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Juin 2006
Ces armées qui gouvernent...
Pour une reconversion des militaires en Afrique.


En Afrique, aujourd’hui, toutes les sous-régions connaissent une guerre intra-État, provoquée généralement par le manque de culture démocratique, par la pauvreté morale et par la cupidité de la classe politique. Ces guerres n’impliquent les pays voisins que dans la fourniture de la logistique, des hommes transnationaux et des mercenaires. Contrairement aux guerres européennes, celles qui se déroulent en Afrique ne comportent pas un enjeu territorial, elles concernent essentiellement le pillage et l’exploitation des richesses de ces pays par les multinationales et les groupes politico-maffieux qui font fi des intérêts fondamentaux des populations.

Ces guerres sont couramment qualifiées d’ethniques. Or, à y regarder de près, on découvre l’ampleur des ingérences étrangères et des motivations prédatrices des gouvernants africains. En effet, les dirigeants de ces États, souvent issus de coup d’État ou de bidouillages électoraux, sont tentés ou plutôt ont la propension de vouloir conserver leur pouvoir coûte que coûte. Pour cela, ils instrumentalisent l’ethnie, en pratiquant une politique clientéliste [Lire].

Nous pensons qu'il faut revoir les cadres de fonctionnement et procéder à une saine redéfinition des rôles de ces armées afin de les rendre républicaines. Le plus étrange est que le travail ne manque pas sur le continent:

  • le Congo doit aujourd'hui compter sur des forces extérieures pour encadrer la période électorale;
  • la Côte d'Ivoire se bat avec un "tampon" français;
  • le Soudan est la proie d'une horde de "chiens du désert";
  • le Tchad appelle la France à la rescousse.

Dans le même temps le Sida, la famine, le paludisme continuent de faire rage, et nous avons recours aux armées de l'OMS, de MSF, du PAM, du PNUD... Certaines villes du continent sont de véritables marécages; nous allons bientôt faire appel aux réservistes chinois pour nous aider à creuser les tranchées et installer des systèmes d'égouttage. Dans certains pays, le budget de l'État est confondu à celui des armées, le ministre de la défense est le vice-président de fait.

Les accords militaires en vigueur sont conclus avec les anciennes métropoles [Lire] et les affaires les plus rémunératrices sont liées au trafic d'armes. Lorsqu'elles sont appelées en appui dans une crise dans la métropole, ces militaires africains (humiliés) servent de chair à canon; on le appelle alors de "tirailleurs". Des voix se lèvent pour reposer la grande question de l'indépendance du continent africain. Les intérêts sont divers et défendus avec une rage féroce. [Lire]
 

Gustav Ahadji

 
 

 
  Des tirailleurs algériens
Années 1859
 

Anciens édito 
 

 
  Des tirailleurs togolais?
Années 2000 - Toujours un béret rouge pour le colon
 


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