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Octobre 2006
Corruption exportée: le nord excédentaire
Institutionnaliser les systèmes de corruption pour libérer les échanges
multilatéraux.
Les négociations de l’OMC, il n’y a plus de doute possible, ont été
minées par les ententes et accords secrets entre les Etats participants.
C’est que beaucoup de pays membres entretiennent depuis des années des
relations commerciales privilégiées et comptent préserver leurs intérêts.
C’est le cas par exemple des anciennes colonies d’Afrique, lesquelles,
pour leur partie francophone, restent sous domination économique,
politique, culturelle et militaire du parrain français.
Entre les dérives protectionnistes de son marché
interne (le fameux patriotisme économique) et un besoin mégalomaniaque
d’extension de l’empire, ce dernier traîne à libéraliser le dialogue
avec le continent africain. Des grands-messes sont organisées de façon
souvent bilatérale pour donner des instructions à ces Etats sous
perfusion. C’est le cas par exemple des rencontres de la francophonie
(un faux multilatéral). Les intérêts sont souvent en contradiction avec
ceux, en apparence plus honnêtes, de l’OMC.
La corruption : trafic "bilatéral" d’influence
Juste après les indépendances, on a fait signer à tous les pays
africains franco-colonisés des accords de coopération qui stipulent pour
l’essentiel que le commerce devrait se faire en priorité avec la France.
Toutes les matières premières découvertes ou à découvrir dans ces pays
africains devenaient automatiquement propriété de la France. Pour
justifier le phénomène ou l'expliquer, on met en place deux catégories,
deux cadres de jugement selon qu’on opère au Nord ou au Sud. Ainsi, le
sud est corrompu alors que le nord fait du "trafic d’influence".
En vrac on pourrait ainsi citer vol et détournement, protectionnisme et
patriotisme économique. Au Sud, on vole l'argent de la coopération
pendant qu'au Nord, on détourne les deniers du contribuable pour ses
voyages privés.
Si la chose défraie les chroniques dans le Nord, la question toujours
éludée dans les relations Nord-Sud, est celle du corrupteur; comment
réussir à identifier cet agent actif? On enferme le continent et les
peuples du Sud en général dans un rôle négatif de corrompu, sans jamais
évoquer le premier acteur. Le processus de corruption
est pourtant une pratique bilatérale mettant en présence un acteur (le
corrupteur) et un agent. La plupart des dossiers africains
(accords commerciaux et appels d’offres) sont traités sur ces bases
obscures. La négociation se fait souvent sur le dos de la population, la
contrepartie étant pour la plupart du temps virtuelle. Dans les pays
africains en effet, on se contente d'une garantie d'un pouvoir fort et
d'une validation par le corrupteur d'élections bidouillées (avec la
bénédiction finale des Nations Unies).
On comprend mal comment les acteurs d’un tel processus vont accepter,
volontairement, de se voir retirer la maîtrise d’un commerce aussi
juteux. La mondialisation, qui propose d’ouvrir le marché et d’élargir
l’espace de négociation, a du mal à s’implanter dans ces pays mal ou pas
gouvernés. Les acteurs en présence, hypocrites, semblent s’en étonner.
Un acte courageux ne serait-il pas plutôt de mondialiser la corruption?
L’idée serait d’officialiser la pratique et de donner aux acteurs la
possibilité d’enchérir sur le montant des dessous de table ; au bénéfice
exclusif mais alors bien connu, de l’agent. Au lieu de trouver des
solution pour éradiquer ou contourner le phénomène, on met en place des
dizaines d'institution de contrôle et de sanction: vers une politique de
l'autoflagellation. En
attendant le vote des sauvages... Le prince corrompu
par un roi corrupteur: "Personnellement,
je ne commencerai à croire en une campagne de lutte contre la corruption
que le jour où son annonce s’accompagnera d’une autre annonce encore
plus importante, celle du jugement de tous ceux qui, encore vivants et
évoluant toujours dans les sphères décisionnelles, nous ont confisqué la
parole et le libre choix." Hakim Laâlam Le Soir d’Algérie -
07/10/2006. En Afrique, on a pris l'habitude de craindre ou vénérer le
grand corrompu;
cherchez le, il est souvent très proche du pouvoir. A défaut de
l'atteindre, il convient d'identifier son corrupteur et le combattre.
Mais "le pluralisme excessif peut miner le consensus éthique des
citoyens" et "la confusion des styles de vie peut affaiblir le jugement
moral sur la corruption", estime le cardinal Martino, en conformité
avec les critiques fréquemment exprimées par le pape Benoît XVI contre
le "relativisme" des sociétés modernes.
Outre les situations de pauvreté, de carence familiale ou de défaillance
du système éducatif, le prélat attribue l'existence de la corruption en
régime démocratique à l'existence de lois "contraires au bien
authentique de l'homme - comme celles opposées à la vie" (allusion aux
lois sur l'avortement, ndlr) ou à une moralité "affaiblie par la
tolérance de la transgression".
La démocratie étant, selon le Vatican, un rempart insuffisant contre la
corruption, le prélat demande aux catholiques de la combattre en
travaillant à "l'éducation et à la formation morale des citoyens"
et la promotion de comportements individuels et collectifs conformes à
"l'écologie humaine".
Par "écologie humaine", la "doctrine sociale" de l'Eglise catholique
définit le respect d'une "loi naturelle" fondée sur le respect de la vie
humaine sous toutes ses formes.
Vous avez dit voeu pieux? Entre une éthique catholique rigide et un
protestantisme capitaliste (dixit Max Weber), nous prônons la
légalisation de la corruption pour une identification des acteurs et un
traçage du butin. Les sociétés minières et les entreprises pétrolières
pourraient commencer par livrer les montants reversés aux potentats
africains...
Gustav Ahadji |
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exportateurs
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Un mal
importé

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