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Septembre 2006
UE-Afrique:
Devoir de vigilance
L'Union Européenne met des garde-fous au Togo
Suite aux "arrangements politiques partiels", plus connus sous le
nom d’"accord politique global" de Ouagadougou du 20 août 2006 et
avec la décision récente de l’Union européenne de reconnaître des
avancées notables dans le dossier électoral du Togo, Bruxelles vient de
répondre à l’une des préoccupations majeures de la société civile et de
la Diaspora togolaises. En effet, depuis que les élections usurpées
d’avril 2005 au Togo n’ont pas été reconnues officiellement par la
communauté internationale et une partie de la communauté africaine,
c’est bien la première fois qu’il y a consensus parfait entre la
présidence, la commission et le parlement européens sur la voie à suivre
au Togo pour enrayer les astuces, les retards, les entourloupettes du
pouvoir togolais pour conserver le pouvoir, avec le soutien indéfectible
d’une partie de l’armée non républicaine. Toutes les chances d’une
alternance politique et pacifique restent pourtant hypothéquées si la
sécurité et la transparence ne sont pas garanties avec un appui
désintéressé de l’Union européenne.
L’Union européenne, sous l’impulsion de l’Autriche et aujourd’hui de la
Finlande et certainement demain de l’Allemagne, a opté pour le retour de
la transparence, de l’éthique et de la démocratie au Togo suite à un
embargo financier datant de 1993 consécutif à la rupture de la
coopération avec l’UE. En effet, avec l’Europe à 25, les règles de
gouvernance en Afrique sont en train de changer. Il faut de plus en plus
convaincre les 25 pays de l’UE et obtenir un consensus fort pour
soutenir des régimes souffrants de déficits démocratiques. Mission
quasi-impossible lorsque le consensus est parfait entre le parlement, la
présidence et la commission de l’UE.
Ainsi avec beaucoup de diplomatie, l’UE a notifié au Président Faure
Gnassingbé, lors de sa tournée en Belgique en ce début de septembre
2006, qu’il faudra nécessairement proposer une date pour la tenue
d’élections législatives anticipées pour avoir une quelconque chance de
voir l’UE envisager la normalisation de ses relations avec le Togo avec
à la clé, une reprise de l'aide au développement. Les montants seront
d’ailleurs débloqués par tranches avec une première partie estimée sous
la forme de deux enveloppes de 20,8 millions d'Euros chacune si tout se
passe bien. Le calendrier électoral du pouvoir en place au Togo
prévoyait des élections en octobre 2007. Aujourd’hui, apparemment
"volontairement", même le Président contesté, Faure Gnassingbé,
souhaite vivement la tenue de ces élections avec un calendrier précis :
"Plus tôt, nous allons aux élections, mieux ce sera !", a-t-il
rappelé lors d’une interview avec TV 5 Afrique. Il faut saluer ce
progrès et attendre de voir dans les faits.
L’union européenne vient de mettre les premiers garde-fous que
réclamaient les partis d’opposition de l’alternance et la Diaspora
togolaise à savoir un contrôle écrit du processus qui mènera aux
premières élections libres, transparentes et sécurisées au Togo. Ces
élections devront se dérouler sous contrôle des communautés
internationales et africaines qui devront auparavant, si l’on souhaite
réellement voir émerger un nouveau paysage politique crédible du pays,
museler la partie de l’armée non républicaine qui a tendance à croire
que les mots démocratie, justice et liberté au Togo riment avec la
"fin des avantages acquis". Le devoir de vigilance de l’UE doit se
traduire par des garde-fous précis et transparents pour éviter de subir
le sort des 12 précédents dialogues inter-togolais, dont la mise en
œuvre relève de la fumée sans feu.
Ce n’est qu’à cette condition qu’un Gouvernement d’union nationale de
transition pourra prendre fonction en douceur et aura les coudées libres
pour mener sa mission de pacification et de refondation démocratique et
économique du Togo au bénéfice de tous. Le travail sera difficile car il
faudra nécessairement résoudre l’épineux problème de la sécurité et de
l’impunité, renforcer le cadre électoral pour assurer des élections
transparentes et procéder à des modernisations en profondeur en harmonie
avec les traditions héritées des aïeux. La bonne volonté de tous ne sera
pas de trop afin de tourner la page, sans faire preuve d’amnésie, d’une
hérésie historique, que les médias politiquement corrects ont presque
fini par nous faire croire que celle-ci était naturelle et relevait de
la fatalité. Il ne s’agit pourtant que d’actions et de gouvernance
humaines sous un certain "leadership"…
A quand le Togo réconcilié avec lui-même ? A quand le retour de la
confiance mutuelle dans une société où les droits humains et le respect
de l’autre retrouveront leurs lettres de noblesse ? A quand une Afrique
libre et interdépendante?
5 septembre 2006
Par Yves Ekoué Amaïzo
Il s’exprime ici à titre personnel. |
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Lire aussi:
UE: gouvernance et
coopération
Togo:
arrangement sans garde fou

Anciens édito
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