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Juillet 2007
L'Unité africaine reformatée sans le peuple
Le Congo Kinshasa fête 47 ans d'indépendance, dans un désordre et une
forme de pénurie indescriptible alors que le Ghana, assurant la
présidence tournante de l'Union africaine va fêter ses 50 ans dans une
liesse toute africaine...
La plupart des Etats-membres de l'Union africaine (UA) ne veulent pas
former un gouvernement continental dès maintenant, mais préfèrent
renforcer l'unité africaine par étapes, estiment des ministres lors des
préparatifs du sommet d'Accra (la ville d'un des pères du panafricanisme
K. N'Krumah).
Cette approche, qualifiée de "gradualiste" par certains et de
réalisme politique par d'autres, semble dominer parmi les ministres des
Affaires étrangères qui préparent la rencontre entre les chefs d'Etat et
de gouvernement de l'UA. L'idée de créer un gouvernement continental est
le seul thème qui dominera le sommet, qui se tiendra à Accra à partir du
1er juillet.
Le dirigeant Libyen Mouammar Kadhafi, dont le pays tire de larges
bénéfices de ses ressources du pétrole et du gaz, milite activement pour
la formation rapide d'un tel gouvernement fédéral africain. Ce dernier
vient d'effectuer une tournée en Afrique occidentale avant de se rendre
au sommet, appelant à la création immédiate de ce gouvernement
continental, mais aussi d'une armée africaine, d'une monnaie commune et
d'un passeport unique, d'une banque centrale africaine, etc. Il est
désormais soutenu par plusieurs chefs d'Etat du Sahara et du Sahel, dont
ceux du CEN-SAD comme le président sénégalais Abdoulaye Wade, qui a
toujours cru à l'urgence d'unir l'Afrique. Son ministre d'Etat des
affaires étrangères Mr. Gadio n'a pas ménagé sa peine pour convaincre
ses pairs.
Même au cours du débat africain de RFI de Madeleine Mukamabano portant
sur la création des Etats Unis d'Afrique, tous les invités dont
l'ex-ministre sénégalais Aziz Sow ou le Directeur du groupe de
réflexion, d'action et d'influence Afrology ont pu voir les convergences
vers une création qui se fera par étapes et dans des secteurs où les
transfert de souveraineté seront faciles à opérer et permettant aux
populations de réaliser dans leur quotidien un véritable changement.
Mais de nombreux pays africains pensent que précipiter la proclamation
d'un gouvernement des Etats-Unis d'Afrique serait hâtif et
contreproductif. Il y a un groupe qui souhaitent former le gouvernement
d'union africaine immédiatement même si l'on est loin de la majorité.
D'autres estiment que les conditions ne sont pas réunies. Il y a
carrément certains qui attendent les décisions venant des ex-colonies
pour prendre position. La position de l'Afrique du sud, poids lourd
économique, du Kenya, de l'Algérie, de l'Egypte seront déterminants
compte tenu de leur poids économiques. Mais, il faut espérer qu'un
consensus non minimaliste verra le jour et que l'évolution se fera au
service des populations africaines.
La société civile africaine, tout en reconnaissant l'attraction
qu'exerce le rêve panafricain, a rappelé aux dirigeants qu'ils devaient
s'occuper de problèmes plus urgents, comme les conflits du Darfour et de
Somalie, la crise au Zimbabwe et la pauvreté endémique. Les grands
absents dans le débat semblent être les membres de la Diaspora africaine
qui peinent à faire
entendre leur voix. Des propositions existent pourtant, relayées entre
autres par le groupe Afrology. Mais l'approche du haut vers le bas a
échoué. Les chefs d'Etat devraient demander pardon aux populations et
laisser d'autres acteurs dont la Diaspora, les intellectuels, les
créateurs de richesse dans le secteur privé au service de la population,
les artistes, etc... bref la diversité africaine les conseiller. Apres
tout, cela concerne plus de 860 millions d'Africains sans compter ceux
dispersés dans la Diaspora.
On s'attend à ce que les ministres des Affaires étrangères recommandent
à leurs chefs d'Etat de commencer par renforcer les structures
existantes, comme les communautés économiques régionales et les organes
de l'UA tels que le parlement panafricain.
Plusieurs ministres estiment néanmoins que certains dossiers concernant
l'Afrique entière, comme la lutte contre la désertification, la lutte
pour le sida, le développement des capacités productives ou la
production de médicaments génériques à partir des plantes africaines, la
production d'énergie renouvelable, pourraient dès maintenant être
traités à l'échelle du continent... L'Afrique est-elle incapable de
s'unir? ou l'Union africaine freine-t-elle l'unité des Africains?**
Afrology Think Tank
*Yves Ekoué Amaïzo (sous la direction de) , L'Afrique est-elle incapable
de s'unir? Lever l'intangibilité des frontières et opter pour passeport
commun, avec une préface de Prof. Joseph Ki-Zerbo, collection
interdépendance africaine, L'Harmattan, Paris 2002, 650 pages, 52 euros.
** Yves Ekoué Amaïzo (sous la direction de), l'Union africaine
freine-t-elle l'unité des Africains? Retrouver la confiance entre le
peuple et les dirigeants, avec une préface de Aminata Traoré,
"collection Interdépendance africaine", éditions Menaibuc, Paris, 2005,
390 pages, 25 Euros
www.menaibuc.fr
www.fnac.fr ou www.amazon.fr ou www.chapitre.fre ou www.alapage.fr
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Anciens édito
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