de la démocratie
palliative, soutenues en sourdine par la communauté internationale, font
des émules en démocratie économique. Le Mozambique vient nous rappeler
que l'Afrique est rentrée dans un cercle vicieux de recul de la
démocratie et du respect des droits humains doublé du mépris des
populations qui défendent leur droit face à des dirigeants qui sont en
déphasage avec les populations à force de régler leur communion avec les
maîtres de la postcolonie.
Il n'a jamais été question de soulever le problème de
l'incompétence des équipes dirigeantes du Mozambique, ni des erreurs
stratégiques en économie, voire de l'incapacité de créer des richesses
et en assurer un partage plus ou moins équitable dans ce pays. Les
Présidents africains n'ont jamais tort, et à ce titre, détiennent un
passeport diplomatique faisant du territoire africain, l'espace
diplomatique de l'impunité en économie. Sauf que la nécessité de
sanctionner ces crimes économiques et de stratégiques par des élections
démocratiques sont difficiles à envisager compte tenu de la mise à
l'écart du principal parti de l'opposition de la RENAMO (Resistência
nacional de Moçambique (Résistance nationale de Mozambique)) lequel
rappelle par la voix de son porte-parole, Fernando Mazanga, que les
réponses du gouvernement à la revalorisation du pouvoir d'achat des
Mozambicains se résument à la violence.
Le marché a déjà sanctionné les choix économiques du
FRELIMO (Frente de libertação de Moçambique (Front de libération du
Mozambique)) qui règne sans partage sur les richesses de ce pays. La
dévaluation de fait de la monnaie locale, le Métical (MT) passant entre
juin et août 2010 de 40 à 50 MT pour 1 Euro, montre l'ampleur des
conséquences d'une gestion par des apprentis sorciers de l'économie en
Afrique. La panique liée à l'incompétence stratégique, elle- même
associée à l'instinct de survie au pouvoir, occasionne des morts et des
blessés inutiles en Afrique. Au demeurant, cela n'a pas amélioré le
pouvoir d'achat des Mozambicains.
Un pays comme le Togo devrait éviter de s'inspirer du
modèle mozambicain en arrêtant de faire du rodéo et en lançant des
bombes lacrymogènes en pleine ville contre les représentants du peuple,
des parlementaires, les responsables des partis d'opposition et en
définitive contre la population. Après tout, les partis d'opposition
n'aspirent eux aussi qu'à améliorer le pouvoir d'achat des citoyens,
face à ceux du pouvoir qui ont retiré du dictionnaire les mots création
de richesse partagée et les ont remplacés par appropriation unilatérale
du patrimoine en instituant la subordination par la violence.
Dr Yves Ekoué AMAÏZO
Directeur du groupe de réflexion, d’action et d’influence « Afrology »
8 septembre 2010
© www. afrology.com et www.amaizo.info
1. Maxime Serignac, "Mozambique : la faim et la colère, in Afrik.com, 2
septembre 2010, in Afrik.com, <http://www.afrik.com/article20696.html>,
accédé le 3 septembre 2010.
2. Yves Ekoué Amaïzo, Crise financière mondiale. Des réponses
alternatives de l'Afrique, collection "interdépendance africaine",
éditions Menaibuc, Paris, 2010.
3. Entre 2004 et 2008.
4. IMF, Regional Economic Outlook: Sub-Saharan Africa April 2010, IMF,
Washington D. C. 2010, p. 66 et 68.
5. IMF, op. cit, p. 91.
6. Ibid, p. 70.
7. Ibid, p. 74.
8. Ibid, p. 84.
9. World Bank, World Development Indicators 2010, pp. 34 et 90.
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