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Avril 2007
La diaspora africaine: une alternative?
Entre fatalisme et révolte, naissance de l'afroradicalisme
La situation du continent africain est désastreuse, un demi-siècle
après les indépendances. Comment expliquer ce retard? Pourquoi les
africains n’arrivent-ils toujours pas à assurer leur plein
épanouissement malgré toutes les opportunités qui leur sont offertes et
les innombrables potentialités et ressources dont ils disposent ?
Il y a quelques années on déterminait les objectifs du millénaire pour
le développement (omd); l’Afrique, qui tient une place de choix dans ce
programme, comptait alors 217 millions de personnes vivant au-dessous du
seuil de pauvreté. Aujourd’hui, sept années plus tard, on en compte 280
millions. De nombreux États sont en pleine régression socio-économique
et politique. Dans le Golfe du Bénin par exemple, on connaît depuis
quelques temps une grave pénurie d'électricité et d'eau potable. Le
continent traverse des crises graves et des guerres violentes entre
factions armées.
Une conférence organisée ce mois d'Avril 2007 à Rabat a permis d'aborder
trois thèmes fondamentaux : le développement local, la question du
genre, la gouvernance. Les discussions en commission regroupant des
experts de différents pays ont été sanctionnées par une déclaration dite
de rabat dans laquelle il y a une synthèse des débats mais surtout des
engagements relatifs à l’ordre du jour et bien entendu tenant compte des
points de blocage et des dysfonctionnements identifiés dans la mise en
œuvre effective des programmes des différents pays par rapport aux défis
du développement humain. Une déclaration de plus, qui vient certainement
gonfler la déjà longue liste de séminaires et colloques stériles sur la
question du continent noir.
On refuse de voir la réalité en face: L'Afrique regorge de compétences
en exil; les clans au pouvoir se contentent le plus souvent des
partenaires les plus serviles ou importent des experts extérieurs
complaisants à prix d'or. La question qui se pose devant ce type de
gouvernance est la suivante: les dirigeants africains aiment-ils leurs
peuples?
L'exilé, blasé, glisse doucement vers deux types de comportement: la
lassitude et le fatalisme ou le radicalisme. Le premier entraîne une
collaboration souvent passive avec la gouvernance locale; on commerce
avec le continent, on utilise les mécanismes mis en place par le pouvoir
et on se contente de progresser avec le système. Le second conduit à un
isolement dans le pays d'accueil; le radical est perçu de tous côtés
comme un ingrat ou un extrémiste solitaire. Dans les deux cas, le
continent s'enfonce.
Il serait temps pour l'Afrique de prendre en considération cette force
alternative constituée par la grande masse des populations de la
diaspora. On organise des colloques sur le continent africain, les
membres de la diaspora organisent eux aussi leurs rencontres en Europe
ou sur le sol africain. Chacun propose ses idées, il n'y a ensuite aucun
suivi ni aucun plan de mise en oeuvre, même pas une synthèse des deux
rencontres. La diaspora pourrait pourtant constituer un relais utile
pour un dialogue plus ouvert avec l'Occident et l'Orient. Les pouvoirs
locaux en Afrique auraient-ils peur de leurs frères de la diaspora? Le
grand perdant ici est la mère patrie et ses 280 millions de sans voix...
Gustav Ahadji |
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Anciens édito
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