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Août 2005
Le Niger a faim, de bonne gestion...


Niamey, mai 2005: Le nombre d'enfants victimes de malnutrition sévère admis dans les centres de Médecins sans frontières a augmenté de près de 30% en une semaine. Un problème qui fait couler beaucoup d'encre et pas assez de fonds, contrairement au tsunami avec un rapport proportionnellement inversé. Le gouvernement a lancé un appel à la "communauté internationale" pour sauver les 3,6 millions de personnes touchées, sur une population de 12,4 millions d’habitants.

Dans cette sous-région, la France veille encore au grain, notamment au travers de la zone CFA. Dans ce pays aride qui parvient d'ordinaire à assurer tant bien que mal une certaine autosuffisance alimentaire, la conjonction de trois facteurs a précipité la crise alimentaire : l'invasion des criquets pèlerins et un déficit hydrique sévère. Parmi les dernières actions du régime au milieu de cette catastrophe, on peut noter la répression des étudiants opposés à la marchandisation de l’Université, de certains organisateurs du Forum social nigérien, des syndicalistes en grève contre le nouveau plan de retraite des fonctionnaires, des principaux dirigeants de la Coordination Démocratique de la Société Civile du Niger (CDSCN), qui ont organisé la mobilisation populaire (mars-avril 2005), avec une manifestation de plus 100.000 personnes à Niamey, contre la TVA et la vie chère.

L'intelligentsia africaine se mobilise contre le flagrant déficit de solidarité internationale dans un drame humain aussi criant. "Tous les indicateurs étaient dans le rouge", rappelle Johanne Sekkenes, chef de la délégation de Médecins sans frontière au Niger. "La communauté internationale a échoué à mettre en place un plan d'urgence en réponse à cette crise", ajoute-t-elle. Selon les estimations des Nations unies, 800 000 enfants souffrent actuellement de la faim au Niger, dont 150.000 en état de sévère malnutrition. Le Niger est pourtant le troisième producteur mondial d'uranium.

Afrology parle de bonne gouvernance: un concept défaillant dans ce pays où une saine répartition des richesses et une planification réaliste auraient permis, sinon d'éviter la crise, du moins en atténuer les effets [Lire]. L'intervention ratée de Tandja dans la récente crise togolaise laisse planer de sérieux doutes sur ses projets de développement pour le continent [Lire]. On ne peut pas continuer à compter sur l'aide internationale et des dirigeants médiocres pour construire les États. Le troisième facteur de cette crise humanitaire est donc politique.

Au delà des vices et lacunes du gouvernement Tandja, l'échec africain de la France (métropole), est une fois de plus consacré, ses intérêts préservés...[Lire]

Afrology


John Garang

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