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Juin 2011 :
L’Union Africaine peine à comprendre l'interdépendance africaine
Le 17e sommet de l’Union africaine s’est ouvert ce 30 juin 2011 pour
deux jours à Malabo en Guinée Equatoriale. Le Président de la Commission
de l’Union africaine (UA), Mr Jean Ping a rappelé sur le dossier libyen
que si l’on n’avance pas, "on ne recule pas…". Mais On attend la
déclaration commune à moins que les clivages soient trop importants et
que la déclaration ne vient rappeler que les généralités d’usage sur
l’autodétermination du peuple libyen.
1. Démocratie à géométrie variable pour les Chefs d’Etat africains
Le Président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema,
Président en exercice de l’Organisation de l’UA, devrait pouvoir offrir
une nouvelle image grâce à la manne pétrolière car le vrai problème des
chefs d’Etats africains, c’est bien leur définition à géométrie variable
de la conception de la "démocratie à l’africaine"… Ils n’arrivent
pas à se mettre d’accord sur la durée des mandats présidentiels limités
à deux … les dirigeants des quelques pays vertueux comme le Botswana, le
Cap Vert ou le Ghana n’ont pas souvent droit au chapitre… Donc tous
sujets évoqués à savoir entre autres : la jeunesse, la paix, la santé,
le financement de l’Union africaine, les violences et abus des droits
humains, l’Etat de droit, l’accès à l’énergie et ceux qui sont oubliés
comme les brutalités des services de répression des Etats africains
contre les jeunes, contre les étudiants, contre les mouvement sociaux
ont tous pour origine l’absence de consensus sur le concept africain de
la démocratie.
Le vrai sujet reste bien le financement
indépendant de l’Union africaine… il provient encore essentiellement
de la Libye et de l’Union européenne. La Commission de l’Union africaine
gagnerait en autorité si elle était plus transparente et affichait les
positions des uns et des autres chefs ou délégations africaines au lieu
de se cacher derrière le consensus qui permet l’hypocrisie autorisant
par exemple que trois pays africains aillent voter pour la guerre sur le
sol africain.
La question est de savoir si l’Union africaine risque
à terme une scission, ce qui arrangerait bien les pays qui utilisent
certains chefs d’Etat africains comme des sous-traitants et un
prolongement des politiques décidées au sein du G8, au sein de l’OTAN
(Organisation transatlantique du Nord) qui décide aujourd’hui si le
Président Zuma d’Afrique du sud peut ou pas atterrir sur le sol Libyen.
Que faut-il attendre de ce sommet ? Des décisions
dont plusieurs ne seront pas mises en œuvre ! Des décisions sur la base
du consensus qui cachent les scissions entre les Chefs d’Etat et le
manque d’audace de certains qui refusent d’afficher clairement qu’ils
sont alignés sur les positions des pays membres de l’OTAN aux détriments
des intérêts des peuples africains dans leur ensemble, au détriment de
la paix sur le territoire africaine, aux dépens de la démocratie fondée
sur la vérité des urnes et l’autodétermination des peuples africains.
2. Interdépendance comme nouveau concept pour changer l’Union
africaine
Les peuples africains doivent comprendre que leur cri
de l’indépendance ne trouvera d’échos que si chacun comprend que
l’Afrique doit comprendre que c’est l’interdépendance africaine qui
prévaut aujourd’hui dans un monde globalisé. Ne pas ne prendre
conscience, les voix d’indignation risque de continuer longtemps sans
que la coordination de la demande sociale ne soit pris en compte. Mais
la préservation des générations futures et de la protection des
ressources productives et l’appropriation du foncier restent des vœux
pieux, car les dirigeants choisis sur la base de la contre-vérité des
urnes ont choisi de vendre l’Afrique et ses ressources à des vautours
économiques qui se reconnaîtront.
Toutefois, rien ne vaut l’indignation des Peuples
africains face au système de souricière juridique que constitue la Cour
pénale internationale que beaucoup de dirigeants africains se sont
empressés de signer en oubliant d’abord de créer une Cour pénale
africaine pour régler des exactions commises par les dirigeants et les
militaires antirépublicains comme au demeurant les grands criminels
économiques naviguant dans le giron des pouvoirs africains. Personne ne
doit être dupe que la guerre en Libye et le fait d’oublier de soutenir
une approche de la transition qui repose sur la démocratie directe et
locale servent d’abord à faire payer la guerre ou une grande partie par
les nouveaux et futurs pouvoirs en Libye, comme cela se fait au
demeurant actuellement pour la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens doivent
savoir qu’avec l’abolition de leur parlement et en attendant de
nouvelles élections législatives, le pays est géré comme une dictature
sans contre-pouvoir, avec d’ailleurs de nombreuses injonctions pouvant
venir de l’étranger sans que cela ne réponde aux intérêts de la
réconciliation. Aussi, les recettes du café, du cacao et du pétrole, des
douanes, du port en Côte d’Ivoire risquent d’abord de servir à payer les
dépenses de la guerre et des pays qui ont soutenus les rebelles comme ce
qui se fait actuellement en Libye…
Face à cette nouvelle forme d’endettement et de
blocage des générations futures, la question reste posée de savoir
comment identifier et condamner l’enrichissement illicite de tous ceux
des Africains comme des non-Africains qui profitent de cet état de fait
et tendent d’ailleurs à l’institutionnaliser en contrôlant les médias et
en faisant silence sur la transparence de l’information.
3. Interdépendance rime avec transparence
L’interdépendance africaine suppose que les positions
africaines soient affichées clairement pour que les peuples identifient
ceux des dirigeants qui continuent à travailler comme avant
l’indépendance, c’est-à-dire contre les intérêts de l’Afrique.
Dr Yves Ekoué Amaïzo,
Directeur du Groupe de réflexion, d’action et d’influence "Afrology"
30 juin 2011
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