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Décembre 2006
Le citoyen africain en marge de l’histoire du continent
Pour une réforme de l'Etat social en Afrique Noire Francophone


Les vieux disparaissent sans avoir vu se réaliser leurs projets, les jeunes fuient leurs pays pour tenter de poursuivre le rêve des parents, souvent sans trop d’illusions. Joseph Ki-Zerbo crée en 1957 un Mouvement de libération nationale (MLN) dont il présentera le manifeste à Kwame Nkrumah, le premier président du Ghana. Le programme politique du MLN : indépendance immédiate, création des États-Unis d’Afrique et démocratie d’inspiration socialiste.

Le MLN mènera dans plusieurs pays d’Afrique occidentale une campagne pour le non au référendum organisé par le général Charles de Gaulle (alors Président de "l'Empire français sur lequel le soleil ne se couche jamais" !), sur la création d’une Communauté franco-africaine. De tous les pays d’Afrique occidentale, seule la Guinée-Conakry préconise une indépendance immédiate, et vote le non au référendum, un acte perçu par Jacqueline Ki-zerbo comme une expression de solidarité politique et de crédibilité personnelle; mais le pays va intégrer plus tard l’institution de la Francophonie (OIF), expression selon nous d’une abdication et d’un déni des valeurs défendues par les indépendantistes africains.

Le bilan de la dépendance est aujourd’hui négatif. De Gaule préconisait hier la grande communauté franco-africaine, nous assistons à l’émergence d’une étrange nation économiquement et politiquement dépendante de la France, un grand territoire de nègres, théâtre de guerres et crises humanitaires en tous genres. La patrie mère, la France, parle tantôt d’autonomie et de non ingérence, tantôt de respect des accords de coopération ; elle rejette les fils et filles de la nation qui tentent de s’exiler pour tenter de fuir le chômage et la famine ; elle aide certains régimes sans aucune raison logique, et enfonce d’autres dans les guerres.

Joseph Ki-zerbo s’exclamait : A quand l’Afrique ?

Lorsqu’enfin la compétence va commencer à primer sur la force et les sentiments. Le continent africain a besoin d’un partage équitable et équilibré du pouvoir et des ressources économiques. Les chiffres sur le chômage restent confidentiels, 50 années après les indépendances, pour masquer la triste réalité et les injustices en cours dans la majorité des pays anciennes colonies françaises. Pour tenter d'identifier les compétences écartées de leur histoire, le gouvernement français se propose d'effectuer un tri sélectif, pour son usage exclusif. Tout comme dans les années 50, les puissances colonisatrices d'hier continuent de faire et défaire les Etats en Afrique.



Gustav Ahadji


 
 

 

 
     


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