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Novembre 2004
Vers un nouveau désordre international?

Entre la défaite du socialisme, la crise structurelle du capitalisme mondial, la crise de l'endettement, les ajustements structurels imposés par les institutions de Bretton Woods pour récupérer la dette, l'Afrique peine à s'organiser et à trouver son indépendance politique et économique.

C'est dans ce cadre que s'opère une véritable recolonisation de l'Afrique dont le principal bénéficiaire demeure l'impérialisme français. "L'exemple le plus éloquent de la barbarie macabre à laquelle l'impérialisme, notamment français, peut être conduit dans le but de conserver son empire semi- colonial a été l'organisation, la planification et l'exécution du crime contre l'humanité qu'a constitué le génocide ethno-fasciste perpétré sous le régime pro-impérialiste d'Habyarimana au Rwanda en 1994" Les Communistes.

Falouja-Abidjan, deux visions différentes, deux méthodes et un seul objectif: la conquête ou le maintien d'un espace d'influence. Un des atouts majeurs de l'impérialisme français pour rivaliser dans la cour des grands reste en effet la possession de son empire post-colonial, constitué essentiellement de son « pré-carré » africain. Pour son maintien, la France de Chirac est prête à sacrifier des milliers de civils africains et français présents sur le sol de ses colonies.

Déjà en 1971, Yvon Bourges avançait, « sur le plan économique, il est incontestable que la France retire certains avantages de sa politique de coopération dans la mesure où celle-ci lui permet d'exporter des hommes, des techniques ou des productions (...) et si le commerce qu'effectue la France avec les Etats africains et malgaches de la zone franc ne dépasse pas 4 à 5% de son commerce total, il n ' est pas négligeable pour autant à ses yeux que ces échanges lui permettent d'acquérir, sans sortir de devises, 83% de ses besoins en cacao, 87% de ses besoins en bois tropicaux, 62% de ses besoins en café, 68% de ses importations d'uranium » (Qui a peur du Tiers-monde? Editions du Seuil 1980, p.112). La dévaluation du franc CFA, exigée par le FMI en 1994, a renforcé la position hégémonique des filiales africaines des entreprises françaises en divisant par deux le coup de la force de travail africaine et des matières premières et en multipliant par deux la dette des Etats africains.

Mais cette domination est aujourd'hui fragilisée par la pénétration croissante en Afrique des concurrents américain, allemand, et asiatique. La nouvelle classe politique en Afrique manque de loyauté, d'expérience, de courage et elle commence à comparer.

Pour ces raisons:

- l'impérialisme français tient fermement à garder ses 6 bases militaires et ses 10.000 hommes de troupe sur le continent africain;

- Chirac vient de lancer une réforme de l'armée dont l'objectif est la mise sur pied d'une armée professionnelle capable de rapidement «projeter 60 000 hommes à l'extérieur». Il s'agit de la constitution d'une armée de mercenaires coupée du peuple (et donc de l'influence des idées révolutionnaires dans le peuple), une armée chargée de rapidement rétablir l’ordre post-colonial;

- Chirac a décidé en Côte d'Ivoire de préserver les intérêts de la Nation (et les siens) au détriment de la diplomatie et des nombreuses vies humaines.

Depuis sa tour d'Ivoire, Chirac estime que la politique n'est plus l'affaire du peuple; il aurait pu constituer une commission de travail sur le sujet, avec l'implication d'une partie des 15.000 civils français présents sur le territoire ivoirien. Mais la Démocratie n'est plus d'application, s'agissant du continent noir...  [Lire]

 


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